jeudi 30 mars 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Nîmes |
| Section | Tribunal Administratif de Nîmes |
| N° Dossier | TA30-2300722 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | D |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 1er mars 2023, M. A B, représenté par Me M'Barek, demande au juge des référés :
1°) sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, d'ordonner à la préfète du Gard de prendre toutes mesures utiles exigées par la situation, en particulier de lui donner un rendez-vous afin d'enregistrer sa demande de titre de séjour dans un délai de trois jours à compter de la notification de l'ordonnance à intervenir, et de lui délivrer un récépissé de demande de titre de séjour, sous astreinte de 150 euros par jour de retard ;
2°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 1 500 euros au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- la condition d'urgence est satisfaite dès lors que son visa court séjour expire le 19 mars 2023 et qu'il va de ce fait se retrouver en situation irrégulière ;
- la mesure sollicitée présente un caractère utile et ne s'oppose pas à l'exécution d'une décision administrative.
Par un mémoire en défense, enregistré le 8 mars 2023, la préfète du Gard conclut au prononcé d'un non-lieu sur les conclusions de la requête à fin d'injonction et au rejet du surplus. Elle fait valoir que le requérant n'a pas intérêt à agir dès lors qu'il n'a pas suivi la procédure concernant le dépôt d'une première demande de titre séjour, que M. B doit en premier lieu télécharger le formulaire sur le site de la préfecture du Gard puis l'envoyer par courrier accompagné de toutes les pièces justificatives listées en ligne, avant que la préfecture le convoque à un rendez-vous pour l'enregistrement de sa demande de titre de séjour.
Vu les autres pièces du dossier ;
Vu :
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code de justice administrative.
Le président du tribunal a désigné Mme Corneloup, présidente de la 2ème chambre, pour statuer sur les demandes de référé.
Considérant ce qui suit :
1. Aux termes de l'article L. 521-3 du code de justice administrative : " En cas d'urgence et sur simple requête qui sera recevable même en l'absence de décision administrative préalable, le juge des référés peut ordonner toutes autres mesures utiles sans faire obstacle à l'exécution d'aucune décision administrative ".
2. Eu égard aux conséquences qu'a sur la situation d'un étranger, notamment sur son droit à se maintenir en France et, dans certains cas, à y travailler, la détention du récépissé qui lui est en principe remis après l'enregistrement de sa demande et au droit qu'il a de voir sa situation examinée au regard des dispositions relatives au séjour des étrangers en France, il incombe à l'autorité administrative, après lui avoir fixé un rendez-vous, de le recevoir en préfecture et, si son dossier est complet, de procéder à l'enregistrement de sa demande, dans un délai raisonnable.
3. Lorsque le rendez-vous ne peut être demandé qu'après avoir procédé en ligne à des formalités préalables, il résulte de ce qui vient d'être dit que si l'étranger établit n'avoir pu les accomplir, notamment lorsque le site ne permet pas de sélectionner la catégorie de titre à laquelle la demande doit être rattachée, ce dysfonctionnement ayant été constaté à l'occasion de plusieurs tentatives n'ayant pas été effectuées la même semaine, il peut demander au juge des référés, saisi sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, d'enjoindre au préfet de lui communiquer, dans un délai qu'il fixe, une date de rendez-vous. Il appartient alors au juge des référés d'apprécier et de motiver l'urgence compte tenu de l'incidence immédiate du dysfonctionnement sur la situation concrète de l'intéressé. La condition d'urgence est ainsi en principe constatée dans le cas d'une demande de renouvellement d'un titre de séjour. Dans les autres cas, il appartient au requérant de justifier de circonstances particulières caractérisant la nécessité pour lui d'obtenir rapidement ce rendez-vous. Si la situation de l'étranger le justifie, le juge peut préciser le délai maximal dans lequel celui-ci doit avoir lieu. Il fixe un délai bref en cas d'urgence particulière.
4. Or, et ainsi que cela ressort du site internet de la préfecture du Gard, il est constant que la préfète du Gard a mis en place pour les premières demandes de titre de séjour une procédure matérialisée par laquelle elle invite les étrangers à envoyer leur dossier par courrier, ou à le déposer dans la boite aux lettres de la préfecture, avant de les convoquer par courriel en vue d'un rendez-vous aux guichets de la préfecture pour l'enregistrement de leur demande.
5. En l'espèce, M. B, ressortissant algérien né le 5 septembre 1975, est entré sur le territoire français muni d'un visa court séjour valable jusqu'au 19 mars 2023. Depuis le mois de janvier 2023, il sollicite par courriels les services de la préfecture du Gard afin d'obtenir un rendez-vous en vue de l'enregistrement de sa demande de titre de séjour. Il soutient qu'il n'arrive pas à obtenir de rendez-vous sur le site de la préfecture dès lors que l'option de la délivrance du titre séjour en vertu du 1° et du 5° de l'article 6 de l'accord franco-algérien n'est pas mise en ligne. Or, et ainsi qu'il a été dit au point 4 ci-dessus, la convocation à un rendez-vous pour l'enregistrement d'une première demande de titre de séjour est subornée à la réception en préfecture du Gard du dossier de l'étranger. Dès lors que M. B n'évoque aucune circonstance particulière faisant obstacle à ce qu'il transmette son dossier par courrier ou le dépose dans la boite au lettre de la préfecture du Gard, il n'établit pas l'utilité d'une décision du juge des référés saisi dans le cadre des dispositions précitées.
6. Il résulte de tout ce qui précède que les conclusions à fin d'injonction doivent être rejetées ainsi que, par voie de conséquence, les conclusions relatives aux frais d'instance.
O R D O N N E :
Article 1er : La requête de M. B est rejetée.
Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à M. A B et à la préfète du Gard.
Fait à Nîmes, le 30 mars 2023.
La juge des référés,
F. CORNELOUP
La République mande et ordonne à la préfète du Gard, en ce qui la concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
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