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AccueilJurisprudence administrativeN° TA30-2302381

Tribunal Administratif de Nîmes — Décision N° TA30-2302381

jeudi 6 juillet 2023

JuridictionTribunal Administratif de Nîmes
SectionTribunal Administratif de Nîmes
N° DossierTA30-2302381
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
PublicationC
FormationReconduites à la frontière
Avocat requérantZWERTVAEGHER

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête enregistrée le 28 juin 2023, Mme A B, représentée par Me Zwertvaegher, demande au tribunal d'annuler l'arrêté du 26 juin 2023 par lequel la préfète du Gard l'a assignée à résidence pour une durée de 45 jours renouvelable une fois dans la même limite de durée.

Elle soutient, outre que la requête est recevable, que :

- la décision attaquée est entachée d'une erreur de fait et d'une erreur manifeste d'appréciation ; elle a introduit un recours devant le tribunal administratif de Besançon afin d'obtenir l'annulation de l'arrêté portant retrait de la carte de résident algérien et portant obligation de quitter le territoire français ; elle bénéficie de plein droit d'une carte de résident portant la mention " vie privée et familiale " dès lors qu'elle est mère d'un enfant de nationalité française ; il n'existe pas de perspective raisonnable d'exécution de son obligation de quitter le territoire français.

La requête a été communiqué à la préfète du Gard qui n'a pas produit d'observations dans cette affaire.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- le code de justice administrative.

Le président du tribunal a désigné Mme Bala en application de l'article L. 614-9 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Au cours de l'audience publique, après présentation du rapport de Mme Bala, ont été entendues :

- les observations de Me Le Sagere, représentant Mme B, qui précise qu'elle est mariée avec un ressortissant français, qu'elle a été victime de graves violences conjugales conduisant à la perte d'un enfant durant sa grossesse, qu'elle a donné naissance à un enfant de nationalité française en août 2022, qu'un recours contre la décision portant retrait du titre et obligation de quitter le territoire français est pendant devant le tribunal administratif de Besançon ;

- les observations de Mme B ;

- la préfète du Gard n'étant ni présent, ni représenté.

La clôture de l'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience.

Considérant ce qui suit :

1. Mme A B demande au tribunal d'annuler l'arrêté du 26 juin 2023 par lequel la préfète du Gard l'a assignée à résidence pour une durée de quarante-cinq jours.

Sur les conclusions à fin d'annulation :

2. Aux termes de l'article L. 611-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Ne peuvent faire l'objet d'une décision portant obligation de quitter le territoire français : () 5° L'étranger ne vivant pas en état de polygamie qui est père ou mère d'un enfant français mineur résidant en France, à condition qu'il établisse contribuer effectivement à l'entretien et à l'éducation de l'enfant dans les conditions prévues par l'article 371-2 du code civil depuis la naissance de celui-ci ou depuis au moins deux ans ; () ". Aux termes de l'article L. 731-3 du même code : " L'autorité administrative peut autoriser l'étranger qui justifie être dans l'impossibilité de quitter le territoire français ou ne pouvoir ni regagner son pays d'origine ni se rendre dans aucun autre pays, à se maintenir provisoirement sur le territoire en l'assignant à résidence jusqu'à ce qu'existe une perspective raisonnable d'exécution de son obligation, dans les cas suivants : 1° L'étranger fait l'objet d'une décision portant obligation de quitter le territoire français pour laquelle le délai de départ volontaire est expiré ou n'a pas été accordé () ".

3. Il ressort des pièces du dossier que Mme B est mère d'un enfant de nationalité française né le 27 août 2022 à Nîmes. Il n'est pas contesté que cet enfant réside en France et que Mme B, qui déclare avoir fui le domicile conjugal en raison des violences exercées par son conjoint sur sa personne, contribue effectivement à son entretien et à son éducation dans les conditions prévues par l'article 371-2 du code civil depuis sa naissance. Dans ces conditions, et alors qu'en application des dispositions du 5° de l'article L. 611-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile précitées, il n'est pas contesté par la préfète du Gard qu'il n'existe pas de perspective raisonnable d'exécution de son obligation de quitter le territoire français, Mme B est fondée à soutenir que la décision attaquée est entachée d'une erreur de fait.

4. Il résulte de ce qui précède que Mme B est fondée à demander l'annulation de l'arrêté attaqué.

D É C I D E :

Article 1er : L'arrêté du 26 juin 2023 est annulé.

Article 2 : Le présent jugement sera notifié à Mme A B et à la préfète du Gard.

Décision rendue publique par mise à disposition au greffe le 6 juillet 2023.

La magistrate désignée,

K. BALA

La greffière,

A. NOGUERO

La République mande et ordonne à la préfète du Gard en ce qui la concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

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