Texte intégral
Vu la procédure suivante :
Par une requête et des mémoires, enregistrés les 25 août 2023, 23 février 2024, 6 février 2025 et 4 avril 2025, M. B... A..., représenté par Me Mahistre, demande au tribunal, dans le dernier état de ses écritures :
1°) d’annuler la décision implicite par laquelle l’autorité compétente a rejeté sa demande tendant à la suppression d’une « plateforme de déchets verts » installée sur la parcelle cadastrée section C n° 404 située sur le territoire de la commune de Parignargues ;
2°) d’enjoindre au maire de Parignargues ou, le cas échéant, au président de la communauté de communes du Pays de Sommières, de supprimer cette « plateforme de déchets verts » et de remettre dans son état antérieur le terrain communal sur lequel elle est installée, dans le délai d’un mois à compter de la notification du jugement à venir et sous astreinte de 150 euros par jour de retard, ou, subsidiairement, de déplacer cette plateforme ;
3°) de mettre à la charge de la commune de Parignargues la somme de 3 000 euros au titre de l’article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- la fin de non-recevoir opposée par la commune doit être écartée dès lors que l’aire litigieuse a été créée par la commune et qu’en tout état de cause, il est fondé à demander à la commune, ou le cas échéant à la communauté de communes, de supprimer l’ouvrage public en cause ;
- les mémoires en défense de la commune seront écartés des débats faute pour celle-ci de produire une délibération habilitant son maire à la défendre dans le cadre de la présente instance ;
- l’aire de stockage et de broyage de déchets verts installée à proximité immédiate de sa propriété, et sur laquelle une benne amovible a été installée au mois de novembre 2023, constitue un ouvrage public ;
- cet ouvrage public a été irrégulièrement implanté, en méconnaissance des articles A-1 et A-2 du règlement du plan local d’urbanisme de Parignargues et de l’article 158 du règlement sanitaire départemental du Gard, sans que soit respectée la législation applicable aux installations classées pour la protection de l’environnement, alors que l’aire litigieuse constitue une installation classée soumise à enregistrement ou à déclaration ;
- aucune délibération du conseil municipal ni aucune délibération du conseil communautaire n’a autorisé la création de cette aire de dépôt de déchets verts et la commune de Parignargues est incompétente en la matière, la compétence « déchets » ayant été transférée à la communauté de communes du Pays de Sommières ;
- la création de cet ouvrage public n’est pas conforme à l’intérêt général, dès lors qu’un autre emplacement était possible sur la parcelle cadastrée section C n° 404, et porte atteinte à la sécurité publique et à la salubrité publique ;
- une régularisation appropriée est impossible dès lors, notamment, que le règlement de la zone A du plan local d’urbanisme communal ne permet pas l’implantation de l’ouvrage public en cause en zone agricole ;
- le déplacement de l’ouvrage public en cause n’entraînerait pas une atteinte excessive à l’intérêt général.
Par des mémoires en défense, enregistrés le 20 décembre 2024 puis les 10 mars et 25 avril 2025, la commune de Parignargues, représentée par Me Pilone, conclut au rejet de la requête et à ce que la somme de 3 000 euros soit mise à la charge de M. A... au titre de l’article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle fait valoir que :
- la requête est irrecevable dès lors que, la compétence en matière de collecte et de traitement des déchets des ménages et assimilés relevant de la communauté de communes, la demande qui lui a été adressée était mal dirigée ;
- ses mémoires en défense sont recevables dès lors que son maire a reçu délégation du conseil municipal pour la défendre dans les actions intentées contre elle par une délibération du 26 mai 2020 ;
- l’aire de stockage et de broyage de déchets verts en litige, qui n’a fait l’objet d’aucun aménagement de nature immobilière, ne constitue pas un ouvrage public ;
- subsidiairement, l’aire litigieuse, qui ne constitue pas une installation classée pour la protection de l’environnement, n’est pas irrégulièrement implantée et son installation, approuvée par une délibération du conseil municipal du 30 novembre 2023, a été acceptée par la communauté de communes, laquelle a fourni une benne destinée à la collecte des végétaux ;
- la création de l’aire litigieuse répond à l’intérêt général et les nuisances alléguées ne sont pas établies ;
- eu égard à l’utilité de l’aire litigieuse pour la population locale, les conclusions tendant à la suppression ou au déplacement de l’aire litigieuse devront être rejetées.
La procédure a été communiquée à la communauté de communes du Pays de Sommières, qui n’a produit aucun mémoire.
Vu les autres pièces du dossier ;
Vu :
- le code de l’environnement, et notamment son article L. 541-1-1 ;
- le code général des collectivités territoriales ;
- le code de l’urbanisme ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l’audience.
Ont été entendus au cours de l’audience publique :
- le rapport de M. Mouret,
- les conclusions de M. Baccati, rapporteur public,
- les observations de Me Mahistre, représentant M. A..., et celles de Me Tchitare, représentant la commune de Parignargues.
Considérant ce qui suit :
1. M. A... est propriétaire d’une maison d’habitation implantée sur la parcelle cadastrée section C n° 403 et située sur le territoire de la commune de Parignargues, commune membre de la communauté de communes du Pays de Sommières. Ayant constaté la réalisation, au cours de l’année 2022, d’une zone de stockage de déchets verts sur la parcelle cadastrée section C n° 404, parcelle jouxtant sa propriété et appartenant à cette commune, l’intéressé a, par un courrier du 24 avril 2023 reçu le lendemain, saisi le maire de Parignargues d’une demande tendant notamment à la suppression ou au déplacement de cette « plateforme de déchets verts », y compris l’accès à celle-ci. M. A... demande au tribunal d’annuler le rejet implicite de sa demande et, dans le dernier état de ses écritures, d’enjoindre sous astreinte à la commune de Parignargues, ou le cas échéant à la communauté de communes du Pays de Sommières, de supprimer, ou subsidiairement de déplacer, l’ouvrage en cause et de procéder à la remise en état de la parcelle cadastrée section C n° 404.
Sur la recevabilité des mémoires en défense produits par la commune de Parignargues :
2. Aux termes de l’article L. 2122-22 du code général des collectivités territoriales : « Le maire peut, (…) par délégation du conseil municipal, être chargé, en tout ou partie, et pour la durée de son mandat : (…) / 16° D'intenter au nom de la commune les actions en justice ou de défendre la commune dans les actions intentées contre elle, dans les cas définis par le conseil municipal (…) ». Il résulte de ces dispositions que le conseil municipal peut légalement donner au maire une délégation générale pour ester en justice au nom de la commune pendant la durée de son mandat.
3. Il résulte de l’instruction que, par une délibération du 26 mai 2020, le conseil municipal de Parignargues a notamment habilité le maire à « intenter au nom de la commune les actions en justice ou de défendre la commune dans les actions intentées contre elle, dans les cas définis par le conseil municipal », reproduisant ainsi les termes du 16° de l’article L. 2122-22 du code général des collectivités territoriales. Cette délégation, bien qu’elle ne définisse pas les cas dans lesquels le maire de Parignargues pourra agir en justice, donne à celui-ci qualité pour agir au nom de la commune et la représenter régulièrement dans le cadre de la présente instance. Par suite, il n’y a pas lieu d’écarter des débats les mémoires en défense produits par la commune de Parignargues.
Sur la qualification d’ouvrage public et l’objet du litige :
4. En premier lieu, la qualification d’ouvrage public peut être déterminée par la loi. Présentent aussi le caractère d’ouvrage public notamment les biens immeubles résultant d’un aménagement, qui sont directement affectés à un service public.
5. Il résulte de l’instruction que l’ouvrage litigieux, désigné comme une « zone d’apport et de broyage des déchets verts » par la délibération du conseil municipal de Parignargues du 30 novembre 2023 produite par la commune défenderesse, a été aménagé sur une partie de la parcelle cadastrée section C n° 404, laquelle appartient au domaine de la commune de Parignargues. Les pièces versées aux débats font apparaître que la partie en cause de cette parcelle à vocation agricole a été damée et que deux poteaux ainsi qu’une chaîne ont été installés à l’entrée de la zone ainsi aménagée pour les besoins du service de collecte des déchets verts. Il résulte également de l’instruction qu’une benne d’une contenance de trente mètres cubes et destinée à la collecte des déchets végétaux y a été installée par la communauté de communes du Pays de Sommières, à la demande de la commune de Parignargues. Dans ces conditions, alors même qu’elle résulte d’un aménagement limité, la zone litigieuse, qui est directement affectée à un service public, doit être regardée comme constituant un ouvrage public.
6. En second lieu, les conclusions dirigées contre le refus de démolir ou de déplacer un ouvrage public dont il est allégué qu’il est irrégulièrement implanté sont absorbées par celles tendant à ce qu’il soit enjoint de le démolir ou de le déplacer.
7. Il résulte de ce qui vient d’être dit que les conclusions de M. A... dirigées contre le rejet implicite de sa demande mentionnée au point 1, tendant à la suppression ou au déplacement de l’ouvrage public en litige qu’il estime irrégulièrement implanté, sont absorbées par ses conclusions à fin d’injonction.
Sur les conclusions à fin d’injonction et d’astreinte :
8. Lorsqu’il est saisi d’une demande tendant à ce que soit ordonnée la démolition ou le déplacement d’un ouvrage public dont il est allégué qu’il est irrégulièrement implanté par un requérant qui estime subir un préjudice du fait de l’implantation de cet ouvrage et qui en a demandé sans succès la démolition ou le déplacement à l’administration, il appartient au juge administratif, juge de plein contentieux, de déterminer, en fonction de la situation de droit et de fait existant à la date à laquelle il statue, si l’ouvrage est irrégulièrement implanté, puis, si tel est le cas, de rechercher, d’abord, si eu égard notamment à la nature de l’irrégularité, une régularisation appropriée est possible, puis, dans la négative, en tenant compte de l’écoulement du temps, de prendre en considération, d’une part, les inconvénients que la présence de l’ouvrage entraîne pour les divers intérêts publics ou privés en présence, notamment, le cas échéant, pour le propriétaire du terrain d’assiette de l’ouvrage, d’autre part, les conséquences de la démolition ou du déplacement pour l’intérêt général, et d’apprécier, en rapprochant ces éléments, si la démolition ou le déplacement n’entraîne pas une atteinte excessive à l’intérêt général.
9. En premier lieu, aux termes de l’article L. 2224-13 du code général des collectivités territoriales : « Les communes (…) ou les établissements publics de coopération intercommunale assurent (…) la collecte et le traitement des déchets des ménages. / Les communes peuvent transférer à un établissement public de coopération intercommunale (…) soit l'ensemble de la compétence de collecte et de traitement des déchets des ménages, soit la partie de cette compétence comprenant le traitement, ainsi que les opérations de transport qui s'y rapportent (…) ». L’article L. 2224-14 du même code dispose que : « Les collectivités visées à l'article L. 2224-13 assurent la collecte et le traitement des autres déchets définis par décret, qu'elles peuvent, eu égard à leurs caractéristiques et aux quantités produites, collecter et traiter sans sujétions techniques particulières ». Son article L. 2224-16 prévoit notamment que le maire impose « les modalités de collecte séparée, y compris le cas échéant la présentation et le lieu de collecte, pour les biodéchets remis au service public local, conformément à l'article L. 541-21-1 du code de l'environnement ». Selon le I de l’article L. 5214-16 de ce code : « La communauté de communes exerce de plein droit au lieu et place des communes membres les compétences relevant de chacun des groupes suivants : (…) / 5° Collecte et traitement des déchets des ménages et déchets assimilés (…) ».
10. Il résulte de l’instruction que, par sa délibération déjà mentionnée du 30 novembre 2023, le conseil municipal de Parignargues a approuvé le projet de création d’une « zone d’apport et de broyage des déchets verts » notamment sur la parcelle cadastrée section C n° 404. Si le requérant soutient que cette délibération n’est pas de nature à régulariser l’ouvrage existant dont il a sollicité en vain la suppression ou le déplacement, il n’invoque à cet égard la méconnaissance d’aucun texte ni d’aucun principe et n’assortit pas ses allégations sur ce point de précisions suffisantes. En outre, la circonstance alléguée qu’aucune délibération du conseil communautaire de la communauté de communes du Pays de Sommières relative à la création de la zone litigieuse n’a été produite dans le cadre de la présente instance n’est pas, par elle-même, de nature à établir l’irrégularité de l’implantation de cette zone sur la parcelle évoquée ci-dessus, dont il n’est pas contesté qu’elle appartient au domaine communal. De même, la circonstance, dont se prévaut également M. A..., que la création de l’ouvrage public en cause ait été initiée par la commune de Parignargues, avant que la communauté de communes du Pays de Sommières – compétente en matière de collecte et traitement des déchets des ménages ainsi que des déchets assimilés – n’y installe, à la fin de l’année 2023 et à la demande de cette commune, une benne d’une contenance de trente mètres cubes destinée à la collecte des déchets végétaux, ne saurait suffire à établir l’irrégularité, à la date du présent jugement, de l’implantation de cet ouvrage public sur une partie de la parcelle cadastrée section C n° 404.
11. En deuxième lieu, aux termes de l’article L. 511-1 du code de l’environnement : « Sont soumis aux dispositions du présent titre les (…) dépôts (…) et, d'une manière générale, les installations exploitées ou détenues par toute personne physique ou morale, publique ou privée, qui peuvent présenter des dangers ou des inconvénients soit pour la commodité du voisinage, soit pour la santé, la sécurité, la salubrité publiques, soit pour l'agriculture, soit pour la protection de la nature, de l'environnement et des paysages, soit pour l'utilisation économe des sols naturels, agricoles ou forestiers, soit pour l'utilisation rationnelle de l'énergie, soit pour la conservation des sites et des monuments ainsi que des éléments du patrimoine archéologique (…) ». L’article L. 511-2 de ce code précise que : « Les installations visées à l'article L. 511-1 sont définies dans la nomenclature des installations classées établie par décret en Conseil d'Etat, pris sur le rapport du ministre chargé des installations classées, après avis du Conseil supérieur de la prévention des risques technologiques. Ce décret soumet les installations à autorisation, à enregistrement ou à déclaration suivant la gravité des dangers ou des inconvénients que peut présenter leur exploitation ». La nomenclature des installations classées pour la protection de l’environnement prévue par cet article L. 511-2 est annexée à l’article R. 511-9 du même code.
12. La rubrique n° 2260 de la nomenclature des installations classées pour la protection de l’environnement concerne notamment les activités de « broyage (…) des substances végétales et de tous produits organiques naturels, à l’exclusion des installations dont les activités sont réalisées et classées au titre » de différentes rubriques au nombre desquelles figure la rubrique n° 2794. Cette dernière rubrique, qui définit les régimes applicables aux installations de « broyage de déchets végétaux non dangereux » en fonction de la « quantité de déchets traités », prévoit que ces installations sont soumises à déclaration lorsque cette quantité est supérieure ou égale à cinq tonnes par jour. Par ailleurs, le 2 de la rubrique n° 2710 de cette nomenclature, qui définit les régimes applicables aux installations de collecte de « déchets non dangereux » apportés par le producteur initial de tels déchets, en fonction du « volume de déchets susceptibles d'être présents dans l'installation », prévoit que sont soumises à déclaration, avec contrôle périodique, les installations dans lesquelles le volume susceptible d’être présent est supérieur ou égal à 100 mètres cubes.
13. Ainsi qu’il a été dit, l’ouvrage public litigieux est désigné comme une « zone d’apport et de broyage des déchets verts » par la délibération du conseil municipal de Parignargues du 30 novembre 2023. D’une part, s’agissant de l’activité de collecte, si M. A... soutient que l’aire de stockage des déchets verts constitue une installation classée pour la protection de l’environnement soumise à déclaration ou à enregistrement au titre du 2 de la rubrique n° 2710, il ne produit aucun élément probant de nature à corroborer ses allégations sur ce point. A cet égard, il ne résulte pas de l’instruction que le volume des déchets verts non dangereux susceptibles d’être entreposés sur l’aire litigieuse serait supérieur ou égal à cent mètres cubes. D’autre part, s’agissant de l’activité de broyage, il ne résulte pas de l’instruction que la quantité de déchets verts pouvant être traités sur le site litigieux serait supérieure ou égale à cinq tonnes par jour. Dans ces conditions, il n’apparaît pas que l’installation litigieuse constituerait, ainsi que le soutient M. A..., une installation classée pour la protection de l’environnement soumise à enregistrement ou à déclaration, notamment au titre de l’une des rubriques évoquées au point précédent.
14. En troisième lieu, il résulte des dispositions des articles L. 421-6 et L. 421-8 du code de l’urbanisme que les constructions, aménagements, installations et travaux dispensés de toute formalité au titre de ce code doivent être conformes aux dispositions législatives et réglementaires relatives notamment à l’utilisation des sols.
15. D’une part, les prescriptions du règlement sanitaire départemental sont au nombre des dispositions réglementaires auxquelles renvoie l’article L. 421-6 du code de l’urbanisme. L’article 158 du règlement sanitaire départemental du Gard, inséré à son titre VIII intitulé « Prescriptions applicables aux activités d’élevage et autres activités agricoles », prévoit notamment que les « dépôts de matières fermentescibles », ainsi que les dépôts de « résidus verts » notamment, ne peuvent être implantés « à moins de 200 mètres de tout immeuble habité ou occupé habituellement par des tiers (…) ».
16. Il ne résulte pas de l’instruction, et il n’est d’ailleurs pas soutenu, que les activités réalisées dans la « zone d’apport et de broyage des déchets verts » en litige seraient au nombre des « activités d’élevage et autres activités agricoles » régies par le titre VIII du règlement sanitaire départemental du Gard, dont relève l’article 158 mentionné au point précédent. Par suite, M. A..., qui se prévaut de la circonstance que la zone litigieuse est implantée à moins de deux cents mètres de son habitation, ne peut utilement invoquer la méconnaissance des dispositions de cet article 158.
17. D’autre part, aux termes de l’article L. 152-1 du code de l’urbanisme : « L'exécution par toute personne publique (…) de tous travaux, constructions, aménagements, plantations, affouillements ou exhaussements des sols, et ouverture d'installations classées appartenant aux catégories déterminées dans le plan sont conformes au règlement et à ses documents graphiques (…) ».
18. En vertu de l’article A-1 du règlement du plan local d’urbanisme de Parignargues, sont notamment interdites, dans la zone A, les « installations classées pour la protection de l’environnement non réalisées dans les conditions définies à l’article A-2 » ainsi que les « occupations et utilisations du sol qui ne répondraient pas aux conditions de l’article A-2 ». L’article A-2 du même règlement prévoit que sont notamment autorisées, dans l’ensemble de cette zone à l’exception de son secteur Ap, les « installations classées pour la protection de l’environnement sous réserve qu’elles correspondent à une activité liée à la vocation agricole de la zone et respectent les distances minimums règlementaires par rapport aux zones urbaines et aux habitations (à l’exception du logement éventuel de l’exploitant) » et les « constructions et installations nécessaires aux services publics ou d’intérêt collectif, sous réserve de ne pas porter atteinte au paysage, à l’environnement, à la salubrité ou à la sécurité publique ».
19. M. A..., qui ne conteste pas que la zone litigieuse, destinée à la collecte de déchets verts, est au nombre des « installations nécessaires aux services publics ou d’intérêt collectif » au sens et pour l’application des dispositions citées ci-dessus de l’article A-2 du règlement du plan local d’urbanisme de Parignargues, n’établit pas, par les seules pièces qu’il produit, la réalité du risque d’incendie et des nuisances sonores et olfactives dont il se prévaut, ni l’existence d’un lien entre l’installation de cette zone de collecte de déchets verts et la présence de rongeurs dans le secteur concerné, lequel s’ouvre, à l’ouest et au sud de la propriété de l’intéressé, sur une vaste zone à dominante agricole. Dans ces conditions, il ne résulte pas de l’instruction que l’installation litigieuse serait, eu égard à ses caractéristiques ou à la configuration des lieux, susceptible de porter atteinte à la salubrité ou à la sécurité publique au sens des dispositions citées au point précédent. Par ailleurs, il ne résulte pas davantage de l’instruction, eu égard notamment à ce qui a été dit au point 13, que la zone litigieuse constituerait une installation classée pour la protection de l’environnement. En tout état de cause, à supposer même que tel soit le cas, le titre 1, intitulé « Dispositions générales », du règlement du plan local d’urbanisme de Parignargues, librement accessible au public sur le site internet Géoportail de l’urbanisme, précise notamment que : « Toutes les installations et constructions nécessaires aux équipements d’Intérêt Général et équipements publics, y compris les installations classées, peuvent être autorisées même si les installations ne respectent pas le corps de règle de la zone concernée, dans la mesure où leur aspect et leur fonction sont compatibles avec l’environnement (…) ». Par suite, il ne résulte pas de l’instruction que l’implantation de l’aire litigieuse serait, à la date du présent jugement, contraire aux dispositions citées ci-dessus de l’article A-2 du règlement du plan local d’urbanisme de Parignargues.
20. En quatrième et dernier lieu, si M. A... soutient que la zone de collecte de déchets verts en litige « n’est pas conforme à l’intérêt général », il résulte de ce qui a été dit au point 8 que cette circonstance, à la supposer avérée, n’est, en tout état de cause, pas de nature à établir, par elle-même, l’irrégularité alléguée de l’implantation de l’ouvrage public en cause.
21. Eu égard à ce qui a été dit aux points 8 à 20, il ne résulte pas de l’instruction que l’ouvrage public litigieux serait irrégulièrement implanté.
22. Il résulte de tout ce qui précède, et sans qu’il soit besoin d’examiner la fin de non-recevoir opposée en défense ni de se prononcer sur la recevabilité des conclusions dirigées contre la communauté de communes du Pays de Sommières, que les conclusions à fin d’injonction et d’astreinte présentées par M. A... doivent être rejetées.
Sur les frais liés au litige :
23. Les dispositions de l’article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce qu’une somme soit mise à ce titre à la charge de la commune de Parignargues, laquelle n’est pas la partie perdante dans la présente instance. Dans les circonstances de l’espèce, il n’y a pas lieu de faire droit aux conclusions présentées sur le fondement de ces dispositions par la commune de Parignargues.
D É C I D E :
Article 1er : La requête de M. A... est rejetée.
Article 2 : Les conclusions présentées par la commune de Parignargues sur le fondement de l’article L. 761-1 du code de justice administrative sont rejetées.
Article 3 : Le présent jugement sera notifié à M. B... A..., à la commune de Parignargues et à la communauté de communes du Pays de Sommières.
Délibéré après l’audience du 17 octobre 2025, à laquelle siégeaient :
M. Ciréfice, président,
M. Mouret, premier conseiller,
Mme Portal, première conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 7 novembre 2025.
Le rapporteur,
R. MOURETLe président,
C. CIRÉFICE
Le greffier,
D. BERTHOD
La République mande et ordonne au préfet du Gard en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l’exécution de la présente décision.