mardi 18 juin 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Nîmes |
| Section | Tribunal Administratif de Nîmes |
| N° Dossier | TA30-2303168 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Formation | 1ère Chambre |
| Avocat requérant | CHASSANY |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et des mémoires, enregistrés le 24 août 2023, le 14 mars 2024 et le 10 avril 2024, M. C B, représenté par la SCP CGCB et Associés, demande au tribunal :
1°) d'annuler l'arrêté du 6 juillet 2023 par lequel le maire de Saint-Geniès-de-Comolas a refusé de lui délivrer un permis d'aménager en vue de la création d'un lotissement de cinq lots, dont quatre à bâtir, sur un terrain situé chemin de Pégueirol ;
2°) d'enjoindre au maire de Saint-Geniès-de-Comolas de lui délivrer le permis d'aménager sollicité dans un délai d'un mois à compter de la notification du jugement à venir et sous astreinte de 100 euros par jour de retard ou, subsidiairement, de procéder à une nouvelle instruction de sa demande de permis d'aménager dans le même délai et sous la même astreinte ;
3°) de mettre à la charge de la commune de Saint-Geniès-de-Comolas la somme de
2 500 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- l'arrêté contesté a été signé par une autorité incompétente ;
- l'arrêté contesté est insuffisamment motivé et le maire n'a pas étudié son projet ;
- il est entaché d'une erreur de fait en ce qui concerne la surface devant être aménagée ;
- il est entaché d'une erreur d'appréciation au regard de l'article L. 111-3 du code de l'urbanisme ;
- l'avis conforme défavorable émis le 26 mai 2023 par la préfète du Gard est entaché d'une erreur de fait ;
- cet avis conforme défavorable est entaché d'une erreur d'appréciation au regard de l'article L. 111-3 du code de l'urbanisme.
Par un mémoire en défense enregistré le 15 février 2024, la commune de Saint-Geniès-de-Comolas, représentée par l'AARPI BLC Avocats, conclut au rejet de la requête et à ce que la somme de 3 500 euros soit mise à la charge de M. B au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle fait valoir que :
- son maire se trouvait en situation de compétence liée et les moyens dirigés contre l'arrêté attaqué sont inopérants ;
- en tout état de cause, les moyens invoqués par le requérant ne sont pas fondés.
Par des mémoires en défense enregistrés les 21 février et 21 mars 2024, ainsi qu'un mémoire non communiqué enregistré le 19 avril 2024, le préfet du Gard conclut au rejet de la requête.
Il fait valoir que les moyens invoqués par le requérant ne sont pas fondés.
Vu les autres pièces du dossier ;
Vu :
- le code de l'urbanisme ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. Mouret,
- les conclusions de Mme Bourjade, rapporteure publique,
- les observations de Me Arroudj, représentant M. B, celles de Me Chassany, représentant la commune de Saint-Geniès-de-Comolas, et celles de Mme A, représentant le préfet du Gard.
Considérant ce qui suit :
1. M. B a déposé, le 25 avril 2023, une demande de permis d'aménager en vue de la création d'un lotissement de cinq lots, dont quatre à bâtir, sur un terrain situé chemin de Pégueirol sur le territoire de la commune de Saint-Geniès-de-Comolas. Le plan d'occupation des sols communal étant devenu caduc le 27 mars 2017, en application des articles L. 174-1 et L. 174-3 du code de l'urbanisme, et le plan local d'urbanisme communal n'étant pas encore approuvé, le maire de Saint-Geniès-de-Comolas a, en application du a) de l'article L. 422-5 du même code, recueilli l'avis conforme de la préfète du Gard. Par un arrêté du 6 juillet 2023, le maire de Saint-Geniès-de-Comolas a, au vu de l'avis conforme défavorable émis le 26 mai 2023 par la préfète du Gard, refusé de délivrer le permis d'aménager ainsi sollicité. M. B demande l'annulation pour excès de pouvoir de cet arrêté du 6 juillet 2023.
Sur la légalité de l'arrêté contesté :
2. Aux termes de l'article L. 422-5 du code de l'urbanisme : " Lorsque le maire () est compétent, il recueille l'avis conforme du préfet si le projet est situé : / a) Sur une partie du territoire communal non couverte par une carte communale, un plan local d'urbanisme ou un document d'urbanisme en tenant lieu () ". Si, lorsque la délivrance d'une autorisation administrative est subordonnée à l'accord préalable d'une autre autorité, le refus d'un tel accord, qui s'impose à l'autorité compétente pour statuer sur la demande d'autorisation, ne constitue pas une décision susceptible de recours, des moyens tirés de sa régularité et de son bien-fondé peuvent, quel que soit le sens de la décision prise par l'autorité compétente pour statuer sur la demande d'autorisation, être invoqués devant le juge saisi de cette décision.
3. Aux termes de l'article L. 111-3 du code de l'urbanisme : " En l'absence de plan local d'urbanisme, de tout document d'urbanisme en tenant lieu ou de carte communale, les constructions ne peuvent être autorisées que dans les parties urbanisées de la commune ". Ces dispositions interdisent en principe, en l'absence de plan local d'urbanisme, de tout document d'urbanisme en tenant lieu ou de carte communale, les constructions implantées " en dehors des parties urbanisées de la commune ", c'est-à-dire des parties du territoire communal qui comportent déjà un nombre et une densité significatifs de constructions. Il en résulte qu'en dehors du cas où elles relèvent des exceptions expressément et limitativement prévues par l'article L. 111-4 du même code, les constructions ne peuvent être autorisées dès lors que leur réalisation a pour effet d'étendre la partie urbanisée de la commune. Pour apprécier si un projet a pour effet d'étendre une partie urbanisée de la commune, il est notamment tenu compte de la géographie des lieux, de la desserte par des voies d'accès, de la proximité avec les constructions existantes situées dans les parties urbanisées de la commune, du nombre et de la densité des constructions projetées, du sens du développement de l'urbanisation, ainsi que de l'existence de coupures d'urbanisation, qu'elles soient naturelles ou artificielles.
4. La préfète du Gard a estimé, dans son avis conforme défavorable du 26 mai 2023, que la réalisation du lotissement projeté aurait pour effet d'étendre l'une des parties urbanisées de la commune au sens de l'article L. 111-3 du code de l'urbanisme et que le projet litigieux ne relève pas de l'une des exceptions prévues par l'article L. 111-4 du même code. Pour refuser de délivrer le permis d'aménager sollicité, le maire de Saint-Geniès-de-Comolas s'est uniquement fondé sur cet avis conforme dont M. B excipe de l'illégalité.
5. Il ressort des pièces du dossier que le lotissement projeté comprend un lot n° 1, sur lequel un permis de construire a déjà été délivré le 12 août 2022 en vue de l'édification d'une maison individuelle, et quatre autres lots à bâtir, nos 2 à 5, devant chacun accueillir une maison individuelle. Le plan de composition joint à la demande de permis d'aménager de M. B précise que les cinq lots ainsi projetés, d'une superficie comprise entre 502,33 et 642 mètres carrés, occupent une surface représentant moins d'un tiers de la superficie totale du terrain d'assiette du projet. Les pièces versées aux débats font apparaître que ce terrain non bâti est situé en bordure d'une partie urbanisée de la commune de Saint-Geniès-de-Comolas caractérisée par la présence de nombreuses maisons individuelles implantées à proximité les unes des autres. Si le terrain en cause s'ouvre sur un vaste espace agricole s'étendant à l'est du village, ainsi que l'a relevé la préfète du Gard, il est séparé de ce secteur agricole par un chemin et est bordé, à l'ouest et au sud, par des parcelles bâties. Compte tenu notamment de la configuration et de la topographie des lieux en cause, ainsi que de la localisation et de la superficie des lots litigieux, la réalisation du lotissement projeté ne saurait être regardée comme ayant pour effet d'étendre la partie urbanisée de la commune évoquée ci-dessus. En retenant l'unique motif énoncé au point précédent dans son avis conforme défavorable du 26 mai 2023, la préfète du Gard a donc fait une inexacte application des dispositions de l'article L. 111-3 du code de l'urbanisme. Par suite, M. B est fondé à exciper de l'illégalité de cet avis défavorable sur lequel le maire de Saint-Geniès-de-Comolas s'est fondé, à tort, pour refuser de lui délivrer le permis d'aménager sollicité.
6. Pour l'application de l'article L. 600-4-1 du code de l'urbanisme, aucun autre moyen n'est de nature à entraîner l'annulation de l'arrêté contesté.
7. Il résulte de tout ce qui précède que M. B est fondé à demander l'annulation de l'arrêté du maire de Saint-Geniès-de-Comolas du 6 juillet 2023.
Sur l'injonction et l'astreinte :
8. Il résulte des dispositions des articles L. 424-3 et L. 600-4-1 du code de l'urbanisme, ainsi que de celles de l'article L. 911-1 du code de justice administrative, que, lorsque le juge annule un refus d'autorisation d'urbanisme après avoir censuré l'ensemble des motifs que l'autorité compétente a énoncés dans sa décision conformément aux prescriptions de cet article L. 424-3 ainsi que, le cas échéant, les motifs qu'elle a pu invoquer en cours d'instance, il doit, s'il est saisi de conclusions à fin d'injonction, ordonner à cette autorité de délivrer l'autorisation. Il n'en va autrement que s'il résulte de l'instruction soit que les dispositions en vigueur à la date de la décision annulée, qui eu égard aux dispositions de l'article L. 600-2 du code de l'urbanisme demeurent applicables à la demande, interdisent de l'accueillir pour un motif que l'administration n'a pas relevé, ou que, par suite d'un changement de circonstances, la situation de fait existant à la date du jugement y fait obstacle.
9. Il ne résulte pas de l'instruction que les dispositions en vigueur à la date de l'arrêté annulé interdiraient la délivrance du permis d'aménager sollicité par M. B, ni que la situation de fait existant à la date du présent jugement y ferait obstacle. Dans ces conditions, il y a lieu d'enjoindre au maire de Saint-Geniès-de-Comolas de délivrer à M. B le permis d'aménager sollicité dans un délai de deux mois à compter de la notification du présent jugement. Il n'y a pas lieu, dans les circonstances de l'espèce, d'assortir cette injonction d'une astreinte.
Sur les frais liés au litige :
10. Il n'y a pas lieu, dans les circonstances de l'espèce, de faire droit aux conclusions présentées par les parties sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
D É C I D E :
Article 1er : L'arrêté du maire de Saint-Geniès-de-Comolas du 6 juillet 2023 est annulé.
Article 2 : Il est enjoint au maire de Saint-Geniès-de-Comolas de délivrer à M. B le permis d'aménager sollicité dans un délai de deux mois à compter de la notification du présent jugement.
Article 3 : Le surplus des conclusions des parties est rejeté.
Article 4 : Le présent jugement sera notifié à M. C B, à la commune de Saint-Geniès-de-Comolas et au ministre de la transition écologique et de la cohésion des territoires.
Copie en sera adressée au préfet du Gard.
Délibéré après l'audience du 4 juin 2024, à laquelle siégeaient :
Mme Boyer, présidente,
M. Mouret, premier conseiller,
Mme Lahmar, conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 18 juin 2024.
Le rapporteur,
R. MOURETLa présidente,
C. BOYER
La greffière,
N. LASNIER
La République mande et ordonne au ministre de la transition écologique et de la cohésion des territoires en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026