mercredi 20 septembre 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Nîmes |
| Section | Tribunal Administratif de Nîmes |
| N° Dossier | TA30-2303142 |
| Type | Ordonnance |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | D |
Vu la procédure suivante :
Par une ordonnance de renvoi du 23 aout 2023, le président du tribunal administratif de Montpellier a transmis au tribunal administratif de Nîmes la requête de Mme B A, enregistrée le 21 aout 2023.
Par cette requête, Mme A demande au juge des référés :
1°) de condamner le directeur départemental des finances publiques de Vaucluse à lui verser une provision d'un montant de 10 692 euros en application de l'article R. 541-1 du code de justice administrative ;
2°) de mettre à la charge de l'État une somme de 2 000 en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu le code de justice administrative.
Le président du tribunal a désigné M. Peretti, vice-président, pour statuer sur les demandes de référé.
Considérant ce qui suit :
1. Mme A a procédé, sans autorisation, à l'édification d'un garage accolé à son habitation. Par un jugement du tribunal correctionnel d'Avignon en date du 15 juin 2011, elle a ainsi été condamnée au paiement d'une amende de 800 euros et à la démolition des constructions irrégulières dans un délai de trois mois, sous astreinte de dix euros par jour de retard. Le 12 mai 2022, Mme A a formé opposition contre ce jugement. Par un jugement du 6 décembre 2022, le tribunal correctionnel d'Avignon a admis cette opposition et a relaxé la requérante des fins de la poursuite en raison de l'extinction de l'action publique par l'effet de la prescription. Après avoir été destinataire d'un titre de perception émis le 23 mars 2015 pour un montant de 9 720 euros correspondant aux infractions susvisées au code de l'urbanisme, Mme A a été mise en demeure, par courrier du 24 janvier 2019, de payer cette somme, assortie de pénalités de retard, puis s'est vu notifier, le 4 juillet 2019, une saisie administrative à tiers détenteur d'un montant de 10 692 euros. Par courrier du 8 mars 2022, la banque postale a informé la requérante de ce que ses comptes ont fait l'objet d'une saisie administrative à tiers détenteur par l'administration fiscale pour un montant de 10 692 euros. Mme A demande au juge des référés de condamner l'administration fiscale au remboursement de cette somme.
2. Aux termes de l'article R. 541-1 du code de justice administrative : " Le juge des référés peut, même en l'absence d'une demande au fond, accorder une provision au créancier qui l'a saisi lorsque l'existence de l'obligation n'est pas sérieusement contestable. Il peut, même d'office, subordonner le versement de la provision à la constitution d'une garantie. ".
3. Aux termes de l'article R. 222-1 du code de justice administrative : " () les présidents de formation de jugement des tribunaux () peuvent, par ordonnance : () 2' Rejeter les requêtes ne relevant manifestement pas de la compétence de la juridiction administrative ; () ".
4. La requête de Mme A tend au remboursement des sommes prélevées au titre d'une saisie administrative. Or cette saisie administrative concerne le recouvrement d'une astreinte prononcée par le juge pénal sur le fondement des dispositions des articles L. 160-1, L. 480-4 et L. 480-5 et L. 480-7 du code de l'urbanisme pour violation de la législation sur l'urbanisme. Ainsi, la saisie administrative sur le fondement de laquelle la requérante demande une provision, poursuit le recouvrement d'une créance trouvant son origine et son fondement dans une condamnation prononcée à l'issue d'une procédure pénale. Par suite, même prise par une autorité administrative, elle ne doit pas moins continuer à être regardée comme se rattachant directement à la décision de l'autorité judiciaire à laquelle elle se réfère expressément et dont elle entend assurer l'application. En conséquence, cette décision, qui ne peut en aucun cas être regardée comme détachable de la procédure judiciaire, constitue une mesure d'exécution du jugement du tribunal correctionnel d'Avignon, et les conclusions tendant au remboursement de la somme correspondant ne peuvent être présentées devant la juridiction administrative.
5. Il résulte de ce qui précède que la requête de Mme A doit être rejetée comme portée devant un ordre de juridiction manifestement incompétent pour en connaître, en application des dispositions précitées de l'article R. 222-1 du code de justice administrative.
O R D O N N E :
Article 1er : La requête de Mme A, née C, est rejetée comme portée devant une juridiction incompétente pour en connaître.
Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à Mme B A, née C, et au directeur départemental des finances publiques de Vaucluse.
Fait à Nîmes, le 20 septembre 2023.
Le juge des référés,
P. PERETTI
La République mande et ordonne à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
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