mardi 9 janvier 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Nîmes |
| Section | Tribunal Administratif de Nîmes |
| N° Dossier | TA30-2303374 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 4ème Chambre |
| Avocat requérant | LAURENT-NEYRAT |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 9 septembre 2023, Mme B A, représentée par Me Laurent Neyrat, demande au tribunal :
1°) de lui accorder le bénéfice de l'aide juridictionnelle à titre provisoire ;
2°) d'annuler l'arrêté du 1er août 2023 par lequel la préfète du Gard a rejeté sa demande de titre de séjour, l'a obligée à quitter le territoire français sans un délai, a fixé le pays de l'éloignement et lui a interdit de retourner sur le territoire français pendant deux ans ;
3°) d'enjoindre à la préfète du Gard, à titre principal, de lui délivrer le titre de séjour sollicité sous astreinte de 100 euros par jour de retard, à titre subsidiaire, de lui délivrer un récépissé de demande de titre de séjour portant autorisation de travail ;
4°) à défaut, d'annuler la décision portant refus de départ volontaire et de renvoyer à une formation collégiale les questions relatives au droit au séjour, à l'obligation de quitter le territoire français et à l'interdiction de retour ;
5°) à minima, de suspendre la décision portant obligation de quitter le territoire français sans délai jusqu'à l'examen au fond de son droit au séjour et d'enjoindre à la préfète du Gard de lui délivrer un récépissé portant autorisation de travail ;
6°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 2 000 euros au titre des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991.
Elle soutient que :
- les décisions portant refus de titre de séjour, obligation de quitter le territoire français et interdiction de retour sur le territoire français pendant deux ans ne sont pas signées par une autorité habilitée ;
- la décision de refus de titre de séjour a été prise en méconnaissance du principe du contradictoire ;
- les décisions portant refus de titre de séjour, obligation de quitter le territoire français et interdiction de retour sur le territoire français pendant deux ans sont entachées d'un défaut de motivation ;
- les décisions portant refus de titre de séjour, obligation de quitter le territoire français et interdiction de retour sur le territoire français pendant deux ans sont entachées d'erreur de droit ;
- les décisions portant refus de titre de séjour, obligation de quitter le territoire français et interdiction de retour sur le territoire français pendant deux ans procèdent d'un détournement de procédure ;
- les décisions portant refus de titre de séjour, obligation de quitter le territoire français et interdiction de retour sur le territoire français pendant deux ans sont entachées d'erreur manifeste d'appréciation ;
- les décisions portant refus de titre de séjour, obligation de quitter le territoire français et interdiction de retour sur le territoire français pendant deux ans méconnaissent les dispositions de l'article L. 435-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- les décisions portant refus de titre de séjour, obligation de quitter le territoire français et interdiction de retour sur le territoire français pendant deux ans méconnaissent les dispositions des articles L. 731-1 et suivants du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et R. 731-1 et suivants du même code ;
- les décisions portant refus de titre de séjour, obligation de quitter le territoire français et interdiction de retour sur le territoire français pendant deux ans méconnaissent les stipulations des articles 3, 8 et 12 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales.
Par un mémoire en défense, enregistré le 20 octobre 2023, le préfet du Gard conclut au rejet de la requête.
Il fait valoir que les moyens soulevés par la requérante sont inopérants ou infondés.
Par une décision du bureau d'aide juridictionnelle du 26 septembre 2023, Mme A a été admise au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- le code civil ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code des relations entre le public et l'administration ;
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
La présidente de la formation de jugement a dispensé la rapporteure publique, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.
A été entendu au cours de l'audience publique le rapport de M. Aymard.
Considérant ce qui suit :
1. Mme A a sollicité le 5 février 2020 la délivrance d'un titre de séjour sur le fondement des dispositions de l'article L. 435-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. Par un arrêté du 1er août 2023, la préfète du Gard a rejeté cette demande, a obligé l'intéressée à quitter le territoire français sans délai, a fixé le pays de l'éloignement et lui a interdit de retourner sur le territoire français pendant une durée de deux ans. Mme A demande au tribunal d'annuler cet arrêté du 1er août 2023.
Sur les conclusions tendant au bénéfice de l'aide juridictionnelle à titre provisoire :
2. Par une décision du 26 septembre 2023, Mme A a été admise au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale. Par suite, les conclusions relatives à l'aide juridictionnelle provisoire sont devenues sans objet.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
En ce qui concerne l'arrêté pris dans son ensemble :
3. L'arrêté attaqué a été signé pour la préfète du Gard par M. D C, sous-préfet, secrétaire général adjoint de la préfecture du Gard, qui disposait, aux termes de l'arrêté réglementaire du 25 mai 2023, régulièrement publié au recueil des actes administratifs de la préfecture du même jour, d'une délégation à l'effet de signer tous actes et tous arrêtés relevant des attributions de l'Etat dans le Gard, à l'exception des réquisitions prises en application du code de la défense, de la réquisition des comptables publics régie par le décret n° 2012-1246 du 7 novembre 2012 relatif à la gestion budgétaire et comptable publique et des arrêtés de conflit. Par suite, le moyen tiré de l'incompétence de l'auteur des décisions attaquées doit être écarté.
En ce qui concerne la décision portant refus de titre de séjour :
4. En premier lieu, l'arrêté attaquée comporte les considérations utiles de droit et de fait sur lesquelles la préfète du Gard s'est fondée pour rejeter la demande de titre de séjour présentée par Mme A. Par suite, le moyen tiré du défaut de motivation de la décision attaquée doit être écarté.
5. En deuxième lieu, aux termes de l'article L. 121-1 du code des relations entre le public et l'administration : " Exception faite des cas où il est statué sur une demande, les décisions individuelles qui doivent être motivées en application de l'article L. 211-2, ainsi que les décisions qui, bien que non mentionnées à cet article, sont prises en considération de la personne, sont soumises au respect d'une procédure contradictoire préalable ". Il résulte de ces dispositions que la préfète du Gard n'était pas tenue d'entendre Mme A avant l'édiction de la décision attaquée prise en réponse à une demande de titre de séjour formulée par l'intéressée. Il appartenait à l'intéressée de faire connaître à la préfète du Gard d'éventuels nouveaux éléments pour compléter sa demande si elle l'estimait nécessaire. La requérante ne peut davantage soutenir qu'elle aurait été privée de son droit à être entendue en violation du principe général du droit de l'Union européenne. Dès lors, le moyen tiré de l'absence de débat contradictoire doit être écarté.
6. En troisième lieu, les moyens tirés de l'erreur de droit, du détournement de procédure, et de la méconnaissance des articles L. 731-1 et suivants du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et R. 731-1 et suivants du même code sont dépourvus des précisions permettant d'en apprécier le bien-fondé et doivent, dès lors, être écartés.
7. En quatrième lieu, d'une part, aux termes de l'article L. 435-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " A titre exceptionnel, l'étranger qui a été confié à l'aide sociale à l'enfance ou du tiers digne de confiance entre l'âge de seize ans et l'âge de dix-huit ans et qui justifie suivre depuis au moins six mois une formation destinée à lui apporter une qualification professionnelle peut, dans l'année qui suit son dix-huitième anniversaire, se voir délivrer une carte de séjour temporaire portant la mention " salarié " ou " travailleur temporaire ", sous réserve du caractère réel et sérieux du suivi de cette formation, de la nature de ses liens avec sa famille restée dans le pays d'origine et de l'avis de la structure d'accueil ou du tiers digne de confiance sur l'insertion de cet étranger dans la société française. La condition prévue à l'article L. 412-1 n'est pas opposable. ".
8. D'autre part, aux termes de l'article L. 811-2 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " La vérification de tout acte d'état civil étranger est effectuée dans les conditions définies par l'article 47 du code civil () ". Aux termes de l'article 47 du code civil : " Tout acte de l'état civil des Français et des étrangers fait en pays étranger et rédigé dans les formes usitées dans ce pays fait foi, sauf si d'autres actes ou pièces détenus, des données extérieures ou des éléments tirés de l'acte lui-même établissent, le cas échéant après toutes vérifications utiles, que cet acte est irrégulier, falsifié ou que les faits qui y sont déclarés ne correspondent pas à la réalité ".
9. L'article 47 du code civil précité pose une présomption de validité des actes d'état civil établis par une autorité étrangère dans les formes usitées dans ce pays. Il résulte toutefois de l'ensemble de ces dispositions que la force probante d'un acte d'état civil établi à l'étranger peut être combattue par tout moyen susceptible d'établir que l'acte en cause est irrégulier, falsifié ou inexact. En cas de contestation par l'administration de la valeur probante d'un acte d'état civil établi à l'étranger, il appartient au juge administratif de former sa conviction au vu de l'ensemble des éléments produits par les parties. Pour juger qu'un acte d'état civil produit devant lui est dépourvu de force probante, qu'il soit irrégulier, falsifié ou inexact, le juge doit en conséquence se fonder sur tous les éléments versés au dossier dans le cadre de l'instruction du litige qui lui est soumis.
10. Il ressort des pièces du dossier que, pour rejeter la demande de titre de séjour présentée par Mme A sur le fondement de l'article L. 435-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, la préfète du Gard a considéré que les documents d'état civil produits par l'intéressée sont dépourvus de force probante et que sa minorité alléguée lors de sa prise en charge par le service de l'aide sociale à l'enfance présente un caractère frauduleux.
11. Alors que Mme A, qui déclare être de nationalité malienne et être née le 5 janvier 2002 à Bamako, a été prise en charge par le service de l'aide sociale à l'enfance du Gard jusqu'au 5 janvier 2020, la requérante se prévaut de l'acte de naissance établi le 16 novembre 2018 par la commune VI du district de Bamako, des passeports délivrés les 17 février 2020 et 17 mars 2023 et d'une carte d'identité consulaire malienne établie le 24 avril 2019, ces documents mentionnant une date de naissance au 5 janvier 2002. Toutefois, il ressort des pièces du dossier que la consultation du fichier Visabio par les services de police judiciaire a permis de constater, en se fondant sur la correspondance des empreintes digitales, que Mme A avait sollicité en janvier 2018 un visa auprès du consulat français de Conakry en Guinée en se présentant sous l'identité de sa mère, Fatoumata Tounkara, et en se prévalant d'une date de naissance au 5 janvier 1993. En outre, l'acte de naissance produit à l'instance, qui ne comporte pas de photographie, mentionne que cet acte a été sollicité par le père de Mme A, alors que dernier est, selon l'acte de décès versé aux débats, décédé le 20 juin 2014. Enfin, la requérante s'abstient de produire le jugement supplétif du 8 novembre 2018 du tribunal civil de la commune VI du district de Bamako, auquel fait référence l'acte de naissance du 16 novembre 2018, étant précisé qu'il ne ressort pas des pièces du dossier que les passeports et la carte d'identité consulaire délivrés par les autorités maliennes reposeraient sur un autre document que l'acte de naissance litigieux. Ainsi, au vu de l'ensemble des éléments produits par les parties, c'est sans méconnaître les dispositions de l'article L. 435-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile que la préfète du Gard a pu considérer que les documents d'état civil présentés par Mme A ne présentaient pas de force probante et que l'intéressée ne satisfaisait pas à la condition de minorité permettant de bénéficier valablement de l'aide sociale à l'enfance et des dispositions de l'article précité.
12. En quatrième lieu, aux termes de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : " 1. Toute personne a droit au respect de sa vie privée et familiale (). / 2. Il ne peut y avoir ingérence d'une autorité publique dans l'exercice de ce droit que pour autant que cette ingérence est prévue par la loi et qu'elle constitue une mesure qui, dans une société démocratique, est nécessaire à la sécurité nationale, à la sûreté publique, au bien-être économique du pays, à la défense de l'ordre et à la prévention des infractions pénales, à la protection de la santé ou de la morale, ou à la protection des droits et libertés d'autrui ".
13. Il ressort des pièces du dossier que Mme A a été prise en charge le 22 octobre 2018 par le service de l'aide sociale à l'enfance du département du Gard et a été scolarisée de 2018 à 2021. Si l'intéressée se prévaut d'une relation de concubinage avec un ressortissant ivoirien, laquelle aurait débutée en juillet 2022, Mme A est toutefois célibataire et dépourvue de charge de famille alors que sa relation de concubinage présente un caractère récent à la date de la décision attaquée, étant précisé que la requérante n'apporte aucune précision sur le droit au séjour en France de son concubin. Par ailleurs, l'intéressée n'établit pas être dépourvue d'attaches familiales et privées dans son pays d'origine. Enfin, si la requérante se prévaut de son intégration en France par ses études et son activité professionnelle de décembre 2022 à mai 2023, les pièces du dossier ne révèlent toutefois aucune insertion socio-professionnelle notable en France. Dans ces conditions, la préfète du Gard n'a pas porté au droit au respect de la vie privée et familiale de Mme A une atteinte disproportionnée au regard des buts d'intérêt public en vue desquels elle a pris l'arrêté attaqué. Le moyen tiré de la méconnaissance des stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales doit, dès lors, être écarté. Pour les mêmes motifs, le moyen tiré de l'erreur manifeste d'appréciation doit également être écarté.
14. En cinquième lieu, si la requérante se prévaut des stipulations de l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales, elle ne produit aucun élément permettant d'établir qu'elle serait exposée, en cas de retour dans son pays d'origine, au risque réel et sérieux de subir des traitements inhumains ou dégradants ou des actes de torture. Par suite, le moyen tiré de la méconnaissance de ces stipulations doit être écarté.
15. En sixième lieu, aux termes de l'article 12 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : " A partir de l'âge nubile, l'homme et la femme ont le droit de se marier et de fonder une famille selon les lois nationales régissant l'exercice de ce droit. ". La requérante invoque l'article 12 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales en se prévalant de son droit de ne pas être mariée contre sa volonté avant l'âge nubile. Toutefois, à supposer même qu'elle soit ressortissante malienne et née le 5 janvier 2002 ainsi qu'elle le déclare, Mme A n'établit pas ne pas avoir atteint, à la date de la décision attaquée, l'âge nubile prévu par la règlementation malienne, ni qu'elle aurait contracté mariage au Mali. Par suite, le moyen tiré de la méconnaissance des stipulations de l'article 12 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales doit être écarté.
16. Il résulte de tout ce qui précède que la requérante n'est pas fondée à contester le refus d'admission au séjour dont elle a fait l'objet le 1er août 2023.
En ce qui concerne la décision portant obligation de quitter le territoire français :
17. En premier lieu, il ressort des pièces du dossier que l'arrêté attaqué comporte les considérations utiles de droit et de fait sur lesquelles la préfète du Gard s'est fondée pour édicter à l'encontre de Mme A une obligation de quitter le territoire français. Par suite, le moyen tiré du défaut de motivation de la décision attaquée doit être écarté.
18. En deuxième lieu, pour le motif exposé au point 6, les moyens tirés de l'erreur de droit, du détournement de procédure, et de la méconnaissance des articles L. 731-1 et suivants du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et R. 731-1 et suivants du même code doivent être écartés.
19. En troisième lieu, pour les motifs retenus au point 13, les moyens tirés de la méconnaissance des stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales et de l'erreur manifeste d'appréciation doivent être écartés.
20. En quatrième lieu, pour les motifs retenus aux points 14 et 15, les moyens tirés de la méconnaissance des stipulations des articles 3 et 12 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales doivent être écartés.
21. Il résulte de tout ce qui précède que la requérante n'est pas fondée à contester la décision portant obligation de quitter le territoire français dont elle a fait l'objet le 1er août 2023.
En ce qui concerne la décision portant interdiction de retour sur le territoire français pendant deux ans :
22. En premier lieu, il ressort des pièces du dossier que l'arrêté attaqué comporte les considérations utiles de droit et de fait sur lesquelles la préfète du Gard s'est fondée pour édicter à l'encontre de Mme A la décision attaquée. Par suite, le moyen tiré du défaut de motivation de la décision attaquée doit être écarté.
23. En deuxième lieu, pour le motif exposé au point 5, les moyens tirés de l'erreur de droit, du détournement de procédure, et de la méconnaissance des articles L. 731-1 et suivants du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et R. 731-1 et suivants du même code doivent être écartés.
24. En troisième lieu, pour les motifs retenus au point 13, les moyens tirés de la méconnaissance des stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales et de l'erreur manifeste d'appréciation doivent être écartés.
25. En quatrième lieu, pour les motifs retenus aux points 14 et 15, les moyens tirés de la méconnaissance des stipulations des articles 3 et 12 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales doivent être écartés.
26. Il résulte de tout ce qui précède que la requérante n'est pas fondée à contester la décision portant interdiction de retour sur le territoire français pendant deux ans dont elle a fait l'objet le 1er août 2023.
Sur les conclusions à fin d'injonction sous astreinte :
27. Les conclusions à fin d'annulation de Mme A étant rejetées, ses conclusions susvisées à fin d'injonction sous astreinte doivent l'être également, dès lors que le présent jugement ne nécessite aucune mesure d'exécution au regard des dispositions des articles L. 911-1 et suivants du code de justice administrative.
Sur les frais liés au litige :
28. L'Etat n'étant pas la partie perdante dans la présente instance, les conclusions formées sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991 doivent être rejetées.
D E C I D E :
Article 1er : Il n'y a pas lieu de statuer sur les conclusions de la requête de Mme A tendant au bénéfice de l'admission provisoire à l'aide juridictionnelle.
Article 2 : Le surplus des conclusions de la requête de Mme A est rejeté.
Article 3 : Le présent jugement sera notifié à Mme B A, au préfet du Gard et à Me Laurent Neyrat.
Délibéré après l'audience du 19 décembre 2023, à laquelle siégeaient :
Mme Chamot, présidente,
Mme Achour, première conseillère,
M. Aymard, premier conseiller.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 9 janvier 2024.
Le rapporteur,
F. AYMARD
La présidente,
C. CHAMOT
La greffière,
L. GALAUP
La République mande et ordonne au préfet du Gard en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026