mardi 23 avril 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Nîmes |
| Section | Tribunal Administratif de Nîmes |
| N° Dossier | TA30-2303120 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Avocat requérant | CABINET ABEILLE & ASSOCIES |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et des mémoires, enregistrés les 22 août, 17 octobre et 21 décembre 2023, la SCI Résidence des Princes, représentée par Me L'Hostis, demande au tribunal, sur le fondement des dispositions de l'article R. 532-1 du code de justice administrative, de désigner un expert chargé de décrire les désordres affectant la façade du bâtiment C de l'immeuble situé sis 32 boulevard de la Libération à Courthézon (84350) à la suite de l'arrachage d'un platane.
Elle soutient, dans le dernier état de ses écritures :
- que l'expertise sollicitée est utile dès lors qu'il est possible que les fissures multiples affectant la façade de l'immeuble soient liées à l'arrachage, par la commune de Courthézon ou par la communauté de communes du pays réuni d'Orange, d'un arbre de grande envergure ayant décompacté le sol à proximité de la façade et de la dépression du trottoir adjacent dont la pente provoque l'infiltration des eaux pluviales en pied de mur ;
- qu'aucune prescription de l'action au fond n'est encourue dès lors que la SCI Résidence des Princes ne disposait d'aucune indication suffisante sur la nature et l'origine des désordres en 2018 et qu'elle a dû faire procéder le 17 décembre 2021 à un diagnostic géotechnique G5 par la société GEOtechnique.
Par un mémoire en défense, la communauté de communes du pays réuni d'Orange (CCPRO) représenté par son président en exercice, et la SMACL Assurances, représentées par Me Callens, demande au juge des référés :
1°) à titre principal, de rejeter la requête de la société requérante ;
2°) de la condamner à leur verser la somme globale de 1 500 euros au titre des dispositions de l'article L.761-1 du code de justice administrative ;
3°) à titre subsidiaire, de prendre acte de leurs protestations et réserves quant à l'engagement de leur responsabilité et la mobilisation de leur garantie.
Elles font valoir que :
- l'expertise sollicitée est inutile dès lors que l'action au fond est prescrite, la règle de la prescription quadriennale s'opposant à ce qu'une action juridictionnelle conduise à relever la responsabilité de la CCPRO ;
- l'expertise sollicitée est inutile dès lors que la cause ne provient pas directement de l'abattage de l'arbre mais de la dépression causée au trottoir et des infiltrations d'eau.
Par des mémoires en défense, enregistrés les 3, 14 et 23 novembre 2023, la commune de Courthézon, représentée par son maire en exercice, et la SMACL Assurances, représentées par Me Pontier demandent au tribunal, dans le dernier état de leurs écritures :
1°) à titre principal, de prononcer la mise hors de cause de la commune de Courthézon ;
2°) à titre subsidiaire, de rejeter la requête comme infondée en l'absence d'utilité de la mesure d'expertise sollicitée ;
3°) à titre plus subsidiaire, de prendre acte des protestations et réserves de la SMACL Assurances et de la commune de Courthézon ;
4°) en tout état de cause, dire qu'il n'y a pas lieu à condamnation au titre de l'article L.761-1 du code de justice administrative.
Elles font valoir que :
- la commune de Courthézon doit être mise hors de cause dès lors qu'elle n'est pas compétente en matière de création, d'aménagement et d'entretien de la voirie d'intérêt communautaire ;
- l'expertise sollicitée est inutile dès lors que l'action au fond est prescrite, la règle de la prescription quadriennale s'opposant à ce qu'une action juridictionnelle conduise à relever la responsabilité de la CCPRO ;
- l'expertise sollicitée est inutile dès lors que la cause ne provient pas directement de l'abattage de l'arbre mais de la dépression causée au trottoir et des infiltrations d'eau.
Vu les pièces du dossier.
Vu :
- la loi n° 68-1250 du 31 décembre 1968 ;
- le code de justice administrative.
Le président du tribunal a désigné M. Peretti, vice-président, en application de l'article L.511-2 du code de justice administrative.
Considérant ce qui suit :
1. Aux termes de l'article R. 532-1 du code de justice administrative : " Le juge des référés peut, sur simple requête et même en l'absence de décision administrative préalable, prescrire toute mesure utile d'expertise ou d'instruction. () ". Si le juge des référés n'est pas saisi du principal, l'utilité d'une mesure d'instruction ou d'expertise qu'il lui est demandé d'ordonner sur le fondement de l'article R. 532-1 du code de justice administrative doit être appréciée dans la perspective d'un litige principal, actuel ou éventuel, relevant lui-même de la compétence de la juridiction à laquelle ce juge appartient, et auquel cette mesure est susceptible de se rattacher.
Sur la prescription :
2. Aux termes de l'article 1er de la loi susvisée du 31 décembre 1968 relative à la prescription des créances sur l'Etat, les départements, les communes et les établissements publics, et dont les dispositions sont applicables aux régions : " Sont prescrites, au profit de l'Etat, des départements et des communes, sans préjudice des déchéances particulières édictées par la loi, et sous réserve des dispositions de la présente loi, toutes créances qui n'ont pas été payées dans un délai de quatre ans à partir du premier jour de l'année suivant celle au cours de laquelle les droits ont été acquis. / Sont prescrites, dans le même délai et sous la même réserve, les créances sur les établissements publics dotés d'un comptable public. " Selon l'article 2 de cette même loi : " La prescription est interrompue par : / Toute demande de paiement ou toute réclamation écrite adressée par un créancier à l'autorité administrative, dès lors que la demande ou la réclamation a trait au fait générateur, à l'existence, au montant ou au paiement de la créance, alors même que l'administration saisie n'est pas celle qui aura finalement la charge du règlement. / Tout recours formé devant une juridiction, relatif au fait générateur, à l'existence, au montant ou au paiement de la créance, quel que soit l'auteur du recours et même si la juridiction saisie est incompétente pour en connaître, et si l'administration qui aura finalement la charge du règlement n'est pas partie à l'instance ; / Toute communication écrite d'une administration intéressée, même si cette communication n'a pas été faite directement au créancier qui s'en prévaut, dès lors que cette communication a trait au fait générateur, à l'existence, au montant ou au paiement de la créance ; / Toute émission de moyen de règlement, même si ce règlement ne couvre qu'une partie de la créance ou si le créancier n'a pas été exactement désigné. / Un nouveau délai de quatre ans court à compter du premier jour de l'année suivant celle au cours de laquelle a eu lieu l'interruption. Toutefois, si l'interruption résulte d'un recours juridictionnel, le nouveau délai court à partir du premier jour de l'année suivant celle au cours de laquelle la décision est passée en force de chose jugée. " Enfin, l'article 3 de cette loi précise que : " La prescription ne court ni contre le créancier qui ne peut agir, soit par lui-même ou par l'intermédiaire de son représentant légal, soit pour une cause de force majeure, ni contre celui qui peut être légitimement regardé comme ignorant l'existence de sa créance ou de la créance de celui qu'il représente légalement. "
3. Il résulte de l'instruction que la société requérante a adressé plusieurs réclamations à la communauté de communes du pays réuni d'Orange (CCPRO) et à la commune de Courthézon, dont les dernières datent respectivement du 4 février 2022 et du 12 mai 2023, alertant ainsi les collectivités sur la fissuration de la façade de l'immeuble litigieux. Ainsi, le délai de prescription se rapportant aux désordres constatés à partir de 2018 a été interrompu pour recommencer à courir à compter du 1er janvier 2024 pour une durée de quatre ans et n'est pas arrivé à son terme.
4. Dès lors, les mesures d'expertise demandées par la SCI Résidence des Princes entrent dans le champ d'application des dispositions précitées de l'article R. 532-1 du code de justice administrative. Il y a lieu de faire droit à sa demande et de fixer la mission de l'expert comme il est précisé à l'article 1er de la présente ordonnance.
Sur la demande de mise hors de cause de la commune de Courthézon :
5. Il y a lieu de mettre hors de cause la commune de Courthézon, qui n'est pas compétente en matière de création, d'aménagement et d'entretien de la voirie d'intérêt communautaire.
Sur les dépens :
6. Dans le cas d'une expertise ordonnée en référé, il appartient au président du tribunal de désigner, par ordonnance, la partie qui assumera la charge des frais et honoraires. Les conclusions présentées à ce titre ne peuvent dès lors qu'être rejetées.
Sur les frais exposés et non compris dans les dépens :
7. Dans les circonstances de l'espèce, il n'y a pas lieu de faire application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative. Les conclusions présentées à ce titre doivent donc être rejetées.
O R D O N N E :
Article 1er : La commune de Courthézon est mise hors de cause ainsi que son assureur.
Article 2 : M. A B, domicilié 91 Avenue André Ampère à Castelnau le Lez (34170) est désigné en qualité d'expert. Il aura pour mission de :
- se rendre sur les lieux, entendre les parties, prendre connaissance de tous documents utiles et donner tous éléments et établir tous plans, croquis ou schémas, produire des photos, utiles à la compréhension des faits de la cause ;
- décrire les désordres affectant la façade du bâtiment C de l'immeuble ;
- fournir tous éléments permettant d'apprécier si chacun de ces désordres met l'ouvrage en péril ou le rendent impropre à sa destination, et donner son avis sur ce point ;
- donner son avis sur la ou les causes de chaque désordre (vice de conception, défaut de surveillance, faute d'exécution, manquement aux règles de l'art, qualité des matériaux utilisés, insuffisance d'entretien, ou toute autre cause) ;
- plus précisément, dire si l'arrachage du platane et si l'état du trottoir à proximité de la façade de l'immeuble sont la cause des désordres ;
- si les dommages sont dus à plusieurs causes, fournir tous éléments permettant d'apprécier dans quelle proportion ils sont imputables à chacune d'elles et donner son avis sur ce point ;
- décrire les travaux de nature à faire cesser les désordres, en évaluer le coût et en fixer la durée compte tenu des nécessités de leur conception, de la passation des marchés, et de l'exécution des travaux ;
- donner son avis sur les préjudices de toute nature subis du fait de ces désordres et en évaluer le montant ;
- de manière générale, donner toutes précisions et informations utiles permettant au tribunal de se prononcer sur les responsabilités et l'importance du préjudice, ainsi que toute information utile à la solution du litige ;
- avant de déposer son rapport, établir une note de synthèse, impartir aux parties un délai qui ne soit pas inférieur à un mois pour faire valoir leurs observations et y répondre dans son rapport.
Article 3 : L'expert accomplira sa mission dans les conditions prévues par les articles R. 621-2 à R. 621-14 du code de justice administrative. Il ne pourra recourir à un sapiteur sans l'autorisation préalable du président du tribunal administratif.
Article 4 : L'expertise aura lieu en présence de la SCI résidence des Princes, de la communauté de communes du pays réuni d'Orange et de la SMACL Assurances.
Article 5 : L'expert avertira les parties conformément aux dispositions de l'article R. 621-7 du code de justice administrative.
Article 6 : L'expert déposera son rapport au greffe en deux exemplaires dont un exemplaire sous format numérique, avant le 30 septembre 2024. Des copies seront notifiées par l'expert aux parties intéressées. Avec leur accord, cette notification pourra s'opérer sous forme électronique.
Article 7 : Les frais et honoraires de l'expertise seront mis à la charge de la ou des parties désignées dans l'ordonnance par laquelle le président du tribunal liquidera et taxera ces frais et honoraires.
Article 8 : Le surplus des conclusions des parties est rejeté.
Article 9 : Le présent jugement sera notifié à la SCI Résidence des Princes, à la communauté de communes du pays réuni d'Orange, à la SMACL Assurances, à la commune de Courthézon et à M. A B, expert.
Fait à Nîmes, le 23 avril 2024.
Le juge des référés,
P. PERETTI
La République mande et ordonne au préfet de Vaucluse en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026