vendredi 28 juin 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Nîmes |
| Section | Tribunal Administratif de Nîmes |
| N° Dossier | TA30-2303232 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Formation | 1ère Chambre |
| Avocat requérant | SCP CGCB ET ASSOCIES |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 31 août 2023, M. B C, M. D A et le groupement foncier agricole du Domaine du Mas du Colombier, représentés par la SELARL Blanc - Tardivel - Bocognano, demandent au tribunal :
1°) d'annuler l'arrêté du 17 mars 2023 par lequel la maire de Sabran a délivré un permis d'aménager à la société Urba Sud Concept ;
2°) de mettre à la charge de la commune de Sabran la somme de 3 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Ils soutiennent que :
- ils justifient d'un intérêt leur donnant qualité pour agir ;
- le gestionnaire de la voirie aurait dû être consulté en application de l'article R. 423-53 du code de l'urbanisme ;
- les dispositions des articles L. 111-11 et L. 332-15 du code de l'urbanisme ont été méconnues ;
- l'arrêté contesté est entaché d'une erreur manifeste d'appréciation au regard de l'article R. 111-2 du code de l'urbanisme.
Par un mémoire en défense enregistré le 22 septembre 2023, la commune de Sabran, représentée par la SELARL Territoires Avocats, conclut au rejet de la requête et à ce que la somme de 2 500 euros soit mise à la charge des requérants au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle fait valoir que la requête est tardive.
Par un mémoire en défense enregistré le 13 octobre 2023, la société par actions simplifiée Urba Sud Concept, représentée par la SCP CGCB et Associés, conclut au rejet de la requête et à ce que la somme de 2 500 euros soit mise à la charge des requérants au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle fait valoir que la requête est tardive.
Vu les autres pièces du dossier ;
Vu :
- le code de l'urbanisme ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. Mouret,
- les conclusions de Mme Bourjade, rapporteure publique,
- les observations de Me Rouault, représentant les requérants, celles de Me Akel, représentant la commune de Sabran, et celles de Me Barnier, représentant la société Urba Sud Concept.
Considérant ce qui suit :
1. Par un arrêté du 17 mars 2023, la maire de Sabran a délivré un permis d'aménager à la société Urba Sud Concept en vue de la création d'un lotissement de vingt-neuf lots. Les deux recours gracieux formés à l'encontre de cet arrêté, respectivement le 4 mai 2023 par M. C et le 9 mai suivant par M. A ainsi que par le groupement foncier agricole du Domaine du Mas du Colombier, ont été expressément rejetés le 8 juin 2023 par la maire de Sabran. M. C et les autres requérants demandent l'annulation pour excès de pouvoir de l'arrêté du 17 mars 2023.
2. La présentation, dans le délai imparti pour introduire un recours contentieux contre une décision administrative, d'un recours administratif, gracieux ou hiérarchique, contre cette décision a pour effet d'interrompre ce délai. Lorsque le recours administratif fait l'objet d'une décision explicite de rejet, un nouveau délai de recours commence à courir à compter de la date de notification de cette décision.
3. Ainsi qu'il a été dit au point 1, deux recours gracieux ont été formés à l'encontre du permis d'aménager en litige. Il ressort des pièces du dossier, et il n'est d'ailleurs pas contesté, que ces recours administratifs ont été rejetés par deux décisions expresses de la maire de Sabran du 8 juin 2023, notifiées le 13 juin suivant au conseil de M. C et autres. Ces décisions explicites de rejet étant assorties d'une information relative aux voies et délais de recours, le délai de recours contentieux de droit commun a commencé à courir à compter de leur notification le 13 juin 2023. Par suite, la présente requête, enregistrée le 31 août 2023 au greffe du tribunal, est tardive et, par suite, irrecevable.
4. Il résulte de ce qui précède que la requête de M. C et autres doit être rejetée, y compris leurs conclusions présentées au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
5. Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge de M. C et autres, en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative, le versement d'une somme de 600 euros à la commune de Sabran et d'une somme de 600 euros à la société Urba Sud Concept.
D É C I D E :
Article 1er : La requête de M. C et autres est rejetée.
Article 2 : M. C et autres verseront une somme de 600 euros à la commune de Sabran et une somme de 600 euros à la société Urba Sud Concept au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Article 3 : Le présent jugement sera notifié à M. B C, premier dénommé pour l'ensemble des requérants, à la commune de Sabran et à la société par actions simplifiée Urba Sud Concept.
Délibéré après l'audience du 18 juin 2024, à laquelle siégeaient :
Mme Boyer, présidente,
M. Mouret, premier conseiller,
Mme Lahmar, conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 28 juin 2024.
Le rapporteur,
R. MOURETLa présidente,
C. BOYER
La greffière,
N. LASNIER
La République mande et ordonne au préfet du Gard en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Tribunal Administratif de VERSAILLES — N° TA78-2608798
03/08/2026
Tribunal Administratif de VERSAILLES — N° TA78-2606201
03/08/2026
Tribunal Administratif de VERSAILLES — N° TA78-2600562
03/08/2026
Tribunal Administratif de MELUN — N° TA77-2611484
03/08/2026