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AccueilJurisprudence administrativeN° TA30-2301759

Tribunal Administratif de Nîmes — Décision N° TA30-2301759

mardi 19 septembre 2023

JuridictionTribunal Administratif de Nîmes
SectionTribunal Administratif de Nîmes
N° DossierTA30-2301759
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
PublicationC
Formation4ème Chambre

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête enregistrée le 12 mai 2023, M. A B demande au tribunal d'annuler l'arrêté du 26 avril 2023 par lequel la préfète de Vaucluse lui a refusé la délivrance d'un titre de séjour et l'a obligé à quitter le territoire français dans un délai de trente jours.

Il soutient que l'arrêté attaqué méconnaît l'article L. 426-11 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- l'accord franco-marocain du 9 octobre 1987,

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile,

- le code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

La présidente de la formation de jugement a dispensé la rapporteure publique, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.

Le rapport de Mme Achour a été entendu au cours de l'audience publique.

1. M. B, ressortissant marocain né le 8 septembre 1978, a sollicité la délivrance d'un titre de séjour " salarié ". Par un arrêté du 23 avril 2023, la préfète de Vaucluse a refusé de lui délivrer le titre demandé et l'a obligé à quitter le territoire français dans un délai de trente jours. M. B conteste cet arrêté.

2. Aux termes de l'article L. 426-11 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'étranger titulaire de la carte de résident de longue durée-UE, définie par les dispositions de la directive 2003/109/ CE du Conseil du 25 novembre 2003 relative au statut des ressortissants de pays tiers résidents de longue durée, accordée dans un autre Etat membre de l'Union européenne, et qui justifie de ressources stables et suffisantes pour subvenir à ses besoins et, le cas échéant, à ceux de sa famille, ainsi que d'une assurance maladie obtient, sous réserve qu'il en fasse la demande dans les trois mois qui suivent son entrée en France, et sans que la condition prévue à l'article L. 412-1 soit opposable : 1° La carte de séjour temporaire portant la mention portant la mention " salarié ", " travailleur temporaire " ou " entrepreneur/ profession libérale " s'il remplit les conditions prévues aux articles L. 421-1, L. 421-3 ou L. 421-5 ; / () ". Aux termes de l'article L. 412-1 du même code : " Sous réserve des engagements internationaux de la France et des exceptions prévues aux articles L. 412-2 et L. 412-3, la première délivrance d'une carte de séjour temporaire ou d'une carte de séjour pluriannuelle est subordonnée à la production par l'étranger du visa de long séjour mentionné aux 1° ou 2° de l'article L. 411-1 ".

3. Il résulte de ces dispositions combinées que le titulaire de la carte de résident longue durée-UE sollicitant un titre de séjour en qualité de salarié n'a pas à justifier d'un visa de long séjour pour pouvoir bénéficier d'un titre de séjour en qualité de salarié, à la condition toutefois d'avoir sollicité la délivrance de ce titre dans les trois mois suivant son entrée en France.

4. Selon l'article R. 5221-3 du code du travail : " I.- L'étranger qui bénéficie de l'autorisation de travail prévue par l'article R. 5221-1 peut, dans le respect des termes de celle-ci, exercer une activité professionnelle salariée en France lorsqu'il est titulaire de l'un des documents et titres de séjour suivants : () 2° La carte de séjour temporaire ou pluriannuelle portant la mention " salarié ", délivrée en application de l'article L. 421-1 ou de l'article L. 313-17 du même code ou le visa de long séjour valant titre de séjour portant la même mention, mentionné au 7° de l'article R. 431-16 du même code ; 3° La carte de séjour temporaire " salarié " ou " travailleur temporaire" délivrée en application du 1° de l'article L. 426-11 du même code () ".

5. Il résulte de ces dispositions que le bénéficiaire d'une autorisation de travail ne peut exercer une activité professionnelle que s'il est titulaire d'un des titres de séjour qu'elles visent. Eu égard à sa nature et à son objet, une demande d'autorisation de travail, si elle est une condition au bénéfice d'un titre de séjour " salarié ", ne saurait valoir demande de délivrance d'un tel titre.

6. M. B déclare être entré sur le territoire français en septembre 2022, sans toutefois en justifier. Des demandes d'autorisation de travail le concernant ont été déposées par la société BMR clôture les 2 novembre et 12 décembre 2022 et une autorisation de travail a été délivrée en retour le 17 janvier 2023. Toutefois, il ressort des mentions non contestées de la décision attaquée que la demande de titre de séjour salarié de M. B n'a été reçue en préfecture que le 23 mars 2023 soit plus de trois mois après la date alléguée de son entrée en France. S'il soutient qu'il est difficile d'obtenir un rendez-vous en préfecture dans des délais raisonnables, le requérant n'apporte aucun élément pour justifier avoir vainement tenté de déposer cette demande antérieurement. Dans ces conditions, la préfète de Vaucluse a pu, sans méconnaître l'article L. 426-11 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, refuser de délivrer à M. B une carte de séjour temporaire portant la mention " salarié " au motif de la tardiveté de sa demande au regard de ces dispositions et de ce qu'il ne justifiait pas d'un visa de long séjour, nonobstant l'autorisation de travail délivrée auprès de son employeur.

7. Il résulte de ce qui précède que M. B n'est pas fondé à demander l'annulation de l'arrêté qu'il conteste.

D E C I D E :

Article 1er : La requête de M. B est rejetée.

Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. A B et à la préfète de Vaucluse.

Délibéré après l'audience du 7 septembre 2023, à laquelle siégeaient :

Mme Chamot, présidente,

Mme Achour, première conseillère,

M. Aymard, premier conseiller,

Rendu public par mise à disposition au greffe le 19 septembre 2023.

La rapporteure,

P. ACHOUR

La présidente,

C. CHAMOTLa greffière,

F. DESMOULIÈRES

La République mande et ordonne à la préfète de Vaucluse en ce qui la concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

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