mercredi 11 octobre 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Nîmes |
| Section | Tribunal Administratif de Nîmes |
| N° Dossier | TA30-2302540 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | D |
| Avocat requérant | SCP D'AVOCATS CGCB & ASSOCIES |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 7 juillet 2023, la SASU Demathieu Bard construction, représentée par Me Menaud de la Selarl Acoce, demande au tribunal, sur le fondement des dispositions de l'article R. 532-1 du code de justice administrative, de prescrire une expertise portant sur la détermination de la date d'achèvement des travaux, sur le décompte des pénalités et sur le montant des travaux supplémentaires qui ont été réalisés par la société requérante.
Elle soutient que sa demande présente un caractère d'utilité eu égard aux litiges nés entre les parties s'agissant de la détermination de la date d'achèvement des travaux, du décompte des pénalités et du montant des travaux supplémentaires ; que ces points soulèvent des difficultés techniques qui entrent dans le champ d'intervention de l'expert et que sa demande n'est pas prématurée.
Par un mémoire en défense, enregistré le 25 août 2023, et un mémoire en réplique enregistré le 5 octobre 2023, le Centre hospitalier universitaire (CHU) de Nîmes conclut :
1°) à titre principal, au rejet de la mesure d'expertise sollicitée par la SASU Demathieu Bard construction, en raison de l'inutilité de l'expertise ;
2°) à titre très subsidiaire, de donner acte au CHU de Nîmes de ce qu'il formule les plus expresses protestations et réserves d'usage quant à cette mesure d'expertise sollicitée par la société Demathieu Bard construction ;
3°) en tout état de cause, de mettre à la charge de la SASU Demathieu Bard construction la somme de 3 000 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que la désignation d'un expert, à ce stade d'exécution du marché n'aura absolument aucune utilité dès lors que d'une part, les missions demandées relèvent pour partie de la compétence souveraine des juges du fond, que les demandes sont prématurées alors que la relation financière est loin d'être soldée au plan contractuel et qu'aucune réclamation n'a été présentée par l'entreprise mandataire ; que d'autres voies de droit sont ouvertes ; que les retards de chantier sont imputables au groupement d'entreprise attributaires du marché dont la société requérante est le mandataire.
Vu les autres pièces du dossier ;
Vu le code de justice administrative.
Le président du tribunal a désigné Mme A comme juge des référés en application de l'article L. 511-2 du code de justice administrative.
Considérant ce qui suit :
Sur la demande d'expertise :
1. Aux termes de l'article R. 532-1 du code de justice administrative : " Le juge des référés peut, sur simple requête et même en l'absence de décision administrative préalable, prescrire toute mesure utile d'expertise ou d'instruction. () ". L'octroi d'une telle mesure est subordonné à son utilité pour le règlement d'un litige principal relevant de la compétence du juge administratif. Cette utilité doit être appréciée en tenant compte, notamment, de l'existence d'une perspective contentieuse recevable, des possibilités ouvertes au demandeur pour arriver au même résultat par d'autres moyens, de l'intérêt de la mesure pour le contentieux né ou à venir.
2. Les mesures d'expertise demandées par la société Demathieu Bard construction portent sur la détermination de la date d'achèvement des travaux, sur le décompte des pénalités et sur le montant des travaux supplémentaires qu'elle a réalisés. Elles nécessitent ainsi l'interprétation des clauses du contrat et des avenants signés entre les parties et la détermination des travaux supplémentaires reposent également sur des éléments techniques dont la société dispose. Une telle mission, qui doit être regardée pour partie comme donnant qualité à l'expert pour trancher des questions de droit ne saurait légalement lui être confiée par le juge des référés en application des dispositions de l'article R. 532-1 du code de justice administrative. S'agissant de la demande relative à la détermination du coût des travaux supplémentaires effectués, elle ne présente pas le caractère d'utilité requis par les mêmes dispositions.
Sur les conclusions relatives aux dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative :
3. Aux termes de l'article L. 761-1 du code de justice administrative : " Dans toutes les instances, le juge condamne la partie tenue aux dépens ou, à défaut, la partie perdante, à payer à l'autre partie la somme qu'il détermine, au titre des frais exposés et non compris dans les dépens. Le juge tient compte de l'équité ou de la situation économique de la partie condamnée. Il peut, même d'office, pour des raisons tirées des mêmes considérations, dire qu'il n'y a pas lieu à cette condamnation " ;
4. Dans les circonstances de l'espèce, il n'y a pas lieu de faire droit aux conclusions présentées par le CHU de Nîmes au titre des dispositions précitées.
O R D O N N E :
Article 1er : La requête présentée par la SASU Demathieu Bard construction est rejetée.
Article 2 : les conclusions du centre hospitalier universitaire de Nîmes présentées au titre de l'article L.761-1 du code de justice administrative sont rejetées.
Article 3 : Le présent jugement sera notifié à la SASU Demathieu Bard construction et au Centre hospitalier universitaire de Nîmes.
Fait à Nîmes, le 11 octobre 2023.
La juge des référés,
C. A
La République mande et ordonne au préfet du Gard en ce qui le concerne et à tous huissiers de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
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