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AccueilJurisprudence administrativeN° TA30-2300694

Tribunal Administratif de Nîmes — Décision N° TA30-2300694

mercredi 31 mai 2023

JuridictionTribunal Administratif de Nîmes
SectionTribunal Administratif de Nîmes
N° DossierTA30-2300694
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
PublicationD
Formation3ème chambre

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête enregistrée le 25 février 2023, M. C A B, représenté par Me Hamroun, doit être regardé comme demandant au tribunal :

1°) d'annuler l'arrêté du 23 février 2023 par lequel la préfète de Vaucluse lui a retiré son titre de séjour et l'a obligé à quitter le territoire français sans délai ;

2°) d'enjoindre à la préfète de Vaucluse de réexaminer sa situation et de lui délivrer une autorisation provisoire de séjour ;

3°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 1 500 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Il soutient que :

- l'arrêté est entaché d'une insuffisance de motivation ;

- l'arrêté ne procède pas d'un examen particulier de sa situation ;

- l'arrêté méconnait les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales en étant entaché d'une erreur manifeste d'appréciation ;

- l'arrêté est entachée d'une erreur manifeste dans l'appréciation de sa situation personnelle.

La préfète de Vaucluse a produit des pièces qui ont été enregistrées le 28 mars 2023.

Par ordonnance du 28 février 2023, la clôture d'instruction a été fixée au 28 mars 2023.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- le code des relations entre le public et l'administration ;

- le code de justice administrative.

Le président de la formation de jugement a dispensé la rapporteure publique, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

A été entendu au cours de l'audience publique le rapport de M. Peretti.

Considérant ce qui suit :

1. M. A B, ressortissant marocain, est entré sur le territoire français en mars 2022 en qualité de travailleur saisonnier et bénéficiait d'un titre de séjour pluriannuel valable jusqu'au 23 mai 2025. Par l'arrêté du 23 février 2023, la préfète de Vaucluse lui a retiré son titre de séjour et l'a obligé à quitter le territoire français.

2. En premier lieu, l'arrêté du 23 février 2023 vise les dispositions du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile qui le fonde et les articles 3 et 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales. Il précise les conditions d'entrée sur le territoire de M. A B, que ce dernier s'est maintenu sur le territoire au-delà de la durée de six mois par an que lui autorise son titre de séjour, et qu'il a fait l'objet d'un contrôle ayant révélé qu'il travaillait sans autorisation. L'arrêté précise également que la majorité de sa famille se trouve dans le pays dont il a la nationalité. Dès lors, le requérant n'est pas fondé à soutenir que l'arrêté est insuffisamment motivé.

3. En deuxième lieu, il ressort des pièces du dossier et notamment des termes mêmes de l'arrêté, que la préfète a procédé à un examen particulier de la situation personnelle de M. A B.

4. En troisième lieu aux termes de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : " 1. Toute personne a droit au respect de sa vie privée et familiale, de son domicile et de sa correspondance. () " .

5. D'une part, il ressort des pièces du dossier que M. A B, qui bénéficiait d'un titre de séjour en qualité de travailleur saisonnier, s'est maintenu sur le territoire au-delà de la période de six mois par an comme lui autorise son titre de séjour. Il en ressort également qu'il a fait l'objet d'un contrôle ayant révélé l'exercice d'une activité professionnelle sans autorisation. D'autre part, s'il se prévaut de sa présence sur le territoire national depuis près d'un an et de l'exercice d'une activité professionnelle, cette circonstance n'est pas de nature à démontrer qu'il aurait établi le centre de ses intérêts privés et familiaux en France. Enfin, il n'établit être isolé au Maroc, où il a résidé la majeure partie de sa vie et où se trouve la majorité des membres de sa famille. Par suite, le requérant n'est pas fondé à soutenir que la préfète aurait entaché son arrêté d'une erreur manifeste d'appréciation en méconnaissant les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales.

6. Pour les mêmes motifs que ceux énoncés au point précédent, le requérant n'est pas fondé à soutenir que la préfète aurait entaché son arrêté d'une erreur manifeste dans l'appréciation de sa situation personnelle.

7. Il résulte de tout ce qui précède que M. A B n'est pas fondé à demander l'annulation de l'arrêté de la préfète de Vaucluse du 23 février 2023. Par voie de conséquence, doivent également être rejetées les conclusions tendant à ce que la préfète réexamine sa situation et lui délivre une autorisation provisoire de séjour ainsi que celles qu'il présente sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

D E C I D E :

Article 1er : La requête de M. A B est rejetée.

Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. C A B et à la préfète de Vaucluse.

Délibéré après l'audience du 22 mai 2023, à laquelle siégeaient :

M. Peretti, président rapporteur,

M. Parisien, premier conseiller,

Mme Achour, première conseillère.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 31 mai 2023.

Le président rapporteur,

P. PERETTI

L'assesseur le plus ancien dans l'ordre du tableau,

P. PARISIEN

Le greffier,

D. BERTHOD

La République mande et ordonne à la préfète de Vaucluse en ce qui la concerne et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

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