LogoMeilleurAvocats.fr
AvocatsAssistant IABlogPrix
ConnexionDéposer ma demande

Vous avez un problème juridique ?

Décrivez votre situation en 2 minutes — un avocat spécialisé vous répond sous 24h.

Déposer ma demandeJe suis avocat
Logo MeilleurAvocats.frMeilleurAvocats.fr

Mise en relation avocat–client par l'IA. Gratuit pour les particuliers.

Particuliers

  • Déposer une demande
  • Trouver un avocat
  • Assistant IA gratuit
  • Bibliothèque juridique
  • Guides pratiques
  • Jurisprudence

Avocats

  • Pour les avocats
  • Espace avocat
  • Tarifs et formules
  • Recevoir des leads
  • Programme d'affiliation
  • Contact commercial

Spécialités

  • Droit général
  • Droit du travail
  • Droit de la sécurité sociale et de la protection sociale
  • Droit fiscal et droit douanier
  • Droit de la famille, des personnes et de leur patrimoine
  • Droit immobilier

Légal

  • Mentions légales
  • Confidentialité
  • CGU
  • Cookies
  • Contact

Newsletter juridique hebdomadaire

Décisions clés, évolutions législatives, conseils pratiques — chaque semaine.

© 2026 MeilleurAvocats.fr— KONSEIL SAS. Tous droits réservés.

Mentions légales|Confidentialité|Cookies

BOB★La messagerie française & cryptée pour des échanges confidentiels entre avocats et clients.

En savoir +TéléchargerBOB
AccueilJurisprudence administrativeN° TA30-2303390

Tribunal Administratif de Nîmes — Décision N° TA30-2303390

mardi 1 octobre 2024

JuridictionTribunal Administratif de Nîmes
SectionTribunal Administratif de Nîmes
N° DossierTA30-2303390
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
Formation1ère Chambre
Avocat requérantSELARL MAILLOT AVOCATS ASSOCIÉS

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête et des mémoires enregistrés les 11 septembre 2023, 14 octobre 2023, 13 novembre 2023, 8 mars 2024, 13 mars 2024, 23 avril 2024, 13 mai 2024 et un mémoire récapitulatif présenté le 12 juillet 2024 en application de l'article R.611-8-1 du code de justice administrative, M. A D et Mme C B épouse D, représentés par la SELARL Blanc - Tardivel - Bocognano, demandent au tribunal :

1°) d'annuler l'arrêté du 21 avril 2023 par lequel le maire de Nîmes a délivré à la société Comptoir Industriel et Commercial Dab un permis de construire valant permis de démolir, ainsi que la décision rejetant leur recours gracieux ;

2°) de mettre à la charge de la commune de Nîmes la somme de 3 000 euros à verser à M. et Mme D au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Ils soutiennent, dans le dernier état de leurs écritures, que :

- ils justifient d'un intérêt à agir et d'une qualité pour agir ;

- leur requête n'est pas tardive en raison de l'irrégularité de l'affichage ;

- le dossier de permis de construire est incomplet et les pièces présentées sont erronées ou incomplètes ou manquantes au regard des exigences du code de l'urbanisme et ont faussé l'appréciation de l'autorité administrative relativement à la hauteur des constructions, à l'insertion du projet dans son environnement et à la nécessaire préservation du patrimoine végétal et floral présent sur le terrain d'assiette du projet ainsi qu'à l'intérêt patrimonial d'un lavoir et d'une œuvre d'art également présents sur le tènement ;

- le bâtiment B du projet litigieux méconnaît les dispositions de l'article V UB7 du règlement du plan local d'urbanisme (PLU) de la commune ;

- le projet contrevient aux articles V UB10 et V UB11 du même règlement ;

- le projet méconnaît les caractéristiques de la zone V UBa et de l'écoquartier Hoche en supprimant des espaces boisés et en détruisant un patrimoine architectural, culturel et naturel, en contradiction avec les orientations d'aménagement et de programmation du PLU :

- il méconnaît les orientations du schéma de cohérence territoriale Sud Gard en autorisant la destruction totale d'un jardin centenaire ;

- le permis est accordé en violation des dispositions relatives aux dispositifs de rétention d'eau précisées dans les prévisions du règlement du PLU.

Par des mémoires en défense enregistrés le 3 novembre 2023 et le 26 avril 2024, ainsi qu'un mémoire non communiqué enregistré le 17 mai 2024, la société en commandite par actions Comptoir Industriel et Commercial Dab, représentée par la SCP CGCB et Associés, conclut au rejet de la requête, subsidiairement, à ce qu'il soit fait application des articles L. 600-5 ou L. 600-5-1 du code de l'urbanisme, et à ce que la somme de 5 000 euros soit mise à la charge des requérants au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Elle fait valoir que :

- la requête est tardive faute pour le recours gracieux d'avoir été notifié dans les délais prescrits ;

- les moyens tirés de la méconnaissance des articles V UB10 et V UB11 du règlement du plan local d'urbanisme sont irrecevables au regard de l'article R. 600-5 du code de l'urbanisme et, en tout état de cause, infondés ;

- les autres moyens invoqués dans la requête ne sont pas fondés.

Par des mémoires en défense enregistrés les 7 février et 3 avril 2024, la commune de Nîmes, représentée par la SELARL Maillot Avocats et Associés, conclut au rejet de la requête, subsidiairement à ce qu'en cas d'application des articles L. 600-5 ou L. 600-5-1 du code de l'urbanisme, il soit sursis à statuer jusqu'à la délivrance du permis de construire modificatif, et à ce que la somme de 2 000 euros soit mise à la charge des requérants au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Elle fait valoir que :

- la requête est tardive ;

- les moyens invoqués ne sont pas fondés.

Par courriers du 10 septembre 2024, les parties ont été informées, en application des dispositions de l'article R. 611-7 du code de justice administrative, de ce que le jugement était susceptible d'être fondé sur un moyen relevé d'office, tiré de l'irrecevabilité du moyen relatif à la méconnaissance des dispositions du PLU relatives aux dispositifs de rétention d'eau en application de l'article R. 600-5 du code de l'urbanisme.

Vu les autres pièces du dossier ;

Vu :

- le code de l'urbanisme ;

- le code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique :

- le rapport de Mme Boyer,

- les conclusions de Mme Bourjade, rapporteure publique,

- les observations de Me Rouault représentant M. et Mme D, F représentant la commune de Nîmes et de Me Barnier représentant la société Comptoir industriel et commercial Dab.

La société Comptoir Industriel et commercial Dab a produit une note en délibéré, enregistrée le 17 septembre 2024.

La commune de Nîmes a produit une note en délibéré, enregistrée le 20 septembre 2024.

Considérant ce qui suit :

1. Par un arrêté du 21 avril 2023, le maire de Nîmes a délivré à la société Comptoir Industriel et Commercial Dab un permis de construire, valant permis de démolir, en vue de l'édification d'un ensemble immobilier sur un terrain situé à l'angle des rues Fulton et Paulet. M. et Mme D demandent l'annulation pour excès de pouvoir de cet arrêté ainsi que de la décision du 25 juillet 2023 ayant rejeté le recours gracieux formé à l'encontre de cet arrêté.

Sur la fin de non-recevoir tirée de la tardiveté de la requête en raison de l'absence de notification régulière du recours gracieux au pétitionnaire :

2. Selon l'article R. 421-1 du code de justice administrative, le recours formé contre une décision administrative doit être présenté dans le délai de deux mois à compter de sa notification ou de sa publication. Conformément à l'article R. 600-2 du code de l'urbanisme, le délai de recours à l'égard des tiers court à compter de l'affichage du permis sur le terrain et en mairie, dès lors que cette formalité a été accomplie de manière complète et régulière. Selon les termes de l'article R. 600-1 du code de l'urbanisme : " En cas de déféré du préfet ou de recours contentieux à l'encontre d'un certificat d'urbanisme, ou d'une décision relative à l'occupation ou l'utilisation du sol régie par le présent code, le préfet ou l'auteur du recours est tenu, à peine d'irrecevabilité, de notifier son recours à l'auteur de la décision et au titulaire de l'autorisation. L'auteur d'un recours administratif est également tenu de le notifier à peine d'irrecevabilité du recours contentieux qu'il pourrait intenter ultérieurement en cas de rejet du recours administratif. La notification prévue au précédent alinéa doit intervenir par lettre recommandée avec accusé de réception, dans un délai de quinze jours francs à compter du dépôt du déféré ou du recours. ()La notification est réputée accomplie à la date d'envoi de la lettre recommandée avec accusé de réception ".

3. Pour contester le permis de construire en litige, délivré le 21 avril 2023, M. et Mme D ont présenté un recours gracieux daté du 17 juin 2023 et reçu en mairie le 19 juin suivant, lequel était nécessairement recevable du point de vue du délai de recours contentieux, sans qu'il soit besoin de s'interroger sur la date à laquelle les requérants ont eu connaissance de cet arrêté. Il ressort des pièces produites que la notification de ce recours a été adressée au pétitionnaire par envoi d'un pli recommandé déposé le 5 juillet 2023 à 17h48 auprès des services postaux et que, contrairement à ce qui est soutenu, elle était régulière dès lors que, sans contenir en annexe la copie du recours gracieux, elle en reprenait les termes. Ainsi les requérants, qui disposaient d'un délai franc de quinze jours pour notifier leur recours gracieux au pétitionnaire, ont effectué cette notification dans le délai prescrit, qui expirait le 5 juillet 2023 à minuit. Le recours gracieux du 17 juin 2023, qui a ainsi eu pour effet de proroger le délai de recours, a été rejeté par décision du 25 juillet 2023 et la requête, enregistrée le 11 septembre suivant, a été formée moins de deux mois suivant cette date. Les éventuelles irrégularités dont serait entaché l'affichage du permis de construire en litige et la réitération du recours gracieux à une date ultérieure sont, par suite, sans incidence sur la computation du délai de recours ouvert aux requérants. Il s'ensuit que la requête n'est pas tardive et que la fin de non-recevoir opposée en défense doit être écartée.

Sur la légalité du permis de construire :

S'agissant de la composition du dossier de demande de permis de construire :

4. La circonstance que le dossier de demande de permis de construire ne comporterait pas l'ensemble des documents exigés par les dispositions du code de l'urbanisme, ou que les documents produits seraient insuffisants, imprécis ou comporteraient des inexactitudes, n'est susceptible d'entacher d'illégalité le permis de construire qui a été accordé que dans le cas où les omissions, inexactitudes ou insuffisances entachant le dossier ont été de nature à fausser l'appréciation portée par l'autorité administrative sur la conformité du projet à la réglementation applicable.

5. En premier lieu, la circonstance que le document Cerfa complet n'ait pas été communiqué aux requérants, lequel a au demeurant été produit à l'instance et leur a été communiqué, est sans incidence sur la légalité du permis de construire contesté.

6. En deuxième lieu, les omissions constatées par les requérants s'agissant de la signature du receveur du dossier, de la raison sociale de la société du demandeur, de ses coordonnées, des coordonnées de l'architecte, ou de la nature du projet et du titre auquel il est édifié, ce dernier point étant au demeurant indiqué, comme de la circonstance que certaines cases du document n'aient pas été cochées, notamment les cases PC9, PC10, PC10-1, PC16-1, PC16-1-1, PC16-4, PC17, PC17-1, PC17-2, PC24 et PC44, lesquelles au demeurant concernent des pièces qui n'avaient pas à être produites en l'espèce, sont sans incidence sur la légalité du permis de construire attaqué. S'il n'est pas contesté que le projet se situe dans le périmètre délimité des abords de monuments historiques, à savoir l'ancienne gare-pavillon-rue Sully/rue Vincent Faïta, il est constant que l'architecte des bâtiments de France a émis un avis favorable au projet le 13 avril 2023, lequel est assorti d'une unique réserve dont le projet de construction tient compte par le percement de trois fenêtres sur la façade sud mitoyenne à la maison conservée. S'il ressort des pièces produites que l'arrêté contesté mentionne dans ses visas une date erronée de l'avis de l'architecte des bâtiments de France et que cet avis porte un numéro erroné de permis de construire, il est constant que l'avis a été rendu antérieurement à la décision contestée et qu'il porte sur le projet objet de l'arrêté. Par suite, ces mentions pour regrettables qu'elles soient ne constituent que des erreurs de plume et le moyen doit être écarté.

7. Si les requérants relèvent des incomplétudes et des erreurs dans la notice de présentation, sur les pièces PC5, PC6, PC7 et PC8 et PC27 et notamment les plans de coupe des immeubles projetés, et soutiennent que l'appréciation de l'autorité administrative aurait été faussée relativement à la hauteur des constructions, à l'insertion du projet dans son environnement et à la nécessaire préservation du patrimoine végétal et floral présent sur le terrain d'assiette du projet et à l'intérêt patrimonial d'un lavoir et d'une œuvre d'art également présents sur le tènement, il ressort des pièces du dossier de permis de construire que les plans de coupe des immeubles permettaient d'apprécier la hauteur des bâtiments et notamment la présence de sous-sols semi-enterrés dont la notice rappelle l'existence. Il en ressort également que l'un des immeubles existant est préservé pour son intérêt architectural, les requérants ne démontrant pas, par les pièces qu'ils produisent, qu'un intérêt architectural ou patrimonial particulier s'attacherait aux bâtiments voués à la démolition ainsi qu'au lavoir et à l'œuvre dessinée sur le mur de clôture, lesquels ne font au demeurant l'objet d'aucune protection. Par suite, le moyen doit également être écarté.

S'agissant de la méconnaissance de l'article UB7 du PLU :

8. Aux termes de l'article V UB7 : " implantation des constructions par rapport aux limites séparatives. / Pour l'ensemble de la zone : A moins que le bâtiment à construire ne jouxte la limite parcellaire, la distance comptée horizontalement de tout point de ce bâtiment au point de la limite séparative qui en est le plus rapproché doit être au moins égale à la moitié de la différence d'altitude entre ces deux points, sans pouvoir être inférieure à 3 m (trois mètres) () " ;

9. Il ressort des pièces du dossier de permis de construire et notamment du plan de masse, que le bâtiment B est construit en limite parcellaire sur sa façade nord-Est. Par suite, les requérants ne peuvent utilement se prévaloir des dispositions citées au point précédent relatives à l'implantation des bâtiments en recul de la limite parcellaire. . Le moyen doit être écarté.

S'agissant de la méconnaissance de l'article V UB10 du PLU :

10. Aux termes de l'article V UB10 du PLU : " En secteur V UBa : La hauteur maximale des constructions ne peut excéder 18 m (dix-huit mètres) à l'égout de couverture ou acrotère compris pour les toitures terrasses. Soit un nombre de niveaux maximum de R+5. / Règles particulières pour le secteur V UBa : Un dépassement de la hauteur maximale de 18 m (dix-huit mètres) sera autorisé dans le cadre du projet de restauration/extension du bâtiment de l'ancien Hospice reconverti en université, afin de reconstituer l'aspect architectural d'origine et permettre les innovations architecturales pour l'extension neuve, sous réserve de son intégration dans le site. () 3- Pour l'ensemble des hauteurs : - parkings semi-enterrés, compris dans le volume de la construction, il sera admis une tolérance supplémentaire au maximum égale à la hauteur du sous-sol située au-dessus du niveau du terrain naturel. /Cette tolérance ne pourra excéder 1,50 m (un mètre cinquante). / Pour être considéré comme parking semi enterré, le plancher fini du niveau semi enterré devra se situer à au moins 1 m (un mètre) sous le niveau du terrain naturel. /- () ".

11. Le lexique du PLU précise que l'acrotère est un " Élément de façade situé au-dessus de la toiture ou de la terrasse, à la périphérie du bâtiment, et constituant des rebords ou garde-corps, pleins ou à claire-voie. Petit mur en maçonnerie situé tout autour des toitures plates et des terrasses d'immeuble sur lequel est parfois fixé un garde-corps. ". Il prévoit en outre que " Les hauteurs maximales correspondent aux distances comprises entre le terrain naturel et l'égout de la toiture à l'aplomb du bâtiment ; le toit, les ouvrages techniques, les cheminées, et autres superstructures en étant exclus. ".

12. Il ressort notamment des plans de coupe des immeubles A et B que les hauteurs respectives de ces bâtiments s'élèvent à 18,44 mètres et 18,54 mètres à partir du terrain naturel, les édicules de l'ascenseur qui constituent des ouvrages techniques ou autres superstructures au sens du lexique du PLU n'ayant pas à être pris en compte, contrairement à ce qui est allégué, pour définir la hauteur des bâtiments. Les parkings situés respectivement à des profondeurs de 2,27 mètres et 2,17 mètres doivent être qualifiés de parkings semi-enterrés au sens de l'article V UB10 précité et permettent ainsi de bénéficier d'une tolérance qui, telle que définie par ce même article, est respectivement de 0,39 mètres et 0,49 mètres et ne permet donc pas de compenser la hauteur excessive des bâtiments, s'établissant respectivement à 0,44 mètres et 0,54 mètres. Par suite, le moyen doit être accueilli.

S'agissant de la méconnaissance de l'article V UB11 du PLU :

13. Aux termes de l'article V UB11 du PLU : " Aspect extérieur des constructions. / 1. style de construction. /dispositions générales : Les constructions à édifier ou à modifier ne doivent pas porter atteinte au caractère ou à l'intérêt des lieux avoisinants, aux sites, aux paysages naturels ou urbains ainsi qu'à la conservation des perspectives monumentales. Elles doivent présenter une simplicité de volume, une unité d'aspect et de matériaux compatible avec la bonne économie de la construction. Le permis de construire peut être refusé si les travaux projetés sont de nature à rompre l'harmonie de l'ensemble. / Dès lors qu'une construction existante présente un intérêt architectural au regard notamment de sa composition, de son ordonnancement et des matériaux constructifs employés, tous les travaux réalisés, y compris les ravalements, doivent mettre en valeur les caractéristiques de ladite construction. Ces dispositions ne font pas obstacle à la réalisation d'extensions de conception architecturale contemporaine, dès lors que sont mis en valeur les éléments d'intérêt de la construction initiale. () ".

14. Il ressort des pièces du dossier, et notamment des photographies jointes au plan de situation annexé à la demande de permis de construire, que la zone V UB, définie par le document d'urbanisme comme une " zone urbaine péri-centrale de moyenne densité, intermédiaire entre la zone centrale et les zones périphériques de plus faible densité ", présente une composition mixte, marquée par la présence à la fois de maisons individuelles et d'immeubles collectifs allant de R+1 à R+5, dont ne se dégagent ni unité architecturale, ni intérêt ou caractère particulier. Au vu de ces éléments, c'est sans erreur d'appréciation que le maire a considéré que le projet, dont la composition architecturale présente des volumes simples, ponctués d'espaces verts, respectant la prescription de l'avis de l'architecte des bâtiments de France en prévoyant sur la façade sud du bâtiment A des ouvertures créant une harmonie avec le bâtiment conservé de facture plus traditionnelle et d'un volume plus modeste, n'était pas de nature à porter atteinte au caractère ou à l'intérêt des lieux avoisinants et respectait les dispositions de l'article V UB 11.

S'agissant de la méconnaissance des orientations d'aménagement et de programmation (OAP) du PLU :

15. Aux termes de l'article L. 152-1 du Code de l'urbanisme : " L'exécution par toute personne publique ou privée de tous travaux, constructions, aménagements, plantations, affouillements ou exhaussements des sols, et ouverture d'installations classées appartenant aux catégories déterminées dans le plan sont conformes au règlement et à ses documents graphiques. / Ces travaux ou opérations sont, en outre, compatibles, lorsqu'elles existent, avec les orientations d'aménagement et de programmation. ".

16. Les requérants soutiennent que le projet, en tant qu'il implique la suppression d'un espace boisé séculaire, méconnaît les objectifs fixés dans l'OAP du quartier Hoche Université, visant notamment à préserver les espaces boisés au sein de l'écoquartier. Toutefois, il ressort des pièces du dossier que le permis de construire est assorti de prescriptions visant à la conservation des végétaux présents sur la parcelle et à la protection des végétaux situés aux abords du chantier ainsi qu'à la végétalisation des bassins de rétention d'eau. En outre, le projet d'écoquartier défini dans l'OAP privilégie l'association d'un programme universitaire à un programme visant la densité et l'intensité urbaine, et favorise ainsi l'édification de bâtiments en R+5 et R+6 +attique, objectif dans lequel s'inscrit parfaitement le projet litigieux. Enfin, le jardin en cause ne se situe pas dans l'emprise de la zone définie comme trame verte ou bleue par l'OAP et le projet prévoit la végétalisation de son bassin de rétention, participant ainsi à la mise en place d'une armature verte et paysagère tel que poursuivi par l'OAP. Par suite, le moyen doit être écarté.

S'agissant du moyen relatif à la méconnaissance des dispositions du PLU relatives aux dispositifs de rétention d'eau :

17. Aux termes de l'article R.600-5 du code de l'urbanisme : " Par dérogation à l'article R. 611-7-1 du code de justice administrative, et sans préjudice de l'application de l'article R. 613-1 du même code, lorsque la juridiction est saisie d'une requête relative à une décision d'occupation ou d'utilisation du sol régie par le présent code, ou d'une demande tendant à l'annulation ou à la réformation d'une décision juridictionnelle concernant une telle décision, les parties ne peuvent plus invoquer de moyens nouveaux passé un délai de deux mois à compter de la communication aux parties du premier mémoire en défense. Cette communication s'effectue dans les conditions prévues au deuxième alinéa de l'article R. 611-3 du code de justice administrative. ".

18. Le moyen tiré de la méconnaissance des dispositions du PLU relatives aux dispositifs de rétention d'eau a été invoqué pour la première fois dans le mémoire en réplique de M. et Mme D enregistré le 13 mai 2024 au greffe du tribunal, soit plus de deux mois après que les intéressés ont reçu communication du premier mémoire en défense produit dans le cadre de la présence instance. Par suite, et ainsi qu'en ont été informées les parties, ce moyen nouveau, alors même qu'il a été repris dans le mémoire récapitulatif, doit être écarté comme irrecevable en application des dispositions citées ci-dessus de l'article R. 600-5 du code de l'urbanisme.

Sur l'application de l'article L. 600-5 du code de l'urbanisme :

19. Aux termes de l'article L. 600-5 du code de l'urbanisme : " Sans préjudice de la mise en œuvre de l'article L. 600-5-1, le juge administratif qui, saisi de conclusions dirigées contre un permis de construire (), estime, après avoir constaté que les autres moyens ne sont pas fondés, qu'un vice n'affectant qu'une partie du projet peut être régularisé, limite à cette partie la portée de l'annulation qu'il prononce et, le cas échéant, fixe le délai dans lequel le titulaire de l'autorisation pourra en demander la régularisation, même après l'achèvement des travaux () ".

20. Le vice, relevé au point 12, tiré de ce que le projet méconnaît les dispositions de l'article V UB10 du règlement du PLU, n'affecte qu'une partie identifiable du projet et peut faire l'objet d'une mesure de régularisation n'impliquant pas d'y apporter un bouleversement tel qu'il en changerait la nature même. Par suite, il y a lieu, en application des dispositions de l'article L. 600-5 du code de l'urbanisme, de limiter à ce vice la portée de l'annulation prononcée et de fixer à deux mois le délai dans lequel la société en commandite par actions Comptoir Industriel et Commercial Dab pourra en demander la régularisation.

21. Il résulte de tout ce qui précède que M. et Mme D sont seulement fondés à demander l'annulation de l'arrêté du maire de Nîmes du 21 avril 2023 en tant que la hauteur des bâtiments A et B méconnaît l'article VUB10 du règlement du PLU. La décision du 25 juillet 2023 portant rejet de leur recours gracieux doit être annulée dans la même mesure.

Sur les frais liés au litige :

22. Il y a lieu dans les circonstances de l'espèce de laisser à la charge de chacune des parties la charge de ses frais d'instance.

D É C I D E :

Article 1er : L'arrêté du maire de Nîmes du 21 avril 2023 et la décision du 25 juillet 2023 portant rejet du recours gracieux formé par M. et Mme D sont annulés dans la mesure précisée au point 22 du présent jugement.

Article 2 : Le délai imparti à la société en commandite par actions Comptoir Industriel et Commercial Dab pour solliciter la régularisation de son projet est fixé à deux mois à compter de la notification du présent jugement.

Article 3 : Le surplus des conclusions des parties est rejeté.

Article 4 : Le présent jugement sera notifié à M. et Mme D, à la commune de Nîmes et à la société en commandite par actions Comptoir Industriel et Commercial Dab.

Copie en sera transmise au procureur de la République près le tribunal judiciaire de Nîmes.

Délibéré après l'audience du 17 septembre 2024, à laquelle siégeaient :

Mme Boyer, présidente,

Mme Lahmar, conseillère,

Mme Hoenen, conseillère.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 1er octobre 2024.

La présidente- rapporteure,

C. BOYERL'assesseure la plus ancienne,

L. LAHMAR

La greffière,

N. LASNIER

La République mande et ordonne au préfet du Gard en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Décisions similaires

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292

Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

01/06/2026

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430

Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.

01/06/2026

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432

Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

01/06/2026

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881

Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.

01/06/2026

← Retour aux décisions