mardi 23 janvier 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Nîmes |
| Section | Tribunal Administratif de Nîmes |
| N° Dossier | TA30-2303004 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 4ème Chambre |
| Avocat requérant | RIVIERE & ASSOCIES |
Vu les procédures suivantes :
I. Sous le n° 2303004, par une requête, enregistrée le 10 août 2023, Mme A B, représentée par le cabinet Rivière et associés, demande au tribunal :
1°) d'annuler la décision portant refus de titre de séjour née le 15 juin 2023 du silence gardé par la préfète de Vaucluse ;
2°) d'enjoindre à la préfète de Vaucluse de lui délivrer un titre de séjour en qualité d'ascendant de Français sous astreinte de 100 euros par jour de retard à compter du jugement à intervenir ;
3°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 1 500 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- l'arrêté attaqué est entaché d'un défaut de motivation ;
- elle remplit les conditions permettant de bénéficier d'un titre de séjour en qualité d'ascendant à charge d'un Français, de sorte que l'arrêté attaqué méconnaît les dispositions du 2° de l'article L. 314-11 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- l'arrêté attaqué méconnaît les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales.
La procédure a été communiquée à la préfète de Vaucluse, qui n'a pas présenté d'observations.
II. Sous le n° 2303644, par une requête, enregistrée le 29 septembre 2023, M. A B, représentée par le cabinet Rivière et associés, demande au tribunal :
1°) d'annuler l'arrêté du 29 août 2023 par lequel la préfète de Vaucluse a rejeté sa demande de titre de séjour, l'a obligée à quitter le territoire français dans un délai de 30 jours et a fixé le pays de l'éloignement ;
2°) d'enjoindre à la préfète de Vaucluse de lui délivrer un titre de séjour en qualité d'ascendant de Français sous astreinte de 100 euros par jour de retard à compter du jugement à intervenir ;
3°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 1 500 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- l'arrêté attaqué est entaché d'un défaut de motivation ;
- l'arrêté attaqué est entaché d'une erreur de droit, dès lors que la préfète n'a pas examiné au préalable si elle remplissait les conditions prévues par l'article L. 312-2 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- l'arrêté attaqué méconnaît les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales.
La procédure a été communiquée à la préfète de Vaucluse, qui n'a pas présenté d'observations.
Vu les autres pièces des dossiers.
Vu :
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code des relations entre le public et l'administration ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
La présidente de la formation de jugement a dispensé la rapporteure publique, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.
A été entendu au cours de l'audience publique le rapport de M. Aymard.
Considérant ce qui suit :
1. Mme B, ressortissante marocaine née le 30 décembre 1961, a présenté à la préfète de Vaucluse, par un courrier reçu le 15 février 2023, une demande de carte de résident en qualité d'ascendant à charge d'un Français sur le fondement des dispositions du 2° de l'article L. 314-11 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. Le silence gardé par la préfète de Vaucluse ayant fait naître le 15 juin 2023 une décision portant refus d'admission au séjour, l'intéressée a, par la requête enregistrée le 10 août 2023 sous le n° 2303004, sollicité du tribunal l'annulation de cette décision. Par un arrêté ultérieur du 29 août 2023, la préfète de Vaucluse a rejeté expressément la demande d'admission au séjour formée par Mme B, l'a obligée à quitter le territoire français dans le délai de trente jours et a fixé le pays de l'éloignement. Dans sa requête enregistrée le 29 septembre 2023 sous le n° 2303644, l'intéressée demande au tribunal d'annuler cet arrêté du 29 août 2023.
2. Les requêtes susvisées concernent la situation d'un même ressortissant étranger et ont fait l'objet d'une instruction commune. Il y a lieu de les joindre pour statuer par un seul jugement.
Sur l'objet du litige :
3. Lorsque le silence gardé par l'administration sur une demande dont elle a été saisie a fait naître une décision implicite de rejet, une décision explicite de rejet intervenue postérieurement, qu'elle fasse suite ou non à une demande de communication des motifs de la décision implicite, se substitue à la première décision. Dans ce cas, les conclusions à fin d'annulation de cette première décision doivent être regardées comme dirigées contre la seconde.
4. Il suit de là que les conclusions de Mme B présentées à fin d'annulation de la décision implicite en date du 15 juin 2023 portant rejet de sa demande d'admission au séjour doivent être regardées comme dirigées contre la décision expresse du 29 août 2023 par laquelle la préfète de Vaucluse a refusé de faire droit à cette demande.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
5. En premier lieu, l'arrêté en litige comporte les considérations utiles de droit et de fait sur lesquelles la préfète de Vaucluse s'est fondée pour prendre les décisions attaquées. Par suite, le moyen tiré du défaut de motivation des décisions contestées doit être écarté.
6. En deuxième lieu, aux termes de l'article L. 314-11 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Sauf si la présence de l'étranger constitue une menace pour l'ordre public, la carte de résident est délivrée de plein droit, sous réserve de la régularité du séjour : / () / 2° A l'enfant étranger d'un ressortissant de nationalité française si cet enfant a moins de vingt et un ans ou s'il est à la charge de ses parents ainsi qu'aux ascendants d'un tel ressortissant et de son conjoint qui sont à sa charge ; / () ". Aux termes de l'article L. 423-11 du même code : " L'étranger, parent à charge d'un français et de son conjoint, se voit délivrer une carte de résident d'une durée de dix ans sous réserve de la production du visa de long séjour prévu au 1° de l'article L. 411-1 et de la régularité du séjour. ".
7. Pour rejeter la demande d'admission au séjour présentée par Mme B, la préfète de Vaucluse a considéré que l'intéressée ne pouvait pas se prévaloir des dispositions précitées de l'article L. 423-11 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile au motif que cette dernière ne disposait pas d'un visa de long séjour. Dès lors qu'il ressort des pièces du dossier que Mme B ne disposait pas d'un visa de long séjour et que, contrairement à ce que soutient la requérante, la demande de carte de résident sur le fondement des dispositions du 2° de l'article L. 314-11 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ne vaut pas implicitement dépôt d'une demande de visa de long séjour, la préfète de Vaucluse a légalement pu rejeter la demande d'admission de séjour pour défaut de visa de long séjour conformément aux dispositions de l'article L. 423-11 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. Ainsi, les moyens tirés de l'erreur de droit et de la méconnaissance des dispositions des articles L. 314-11 et L. 423-11 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile doivent être écartés.
8. En troisième lieu, aux termes de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : " 1. Toute personne a droit au respect de sa vie privée et familiale, de son domicile et de sa correspondance. / 2. Il ne peut y avoir ingérence d'une autorité publique dans l'exercice de ce droit que pour autant que cette ingérence est prévue par la loi et qu'elle constitue une mesure qui, dans une société démocratique, est nécessaire à la sécurité nationale, à la sûreté publique, au bien-être économique du pays, à la défense de l'ordre et à la prévention des infractions pénales, à la protection de la santé ou de la morale, ou à la protection des droits et libertés d'autrui. ".
9. Il ressort des pièces du dossier que l'époux de Mme B est décédé en novembre 2017 et que l'intéressée bénéficie de virements internationaux d'un montant compris entre 150 euros et 750 euros que sa fille, ressortissante française née en 1977, lui verse plusieurs fois par an depuis la fin de l'année 2018 et jusqu'à la fin de l'année 2022. Si la requérante fait valoir que, depuis 2017, elle a résidé à Avignon, chez sa fille, sous couvert de visas Schengen de court séjour délivrés en 2017, 2018, 2019 et 2021, la requérante indique toutefois avoir respecté les durées de séjour maximales de 90 jours prévues par ces visas, alors que les tampons apposés sur le passeport produit à l'instance font état de séjours sur le territoire français de quelques semaines aux mois de janvier 2018, de septembre à novembre 2018, de mai à juin 2019, de décembre 2019 à février 2020, et d'octobre 2021 à février 2022. Dans ces conditions, la requérante doit être regardée comme ayant conservé, en dépit des séjours en France de quelques semaines effectués de 2018 à 2022 pour rendre visite à sa fille, sa résidence habituelle au Maroc jusqu'en 2022. Par ailleurs, si la requérante soutient que, outre sa fille, ses deux sœurs résident en France, elle n'établit toutefois pas être dépourvue d'attaches familiales et privées dans son pays d'origine où elle a conservé sa résidence habituelle jusqu'en 2022 a minima, et où vivent son frère et sa belle-sœur, selon les indications figurant dans la requête. Au regard de ces éléments, l'arrêté attaqué n'a pas porté au droit au respect de la vie privée et familiale de Mme B une atteinte disproportionnée aux buts en vue desquels cet acte a été pris. Dès lors, le moyen tiré de la méconnaissance de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales doit être écarté.
10. Il résulte de tout ce qui précède que la requérante n'est pas fondée à contester l'arrêté pris à son encontre le 29 août 2023 par la préfète de Vaucluse.
Sur les conclusions à fin d'injonction sous astreinte :
11. Les conclusions à fin d'annulation de Mme B étant rejetées, ses conclusions susvisées à fin d'injonction sous astreinte doivent l'être également, dès lors que le présent jugement ne nécessite aucune mesure d'exécution au regard des dispositions des articles L. 911-1 et suivants du code de justice administrative.
Sur les frais liés au litige :
12. Les conclusions présentées par Mme B au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative doivent être rejetées, l'Etat n'étant pas la partie perdante dans la présente instance.
D E C I D E :
Article 1er : Les requêtes n° 2303004 et n° 2303644 de Mme B sont rejetées.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à Mme A B et à la préfète de Vaucluse.
Délibéré après l'audience du 9 janvier 2024, à laquelle siégeaient :
Mme Chamot, présidente,
Mme Achour, première conseillère,
M. Aymard, premier conseiller.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 23 janvier 2024.
Le rapporteur,
F. AYMARD
La présidente,
C. CHAMOT
Le greffier,
B. GALLIOT
La République mande et ordonne à la préfète de Vaucluse en ce qui la concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026