jeudi 27 juillet 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Nîmes |
| Section | Tribunal Administratif de Nîmes |
| N° Dossier | TA30-2301667 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | D |
| Formation | 1ère Chambre |
| Avocat requérant | NAJJARI |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire enregistrés les 6 mai 2023 et 15 juin 2023, M. A B, représenté par Me Najjari, demande au tribunal dans le dernier état de ses écritures :
1°) d'annuler l'arrêté du 27 avril 2023 par lequel la préfète de Vaucluse a rejeté sa demande de titre de séjour et a assorti son refus d'une obligation de quitter le territoire français dans le délai de trente jours ;
2°) d'enjoindre à la préfète de Vaucluse, à titre principal, de lui délivrer un titre de séjour portant la mention " vie privée et familiale ", ou, à titre subsidiaire, de réexaminer sa situation et lui délivrer une autorisation provisoire de séjour dès la notification du jugement à intervenir et sous astreinte de 150 euros par jour de retard ;
3°) de mettre à la charge de l'Etat une somme de 1 500 euros à verser à M. B au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative ainsi que les dépens.
Il soutient que :
En ce qui concerne la décision portant obligation de quitter le territoire français :
- elle est entachée d'un défaut d'examen particulier de sa situation personnelle ;
- elle méconnaît les dispositions de l'article L. 423-7 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- elle méconnaît les stipulations de l'article 3-1 de la convention internationale relative aux droits de l'enfant, signée à New-York le 26 janvier 1990 ;
- elle viole les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- elle viole l'article 3 bis du protocole du 28 avril 2008 relatif à la gestion concertée des migrations, entre le Gouvernement de la République française et le Gouvernement de la République tunisienne, publié par le décret n°2009-905 du 24 juillet 2009 ;
- elle est dépourvue de base légale dès lorsqu'il relevait de l'accord franco-tunisien ;
- elle est entachée d'une insuffisance de motivation.
La requête a été communiquée à la préfète de Vaucluse qui n'a pas produit de mémoire.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la convention internationale relative aux droits de l'enfant, signée à New-York le 26 janvier 1990 ;
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- l'accord modifié du 17 mars 1988 entre le Gouvernement de la République française et le Gouvernement de la République de Tunisie en matière de séjour et de travail ;
- l'accord franco-tunisien du 28 avril 2008 relatif à la gestion concertée des migrations et au développement solidaire ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code de justice administrative.
Le président de la formation de jugement a dispensé la rapporteure publique, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
A été entendu au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. Antolini.
Considérant ce qui suit :
1. M. A B, ressortissant tunisien né en 1988 à Kondar (Tunisie), est entré en France à une date inconnue sous couvert d'un titre de séjour italien valable du 25 août 2017 au 26 septembre 2018, puis d'une carte de résident italienne valable du 5 octobre 2017 au 10 novembre 2027. Il a ensuite bénéficié d'un titre de séjour " vie privée et familiale " l'autorisant à travailler du 7 juillet 2021 au 6 juillet 2022. Le 20 décembre 2022, il a sollicité le renouvellement de son titre de séjour en qualité de parent d'enfant français. Par un arrêté du 27 avril 2023, la préfète de Vaucluse a refusé de lui délivrer un titre de séjour et a assorti sa décision d'une obligation de quitter le territoire français dans un délai de trente jours. M. B demande l'annulation de cet arrêté.
2. En premier lieu, M. B soutient que la préfète de Vaucluse n'aurait pas procédé à un examen particulier de sa demande dès lors qu'il est fait mention à tort dans l'arrêté en litige, d'une part, qu'il serait entré sur le territoire à une date et dans des circonstances inconnues en s'y maintenant depuis sans en justifier, alors qu'il serait entré en France en 2019 sous couvert d'un titre de séjour italien valable du 25 août 2017 au 26 septembre 2018 puis d'une carte de résident italienne valable du 5 octobre 2017 au 10 novembre 2027 et, d'autre part, qu'il a obtenu la délivrance d'un titre de séjour mention " saisonnier " valable du 7 juillet 2021 au 6 juillet 2022, alors qu'il bénéficiait durant cette période d'un titre de séjour mention " vie privée et familiale " l'autorisant à travailler. Toutefois, ces mentions, qui n'ont pu exercer aucune influence sur le sens de la décision en litige sont sans incidence sur sa légalité et ne suffisent pas par elles-mêmes à révéler un défaut d'examen particulier. Par suite, le moyen doit être écarté.
3. En deuxième lieu, d'une part, aux termes de l'article 7 quater de l'accord franco-tunisien du 17 mars 1988 : " Sans préjudice des dispositions du b et du d de l'article 7 ter, les ressortissants tunisiens bénéficient, dans les conditions prévues par la législation française, de la carte de séjour temporaire portant la mention " vie privée et familiale " ". L'article 10 du même accord stipule : " 1. Un titre de séjour d'une durée de dix ans, ouvrant droit à l'exercice d'une activité professionnelle, est délivré de plein droit, sous réserve de la régularité du séjour sur le territoire français : () / c) Au ressortissant tunisien qui est père ou mère d'un enfant français résidant en France, à la condition qu'il exerce, même partiellement, l'autorité parentale à l'égard de cet enfant ou qu'il subvienne effectivement à ses besoins () ". Aux termes de l'article 11 du même accord : " Les dispositions du présent Accord ne font pas obstacle à l'application de la législation des deux Etats sur le séjour des étrangers sur tous les points non traités par l'Accord ".
4. D'autre part, aux termes de l'article L. 423-7 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'étranger qui est père ou mère d'un enfant français mineur résidant en France et qui établit contribuer effectivement à l'entretien et à l'éducation de l'enfant dans les conditions prévues par l'article 371-2 du code civil, depuis la naissance de celui-ci ou depuis au moins deux ans, se voit délivrer une carte de séjour temporaire portant la mention " vie privée et familiale " d'une durée d'un an, sans que soit opposable la condition prévue à l'article L. 412-1 ". Aux termes de l'article L. 423-8 du même code : " Pour la délivrance de la carte de séjour prévue à l'article L. 423-7, lorsque la filiation est établie à l'égard d'un parent en application de l'article 316 du code civil, le demandeur, s'il n'est pas l'auteur de la reconnaissance de paternité ou de maternité, doit justifier que celui-ci contribue effectivement à l'entretien et à l'éducation de l'enfant, dans les conditions prévues à l'article 371-2 du code civil, ou produire une décision de justice relative à la contribution à l'éducation et à l'entretien de l'enfant. / Lorsque le lien de filiation est établi mais que la preuve de la contribution n'est pas rapportée ou qu'aucune décision de justice n'est intervenue, le droit au séjour du demandeur s'apprécie au regard du respect de sa vie privée et familiale et au regard de l'intérêt supérieur de l'enfant ". Aux termes de l'article 371- 2 du code civil : " Chacun des parents contribue à l'entretien et à l'éducation des enfants à proportion de ses ressources, de celles de l'autre parent, ainsi que des besoins de l'enfant () ". Aux termes de l'article 373-2-2 du code civil : " I. En cas de séparation entre les parents, ou entre ceux-ci et l'enfant, la contribution à son entretien et à son éducation prend la forme d'une pension alimentaire versée, selon le cas, par l'un des parents à l'autre, ou à la personne à laquelle l'enfant a été confié () ".
5. Il résulte de ces dispositions qu'un ressortissant tunisien parent d'un enfant français résidant en France peut solliciter la délivrance d'un titre de séjour d'une durée de dix ans sur le fondement des stipulations du c) du 1 de l'article 10 de l'accord franco-tunisien du 17 mars 1988, ou une carte de séjour temporaire portant la mention " vie privée et familiale " d'une durée d'un an sur la base de l'article 7 quater du même accord et du 6° de l'article L. 313-11 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, devenu L. 423-7 du même code.
6. Il ressort des pièces du dossier que M. B a reconnu, le 2 novembre 2020, l'enfant né le 5 mai 2020 de Mme C, ressortissante française. Pour refuser la demande de M. B, la préfète de Vaucluse a considéré qu'il ne justifiait pas de la contribution à l'entretien et à l'éducation de son enfant français depuis sa naissance ou depuis au moins deux ans. Le requérant soutient avoir vécu avec son enfant français entre le 2 novembre 2020 et le 4 juin 2022, date à laquelle il s'est séparé de sa mère, avant de bénéficier, en application d'une décision du juge aux affaires familiales en date 7 octobre 2022, qui n'est pas produite, de l'exercice de l'autorité parentale et d'un droit de visite. Toutefois, la production de quatre attestations rédigées au mois de janvier de l'année 2023, qui font état de ce qu'il s'occupe de son fils et qu'il n'a jamais commis un acte de violence envers lui, sont très peu circonstanciées et ne permettent pas de mesurer l'intensité de la relation existante entre le fils et son père. Par ailleurs, si M. B produit des photographies sur lesquelles il figure aux côtés de son fils, celles-ci ne sont pas datées. En outre, alors que le requérant justifie qu'il verse une aide chaque mois par la production de virements intitulés " aide " entre les mois de septembre 2022 et mai 2023, il n'établit pas qu'il contribuerait de manière effective dans les conditions fixées par la loi à l'entretien et à l'éducation de son enfant, à savoir depuis la naissance de celui-ci ou depuis au moins deux ans à la date de l'arrêté en litige. Dans ces conditions, la préfète de Vaucluse n'a pas méconnu les dispositions des articles sus rappelés en prenant l'arrêté critiqué. Par suite, le moyen doit être écarté.
7. En troisième lieu, aux termes de l'article 3-1 de la convention internationale relative aux droits de l'enfant du 26 janvier 1990 : " Dans toutes les décisions qui concernent les enfants, qu'elles soient le fait des institutions publiques ou privées de protection sociale, des tribunaux, des autorités administratives ou des organes législatifs, l'intérêt supérieur de l'enfant doit être une considération primordiale ". Il résulte de ces stipulations que, dans l'exercice de son pouvoir d'appréciation, l'autorité administrative doit accorder une attention primordiale à l'intérêt supérieur des enfants dans toutes les décisions les concernant.
8. Compte tenu de ce qui a été exposé au point 6, les éléments produits par M. B ne démontrent ni qu'il entretient un lien affectif ancien et stable avec l'enfant qu'il a reconnu, ni qu'il participe, de façon significative et régulière, à son éducation ou à son entretien. Par ailleurs, dès lors que le refus de titre de séjour et l'obligation de quitter le territoire français n'ont ni pour objet ni pour effet d'empêcher que l'enfant Nessim B C vive auprès de ses parents, notamment sa mère française, la préfète n'a pas porté une atteinte disproportionnée à l'intérêt supérieur de l'enfant. Par suite, le moyen tiré de la méconnaissance des stipulations de l'article 3- 1 de la convention internationale relative aux droits de l'enfant du 26 janvier 1990 doit être écarté.
9. En quatrième lieu, aux termes de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : " 1° Toute personne a droit au respect de sa vie privée et familiale, de son domicile et de sa correspondance ; 2° Il ne peut y avoir ingérence d'une autorité publique dans l'exercice de ce droit que pour autant que cette ingérence est prévue par la loi et qu'elle constitue une mesure qui, dans une société démocratique, est nécessaire à la sécurité nationale, à la sûreté publique, au bien-être économique du pays, à la défense de l'ordre et à la prévention des infractions pénales, à la protection de la santé ou de la morale ou à la protection des droits et libertés d'autrui ". Pour l'application de ces stipulations, l'étranger qui invoque la protection due à son droit au respect de sa vie privée et familiale en France doit apporter toute justification permettant d'apprécier la réalité et la stabilité de ses liens personnels et familiaux effectifs en France au regard de ceux qu'il a conservés dans son pays d'origine.
10. M. B fait valoir qu'il n'a plus d'attaches familiales solides dans son pays d'origine car sa famille proche est établie en France, qu'il est père d'un enfant français, qu'il est intégré dans la société française où il a placé le centre de ses intérêts depuis 2019. Toutefois, les documents qu'il produit, à savoir une quittance de loyer postérieure à l'arrêté en litige et une facture d'électricité révélant un échéancier entre le 5 septembre 2022 et le 5 juillet 2023, ne font apparaître qu'une présence ponctuelle à partir de la fin du mois de septembre de l'année 2022. En outre, l'intéressé ne justifie pas d'une intégration socio-professionnelle par la production d'un contrat de travail saisonnier d'une durée de 5 mois et 26 jours entre le 4 avril 2022 et le 30 septembre 2022 auprès de la société " Soraya-Yanis Fruits ", présidée par un membre de sa famille, et d'une déclaration préalable à l'embauche en date du 4 avril 2022 avec cette même société, alors qu'il soutient désormais exercer une activité professionnelle dans le cadre d'un contrat à durée indéterminé qu'il ne produit pas. Par ailleurs, M. B, qui se prévaut de la présence en France de son frère, n'établit pas être dépourvu d'attaches dans son pays d'origine où il a vécu jusqu'à l'âge de 28 ans. Dans ces conditions, les décisions refusant d'accorder à M. B un titre de séjour et l'obligeant à quitter le territoire français ne peuvent être regardées comme portant une atteinte disproportionnée à son droit au respect de sa vie privée et familiale au regard des buts poursuivis. Par suite, le moyen tiré de la violation de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales doit être écarté.
11. En cinquième lieu, aux termes de l'article 3 de l'accord franco-tunisien du 17 mars 1988 susvisé : " Les ressortissants tunisiens désireux d'exercer une activité professionnelle salariée en France, pour une durée d'un an au minimum, et qui ne relèvent pas des dispositions de l'article 1er du présent Accord, reçoivent, après contrôle médical et sur présentation d'un contrat de travail visé par les autorités compétentes, un titre de séjour valable un an renouvelable et portant la mention " salarié " () ". Aux termes de l'article 11 du même accord : " Les dispositions du présent accord ne font pas obstacle à l'application de la législation des deux États sur le séjour des étrangers sur tous les points non traités par l'accord () ". Aux termes du point 2.3.3. de l'article 3 bis du protocole relatif à la gestion concertée des migrations entre le Gouvernement de la République française et le Gouvernement de la République tunisienne susvisé : " Le titre de séjour portant la mention " salarié ", prévu par le premier alinéa de l'article 3 de l'Accord du 17 mars 1988 modifié, est délivré à un ressortissant tunisien en vue de l'exercice, sur l'ensemble du territoire français, de l'un des métiers énumérés sur la liste figurant à l'Annexe I du présent Protocole, sur présentation d'un contrat de travail visé par l'autorité française compétente sans que soit prise en compte la situation de l'emploi () ". Enfin, aux termes du point 2.3.4 de ce même article : " Un titre de séjour pluriannuel portant la mention " travailleur saisonnier ", d'une durée de trois ans, renouvelable, et permettant de travailler en France jusqu'à six mois par an, est délivré au ressortissant tunisien titulaire d'un contrat de travail saisonnier d'une durée minimale de trois mois et qui s'engage à maintenir sa résidence hors de France. Le titulaire de ce titre est dispensé de la signature du contrat d'accueil et d'intégration ".
12. Il résulte des stipulations de l'article 3 précité, qui prévoient que le titre de séjour " salarié " n'est délivré que sur la présentation d'un contrat de travail visé par l'autorité compétente, que les dispositions du code du travail relatives aux conditions de délivrance des autorisations de travail demeurent applicables aux demandes de titre de séjour d'une durée d'un an portant la mention " salarié " formulées par les ressortissants tunisiens, la réserve prévue au point 2.3.3 du protocole du 28 avril 2008 n'ayant pour effet que d'écarter, pour les seuls métiers énumérés sur la liste figurant à l'Annexe I de ce protocole, l'application de la condition relative à la prise en compte de la situation de l'emploi prévue par le 1° de l'article R. 5221-20 du code du travail.
13. Il ressort des pièces du dossier que M. B se prévaut d'avoir exercé une activité professionnelle en qualité d'employé polyvalent, dans le cadre d'un contrat de travail saisonnier du 4 avril 2022 au 30 septembre 2022 auprès de la société " Soraya-Yanis Fruits ". Il soutient être désormais sous contrat à durée indéterminée avec cette même société. Toutefois, outre le fait qu'il n'a pas sollicité la délivrance d'un titre de séjour en qualité de salarié, il n'établit pas, en toute hypothèse, avoir produit un contrat de travail visé par les autorités compétentes à l'appui d'une éventuelle demande. Dans ces conditions, la préfète de Vaucluse, qui n'était pas saisie d'une telle demande, n'a pas violé les stipulations précitées en refusant un titre de séjour à M. B et en l'obligeant à quitter le territoire français. Par suite, le moyen doit être écarté.
14. En sixième lieu, M. B soutient que l'arrêté en litige est dépourvu de base légale dès lors qu'il ne vise pas l'accord franco-tunisien du 17 mars 1988. Toutefois, contrairement à ce qui est soutenu, il ressort de l'arrêté en litige que la préfète de Vaucluse vise notamment cet accord. Par suite, le moyen doit être écarté comme manquant en fait.
15. En septième et dernier lieu, aux termes de l'article L. 211-2 du code des relations entre le public et l'administration : " Les personnes physiques ou morales ont le droit d'être informées sans délai des motifs des décisions administratives individuelles défavorables qui les concernent. A cet effet, doivent être motivées les décisions qui : - restreignent l'exercice des libertés publiques ou, de manière générale, constituent une mesure de police () ". Aux termes de l'article L. 211-5 dudit code : " La motivation exigée par la présente loi doit être écrite et comporter l'énoncé des considérations de droit et de fait qui constituent le fondement de la décision ".
16. Il résulte de l'arrêté du 27 février 2023 que celui-ci comporte les considérations utiles de droit et de fait sur lesquelles la préfète s'est fondée pour refuser de délivrer un titre de séjour à M. B et l'obliger à quitter le territoire français. La préfète de Vaucluse, qui n'était pas tenue de mentionner l'ensemble des éléments de la situation personnelle du requérant, a donc suffisamment motivé sa décision, laquelle ne révèle, au demeurant, compte tenu de ce qui a été exposé au point 2, aucun défaut d'examen réel et sérieux de la situation du requérant. Par suite, le moyen tiré de l'insuffisance de motivation doit être écarté.
17. Il résulte de tout ce qui précède que les conclusions à fin d'annulation de la requête doivent être rejetées ainsi que, par voie de conséquence, les conclusions à fin d'injonction et celles tendant au paiement des frais liés au litige.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de M. B est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. A B et à la préfète de Vaucluse.
Délibéré après l'audience du 27 juin 2023, à laquelle siégeaient :
M. Antolini, président,
M. Lagarde, premier conseiller,
Mme Lahmar, conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 27 juillet 2023.
Le président,
J. ANTOLINI
Le conseiller le plus ancien,
F. LAGARDE
La greffière,
A. OLSZEWSKI
La République mande et ordonne à la préfète de Vaucluse en ce qui la concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026