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AccueilJurisprudence administrativeN° TA30-2301450

Tribunal Administratif de Nîmes — Décision N° TA30-2301450

jeudi 31 octobre 2024

JuridictionTribunal Administratif de Nîmes
SectionTribunal Administratif de Nîmes
N° DossierTA30-2301450
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
PublicationC
Formation3ème chambre magistrat statuant seul

Résumé IA

Le Tribunal Administratif de Nîmes a rejeté la requête de M. B C, qui demandait l’annulation du refus implicite de la préfète de Vaucluse de lui communiquer deux documents relatifs à un contrôle du 25 novembre 2019. Le tribunal a considéré que le droit à communication des documents administratifs, prévu aux articles L. 300-1 et L. 300-2 du code des relations entre le public et l’administration, ne s’applique qu’aux documents existants. En l’espèce, la préfète ayant soutenu que les documents sollicités n’existaient pas, et le requérant n’apportant pas la preuve de leur existence, la demande a été rejetée.

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête et un mémoire, enregistrés les 22 avril et 23 août 2023, M. B C demande au tribunal :

1°) d'annuler la décision implicite née du silence gardé pendant plus de deux mois à compter de la date de la saisine de la commission d'accès aux documents administratifs (CADA), par laquelle la préfète de Vaucluse a refusé de lui communiquer la demande réalisée par Mme A D, cheffe du service agriculture de la direction départementale des territoires (DDT) de Vaucluse, adressée à l'institut français du cheval et de l'équitation (IFCE) pour intervenir dans le contrôle du 25 novembre 2019, ainsi que la demande adressée par le comité départemental anti-fraude (CODAF) au service agriculture de la DDT de Vaucluse pour organiser ce contrôle ;

2°) d'enjoindre à la préfète de Vaucluse de lui communiquer les documents sollicités dans un délai de 15 jours à compter de la notification du présent jugement, sous astreinte de 200 euros par jour de retard.

Il soutient que :

- sa requête est recevable ;

- les documents dont il demande communication sont communicables ainsi que l'a relevé la CADA dans son avis du 30 mars 2023 ;

- les documents sollicités existent nécessairement.

Par un mémoire en défense, enregistré le 11 juillet 2023, la préfète de Vaucluse conclut au rejet de la requête.

Elle fait valoir que les documents demandés n'existent pas.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code des relations entre le public et l'administration ;

- le code de justice administrative.

Le président du tribunal a désigné M. Peretti, vice-président, en application de l'article R. 222-13 du code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Après avoir, au cours de l'audience publique, présenté son rapport et entendu :

- les conclusions de M. Joel Baccati, rapporteur public,

- les parties n'étaient ni présentes ni représentées.

Considérant ce qui suit :

1. Par un courriel du 28 novembre 2022, M. C a demandé à la direction départementale des territoires de Vaucluse de lui communiquer la demande réalisée par Mme A D, cheffe du service agriculture de la direction départementale des territoires (DDT) de Vaucluse, adressée à l'institut français du cheval et de l'équitation (IFCE), pour intervenir dans le contrôle du 25 novembre 2019, ainsi que la demande adressée par le comité départemental anti-fraude (CODAF) au service agriculture de la DDT de Vaucluse pour organiser ce contrôle. En l'absence de réponse, M. C a saisi la commission d'accès aux documents administratifs le 7 février 2023, laquelle a rendu, le 30 mars 2023, un avis favorable à la communication des documents sollicités, sous réserve de l'occultation préalable, le cas échéant, des mentions relatives à des tiers couvertes par l'un des secrets protégés par l'article L. 311-6 du code des relations entre le public et l'administration. Du silence gardé par l'administration suite à cette saisine, est née une décision implicite de rejet. Par la présente requête M. C en demande l'annulation.

2. Aux termes de l'article L. 300-1 du code des relations entre le public et l'administration : " Le droit de toute personne à l'information est précisé et garanti par les dispositions des titres Ier, III et IV du présent livre en ce qui concerne la liberté d'accès aux documents administratifs ". Et aux termes de l'article L. 300-2 de ce code : " Sont considérés comme documents administratifs, au sens des titres Ier, III et IV du présent livre, quels que soient leur date, leur lieu de conservation, leur forme et leur support, les documents produits ou reçus, dans le cadre de leur mission de service public, par l'Etat, les collectivités territoriales ainsi que par les autres personnes de droit public ou les personnes de droit privé chargées d'une telle mission. Constituent de tels documents notamment les dossiers, rapports, études, comptes rendus, procès-verbaux, statistiques, instructions, circulaires, notes et réponses ministérielles, correspondances, avis, prévisions, codes sources et décisions. () ".

3. Si une autorité administrative est tenue de communiquer les documents administratifs qu'elle détient aux personnes qui en font la demande, ce droit à communication ne s'applique toutefois qu'à des documents existants et n'a ni pour objet ni pour effet de contraindre l'administration à établir un document permettant de répondre à la demande qui lui est ainsi adressée, sauf à ce que le document inexistant demandé puisse être obtenu par un traitement automatisé d'usage courant.

4. M. C demande communication de la demande réalisée par Mme A D, cheffe du service agriculture de la direction départementale des territoires de Vaucluse, adressée à l'institut français du cheval et de l'équitation (IFCE), pour intervenir dans le contrôle du 25 novembre 2019 réalisé sur sa propriété, ainsi que la demande adressée par le comité départemental anti-fraude (CODAF) au service agriculture de la DDT de Vaucluse pour organiser ce contrôle. Il soutient que ces documents existent nécessairement dès lors, d'une part, qu'une inspection a été réalisée sur sa propriété le 25 novembre 2019, laquelle s'inscrit dans le cadre d'un contrôle départemental anti-fraude, ainsi que cela a toujours été affirmé par l'administration dans les divers documents qu'elle a rédigés avant et après ladite inspection, et d'autre part, que l'institut français du cheval et de l'équitation, qui a participé au contrôle réalisé sur sa propriété, n'a pu intervenir sur simple appel téléphonique mais a nécessairement été destinataire d'une demande écrite de participation de la part de Mme D, cheffe du service agriculture de la direction départementale des territoires de Vaucluse. Or la préfète de Vaucluse fait valoir en défense qu'il n'existe aucune demande écrite émanant de Mme D adressée à l'IFCE pour intervenir dans le contrôle du 25 novembre 2019, lequel n'était d'ailleurs pas un contrôle départemental anti-fraude mais un contrôle interservices, et qu'en conséquence, aucun des documents demandés par M. C n'existe. Dans ces conditions, dès lors que l'existence des documents dont M. C demande la communication n'est établie par aucune pièce du dossier, le requérant n'est pas fondé à demander l'annulation de la décision implicite par laquelle le directeur départemental des territoires de Vaucluse a rejeté sa demande de communication.

5. Il résulte de ce qui précède que les conclusions à fin d'annulation de la décision en litige doivent être rejetées ainsi que, par voie de conséquence, ses conclusions à fin d'injonction.

D E C I D E :

Article 1er : La requête de M. C est rejetée.

Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. B C et au préfet de Vaucluse.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 31 octobre 2024.

Le magistrat désigné,

P. PERETTILe greffier,

D. BERTHOD

La République mande et ordonne au préfet de Vaucluse en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente ordonnance.

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