vendredi 6 décembre 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Nîmes |
| Section | Tribunal Administratif de Nîmes |
| N° Dossier | TA30-2303165 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Formation | 3ème chambre magistrat statuant seul |
| Avocat requérant | ROQUE |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire, enregistrés les 24 août et 29 décembre 2023, M. A C, représenté par Me Roque, demande au tribunal :
1°) d'annuler la décision du 28 juin 2023 par laquelle le centre hospitalier universitaire de Nîmes a implicitement refusé de lui communiquer les documents administratifs sollicités ;
2°) d'enjoindre au centre hospitalier universitaire de Nîmes de lui communiquer les documents susceptibles d'éclairer les causes de la mort de Mme B C, sa mère, à compter de la communication du présent jugement, sous astreinte de 200 euros par jour de retard ;
3°) de mettre à la charge du centre universitaire hospitalier de Nîmes la somme de 2 500 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- il souhaite obtenir une copie du dossier médical de sa mère afin de connaitre les causes de sa mort ;
- contrairement à ce qu'affirme le centre hospitalier universitaire de Nîmes, les documents déjà communiqués ne permettent pas d'apprécier les causes de la mort de sa mère.
Par un mémoire en défense, enregistré le 5 décembre 2023, le centre hospitalier universitaire de Nîmes conclut au rejet de la requête.
Il soutient que l'intégralité du dossier médical de la mère du requérant lui a été transmis le 3 octobre 2023.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de la santé publique ;
- le code des relations entre le public et l'administration ;
- le code de justice administrative.
Le président du tribunal a désigné M. Peretti, vice-président, en application de l'article R. 222-13 du code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Après avoir, au cours de l'audience publique, présenté son rapport et entendu :
- les conclusions de M. Joël Baccati, rapporteur public,
- et les observations de Me Gimenez, représentant de M. C,
- le centre hospitalier universitaire de Nîmes n'était ni présent ni représenté.
Considérant ce qui suit :
1. Par un courrier du 2 février 2023, M. C sollicitait auprès du centre hospitalier universitaire de Nîmes la communication du dossier médical de sa mère, décédée le 19 janvier 2023 au sein de l'établissement. Par un courrier en date du 3 février 2023, le centre hospitalier universitaire de Nîmes lui communiquait la lettre de liaison du dossier de Mme C couvrant la période du 30 octobre au 23 décembre 2022, période durant laquelle elle séjournait au service de médecine gériatrique. N'ayant obtenu aucun éclairage concernant les causes de la mort de sa mère, M. C sollicitait, par courrier en date du 7 mars 2023, la communication des éléments du dossier médical de sa mère couvrant la période du 23 décembre 2022 au 19 janvier 2023. En l'absence de retour du centre hospitalier, M. C a saisi la commission d'accès aux documents administratifs (CADA), laquelle a rendu, le 7 juin 2023, un avis favorable à la demande de communication. Le silence gardé par l'autorité mise en cause pendant plus de deux mois à compter de la saisine de la CADA valant confirmation de la décision de refus, M. C a demandé au tribunal d'annuler la décision implicite du 28 juin 2023 par laquelle le centre hospitalier universitaire de Nîmes a refusé de faire droit à sa demande de communication.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
2. Aux termes de l'article L. 300-2 du code des relations entre le public et l'administration : " Sont considérés comme documents administratifs, (), quels que soient leur date, leur lieu de conservation, leur forme et leur support, les documents produits ou reçus, dans le cadre de leur mission de service public, par l'Etat, les collectivités territoriales ainsi que par les autres personnes de droit public (). Constituent de tels documents notamment les dossiers, rapports, études, comptes rendus, procès-verbaux, statistiques, instructions, circulaires, notes et réponses ministérielles, correspondances, avis, prévisions, codes sources et décisions ". Aux termes de l'article L. 311-1 du même code : " Sous réserve des dispositions des articles L. 311-5 et L. 311-6, les administrations mentionnées à l'article L. 300-2 sont tenues de communiquer les documents administratifs qu'elles détiennent aux personnes qui en font la demande, dans les conditions prévues par le présent livre. ". Aux termes de l'article L. 311-6 du même code : " Les informations à caractère médical sont communiquées à l'intéressé, selon son choix, directement ou par l'intermédiaire d'un médecin qu'il désigne à cet effet, dans le respect des dispositions de l'article L. 1111-7 du code de la santé publique ". Selon l'article L. 1110-4 du code de la santé publique : " Le secret médical ne fait pas obstacle à ce que les informations concernant une personne décédée soient délivrées à ses ayants droit, son concubin ou son partenaire lié par un pacte civil de solidarité, dans la mesure où elles leur sont nécessaires pour leur permettre de connaître les causes de la mort, de défendre la mémoire du défunt ou de faire valoir leurs droits, sauf volonté contraire exprimée par la personne avant son décès. () ". L'article L. 1111-7 de ce même code prévoit que : " () / En cas de décès du malade, l'accès des ayants droit, du concubin ou du partenaire lié par un pacte civil de solidarité à son dossier médical s'effectue dans les conditions prévues au dernier alinéa du V de l'article L. 1110-4. () ".
3. Il résulte des dispositions des articles L. 1110-4 et L. 1111-7 du code de la santé publique citées ci-dessus, éclairées par les travaux parlementaires de la loi du 4 mars 2002 relative aux droits des malades et à la qualité du système de santé dont elles sont issues, que le législateur a entendu autoriser la communication aux ayants-droits d'une personne décédée des seules informations nécessaires à la réalisation de l'objectif poursuivi par ces ayants-droits, à savoir la connaissance des causes de la mort, la défense de la mémoire du défunt ou la protection de leurs droits, et non de l'ensemble des informations contenues dans ce dossier.
4. M. C soutient qu'il a besoin du dossier médical de sa mère pour connaitre les causes de sa mort. Suspectant des manquements dans sa prise en charge, il indique vouloir comprendre les motivations de l'équipe médicale concernant l'arrêt du traitement à base d'Oxycodone qui a conduit à un changement de comportement de sa mère. A ce titre, il sollicite la communication du certificat médical constatant son décès, des fiches de suivis hydriques et d'alimentation, des comptes rendus et communications ciblées réalisés par le kinésithérapeute. Si le centre hospitalier universitaire de Nîmes soutient que l'ensemble du dossier de Mme C a déjà été communiqué, il ne ressort pas des éléments versés aux débats que l'auraient effectivement été ces documents, lesquels permettent d'observer l'évolution de sa maladie. L'existence de ces documents n'est pas sérieusement contestée. Par conséquent, M. C est fondé à soutenir que la décision implicite du 28 juin 2023 méconnait les dispositions combinées des articles L. 1110-4 et L. 1111-7 du code de la santé publique. Elle doit, par suite, être annulée.
Sur les conclusions à fin d'injonction :
5. Eu égard au motif d'annulation retenu, le présent jugement implique que le centre hospitalier universitaire de Nîmes communique à M. C la copie du certificat médical constatant le décès de Mme C, les fiches de suivis hydriques et d'alimentation, les comptes rendus et communications ciblées réalisés par le kinésithérapeute, établis entre le 23 décembre 2022 et le 19 janvier 2023 au centre d'unité de soin de longue durée de Serre Cavalier. Il y a donc lieu, en application de l'article L. 911-1 du code de justice administrative, d'enjoindre au centre hospitalier universitaire de Nîmes d'y procéder dans le délai de trois mois suivant la notification du présent jugement, sans qu'il soit besoin d'assortir cette injonction d'une astreinte.
Sur les conclusions tendant à l'application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative :
6. Il y a lieu de mettre à la charge du centre hospitalier universitaire de Nîmes une somme de 1 500 euros à verser à M. C au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
D E C I D E :
Article 1er : La décision implicite de centre hospitalier universitaire de Nîmes en date du 28 juin 2023 est annulée.
Article 2 : Il est enjoint au centre hospitalier universitaire de Nîmes de communiquer à M. C les documents mentionnés au point 5, sous réserve de leur existence, dans le délai de trois mois à compter de la notification du présent jugement.
Article 3 : Le centre hospitalier universitaire de Nîmes versera à M. C la somme de 1 500 euros en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Article 4 : Le surplus des conclusions de la requête est rejeté.
Article 5 : Le présent jugement sera notifié à M. A C et au centre hospitalier universitaire de Nîmes.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 6 décembre 2024.
Le magistrat désigné,
P. PERETTILe greffier,
D. BERTHOD
La République mande et ordonne au ministre de la santé et de l'accès aux soins, en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026