mardi 11 février 2025
| Juridiction | Tribunal Administratif de Nîmes |
| Section | Tribunal Administratif de Nîmes |
| N° Dossier | TA30-2302413 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Formation | 1ère Chambre |
| Avocat requérant | CABINET PEZET PEREZ |
Vu la procédure suivante :
Par un déféré enregistré le 30 juin 2023, le préfet de Vaucluse demande au tribunal d'annuler l'arrêté du 26 janvier 2023 par lequel le maire de Pertuis a délivré à la société civile d'exploitation agricole Bonnaud un permis de construire un hangar agricole.
Il soutient que l'arrêté méconnait le titre II du plan de prévention des risques d'inondation du bassin versant de l'Eze.
Par un mémoire en défense enregistré le 14 décembre 2023, la commune de Pertuis conclut au rejet de la requête.
Elle fait valoir que :
- le permis de construire est conforme aux dispositions du plan local d'urbanisme ;
- il est conforme aux dispositions du plan de prévention des risques d'inondation ;
- le plan de prévention des risques d'inondation ne tient pas compte des nouvelles données hydrologiques.
Par un mémoire en défense enregistré le 16 janvier 2024, la société Bonnaud, représentée par Me Pezet, conclut au rejet de la requête.
Elle fait valoir que :
- le permis de construire est conforme aux dispositions du plan local d'urbanisme ;
- le plan de prévention des risques d'inondation ne tient pas compte des nouvelles données hydrologiques ;
- elle souhaite couvrir ce hangar de panneaux photovoltaïques, ce qui contribue à la politique d'accélération du développement des énergies renouvelables relayée par le préfet.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de l'urbanisme ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. Pumo,
- et les conclusions de Mme Bourjade, rapporteure publique.
Considérant ce qui suit :
1. La société Bonnaud a déposé, le 21 novembre 2022, une demande de permis de construire un hangar agricole sur un terrain situé au 1730, quartier Vidalet à Pertuis. Par un arrêté du 26 janvier 2023, le maire de Pertuis a délivré le permis de construire sollicité. Par un courrier du 17 avril 2023, reçu le 2 mai suivant, le maire de Pertuis a expressément rejeté le recours gracieux formé par la sous-préfète d'Apt le 13 mars 2023, tendant au retrait de ce permis de construire au motif qu'il contrevient aux dispositions du règlement du plan de prévention des risques d'inondation du bassin versant de l'Eze. Le préfet de Vaucluse demande au tribunal d'annuler pour excès de pouvoir l'arrêté du 26 janvier 2023.
Sur la légalité du permis de construire en litige :
2. Aux termes de l'article L. 562-4 du code de l'urbanisme : " Le plan de prévention des risques naturels prévisibles approuvé vaut servitude d'utilité publique. Il est annexé au plan local d'urbanisme (). ". Le règlement du plan local d'urbanisme de la commune de Pertuis comprend, dans la section de son titre 1 relative à l'articulation des règles du plan local d'urbanisme avec d'autres dispositions relatives à l'occupation ou l'utilisation des sols, une disposition relative aux servitudes d'utilité publique aux termes de laquelle : " () Les règles de chaque zone du plan peuvent voir leur application modifiée, restreinte ou annulée par les effets particuliers d'une servitude d'utilité publique. En toutes hypothèses, les occupations et utilisations éventuellement interdites ou admises sous conditions par l'application d'une servitude d'utilité publique se surajoutent à celles définies dans le règlement de chaque zone du PLU. () ".
3. Il résulte de ces dispositions que les interdictions prescrites dans le plan de prévention des risques d'inondation du bassin versant de l'Eze s'ajoutent à celles prévues par le plan local d'urbanisme. Par suite le moyen tiré de ce que le projet serait conforme aux autres prescriptions du PLU est sans incidence sur le présent litige et doit être écarté.
4. Le titre 2 du règlement du plan de prévention des risques d'inondation du bassin versant de l'Eze fixe les règles applicables à la zone rouge, laquelle correspond, selon son préambule, " aux secteurs soumis à un risque très important d'inondation pour la crue de référence ". L'article 6 de ce titre dispose que sont interdits " tous les travaux, aménagements, constructions ou installations diverses qui ne sont pas expressément autorisés par le présent titre (). ". Selon ce même article, peuvent être autorisés en zone rouge, sous conditions : " () Les travaux d'entretien et de gestion courants des bâtiments existants et les travaux destinés à réduire les risques pour leurs occupants. (). Les travaux destinés à améliorer l'écoulement ou le stockage des eaux et à réduire les risques. (). ". Il résulte de ces dispositions qu'à l'exception de celles qui sont expressément autorisées par l'article 6 précité, les constructions nouvelles sont interdites.
5. En l'espèce, il est constant que le terrain d'assiette du projet se trouve en zone rouge du plan de prévention des risques d'inondation du bassin versant de l'Eze. Le projet de la société Bonnaud consiste en la construction d'un hangar agricole, d'une superficie de plus de mille quatre-vingt-quinze mètres carrés, destiné au stockage du fourrage nécessaire à l'exploitation agricole. S'il ressort de la fiche de renseignements complémentaires, produite pour compléter le dossier de permis, que la structure et le positionnement du hangar qui n'a pas vocation à être occupé, ont été déterminés de façon à protéger les autres bâtiments de l'écoulement des eaux en cas de crue de l'Eze, la finalité première de la construction projetée reste le stockage de matériel agricole, de sorte que cette construction ne saurait, du seul fait de son implantation et de l'effet utile qui en résulterait en cas d'inondation, être regardée comme issue de " travaux destinés à améliorer l'écoulement ou le stockage des eaux et à réduire les risques ". La circonstance que la construction permettrait la réalisation d'une couverture de panneau solaires est sans incidence sur son implantation. Ainsi, le projet de la société Bonnaud, qui ne relève d'aucune des constructions autorisées par exception pour l'application du règlement du plan de prévention des risques d'inondation du bassin versant de l'Eze, méconnait le principe d'interdiction prescrit par ses dispositions.
6. Si la commune fait valoir en défense que le plan de prévention des risques d'inondation du bassin versant de l'Eze, approuvé le 23 mai 2001, ne tient pas compte des nouvelles données hydrologiques en présence, elle ne précise pas en quoi l'étude hydraulique qu'elle verse aux débats, réalisée le 6 février 2020 et communiquée au préfet de Vaucluse le 20 février suivant, serait de nature à établir l'illégalité des dispositions du plan de prévention des risques que le préfet de Vaucluse oppose à son projet. Par suite, elle n'est pas fondée à faire valoir que l'application du plan de prévention des risques d'inondation aurait été à bon droit écartée.
7. Il résulte de tout ce qui précède que le préfet de Vaucluse est fondé à solliciter l'annulation de l'arrêté du 26 janvier 2023.
D E C I D E :
Article 1er : L'arrêté du 26 janvier 2023 par lequel le maire de Pertuis a délivré à la société Bonnaud un permis de construire est annulé.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié au préfet de Vaucluse, à la commune de Pertuis, à la société Bonnaud et au procureur de la République.
Délibéré après l'audience du 28 janvier 2025 où siégeaient :
- Mme Boyer, présidente,
- Mme Lahmar, conseillère,
- M. Pumo, conseiller.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 11 février 2025.
Le rapporteur,
J. PUMO
La présidente,
C. BOYERLa greffière,
N. LASNIER
La République mande et ordonne au préfet de Vaucluse en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026