jeudi 27 juin 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Nîmes |
| Section | Tribunal Administratif de Nîmes |
| N° Dossier | TA30-2301535 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 2ème chambre |
| Avocat requérant | BRUNA-ROSSO |
Vu les procédures suivantes :
I - Par une requête et des mémoires, enregistrés sous le n°2301535 le 27 avril 2023, le 12 mai 2023 et le 7 juin 2023, M. D E, représenté par Me Bruna-Rosso, demande au tribunal :
1°) d'annuler l'arrêté du 7 février 2023 par lequel la préfète de Vaucluse a rejeté sa demande de titre de séjour ;
2°) d'enjoindre au préfet de Vaucluse de lui délivrer un titre de séjour temporaire dans un délai de quinze jours à compter de la notification du jugement à intervenir, sous astreinte de 100 euros par jour de retard ou, à défaut, de procéder au réexamen de sa situation dans un délai de quinze jours à compter de la notification du jugement à intervenir et, dans l'attente, de lui délivrer une autorisation provisoire de séjour l'autorisant à travailler dans un délai de quinze jours à compter de la notification du jugement à intervenir sous astreinte de 100 euros par jour de retard ;
3°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 1 400 euros au titre de l'article
L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991.
Il soutient que :
- l'arrêté est signé par une autorité ne justifiant d'une délégation de signature régulière ;
- il est insuffisamment motivé ;
- il méconnaît l'article L. 435-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile dès lors que les menaces auxquelles il est exposé en cas de retour dans son pays d'origine constituent un motif exceptionnel ou humanitaire d'admission au séjour ;
- il méconnaît l'article L. 423-23 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- il est entaché d'une erreur manifeste d'appréciation de ses conséquences sur sa vie privée et familiale ;
- il méconnaît les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales dès lors qu'il réside en France avec sa compagne ainsi que leurs trois filles, dont deux sont nées en France, que leurs deux filles aînées y sont scolarisées, qu'il est parfaitement intégré à la société française et qu'il n'a plus aucun lien avec son pays d'origine ;
- il méconnaît la circulaire du 28 novembre 2012 du ministre de l'intérieur dite " circulaire Valls " ;
- il l'expose à un risque grave pour son intégrité physique ainsi que celle de sa compagne et de leurs trois filles en cas de retour au Nigéria ;
- il est entaché d'une erreur manifeste d'appréciation de ses conséquences sur l'état de santé de sa fille aînée ;
- il méconnaît les stipulations de l'article 3-1 de la convention internationale relative aux droits de l'enfant ;
- la préfète a méconnu son pouvoir de régularisation.
Par un mémoire en défense, enregistré le 30 mai 2023, le préfet de Vaucluse conclut à au rejet de la requête.
Il soutient que :
- le signataire de l'arrêté querellé justifie d'une délégation de signature du préfet de Vaucluse régulièrement publié ;
- l'arrêté attaqué expose les motifs de faits et de droit qui en constituent le fondement ;
- il ne méconnaît pas l'article L. 435-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile dès lors que l'intéressé ne justifie d'aucun motif exceptionnel ou humanitaire de nature à justifier la délivrance d'un titre de séjour au titre de son pouvoir discrétionnaire de régularisation ;
- il ne méconnaît ni les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ni de l'article 3-1 ni de la convention internationale relative aux droits de l'enfant, dès lors que le refus de délivrance d'un titre de séjour n'a pas pour effet de séparer M. E des membres de sa famille.
II - Par une requête et des mémoires, enregistrés sous le n°2301536 le 27 avril 2023, le 12 mai 2023 et le 7 juin 2023, Mme A C, représentée par Me Bruna-Rosso, demande au tribunal :
1°) d'annuler l'arrêté du 7 février 2023 par lequel la préfète de Vaucluse a rejeté sa demande de titre de séjour ;
2°) d'enjoindre au préfet de Vaucluse de lui délivrer un titre de séjour temporaire dans un délai de quinze jours à compter de la notification du jugement à intervenir, sous astreinte de 100 euros par jour de retard ou, à défaut, de procéder au réexamen de sa situation dans un délai de quinze jours à compter de la notification du jugement à intervenir et, dans l'attente, de lui délivrer une autorisation provisoire de séjour l'autorisant à travailler dans un délai de quinze jours à compter de la notification du jugement à intervenir sous astreinte de 100 euros par jour de retard ;
3°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 1 400 euros au titre de l'article
L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991.
Elle soutient que :
- l'arrêté est signé par une autorité ne justifiant d'une délégation de signature régulière ;
- il est insuffisamment motivé ;
- il méconnaît l'article L. 435-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile dès lors que les menaces auxquelles il est exposé en cas de retour dans son pays d'origine constituent un motif exceptionnel ou humanitaire d'admission au séjour ;
- il méconnaît l'article L. 423-23 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- il est entaché d'une erreur manifeste d'appréciation de ses conséquences sur sa vie privée et familiale ;
- il méconnaît les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales dès lors qu'elle réside en France avec son concubin ainsi que leurs trois filles, dont deux sont nées en France, que leurs deux filles aînées y sont scolarisées, qu'elle est parfaitement intégrée à la société française et qu'elle n'a plus aucun lien avec son pays d'origine ;
- il méconnaît la circulaire du 28 novembre 2012 du ministre de l'intérieur dite " circulaire Valls " ;
- il l'expose à un risque grave pour son intégrité physique ainsi que celle de son compagnon et de leurs trois filles en cas de retour au Nigéria ;
- il est entaché d'une erreur manifeste d'appréciation de ses conséquences sur l'état de santé de sa fille aînée ;
- il méconnaît les stipulations de l'article 3-1 de la convention internationale relative aux droits de l'enfant ;
- la préfète a méconnu son pouvoir de régularisation.
Par un mémoire en défense, enregistré le 30 mai 2023, le préfet de Vaucluse conclut à au rejet de la requête.
Il fait valoir que les moyens invoqués dans la requête ne sont pas fondés.
M. E et Mme C ont été admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale par des décisions du 21 mars 2023.
Vu les autres pièces des dossiers ;
Vu :
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales du 4 novembre 1950 ;
- la convention internationale relative aux droits de l'enfant signée à New-York le 26 janvier 1990 ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code de justice administrative.
Le président de la formation de jugement a dispensé la rapporteure publique, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Après avoir entendu au cours de l'audience publique le rapport de M. Chaussard.
Les parties n'étaient ni présentes ni représentées.
Considérant ce qui suit :
1. Mme C et M. E, ressortissants nigérians nés respectivement le 13 septembre 1994 et le 4 février 1988, déclarent être entrés en France le 30 décembre 2018 en provenance d'Italie accompagnée de leur fille, B, née en Italie le 6 juillet 2016. Le couple a sollicité le bénéfice de l'asile qui a leur été refusé par une décision de l'Office français de protection des réfugiés et apatrides (OFPRA) du 23 juillet 2021, laquelle a été confirmée en appel par une décision de la Cour nationale du droit d'asile (CNDA) du 12 octobre 2022. Les intéressés ont alors sollicité leur admission exceptionnelle au séjour par des demandes du
2 novembre 2022 dont il a été accusé réception par la préfecture de Vaucluse le 7 novembre 2022. Par des arrêtés du 7 févier 2023, la préfète de Vaucluse a rejeté ces demandes de titres de séjour. Mme C et M. E demandent au tribunal l'annulation de ces arrêtés.
Sur la jonction :
2. Les requêtes n°2301535 et 2301536, qui concernent des personnes de la même famille, présentent à juger des questions semblables et ont fait l'objet d'une instruction commune. Par suite, il y a lieu de les joindre pour y statuer par un même jugement.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
3. En premier lieu, les arrêtés attaqués sont signés par M. Christian Guyard, secrétaire général de la préfecture de Vaucluse, qui disposait, aux termes d'un arrêté de la préfète de Vaucluse du 9 décembre 2022, publié au recueil des actes administratifs de la préfecture du même jour, d'une délégation à l'effet de signer, notamment, tous arrêtés ou décisions relevant des attributions de l'Etat dans le département de Vaucluse, à l'exception des arrêtés et décisions de désaffectation des lieux cultuels et des arrêtés de conflit. Par suite, ne peut qu'être écarté le moyen tiré de ce que le signataire des arrêtés attaqués ne justifiait pas d'une délégation de signature régulière.
4. En deuxième lieu, les arrêtés attaqués visent les textes dont ils font application, notamment le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ainsi que la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales. Ils exposent également les motifs qui en constituent le fondement. A cet égard, les arrêtés querellés indiquent notamment, d'une part, le rejet de leurs demandes d'asile et la circonstance que l'examen de leur situation ne permet pas de retenir l'existence de motifs exceptionnels ou humanitaires de nature à justifier leur admission exceptionnelle au séjour au titre de l'article
L. 435-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et, d'autre part, qu'ils ne démontrent ni l'intensité, l'ancienneté et la stabilité de leur présence en France. Les arrêtés attaqués comportent ainsi les considérations utiles de droit et de fait sur lesquelles la préfète du Vaucluse s'est fondée et sont, par suite, suffisamment motivés.
5. En troisième lieu, les requérants ne peuvent utilement se prévaloir de la méconnaissance des termes, dépourvus de portée normative, de la circulaire du 28 novembre 2012 du ministre de l'intérieur portant sur les conditions d'examen des demandes d'admission au séjour déposées par les ressortissants étrangers en situation irrégulière.
6. En quatrième lieu, est inopérant le moyen tiré de ce que les arrêtés attaqués exposeraient Mme C et M. E à des risques graves pour leur intégrité physique, ainsi que celle de leurs trois filles, en cas de retour au Nigeria dès lors que les arrêtés attaqués n'ont ni pour objet ni pour effet de les éloigner vers leur pays d'origine.
7. En cinquième lieu, aux termes de l'article L. 423-23 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'étranger ne vivant pas en état de polygamie, qui n'entre pas dans les catégories prévues aux articles L. 423-1, L. 423-7, L. 423-14, L. 423-15, L. 423-21 et L. 423-22 ou dans celles qui ouvrent droit au regroupement familial, et qui dispose de liens personnels et familiaux en France tels que le refus d'autoriser son séjour porterait à son droit au respect de sa vie privée et familiale une atteinte disproportionnée au regard des motifs du refus, se voit délivrer une carte de séjour temporaire portant la mention " vie privée et familiale " d'une durée d'un an, sans que soit opposable la condition prévue à l'article L. 412-1. Les liens mentionnés au premier alinéa sont appréciés notamment au regard de leur intensité, de leur ancienneté et de leur stabilité, des conditions d'existence de l'étranger, de son insertion dans la société française ainsi que de la nature de ses liens avec sa famille restée dans son pays d'origine. / L'insertion de l'étranger dans la société française est évaluée en tenant compte notamment de sa connaissance des valeurs de la République ". Pour l'application de ces stipulations et dispositions, l'étranger qui invoque la protection due à son droit au respect de sa vie privée et familiale en France doit apporter toute justification permettant d'apprécier la réalité et la stabilité de ses liens personnels et familiaux effectifs en France au regard de ceux qu'il a conservés dans son pays d'origine.
8. Mme C et M. E soutiennent qu'ils résident en France de manière continue depuis qu'ils y sont entrés, le 30 décembre 2018, que deux de leur trois filles, F, née le 18 janvier 2019 à Marseille et Ufuoma, née le 7 août 2022 à Avignon, sont nées en France, que leurs deux filles aînées y sont scolarisées, qu'ils sont parfaitement intégrés à la société française, qu'ils n'ont plus aucun lien avec leur pays d'origine et, enfin, qu'un retour au Nigéria constituerait une menace grave pour leur intégrité physique ainsi que celle de leurs filles. Toutefois, à supposer établie leur présence continue sur le territoire national depuis qu'ils déclarent y être entrés le 30 décembre 2018, ils ne justifiaient au mieux, à la date des arrêtés attaqués, que de quatre années de présence en France après avoir résidé, selon leurs propres dires, trois années sur le territoire italien. Par ailleurs, les arrêtés attaqués n'ont pas pour effet de porter atteinte à l'unité de la cellule familiale dès lors qu'ils ont uniquement pour objet de refuser l'admission au séjour des intéressés et ne constituent pas des mesures d'éloignement. Au vu de ces éléments, la préfète du Vaucluse n'a méconnu ni les dispositions de l'article L. 423-23 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, ni les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales. Pour les mêmes motifs, elle n'a pas commis d'erreur manifeste d'appréciation des conséquences de ses arrêtés sur la vie privée et familiale des intéressés.
9. En sixième lieu, aux termes de l'article L. 435-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'étranger dont l'admission au séjour répond à des considérations humanitaires ou se justifie au regard des motifs exceptionnels qu'il fait valoir peut se voir délivrer une carte de séjour temporaire portant la mention " salarié ", " travailleur temporaire " ou " vie privée et familiale ", sans que soit opposable la condition prévue à l'article L. 412-1. / Lorsqu'elle envisage de refuser la demande d'admission exceptionnelle au séjour formée par un étranger qui justifie par tout moyen résider habituellement en France depuis plus de dix ans, l'autorité administrative est tenue de soumettre cette demande pour avis à la commission du titre de séjour prévue à l'article L. 432-14. () ".
10. Mme C et M. E soutiennent qu'ils justifient d'un motif exceptionnel et humanitaire pour leur admission au séjour dès lors qu'ils sont exposés à des risques graves pour leur intégrité physique ainsi que celle de leurs trois filles dans leur pays d'origine en raison de leur opposition, d'un part, à une tentative de mariage forcée de Mme C et, d'autre part, à l'excision de leurs filles. Ils ajoutent que Mme C a été victime d'excision et a fait l'objet de viols répétés par des membres de sa famille durant son enfance. Toutefois, les pièces produites par les intéressés ne sont pas de nature à remettre en cause l'appréciation portée par l'OFPRA ainsi que la CNDA dans leurs décisions du 23 juillet 2021 et du 12 octobre 2022, lesquelles n'ont pas retenu les faits ainsi que les risques dont les intéressés se prévalent. Aussi, en considérant que les risques dont se prévalaient les intéressés n'étaient pas constitutifs d'un motif exceptionnel ou humanitaire d'admission au séjour, la préfète de Vaucluse n'a pas commis d'illégalité en refusant de faire usage de son pouvoir de régularisation. Par suite, le moyen tiré de la méconnaissance des dispositions de l'article L. 435-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile doit être écarté.
11. En septième lieu, aux termes des stipulation de l'article 3-1 de la convention internationale des droits de l'enfant : " Dans toutes les décisions qui concernent les enfants, qu'elles soient le fait d'institutions publiques ou privées de protection sociale, des tribunaux, des autorités administratives ou des organes législatifs, l'intérêt supérieur de l'enfant doit être une considération primordiale. () ".
12. Mme C et M. E soutiennent que leurs deux filles aînées sont régulièrement scolarisées. Ils ajoutent que leur fille aînée, B, souffre d'un trouble du neurodéveloppement, lequel se traduit par un retard massif du langage oral ainsi que de l'expression et du langage écrit, nécessitant une prise en charge en orthophonie ainsi qu'en neuropédiatrie. A cet égard, Mme C et M. E précisent qu'en raison de son état de santé la jeune B, d'une part, s'est vu attribuer l'allocation d'éducation de l'enfant handicapé (AEEH) par une décision de la maison départementale des personnes handicapées (MDPH) de Vaucluse du 1er août 2023 pour un taux d'incapacité supérieur ou égal à 50% et inférieur à 80% et, d'autre part, bénéficie d'un accompagnement pour les élèves en situation de handicap dans le cadre scolaire. Toutefois, les arrêtés attaqués n'ont pas pour conséquence de séparer les requérants de leurs trois enfants dont, au surplus, il ne ressort pas des pièces des dossiers qu'ils ne puissent les accompagner dans leur pays d'origine et dont ils ont la nationalité, ni y être scolarisés. Par ailleurs, s'il ressort effectivement des pièces du dossier que l'état de santé de la jeune B nécessite une prise en charge médicale, aucune des pièces produites ne fait apparaître l'inexistence et l'indisponibilité effective d'un traitement approprié à sa pathologie au Nigeria. Par suite, le moyen tiré de la méconnaissance de l'article 3-1 de la convention internationale des droits de l'enfant ne peut qu'être qu'écarté.
13. En huitième et dernier lieu, Mme C et M. E soutiennent que les arrêtés attaqués sont entachés d'une erreur manifeste d'appréciation de leurs conséquences sur l'état de santé de leur fille aînée, B. Toutefois et pour les motifs exposés au point 12, ce moyen ne peut qu'être écarté.
14. Il résulte de tout ce qui précède que Mme C et M. E ne sont pas fondés à demander l'annulation des arrêtés qu'ils contestent. Par voie de conséquences, leurs conclusions présentées à fin d'injonction sous astreinte et au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative doivent également être rejetées.
D E C I D E :
Article 1er : Les requêtes de Mme A C et M. D E sont rejetées.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à Mme A C et M. D E et au préfet de Vaucluse.
Délibéré après l'audience du 13 juin 2024, à laquelle siégeaient :
M. Roux, président,
M. Chaussard, premier conseiller,
M. Chevillard, premier conseiller.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 27 juin 2024.
Le rapporteur,
M. CHAUSSARD
Le président,
G. ROUX
La greffière,
F. DESMOULIÈRES
La République mande et ordonne au préfet de Vaucluse en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
Le greffier,
N°s 2301535 - 2301536
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026