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AccueilJurisprudence administrativeN° TA30-2302455

Tribunal Administratif de Nîmes — Décision N° TA30-2302455

lundi 28 octobre 2024

JuridictionTribunal Administratif de Nîmes
SectionTribunal Administratif de Nîmes
N° DossierTA30-2302455
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
PublicationC
FormationPôle contentieux sociaux

Résumé IA

Le Tribunal Administratif de Nîmes, statuant en formation de pôle contentieux sociaux, a examiné les demandes de M. B A contestant plusieurs indus d’allocation de logement sociale et de prime d’activité notifiés par la caisse de mutualité sociale agricole du Languedoc, ainsi que les contraintes émises pour leur recouvrement. La juridiction a rejeté la requête comme irrecevable pour l’essentiel, faute pour M. A d’avoir exercé un recours administratif préalable obligatoire contre les décisions d’indu des 10 février et 6 mars 2023, et en raison du caractère définitif de la décision implicite de la commission de recours amiable du 10 mai 2023. Les oppositions aux contraintes ont également été jugées irrecevables, M. A n’ayant pas contesté préalablement le bien-fondé des créances auprès de la caisse. La solution retenue s’appuie sur les dispositions du code de la sécurité sociale et du code des relations entre le public et l’administration.

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête et un mémoire, enregistrés les 29 juin 2023 et 29 décembre 2023, régularisés le 15 février 2024, M. B A doit être regardé comme :

1°) demandant au tribunal d'annuler la décision du 10 mai 2023 par laquelle la commission de recours amiable de la caisse de mutualité sociale agricole du Languedoc a implicitement, sur son recours administratif préalable, confirmé la décision du 19 janvier 2023 par laquelle la caisse de mutualité sociale agricole du Languedoc lui a notifié un indu résultant d'un trop-perçu d'allocation de logement sociale d'un montant de 1 806 euros au titre de la période du 1er janvier 2021 au 31 août 2022 ;

2°) demandant au tribunal d'annuler la décision du 10 février 2023 par laquelle la caisse de mutualité sociale agricole du Languedoc lui a notifié un indu résultant d'un trop-perçu d'allocation de logement sociale d'un montant de 3 570, 84 euros au titre de la période du 1er janvier 2021 au 31 décembre 2022 ;

3°) demandant au tribunal d'annuler la décision du 6 mars 2023 par laquelle la caisse de mutualité sociale agricole du Languedoc lui a notifié un indu résultant d'un trop-perçu d'allocation de logement sociale et de prime d'activité d'un montant de 648,69 euros au titre de la période du 1er janvier 2021 au 31 janvier 2023 ;

4°) formant opposition à la contrainte CT23011 émise le 18 décembre 2023 par la caisse de mutualité sociale agricole du Languedoc en recouvrement d'une somme de 3 570,84 euros correspondant à un indu d'allocation de logement sociale au titre de la période du 1er janvier 2021 au 31 décembre 2022 ;

5°) formant opposition à la contrainte CT23012 émise le 18 décembre 2023 par la caisse de mutualité sociale agricole du Languedoc en recouvrement d'une somme de 337,71 euros correspondant à un indu d'allocation de logement sociale au titre de la période du 1er janvier 2021 au 31 janvier 2023 ;

6°) formant opposition à la contrainte CT23013 émise le 18 décembre 2023 par la caisse de mutualité sociale agricole du Languedoc en recouvrement d'une somme de 310,98 euros correspondant à un indu de prime d'activité au titre de la période du 1er janvier 2021 au 31 janvier 2023 ;

7°) formant opposition à la contrainte CT23016 émise le 18 décembre 2023 par la caisse de mutualité sociale agricole du Languedoc en recouvrement d'une somme de 134,58 euros correspondant à un indu d'allocation de logement sociale au titre de la période du 1er octobre 2021 au 12 juillet 2023.

Il soutient que :

- les décisions par lesquelles les indus litigieux ont été mis à sa charge ne lui ont pas été notifiées par voie postale mais uniquement sur la plateforme de la caisse de mutualité sociale agricole du Languedoc ;

- c'est à tort que la caisse de mutualité sociale agricole du Languedoc a repris ses droits à l'allocation au logement sociale depuis le 1er janvier 2021 en tenant compte des revenus provenant de son contrat de travail qui a été signé en janvier 2023 ;

- il ne comprend pas l'origine des indus d'allocation au logement sociale et de prime d'activité qui lui ont été notifiés.

Par un mémoire en défense, enregistré le 26 juillet 2024, la caisse de mutualité sociale agricole du Languedoc conclut au rejet de la requête de M. A.

Elle soutient que :

- les conclusions à fin d'opposition aux contraintes attaquées sont postérieures à l'introduction de la requête de M. A qui ne tendait qu'à l'annulation des décisions lui notifiant les indus résultant de trop-perçu d'allocation au logement sociale et de prime d'activité, et sont dès lors irrecevables, en application des dispositions de l'article 4 du code de procédure civile ;

- les conclusions aux fins d'annulation des décisions du 10 février 2023 et du 6 mars 2023 de la caisse de mutualité sociale agricole du Languedoc sont irrecevables dès lors qu'elles n'ont pas été précédées d'un recours administratif préalable obligatoire ;

- les conclusions aux fins d'annulation de la décision du 10 mai 2023 par laquelle la commission de recours amiable a implicitement confirmé l'indu de 1 806 euros mis à la charge de M. A sont irrecevables dès lors que cette décision est devenue définitive ;

- les conclusions à fin d'annulation de la contrainte CT23016 sont irrecevables faute pour M. A d'avoir contesté la décision du 10 mai 2023 de la commission de recours amiable ;

- les moyens soulevés par M. A ne sont pas fondés.

Par un courrier du 30 septembre 2024, les parties ont été informées, en application des dispositions de l'article R. 611-7 du code de justice administrative, de ce que le jugement était susceptible d'être fondé sur un moyen relevé d'office, tiré de l'irrecevabilité du moyen mettant en cause le bien-fondé des indus d'allocation de logement sociale réclamés par les contraintes CT23011 et CT23012 du 18 décembre 2023 en l'absence de contestation préalable par le requérant du bien-fondé de ces créances auprès de la caisse de mutualité sociale agricole du Languedoc.

Par un courrier du 30 septembre 2024, les parties ont été informées, en application des dispositions de l'article R. 611-7 du code de justice administrative, de ce que le jugement était susceptible d'être fondé sur un moyen relevé d'office, tiré de l'irrecevabilité du moyen mettant en cause le bien-fondé de l'indu de prime d'activité réclamé par la contrainte CT23013 du 18 décembre 2023 en l'absence de contestation préalable par le requérant du bien-fondé de cette créance auprès de la caisse de mutualité sociale agricole du Languedoc.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code de l'action sociale ;

- le code de la construction et de l'habitation ;

- le code des relations entre le public et l'administration ;

- le code de la sécurité sociale ;

- le code de justice administrative.

Le président de la formation de jugement a dispensé le rapporteur public, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Au cours de l'audience publique, après l'appel de l'affaire, les parties n'étant ni présentes ni représentées, la clôture de l'instruction est intervenue en application de l'article R. 772-9 du code de justice administrative, et le rapport de M. C a été entendu.

Considérant ce qui suit :

1. Par une décision du 19 janvier 2023, la caisse de mutualité sociale du Languedoc a mis à la charge de M. A un indu résultant d'un trop-perçu d'allocation de logement sociale d'un montant de 1 806 euros au titre de la période du 1er octobre 2021 au 31 août 2022. Par un courrier du 9 mars 2023, M. A doit être regardé comme ayant contesté le bien-fondé de cet indu mis à sa charge. Par une décision du 10 mai 2023, dont M. A doit être regardé comme en demandant l'annulation, la commission de recours amiable de la caisse de mutualité sociale du Languedoc a implicitement rejeté le recours administratif préalable de l'intéressé. Par une décision du 10 février 2023, la caisse de mutualité sociale agricole du Languedoc a mis à la charge de M. A un indu résultant d'un trop-perçu d'allocation de logement sociale d'un montant de 3 570,84 euros au titre de la période du 1er janvier 2021 au 31 décembre 2022. Par une décision du 6 mars 2023, la caisse de mutualité sociale agricole du Languedoc a mis à la charge de M. A un indu résultant d'un trop-perçu d'allocation de logement sociale et de prime d'activité d'un montant de 648,69 euros au titre de la période du 1er janvier 2021 au 31 janvier 2023. M. A doit être regardé comme demandant l'annulation de ces deux décisions. M. A doit également être regardé comme formant opposition à la contrainte CT23011 émise le 18 décembre 2023 par la caisse de mutualité sociale agricole du Languedoc en recouvrement d'une somme de 3 570,84 euros correspondant à un indu d'allocation de logement sociale au titre de la période du 1er janvier 2021 au 31 décembre 2022, à la contrainte CT23012 émise le 18 décembre 2023 par la caisse de mutualité sociale agricole du Languedoc en recouvrement d'une somme de 337,71 euros correspondant à un indu d'allocation de logement sociale au titre de la période du 1er janvier 2021 au 31 janvier 2023, à la contrainte CT23013 émise le 18 décembre 2023 par la caisse de mutualité sociale agricole du Languedoc en recouvrement d'une somme de 310,98 euros correspondant à un indu de prime d'activité au titre de la période du 1er janvier 2021 au 31 janvier 2023, et à la contrainte CT23016 émise le 18 décembre 2023 par la caisse de mutualité sociale agricole du Languedoc en recouvrement d'une somme de 134,58 euros correspondant à un indu d'allocation de logement sociale au titre de la période du 1er octobre 2021 au 12 juillet 2023.

Sur les fins de non-recevoir opposées par la caisse de mutualité sociale agricole du Languedoc :

En ce qui concerne l'irrecevabilité des conclusions à fin d'opposition aux contraintes CT CT23011, CT23012, CT23013 et 23016 émises le 18 décembre 2023 :

2. Par son mémoire complémentaire, enregistré le 29 décembre 2023, M. A doit être regardé comme formant opposition aux contraintes CT23011, CT23012, CT23013 et 23016 émises le 18 décembre 2023 par la caisse de mutualité sociale agricole du Languedoc pour le recouvrement des indus d'allocation de logement sociale et de prime d'activité dont l'intéressé conteste le bien-fondé dans sa requête introductive d'instance. L'ensemble de ces conclusions présentent entre elles, eu égard à leur objet, un lien suffisant pour qu'elles puissent être regardées comme recevables. La fin de non-recevoir opposée par la caisse de mutualité sociale agricole du Languedoc dont donc être écartée.

En ce qui concerne l'irrecevabilité des conclusions à fin d'annulation des décisions du 10 février 2023 et du 6 mars 2023 de la caisse de mutualité sociale agricole en l'absence de recours administratif préalable :

3. D'une part, aux termes de l'article L. 821-1 du code de la construction et de l'habitation : " Les aides personnelles au logement () sont régies par le présent livre. / Les aides personnelles au logement comprennent : 1° L'aide personnalisée au logement ; 2° Les allocations de logement : a) L'allocation de logement familiale ; () ". Aux termes de l'article L. 825-2 du même code : " Les contestations des décisions prises en matière d'aides personnelles au logement () par les organismes payeurs doivent faire l'objet d'un recours administratif préalable devant l'organisme payeur qui en est l'auteur, selon des modalités fixées par voie réglementaire ". Enfin, selon son article R. 825-1 : " L'introduction d'un recours contentieux dirigé contre des décisions prises par un organisme payeur en matière d'aides personnelles au logement () est subordonnée à l'exercice préalable d'un recours administratif auprès de la commission de recours amiable prévue à l'article R. 142-1 du code de la sécurité sociale constituée auprès du conseil d'administration de l'organisme auteur de la décision contestée. / Ce recours administratif est régi par les dispositions des chapitres Ier et II du titre Ier du livre IV du code des relations entre le public et l'administration. La procédure définie par les articles R. 142-1 et R. 142-6 du code de la sécurité sociale lui est applicable ".

4. D'autre part, aux termes de l'article L. 845-2 du code de la sécurité sociale : " Toute réclamation dirigée contre une décision relative à la prime d'activité prise par l'un des organismes mentionnés à l'article L. 843-1 fait l'objet, préalablement à l'exercice d'un recours contentieux, d'un recours auprès de la commission de recours amiable, composée et constituée au sein du conseil d'administration de cet organisme et qui connaît des réclamations relevant de l'article L. 142-1. Les recours contentieux relatifs aux décisions mentionnées au premier alinéa du présent article sont portés devant la juridiction administrative. () ". L'institution par ces dispositions d'un recours administratif, préalable obligatoire à la saisine du juge, a pour effet de laisser à l'autorité compétente pour en connaître le soin d'arrêter définitivement la position de l'administration. Il s'ensuit que la décision prise à la suite du recours préalable est seule susceptible d'être déférée au juge en ce qu'elle se substitue à la décision initiale.

5. Les conclusions de la requête de M. A tendant à l'annulation de la décision du 10 février 2023 par laquelle la caisse de mutualité sociale agricole du Languedoc a mis à sa charge un indu de 3 570,84 euros résultant d'un trop-perçu d'allocation de logement sociale pour la période du 1er janvier 2021 au 31 décembre 2022, et à l'annulation de la décision du 6 mars 2023 par laquelle la caisse de mutualité sociale agricole du Languedoc a mis à sa charge un indu de 648,69 euros résultant d'un trop-perçu d'allocation de logement sociale et de prime d'activité pour la période du 1er janvier 2021 au 31 janvier 2023 devaient obligatoirement être précédées de recours administratifs devant la commission de recours amiable de la caisse de mutualité sociale agricole du Languedoc en application des dispositions citées précédemment aux points 3 et 4. Il ne résulte pas de l'instruction que, préalablement à la saisine du tribunal, ainsi que le fait valoir la caisse de mutualité sociale agricole du Languedoc, M. A aurait formé de tels recours. Par suite, la fin de non-recevoir opposée par la caisse de mutualité sociale agricole du Languedoc tirée de l'irrecevabilité des conclusions présentées par M. A tendant à l'annulation des décisions du 10 février 2023 et du 6 mars 2023 de la caisse de mutualité sociale agricole du Languedoc doit être accueillie.

En ce qui concerne l'irrecevabilité des conclusions à fin d'annulation de la décision du 10 mai 2023 de la caisse de mutualité sociale agricole du Languedoc :

6. Par une décision du 19 janvier 2023, la caisse de mutualité sociale du Languedoc a mis à la charge de M. A un indu résultant d'un trop-perçu d'allocation de logement sociale d'un montant de 1 806 euros au titre de la période du 1er octobre 2021 au 31 août 2022. Par un courrier du 9 mars 2023, M. A doit être regardé comme ayant contesté le bien-fondé de cet indu mis à sa charge. Par une décision du 10 mai 2023, qui lui a été notifié le 17 mai suivant, la commission de recours amiable de la caisse de mutualité sociale du Languedoc a implicitement rejeté le recours administratif préalable de l'intéressé. Contrairement à ce que soutient la caisse de mutualité sociale agricole du Languedoc, M. A a demandé l'annulation de cette décision du 10 mai 2023 dans sa requête introductive d'instance enregistrée le 29 juin 2023, soit avant l'expiration du délai de recours contentieux de deux mois qui a commencé à courir le 17 mai 2023. Par suite, la fin de non-recevoir tirée de ce que la décision du 10 mai 2023 serait définitive doit être écartée.

Sur la contestation du bien-fondé de l'indu d'allocation de logement sociale d'un montant de 1 806 euros :

7. Lorsqu'il statue sur un recours dirigé contre une décision refusant ou ne faisant que partiellement droit à une demande de remise gracieuse d'un indu d'une prestation ou d'une allocation versée au titre de l'aide ou de l'action sociale, du logement ou en faveur des travailleurs privés d'emploi, il appartient au juge administratif, eu égard tant à la finalité de son intervention qu'à sa qualité de juge de plein contentieux, non de se prononcer sur les éventuels vices propres de la décision attaquée, mais d'examiner si une remise gracieuse totale ou partielle est susceptible d'être accordée, en se prononçant lui-même sur la demande au regard des dispositions applicables et des circonstances de fait dont il est justifié par l'une et l'autre parties à la date de sa propre décision. S'agissant d'un indu constaté au titre de la prestation de compensation du handicap, il y a lieu de rechercher si la situation de précarité de l'intéressé et sa bonne foi justifient que lui soit accordée une remise ou une réduction de dette.

8. En premier lieu, la circonstance que la décision initiale du 19 janvier 2023 par laquelle la caisse d'allocation de logement sociale a mis à la charge de M. A l'indu d'allocation de logement sociale d'un montant de 1 806 euros au titre de la période du 1er octobre 2021 au 31 août 2022 n'aurait été notifiée à l'intéressé que sur le site internet de la caisse de mutualité sociale agricole du Languedoc et non par voie postale est en tout état de cause sans incidence sur la légalité de la décision du 10 mai 2023 par laquelle la commission de recours amiable a confirmé le bien-fondé de cet indu.

9. En deuxième lieu, aux termes de l'article L. 211-2 du code des relations entre le public et l'administration : " Les personnes physiques ou morales ont le droit d'être informées sans délai des motifs des décisions administratives individuelles défavorables qui les concernent. / A cet effet, doivent être motivées les décisions qui : / () imposent des sujétions () ". Aux termes de l'article L. 211-5 du même code : " La motivation exigée par le présent chapitre doit être écrite et comporter l'énoncé des considérations de droit et de fait qui constituent le fondement de la décision ".

10. La décision par laquelle l'autorité administrative procède à la récupération de sommes indûment versées au titre de l'allocation de revenu de solidarité active est au nombre des décisions imposant une sujétion et doit, par suite, être motivée en application de l'article L. 211-2 du code des relations entre le public et l'administration. Il en résulte qu'une telle décision doit comporter l'énoncé des considérations de droit et de fait qui en constituent le fondement. A ce titre, l'autorité administrative doit faire figurer dans la motivation de sa décision la nature de la prestation et le montant des sommes réclamées, ainsi que le motif et la période sur laquelle porte la récupération. En revanche, elle n'est pas tenue d'indiquer dans cette décision les éléments servant au calcul du montant de l'indu.

11. A supposer que M. A, qui soutient ne pas comprendre les raisons pour lesquelles l'indu litigieux a été mis à sa charge, puisse être regardé comme invoquant le moyen tiré de l'insuffisance de motivation de la décision du 10 mai 2023 de la caisse de mutualité sociale agricole du Languedoc, la décision contestée précise la nature de l'indu mis à la charge de l'intéressé, son montant, la période sur lequel il porte, et ses motifs tirés de la mise à jour de la base de ressources mensuelles en application du décret n° 2020-451 qui a modifié l'appréciation des ressources prises en compte pour le calcul des aides personnelles au logement. La décision en litige comporte ainsi l'énoncé des considérations de droit et de fait qui en constituent le fondement. Par suite, le moyen tiré de l'insuffisance de sa motivation doit être écarté comme manquant en fait.

12. En troisième lieu, aux termes de l'article L. 821-1 du code de la construction et de l'habitation : " Les aides personnelles au logement () sont régies par le présent livre. / Les aides personnelles au logement comprennent / () 2° Les allocations de logement : / a) L'allocation de logement familiale / b) L'allocation de logement sociale. ". Aux termes de l'article L. 823-9 de ce code : " Les articles L. 161-1-5 et L. 553-2 du code de la sécurité sociale sont applicables au recouvrement des montants d'aide personnelle au logement indûment versés ". Aux termes de l'article L. 553-2 du code de la sécurité sociale : " Tout paiement indu de prestations familiales est récupéré () ". Aux termes de l'article L. 823-1 du code de la construction et de l'habitation : " Le montant des aides personnelles au logement est calculé en fonction d'un barème défini par voie réglementaire. Ce barème est établi en prenant en considération : 1° La situation de famille du demandeur et le nombre de personnes à charge vivant habituellement au foyer ; 2° Ses ressources et la valeur en capital de son patrimoine et, s'il y a lieu, de son conjoint et des personnes vivant habituellement à son foyer, telles que définies aux articles L. 822-5 à L. 822-8 ; () "

13. Aux termes de l'article R. 822-2 du code de la construction et de l'habitation : " Les ressources prises en compte pour le calcul de l'aide personnelle au logement sont celles dont bénéficient le demandeur ou l'allocataire, son conjoint et les personnes vivant habituellement au foyer. / Sont considérées comme vivant habituellement au foyer les personnes y ayant résidé plus de six mois au cours de la période mentionnée au 1° de l'article R. 822-3 précédant la période de paiement prévue par l'article R. 823-6 et qui y résident encore au moment de la demande de l'aide ou du réexamen du droit à celle-ci. ". Aux termes de l'article R. 822-3 de ce code, entré en vigueur à compter du 1er janvier 2021 selon l'article 25 du décret n° 2020-451 du 20 avril 2020 modifiant le décret n° 2019-1574 du 30 décembre 2019 relatif aux ressources prises en compte pour le calcul des aides personnelles au logement : " Les ressources et les charges prises en compte pour le calcul de l'aide personnelle au logement sont appréciées, tous les trois mois, sous réserve des dispositions prévues à l'article R. 823-6-1, selon les périodes de référence suivantes :/1° Pour les ressources mentionnées à l'article R. 822-4 prises en compte par la déclaration sociale nominative définie à l' article L. 133-5-3 du code de la sécurité sociale et les revenus d'activité perçus hors de France ou versés par une organisation internationale, sur une période de référence courant du treizième au deuxième mois précédant la date d'ouverture ou de réexamen du droit à l'aide personnelle au logement ; () ".

14. Aux termes de l'article L. 553-1 du code de la sécurité sociale : " L'action de l'allocataire pour le paiement des prestations se prescrit par deux ans. / Cette prescription est également applicable à l'action intentée par un organisme payeur en recouvrement des prestations indûment payées, sauf en cas de manœuvre frauduleuse ou de fausse déclaration () ".

15. Il résulte de l'instruction, ainsi que le fait valoir la caisse de mutualité sociale agricole du Languedoc en défense, que les dispositions de l'article R. 822-3 du code de la construction et de l'habitation ont été modifiées à compter du 1er janvier 2021 ainsi qu'il a été dit au point 13, en particulier s'agissant de la période de référence, qui correspond désormais à la période allant du treizième mois précédant la période de paiement de l'allocation au deuxième mois avant cette même période. Il résulte également de l'instruction que, par courrier du 3 février 2023, la caisse de mutualité sociale agricole du Languedoc a demandé à M. A, afin de mettre à jour sa base de ressources, de lui transmettre ses ressources à compter du 1er octobre 2021. A la suite de cette transmission effectuée en février 2023, la caisse de mutualité sociale agricole du Languedoc a révisé les droits de M. A à l'allocation de logement sociale à compter du 1er octobre 2021, soit dans la limite de la prescription biennale prévue par les dispositions précitées de l'article L. 553-1 du code de la sécurité sociale. Les tableaux récapitulatifs reproduits par la caisse de mutualité sociale agricole de Languedoc, qui ne sont au demeurant pas contestés par M. A, lequel ne conteste pas davantage le montant de ses ressources qui ont été prises en compte, indiquent les indus mensuels mis à la charge de l'intéressé calculés d'après la différence entre les montants de l'allocation de logement sociale perçus et les droits réels de M. A après révision. Par suite, c'est sans commettre d'erreur de droit ni d'erreur de fait que la caisse de mutualité sociale agricole du Languedoc a révisé les droits de M. A à l'allocation de logement sociale au titre de la période du 1er octobre 2021 au 31 août 2022, et a, en conséquence, mis à sa charge un indu d'un montant de 1 806 euros résultant d'un trop-perçu de cette allocation.

Sur les oppositions à contrainte formées par M. A :

16. Aux termes de l'article L. 821-1 du code de la construction et de l'habitation : " Les aides personnelles au logement () sont régies par le présent livre. / Les aides personnelles au logement comprennent : 1° L'aide personnalisée au logement ; 2° Les allocations de logement : a) L'allocation de logement familiale ; () ". En vertu de l'article L. 825-2 du code de la construction et de l'habitation, les contestations des décisions prises en matière d'aides personnelles au logement par les organismes payeurs doivent faire l'objet d'un recours administratif préalable devant l'organisme payeur qui en est l'auteur. En cas de sommes indûment payées au titre de l'aide personnelle au logement, l'organisme payeur prend une décision de récupération, soumise à recours administratif préalable obligatoire devant le directeur de l'organisme payeur statuant après avis de la commission de recours amiable. L'indu peut ensuite, sous certaines conditions, être récupéré par retenue sur les échéances à venir de cette allocation ou de certaines autres prestations sociales.

17. Aux termes de l'article L. 845-3 du code de la sécurité sociale : " Tout paiement indu de revenu de prime d'activité est récupéré par l'organisme chargé de son service () ". Aux termes de l'article L. 845-2 de ce code : " Toute réclamation dirigée contre une décision relative à la prime d'activité prise par l'un des organismes mentionnés à l'article L. 843-1 fait l'objet, préalablement à l'exercice d'un recours contentieux, d'un recours auprès de la commission de recours amiable, composée et constituée au sein du conseil d'administration de cet organisme et qui connaît des réclamations relevant de l'article L. 142-1. () ".

18. Aux termes de l'article L. 161-1-5 du code de la sécurité sociale, applicable pour le recouvrement des aides personnelles au logement indûment versées : " Pour le recouvrement d'une prestation indûment versée (), le directeur d'un organisme de sécurité sociale peut, dans les délais et selon les conditions fixées par voie réglementaire, délivrer une contrainte qui, à défaut d'opposition du débiteur devant la juridiction compétente, comporte tous les effets d'un jugement et confère notamment le bénéfice de l'hypothèque judiciaire. ". Aux termes de l'article R. 133-3 du même code : " () La contrainte est notifiée au débiteur par tout moyen permettant de rapporter la preuve de sa date de réception ou lui est signifiée par acte d'huissier de justice. La contrainte est signifiée au débiteur par acte d'huissier de justice ou par lettre recommandée avec demande d'avis de réception. () Le débiteur peut former opposition par inscription au secrétariat du tribunal compétent dans le ressort duquel il est domicilié ou pour les débiteurs domiciliés à l'étranger, au secrétariat du tribunal compétent dans le ressort de l'organisme créancier par lettre recommandée avec demande d'avis de réception adressée au secrétariat dudit tribunal dans les quinze jours à compter de la notification ou de la signification. () ".

19. Il résulte de ces dispositions qu'un recours contentieux tendant à l'annulation des décisions des décisions prises par un organisme payeur en matière d'aides personnelles au logement et de prime d'activité est subordonné à l'exercice préalable d'un recours administratif auprès de la commission de recours amiable de cet organisme. En revanche, les dispositions relatives à l'opposition à une contrainte délivrée en vue de l'exécution de telles décisions citées au point précédent ne subordonnent pas l'exercice de cette voie de droit à l'exercice préalable du même recours administratif. Toutefois, le débiteur ne peut, à l'occasion de l'opposition, contester devant le juge administratif le bien-fondé de l'indu que s'il a exercé le recours administratif dans les conditions prévues par les dispositions citées aux points 16 et 17.

20. Il résulte de l'instruction que la contrainte CT23011 a été émise par la caisse de mutualité sociale agricole du Languedoc en recouvrement d'une somme de 3 570,84 euros correspondant à un indu d'allocation de logement sociale au titre de la période du 1er janvier 2021 au 31 décembre 2022, que la contrainte CT23012 a été émise par la caisse de mutualité sociale agricole du Languedoc en recouvrement d'une somme de 337,71 euros correspondant à un indu d'allocation de logement sociale au titre de la période du 1er janvier 2021 au 31 janvier 2023, que la contrainte CT23013 émise par la caisse de mutualité sociale agricole du Languedoc en recouvrement d'une somme de 310,98 euros correspondant à un indu de prime d'activité au titre de la période du 1er janvier 2021 au 31 janvier 2023, que la contrainte CT23016 émise le 18 décembre 2023 par la caisse de mutualité sociale agricole du Languedoc en recouvrement d'une somme de 134,58 euros correspondant à un indu d'allocation de logement sociale au titre de la période du 1er octobre 2021 au 12 juillet 2023.

21. En premier lieu, à l'appui de ses oppositions à contrainte, M. A se borne à solliciter l'examen de son dossier par le tribunal. A supposer que le requérant ait entendu ainsi contester le bien-fondé des indus mis à sa charge, il résulte de ce qui a été dit précédemment au point 5 qu'il n'a pas exercé au préalable de recours administratif obligatoire auprès de la commission de recours amiable de la caisse de mutualité sociale agricole du Languedoc à l'encontre des indus d'allocation de logement familiale et de prime d'activité mis à sa charge par les décisions de la caisse de mutualité sociale agricole du Languedoc du 10 février 2023 et du 6 mars 2023. M. A n'est, dès lors, pas recevable à contester le bien-fondé de ces indus dans le cadre des présentes oppositions aux contraintes CT23011, CT23012 et CT23013 qui, en l'absence d'autres moyens, ne peuvent qu'être rejetées.

22. En second lieu, il résulte de ce qui a été dit au point 15 que l'indu d'allocation de logement sociale d'un montant de 1806 euros au titre de la période du 1er octobre 2021 au 12 juillet 2023 mis à la charge de M. A par une décision de la caisse de mutualité sociale agricole du Languedoc du 19 janvier 2023 qui a été confirmée par la décision de la commission de recours amiable de la caisse de mutualité sociale agricole du Languedoc du 10 mai 2023, et dont le solde s'élève en dernier lieu à la somme de 134,58 euros, est bien-fondé. L'opposition à la contrainte CT23016 qui a été émise par la caisse de mutualité sociale agricole du Languedoc en recouvrement d'une somme de 134,58 euros correspondant à cet indu doit, dès lors, être rejetée.

23. Il résulte de tout ce qui précède que la requête de M. A doit être rejetée.

D E C I D E :

Article 1er : La requête de M. A est rejetée.

Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. B A et à la caisse de mutualité sociale agricole du Languedoc.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 28 octobre 2024.

Le président,

C. C

La greffière,

I. MASSOT

La République mande et ordonne au préfet de Lozère en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

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