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AccueilJurisprudence administrativeN° TA30-2303296

Tribunal Administratif de Nîmes — Décision N° TA30-2303296

mardi 19 décembre 2023

JuridictionTribunal Administratif de Nîmes
SectionTribunal Administratif de Nîmes
N° DossierTA30-2303296
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
PublicationC
Formation4ème Chambre
Avocat requérantMISSLIN

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête enregistrée le 1er septembre 2023, M. A B, représenté par Me Misslin, demande au tribunal :

1°) d'annuler l'arrêté du 29 décembre 2022 notifié le 2 janvier 2023 par lequel la préfète du Gard a refusé de lui délivrer un titre de séjour et l'a informé qu'il était tenu de quitter le territoire français ;

2°) d'enjoindre au préfet du Gard, à titre principal, de lui délivrer un titre de séjour, dans un délai d'un mois à compter de la notification de la décision à intervenir, subsidiairement de procéder au réexamen de sa situation dans les mêmes conditions de délai, sous astreinte de 100 euros par jour de retard ;

3°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 1 800 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991.

Il soutient que :

- la décision de refus de séjour est entachée d'incompétence ;

- elle est insuffisamment motivée ;

- il a sollicité en vain la communication de l'avis du collège de médecins de l'OFII ; il appartiendra à la préfecture du Gard de transmettre cet avis dans le cadre de la présente procédure afin que le tribunal puisse s'assurer de la régularité de la procédure ;

- la décision attaquée est entachée d'une erreur de droit en ce que la préfète du Gard s'est estimée liée par l'avis du collège de médecins de l'OFII, en méconnaissance de l'article L. 425-9 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- elle méconnaît les articles L. 425-9 et L. 425-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- elle méconnaît les articles L. 423-23 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et 8 de la Convention européenne des droits de l'Homme et est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation ;

- elle méconnaît l'article 3-1 de la convention internationale relative aux droits de l'enfant

Par un mémoire en défense, enregistré le 10 octobre 2023, le préfet du Gard conclut au rejet de la requête.

Il fait valoir que les moyens soulevés par le requérant ne sont pas fondés.

Un mémoire présenté par M. B a été enregistré le 4 décembre 2023, après la clôture de l'instruction fixée au 16 octobre 2023, et n'a pas été communiqué.

M. B a été admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale par une décision du 4 juillet 2023.

Vu les autres pièces du dossier ;

Vu :

- la convention internationale relative aux droits de l'enfant signée à New-York le

26 janvier 1990 ;

- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;

- le code de justice administrative ;

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Le président de la formation de jugement a dispensé la rapporteure publique, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique :

- le rapport de Mme Achour,

- les conclusions de Mme Bala rapporteure publique,

- les observations de Me Misslin, représentant M. B.

Considérant ce qui suit :

1. M. A B, ressortissant albanais né le 4 juin 1985, a sollicité, le 10 juin 2022, la délivrance d'une autorisation provisoire de séjour en qualité d'accompagnant d'enfant malade sur le fondement de l'article L. 425-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. Par un arrêté du 16 mai 2023, le préfet de Vaucluse a refusé de lui délivrer l'autorisation provisoire de séjour sollicitée et l'a informé qu'il était tenu de quitter le territoire français. M. B conteste cette décision en ce qu'elle lui oppose un refus d'admission au séjour.

Sur les conclusions à fin d'annulation :

2. En premier lieu, l'arrêté en litige a été signé pour la préfète du Gard par M. Frédéric Loiseau, secrétaire général de la préfecture du Gard. Ce dernier disposait, aux termes de l'arrêté du 11 juillet 2022 de la préfète du Gard, publié le même jour au recueil des actes administratifs de la préfecture, d'une délégation à l'effet de signer notamment tous arrêtés relevant des attributions de l'Etat dans le département du Gard, en toutes matières, à l'exception des réquisitions prises en application du code de la défense, de la réquisition des comptables publics régie par le décret n° 2012-1246 du 7 novembre 2012 relatif à la gestion budgétaire et comptable publique, et des arrêtés de conflit. Par suite, le moyen tiré de l'incompétence du signataire de la décision attaquée doit être écarté.

3. En deuxième lieu, l'arrêté attaqué comporte, dans ses visas et motifs, les considérations de droit et de fait sur lesquelles il se fonde et qui permettent de vérifier que l'autorité préfectorale a procédé à un examen complet de la situation particulière de M. B au regard des stipulations et des dispositions législatives et réglementaires applicables. Il y a lieu, dès lors, d'écarter le moyen tiré du défaut de motivation et celui tiré du défaut d'examen particulier de la situation du requérant.

4. En troisième lieu, aux termes de l'article L. 425-9 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'étranger, résidant habituellement en France, dont l'état de santé nécessite une prise en charge médicale dont le défaut pourrait avoir pour lui des conséquences d'une exceptionnelle gravité et qui, eu égard à l'offre de soins et aux caractéristiques du système de santé dans le pays dont il est originaire, ne pourrait pas y bénéficier effectivement d'un traitement approprié, se voit délivrer une carte de séjour temporaire portant la mention " vie privée et familiale " d'une durée d'un an. La condition prévue à l'article L. 412-1 n'est pas opposable. / La décision de délivrer cette carte de séjour est prise par l'autorité administrative après avis d'un collège de médecins du service médical de l'Office français de l'immigration et de l'intégration, dans des conditions définies par décret en Conseil d'Etat. / Sous réserve de l'accord de l'étranger et dans le respect des règles de déontologie médicale, les médecins de l'office peuvent demander aux professionnels de santé qui en disposent les informations médicales nécessaires à l'accomplissement de cette mission. Les médecins de l'office accomplissent cette mission dans le respect des orientations générales fixées par le ministre chargé de la santé. / () ". Aux termes de l'article L. 425-10 du même code : " Les parents étrangers de l'étranger mineur qui remplit les conditions prévues à l'article L. 425-9, ou l'étranger titulaire d'un jugement lui ayant conféré l'exercice de l'autorité parentale sur ce mineur, se voient délivrer, sous réserve qu'ils justifient résider habituellement en France avec lui et subvenir à son entretien et à son éducation, une autorisation provisoire de séjour d'une durée maximale de six mois. La condition prévue à l'article L. 412-1 n'est pas opposable. / Cette autorisation provisoire de séjour ouvre droit à l'exercice d'une activité professionnelle. / Elle est renouvelée pendant toute la durée de la prise en charge médicale de l'étranger mineur, sous réserve que les conditions prévues pour sa délivrance continuent d'être satisfaites. / Elle est délivrée par l'autorité administrative, après avis d'un collège de médecins du service médical de l'Office français de l'immigration et de l'intégration, dans les conditions prévues à l'article L. 425-9. ".

5. Aux termes de l'article R. 425-11 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Pour l'application de l'article L. 425-9, le préfet délivre la carte de séjour temporaire portant la mention " vie privée et familiale " au vu d'un avis émis par un collège de médecins à compétence nationale de l'Office français de l'immigration et de l'intégration. / L'avis est émis dans les conditions fixées par arrêté du ministre chargé de l'immigration et du ministre chargé de la santé au vu, d'une part, d'un rapport médical établi par un médecin de l'office et, d'autre part, des informations disponibles sur les possibilités de bénéficier effectivement d'un traitement approprié dans le pays d'origine de l'intéressé. () ". Aux termes de l'article R. 421-12 du même code : " Pour l'application de l'article L. 425-9, le préfet délivre la carte de séjour temporaire portant la mention " vie privée et familiale " au vu d'un avis émis par un collège de médecins à compétence nationale de l'Office français de l'immigration et de l'intégration. / L'avis est émis dans les conditions fixées par arrêté du ministre chargé de l'immigration et du ministre chargé de la santé au vu, d'une part, d'un rapport médical établi par un médecin de l'office et, d'autre part, des informations disponibles sur les possibilités de bénéficier effectivement d'un traitement approprié dans le pays d'origine de l'intéressé. () ". Enfin, l'article R. 425-13 de ce code dispose : " Le collège à compétence nationale mentionné à l'article R. 425-12 est composé de trois médecins, il émet un avis dans les conditions de l'arrêté mentionné au premier alinéa du même article. La composition du collège et, le cas échéant, de ses formations est fixée par décision du directeur général de l'Office français de l'immigration et de l'intégration. Le médecin ayant établi le rapport médical ne siège pas au sein du collège. () ".

6. D'une part, M. B soutient dans sa requête qu'il conviendra de vérifier que la procédure relative à l'établissement de l'avis rendu par le collège des médecins de l'OFII est régulière. Toutefois, à la suite de la production à l'instance par la préfète du Gard de l'avis rendu le 5 décembre 2022 par le collège des médecins de l'OFII sur la situation d'Antonela B, le requérant ne précise pas, en réplique, en quoi la procédure relative à cet avis serait, en l'espèce, irrégulière. Par suite, le moyen tiré de la méconnaissance des articles R. 425-11 à R. 425-13 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile manque en fait et doit être écarté.

7. D'autre part, la partie qui justifie d'un avis du collège de médecins de l'OFII qui lui est favorable doit être regardée comme apportant des éléments de fait susceptibles de faire présumer l'existence ou l'absence d'un état de santé de nature à justifier la délivrance ou le refus d'un titre de séjour. Dans ce cas, il appartient à l'autre partie, dans le respect des règles relatives au secret médical, de produire tous éléments permettant d'apprécier l'état de santé de l'étranger et, le cas échéant, l'existence ou l'absence d'un traitement approprié dans le pays de renvoi. La conviction du juge, à qui il revient d'apprécier si l'état de santé d'un étranger justifie la délivrance d'un titre de séjour dans les conditions ci-dessus rappelées, se détermine au vu de ces échanges contradictoires. En cas de doute, il lui appartient de compléter ces échanges en ordonnant toute mesure d'instruction utile.

8. Pour rejeter la demande d'admission au séjour présentée par M. B au titre de l'état de santé de sa fille, la préfète du Gard s'est notamment fondée sur l'avis du collège des médecins de l'OFII du 5 décembre 2022 retenant que l'état de santé de l'intéressée nécessite une prise en charge médicale dont le défaut pourrait entraîner des conséquences d'une exceptionnelle gravité sans toutefois nécessiter son maintien sur le territoire français, dès lors qu'eu égard à l'offre de soins et aux caractéristiques du système de santé albanais, elle peut y bénéficier effectivement d'un traitement approprié et que son état de santé peut lui permettre de voyager sans risque vers son pays d'origine.

9. Il ressort des pièces du dossier que l'enfant Antonela B, née le 3 août 2010, est atteinte d'un asthme persistant sévère sur un terrain d'allergie aux acariens. En se bornant à soutenir, dans sa requête, qu'il n'est apporté aucun élément par la préfecture sur la disponibilité du traitement nécessaire dans le pays d'origine ni sur la possibilité pour l'enfant de bénéficier d'un suivi adapté à sa maladie, le requérant ne produit à l'instance aucun élément suffisant à démontrer que la prise en charge dont bénéficie sa fille en France, où lui ont été prescrits, selon ses indications, les médicaments Singulair, Symbicort et Aerius, ne pourrait être assuré dans des conditions équivalentes en Albanie. Le seul certificat d'un médecin albanais se référant à la nécessité d'un traitement par Olimazumab qui ne serait pas disponible en Albanie ne saurait suffire à remettre en cause l'avis du collège des médecins de l'OFII émis au vu du dossier médical de l'enfant et appuyé par une documentation relative au système de santé albanais propre à démontrer l'accessibilité dans ce pays d'une offre complète de soins et de médicaments. Dans les circonstances de l'espèce, M. B n'est pas fondé à soutenir que la préfète du Gard aurait méconnu les dispositions des articles L. 425-9 et L. 425-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. Pour les mêmes motifs, le requérant n'est pas fondé à soutenir que la décision attaquée serait, eu égard à la situation médicale de sa fille, entachée d'une erreur manifeste d'appréciation.

10. En quatrième lieu, il ne ressort pas des pièces du dossier, eu égard aux termes mêmes de l'arrêté en litige et des écritures en défense, que la préfète du Gard se serait estimée en situation de compétence liée pour suivre l'avis émis par le collège des médecins de l'OFII.

11. En cinquième lieu, lorsqu'il est saisi d'une demande de délivrance d'un titre de séjour sur le fondement de l'une des dispositions du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, le préfet n'est pas tenu, en l'absence de dispositions expresses en ce sens, d'examiner d'office si l'intéressé peut prétendre à une autorisation de séjour sur le fondement d'une autre disposition de ce code, même s'il lui est toujours loisible de le faire dans l'exercice de son pouvoir discrétionnaire, en vue de régulariser la situation de l'intéressé. Or, il ressort des pièces du dossier que M. B a présenté une demande d'autorisation provisoire de séjour exclusivement en sa qualité de parent d'un enfant malade et que la préfète du Gard n'a examiné sa demande que sur le fondement L. 425-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile applicable. Par suite, le moyen tiré de la méconnaissance des dispositions de l'article L. 423-23 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile est inopérant et doit être écarté.

12. En sixième lieu, aux termes de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : " 1. Toute personne a droit au respect de sa vie privée et familiale, de son domicile et de sa correspondance. / 2. Il ne peut y avoir ingérence d'une autorité publique dans l'exercice de ce droit que pour autant que cette ingérence est prévue par la loi et qu'elle constitue une mesure qui, dans une société démocratique, est nécessaire à la sécurité nationale, à la sûreté publique, au bien-être économique du pays, à la défense de l'ordre et à la prévention des infractions pénales, à la protection de la santé ou de la morale, ou à la protection des droits et libertés d'autrui. ". Pour l'application de ces stipulations, l'étranger qui invoque la protection due à son droit au respect de sa vie privée et familiale en France doit apporter toute justification permettant d'apprécier la réalité et la stabilité de ses liens personnels et familiaux effectifs en France au regard de ceux qu'il a conservés dans son pays d'origine.

13. Il ressort des pièces du dossier que M. B est entré en France en octobre 2021 où il a rejoint son épouse et ses deux enfants nés en 2010 et 2017 et où le couple a demandé l'asile. M. B et son épouse n'avaient pas vocation à demeurer sur le territoire français à la suite du rejet de leur demande d'asile les 30 décembre 2021 et 31 mai 2022 et ont fait l'objet d'une obligation de quitter le territoire français respectivement le 22 septembre et le 1er juin 2022. M. B, qui ne justifie d'aucune intégration et vit sans abri dans un état de grande précarité avec sa famille, ne justifie pas d'une impossibilité de reconstituer sa vie privée et familiale en Albanie avec son épouse et leurs deux enfants. Dans les circonstances de l'espèce, eu égard à la durée et aux conditions de son séjour en France, le moyen soulevé par M. B et tiré de la violation des stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales doit être écarté

14. En septième et dernier lieu, aux termes du 1 de l'article 3 de la convention internationale relative aux droits de l'enfant : " Dans toutes les décisions qui concernent les enfants, qu'elles soient le fait des institutions publiques ou privées de protection sociale, des tribunaux, des autorités administratives ou des organes législatifs, l'intérêt supérieur de l'enfant doit être une considération primordiale. ". Il résulte de ces stipulations que, dans l'exercice de son pouvoir d'appréciation, l'autorité administrative doit accorder une attention primordiale à l'intérêt supérieur des enfants dans toutes les décisions les concernant.

15. En l'espèce, alors qu'il n'est pas démontré que les enfants de M. B ne pourraient poursuivre leur scolarité en Albanie ni que l'enfant Antonela B ne pourrait y bénéficier des aménagements scolaires justifiés par son état de santé, le moyen tiré de la méconnaissance du 1 de l'article 3 de la convention internationale relative aux droits de l'enfant doit être écarté pour les mêmes motifs que ceux exposés aux points 9 et 13.

16. Il résulte de tout ce qui précède que M. B n'est pas fondé à contester la décision portant refus d'admission au séjour dont il a fait l'objet.

Sur les conclusions aux fins d'injonction et d'astreinte :

17. L'exécution du présent jugement n'implique aucune mesure d'exécution. Dès lors, les conclusions de la requête aux fins d'injonction et d'astreinte doivent être rejetées.

Sur les frais liés au litige :

18. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que soit mise à ce titre à la charge de l'Etat, qui n'est pas la partie perdante dans la présente instance, la somme que M. B demande au titre des frais exposés par lui .

D E C I D E :

Article 1er : La requête de M. B est rejetée.

Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. A B, à Me Misslin et au préfet du Gard.

Délibéré après l'audience du 5 décembre 2023, à laquelle siégeaient :

Mme Chamot, président,

Mme Achour, première conseillère,

M. Aymard, premier conseiller.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 19 décembre 2023.

La rapporteure,

P. ACHOUR

La présidente,

C. CHAMOT

Le greffier,

B. GALLIOT

La République mande et ordonne au préfet du Gard en ce qui le concerne, ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

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