mercredi 17 mai 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Nîmes |
| Section | Tribunal Administratif de Nîmes |
| N° Dossier | TA30-2301241 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | Reconduites à la frontière |
| Avocat requérant | HAMZA |
Vu la procédure suivante :
Par requête enregistrée le 6 avril 2023, Mme E A, représentée par Me Hamza, demande au tribunal :
- l'admission provisoire au bénéfice de l'aide juridictionnelle,
- l'annulation de l'arrêté n° ASI/84/2023/30 du 17 mars 2023 par lequel la préfète de Vaucluse l'oblige à quitter le territoire français dans un délai de 30 jours et fixe son pays de renvoi ;
- d'enjoindre la préfète de lui délivrer un titre de séjour dans le mois de la notification du jugement à intervenir ;
- d'enjoindre subsidiairement la préfète de réexaminer sa situation dans un délai d'un mois à compter de la décision à intervenir et de lui délivrer dans l'attente une autorisation provisoire de séjour ;
- de mettre à la charge de l'État la somme de 1 000 euros en application des dispositions combinées des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991.
Elle soutient que :
Sur l'obligation de quitter le territoire :
- il n'est pas justifié de la compétence de l'auteur de l'acte ;
- la décision n'est pas légalement motivée ;
- la décision est entachée d'une erreur de fait en ce qu'elle mentionne que suite au rejet de sa demande d'asile, elle n'aurait pas sollicité la délivrance d'un titre de séjour sur un autre fondement ni communiqué d'éléments d'information justifiant qu'elle pourrait être admise au séjour à titre dérogatoire pour des considérations humanitaires ou des motifs exceptionnels ;
- la décision est entachée d'une erreur de droit et d'un défaut d'examen particulier ;
- la décision est prise en violation de d'appréciation et viole l'article 8 de la CEDH et de l'article 3-1 de la convention internationale des droits de l'enfant ;
Sur la décision fixant le pays de renvoi :
- elle est fondée à exciper de l'illégalité de l 'OQTF ;
- la décision est prise en violation de l'article L. 721-4 du CESEDA et de l'article 3 de la CEDH.
La requérante a obtenu le bénéfice de l'aide juridictionnelle totale par décision du 23 mai 2023 du Bureau d'aide juridictionnelle.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Le président du tribunal a désigné M. Abauzit, président honoraire, pour statuer sur les requêtes instruites selon les dispositions des L. 614-5, L. 614-6 et L. 614-9, L. 352-4, L. 754-4 et L. 572-5 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
Ont été entendus au cours de l'audience publique du 17 mai 2023 :
- le rapport de M. B,
- les observations de Me Hamza pour Mme A, assistéee par Mme D, interprète en langue anglaise.
La clôture de l'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience.
Considérant ce qui suit :
1. Mme E A, ressortissants nigériane née le 5 décembre 1994 à Delta City (C a déposé le 7 novembre 2019 une demande d'admission au séjour en qualité de réfugié pour elle et son fils F A, de nationalité nigériane, né à Marseille le 15 décembre 2018. Sa demande d'asile a été rejetée le 31 décembre 2021 par l'Office français de protection des réfugiés et apatrides (OFPRA) puis par la Cour nationale du droit d'asile (CNDA) par décision du 15 novembre 2022. La requérante demande l'annulation de l'arrêté du 17 mars 2023 par lequel la préfète de Vaucluse refuse son admission au séjour, l'oblige à quitter le territoire français dans le délai de trente jours et fixe le pays de renvoi.
2. Par un arrêté du 9 décembre 2022, régulièrement publié au recueil des actes administratifs, la préfète de Vaucluse a accordé à M. Christian Guyard, secrétaire général de la préfecture, délégation à l'effet de signer l'acte attaqué. Par suite, le moyen tiré du vice d'incompétence doit être écarté.
3. Les décisions attaquées mentionnent de façon suffisamment précise et non stéréotypée les motifs de droits qui en constituent le fondement. L'obligation de motivation n'impose par ailleurs pas au préfet de mentionner l'ensemble des éléments qu'il a pris en compte mais seulement ceux sur lesquels il fonde sa décision. Par suite, le moyen tiré d'une insuffisance de motivation ne peut qu'être écarté.
Sur l'obligation de quitter le territoire :
4. La mesure d'éloignement a été prise sur le fondement de l'article L. 611-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, aux termes duquel : " L'autorité administrative peut obliger un étranger à quitter le territoire français lorsqu'il se trouve dans les cas suivants : 4° La reconnaissance de la qualité de réfugié ou le bénéfice de la protection subsidiaire a été définitivement refusé à l'étranger ou il ne bénéficie plus du droit de se maintenir sur le territoire français en application des articles L. 542-1 et L. 542-2, à moins qu'il ne soit titulaire de l'un des documents mentionnés au 3° ; ". En l'espèce Mme A, dont le refus de demande d'asile a été jugé légal par la Cour nationale du droit d'asile, n'avait plus droit au maintien à ce titre sur le territoire français. La décision n'est dès lors pas entachée d'une erreur de droit. Il ne ressort pas par ailleurs des pièces dossier que la préfète de Vaucluse se serait crue liée par la décision de la cour pour prendre la décision d'éloignement, prise à la suite d'un examen particulier et complet de sa situation.
5. Si elle a présenté au préfet dans son courrier du 20 février 2023, les raisons pour lesquelles elle souhaite résider en France, la requérante n'a pas pour autant sollicité dans ce courrier la délivrance d'un titre de séjour à un autre titre que l'asile. La décision attaquée n'a dès lors pas été prise au terme d'un examen incomplet de la situation de Mme A, et n'est pas entachée d'une erreur de fait en mentionnant qu'elle n'aurait pas sollicité la délivrance d'un titre de séjour sur un autre fondement ni communiqué d'éléments d'information justifiant qu'elle pourrait être admise au séjour à titre dérogatoire pour des considérations humanitaires ou des motifs exceptionnels
6. Aux termes des stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : " Toute personne a droit au respect de sa vie privée et familiale, de son domicile et de sa correspondance. Il ne peut y avoir ingérence d'une autorité publique dans l'exercice de ce droit que pour autant que cette ingérence est prévue par la loi et qu'elle constitue une mesure qui, dans une société démocratique, est nécessaire à la sécurité nationale, à la sûreté publique, au bien-être économique du pays, à la défense de l'ordre et à la prévention des infractions pénales, à la protection de la santé ou de la morale, ou à la protection des droits et libertés d'autrui "
7. Mme A se prévaut de la présence à ses côtés de son enfant F A, né le 15 décembre 2018 à Marseille, et du jugement du tribunal pour enfants d'Avignon qui a décidé en date du 23 janvier 2023 de confier l'enfant F à l'Aide sociale à l'Enfance de Vaucluse à compter du jugement et jusqu'au 31 janvier 2024. Toutefois cette décision judiciaire n'a été motivée que par le seul danger auquel l'enfant est exposé du fait de la situation de grande précarité de sa mère, résultant de sa situation de demandeur d'asile débouté. Cette situation de précarité ne résulte pas d'une intervention des autorités françaises mais de la seule décision de Mme A de se maintenir en situation irrégulière sur le territoire français, et elle n'est pas opposable à l'administration, qui a décidé l'éloignement de l'intéressée pour des motifs de maîtrise de l'immigration irrégulière. Mme A ne justifie pas ne pas pouvoir poursuivre sa vie familiale avec son fils au C, et dans ces conditions le moyen tiré de la violation des stipulations de l'article 8 doit être écarté. Pour les mêmes motifs soit être écarté le moyen tiré d'une erreur manifeste d'appréciation de la situation personnelle de la requérante.
8. Aux termes de l'article 3-1 de la convention internationale relative aux droits de l'enfant : " Dans toutes les décisions qui concernent les enfants, qu'elles soient le fait des institutions publiques ou privées de protection sociale, des tribunaux, des autorités administratives ou des organes législatifs, l'intérêt supérieur de l'enfant doit être une considération primordiale ". Il résulte de ces stipulations que, dans l'exercice de son pouvoir d'appréciation, l'autorité administrative doit accorder une attention primordiale à l'intérêt supérieur des enfants dans toutes les décisions les concernant. Pour les mêmes motifs que ceux mentionnés au point précédent, la décision d'éloignement ne peut être regardée comme portant une atteinte à l'intérêt supérieur de l'enfant F A, qui pourra suivre sa mère, et le moyen tiré de la violation des stipulations précitées ne peut être qu'écarté.
Sur le pays de destination :
9. L'obligation de quitter le territoire français n'est entaché d'aucune illégalité. Par suite, le moyen tiré de l'exception d'illégalité de cette décision invoquée à l'appui de la demande d'annulation de la décision fixant le pays de destination doit être écarté.
10. Aux termes de l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales du 4 novembre 1950 : " Nul ne peut être soumis à la torture ni à des peines ou des traitements inhumains ou dégradants " et du dernier alinéa de l'article L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile " Un étranger ne peut être éloigné à destination d'un pays s'il établit que sa vie ou sa liberté y sont menacées ou qu'il y est exposé à des traitements contraires aux stipulations de l'article 3 de la Convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales du 4 novembre 1950. ". Mme A reprend les allégations selon lesquelles elle serait exposée à de tels traitements en cas de retour au C. Ces allégations ont toutefois été écartées comme infondées par la Cour nationale du droit d'asile, et la requérante n'apporte pas dans la présente instance d'éléments permettant de les rendre plausibles. Le moyen tiré de la violation de ces stipulations et dispositions ne peut dès lors être qu'écarté.
11. Il résulte de ce qui précède que Mme A n'est pas fondée à demander l'annulation de l'arrêté du 17 mars 2023. Par voie de conséquence, ses conclusions à fins d'injonction et celles présentées au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991, sur l'aide juridique ne peuvent qu'être rejetées.
D E C I D E :
Article 1 : La requête de Mme E A est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à Mme E A, à la préfète de Vaucluse et à Me Hamza.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 17 mai 2023.
Le magistrat désigné,
F. B
La greffière,
A. NOGUERO
La République mande et ordonne à la préfète de Vaucluse en ce qui la concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026