vendredi 28 juin 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Nîmes |
| Section | Tribunal Administratif de Nîmes |
| N° Dossier | TA30-2303452 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Formation | 1ère Chambre |
| Avocat requérant | SELARL MAILLOT AVOCATS ASSOCIÉS |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 18 septembre 2023, M. E B, M. A C, M. F D et M. H G, puis, par un mémoire enregistré le 12 juin 2024 et non communiqué en application de l'article R. 611-1 du code de justice administrative,
MM. B et C, représentés par Me Mendez, demandent au tribunal, dans le dernier état de leurs écritures :
1°) d'annuler l'arrêté du 12 avril 2023 par lequel le maire de Jonquières-Saint-Vincent a délivré un permis de construire, valant permis de démolir, à la société civile immobilière Le Relai de Saint Vincent, ainsi que la décision du 5 juillet 2023 rejetant leur recours gracieux ;
2°) de mettre à la charge de la commune de Jonquières-Saint-Vincent la somme de
2 500 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Ils soutiennent, dans le dernier état de leurs écritures, que :
- leur requête n'est pas tardive ;
- les décisions litigieuses sont entachées d'incompétence dès lors que la signature du maire n'est pas lisible ;
- le dossier de demande de permis de construire valant permis de démolir présente de nombreuses omissions et insuffisances ;
- le parc de stationnement non souterrain de neuf places dont le projet prévoit l'aménagement méconnaît les dispositions du règlement des zones F-NU et M-NU du plan de prévention des risques d'inondation ;
- le projet litigieux, en tant qu'il prévoit une modification de la construction existante sans changement de destination et une augmentation de la vulnérabilité, méconnaît le règlement de la zone R-U de ce plan de prévention ;
- le projet litigieux, en tant qu'il prévoit la construction de deux nouveaux logements le long de la route départementale 999 et dans les zones M-U et R-U, méconnaît les articles 2-1 du règlement des ces deux zones du plan de prévention des risques d'inondation ;
- l'arrêté attaqué est entaché d'une erreur manifeste d'appréciation au regard de l'article R. 111-2 du code de l'urbanisme dès lors que le projet litigieux ne respecte pas les prescriptions du plan de prévention des risques d'inondation ;
- l'arrêté contesté est entaché d'une erreur manifeste d'appréciation au regard de l'article R. 111-5 du code de l'urbanisme ;
- le projet litigieux méconnaît l'article U 3 du règlement du plan local d'urbanisme ;
- le projet litigieux méconnaît l'article U 12 du règlement du plan local d'urbanisme.
Par un mémoire en défense enregistré le 23 février 2024, la commune de Jonquières-Saint-Vincent, représentée par la SELARL Maillot Avocats et Associés, conclut au rejet de la requête, subsidiairement, à ce qu'il soit fait application de l'article L. 600-5-1 du code de l'urbanisme, et à ce que la somme de 3 000 euros soit mise à la charge des requérants au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle fait valoir que :
- le moyen tiré de l'erreur manifeste d'appréciation au regard de l'article R. 111-5 du code de l'urbanisme est inopérant et, en tout état de cause, infondé ;
- les autres moyens invoqués par les requérants ne sont pas fondés.
Par un mémoire en défense enregistré le 26 février 2024, la société civile immobilière Le Relai de Saint Vincent conclut au rejet de la requête et à ce que la somme de 1 500 euros soit mise à la charge des requérants au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle fait valoir que la requête est tardive.
Par un acte enregistré le 12 juin 2024, MM. D et G demandent au tribunal de leur donner acte de leur désistement d'instance et d'action.
Par lettres du 14 juin 2024, les parties ont été informées, en application des dispositions de l'article R. 611-7 du code de justice administrative, de ce que le tribunal était susceptible de relever d'office l'irrecevabilité des moyens nouveaux invoqués dans le mémoire de MM. B et C, lequel a été enregistré le 12 juin 2024, soit postérieurement à l'expiration du délai de deux mois fixé à l'article R. 600-5 du code de l'urbanisme.
Les observations présentées par les requérants le 14 juin 2024 en réponse à cette information ont été communiquées.
Vu les autres pièces du dossier ;
Vu :
- le code de l'environnement ;
- le code des relations entre le public et l'administration ;
- le code de l'urbanisme ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. Mouret,
- les conclusions de Mme Bourjade, rapporteure publique,
- les observations de Me Mendez, représentant les requérants, et celles de Me Burger, représentant la commune de Jonquières-Saint-Vincent.
Considérant ce qui suit :
1. La société Le Relai de Saint Vincent a déposé, le 14 décembre 2022, une demande de permis en vue de la démolition d'un hangar agricole et d'un auvent, de la création de treize logements et de la réhabilitation de trois logements existants sur un terrain situé 19 route départementale 999 sur le territoire de la commune de Jonquières-Saint-Vincent. Par un arrêté du 12 avril 2023, le maire de Jonquières-Saint-Vincent a délivré le permis de construire, valant permis de démolir, ainsi sollicité. Les requérants demandent l'annulation pour excès de pouvoir de cet arrêté du 12 avril 2023 et de la décision du 5 juillet 2023 portant rejet de leur recours gracieux.
Sur le désistement de MM. D et G :
2. Le désistement d'instance et d'action de MM. D et G est pur et simple. Rien ne s'oppose à ce qu'il en soit donné acte.
Sur la légalité des décisions litigieuses :
3. En premier lieu, l'arrêté contesté, qui a été signé par M. I, maire de Jonquières-Saint-Vincent, comporte, conformément aux exigences du premier alinéa de l'article L. 212-1 du code des relations entre le public et l'administration, la signature de son auteur ainsi que la mention, en caractères lisibles, du prénom, du nom et de la qualité de celui-ci. Contrairement à ce qui est soutenu, il n'en résulte, pour les requérants, aucune ambiguïté quant à l'identité du signataire du permis de construire valant permis de démolir en litige, lequel était l'autorité compétente en vertu du a) de l'article L. 422-1 du code de l'urbanisme. Il suit de là que le moyen tiré de l'incompétence de l'auteur de l'arrêté contesté doit être écarté.
4. En deuxième lieu, les requérants ne peuvent utilement soutenir que la décision du
5 juillet 2023 rejetant leur recours gracieux aurait été signée par une autorité incompétente ou serait entachée d'un vice de forme, les vices propres d'une décision rejetant un recours gracieux dirigée contre une décision administrative étant sans incidence sur la légalité de celle-ci.
5. En troisième lieu, la circonstance que le dossier de demande de permis de construire valant permis de démolir ne comporterait pas l'ensemble des documents exigés par les dispositions du code de l'urbanisme, ou que les documents produits seraient insuffisants, imprécis ou comporteraient des inexactitudes, n'est susceptible d'entacher d'illégalité le permis qui a été accordé que dans le cas où les omissions, inexactitudes ou insuffisances entachant le dossier ont été de nature à fausser l'appréciation portée par l'autorité administrative sur la conformité du projet à la réglementation applicable.
6. D'une part, aux termes de l'article R. 431-8 du code de l'urbanisme : " Le projet architectural comprend une notice précisant : () / 2° Les partis retenus pour assurer l'insertion du projet dans son environnement et la prise en compte des paysages, faisant apparaître, en fonction des caractéristiques du projet : () / b) L'implantation, l'organisation, la composition et le volume des constructions nouvelles, notamment par rapport aux constructions ou paysages avoisinants ; / c) Le traitement des constructions, clôtures, végétations ou aménagements situés en limite de terrain ; () / f) L'organisation et l'aménagement des accès au terrain, aux constructions et aux aires de stationnement ". L'article R. 431-9 du même code dispose que : " Le projet architectural comprend également un plan de masse des constructions à édifier ou à modifier coté dans les trois dimensions. Ce plan de masse fait apparaître les travaux extérieurs aux constructions, les plantations maintenues, supprimées ou créées et, le cas échéant, les constructions existantes dont le maintien est prévu () ". Selon l'article R. 431-10 de ce code : " Le projet architectural comprend également : () / c) Un document graphique permettant d'apprécier l'insertion du projet de construction par rapport aux constructions avoisinantes et aux paysages, son impact visuel ainsi que le traitement des accès et du terrain () ".
7. Si les requérants soutiennent que le plan de masse ne fait pas apparaître les propriétés voisines, ils ne se prévalent à cet égard d'aucune disposition du code de l'urbanisme relative au contenu du plan de masse. Il ne résulte pas des dispositions de l'article R. 431-9 de ce code que le plan de masse devrait faire apparaître les propriétés voisines. Par ailleurs, la notice descriptive, les différents plans ainsi que les documents graphiques et photographiques joints à la demande de permis permettent d'apprécier l'insertion du projet par rapport aux constructions avoisinantes et aux paysages, son impact visuel ainsi que le traitement des accès et du terrain. Par suite, le moyen tiré du caractère insuffisant du dossier de demande de permis de construire au regard des dispositions citées au point précédent ne saurait être accueilli.
8. D'autre part, aux termes de l'article R. 431-21 du code de l'urbanisme : " Lorsque les travaux projetés nécessitent la démolition de bâtiments soumis au régime du permis de démolir, la demande de permis de construire ou d'aménager doit : () / b) Soit porter à la fois sur la démolition et sur la construction ou l'aménagement ". L'article R. 451-2 du même code dispose que : " Le dossier joint à la demande comprend : / a) Un plan permettant de connaître la situation du terrain à l'intérieur de la commune ; / b) Un plan de masse des constructions à démolir ou, s'il y a lieu, à conserver ; / c) Un document photographique faisant apparaître le ou les bâtiments dont la démolition est envisagée et leur insertion dans les lieux environnants ".
9. Il ressort du formulaire normalisé de demande, ainsi que de la notice descriptive, que la demande de permis de la société pétitionnaire, qui comporte un plan permettant de connaître la situation du terrain à l'intérieur de la commune, prévoit notamment la démolition d'un hangar agricole ainsi que d'un auvent. Le plan de masse relatif à l'" existant " joint à cette demande permet d'apprécier la localisation de ces constructions à démolir, lesquelles apparaissent sur les documents photographiques fournis pas la société pétitionnaire. Dans ces conditions, les requérants ne sont fondés à soutenir ni que le formulaire de demande serait incomplet en ce qui concerne les démolitions projetées, ni que les dispositions du code de l'urbanisme citées au point précédent auraient été méconnues.
10. En quatrième lieu, en vertu de l'article L. 562-1 du code de l'environnement, l'Etat élabore et met en application des plans de prévention des risques naturels prévisibles qui ont notamment pour objet de délimiter les zones exposées aux risques, en tenant compte de leur nature et de leur intensité, d'y interdire les constructions ou la réalisation d'aménagements ou d'ouvrages ou de prescrire les conditions dans lesquelles ils doivent être réalisés, utilisés ou exploités. Selon l'article L. 562-4 du même code : " Le plan de prévention des risques naturels prévisibles approuvé vaut servitude d'utilité publique. Il est annexé au plan local d'urbanisme () ".
11. D'une part, le l) de l'article 2-3 du II du règlement du plan de prévention des risques d'inondation du bassin versant aval du Gardon prévoit que sont admis les " parcs de stationnement de plus de 10 véhicules, non souterrains ", sous réserve du respect de plusieurs conditions.
12. Il ressort des pièces du dossier, et notamment de la notice descriptive ainsi que du plan de masse, que le projet litigieux prévoit l'aménagement d'un parc de stationnement de neuf places réservées aux visiteurs, lequel est localisé au sud-ouest de ce terrain et classé pour partie en zone F-NU et pour partie en zone M-NU du plan de prévention des risques d'inondation du bassin versant aval du Gardon. Le projet litigieux ne prévoyant pas la création d'un parc de stationnement de plus de dix véhicules, les requérants se prévalent inutilement du non-respect des prescriptions fixées par les dispositions citées au point précédent, lesquelles sont notamment applicables dans les zones F-NU et M-NU de ce plan. Par ailleurs, et au surplus, il ne résulte pas des dispositions du règlement de ce plan que l'aménagement de neuf places de stationnement à l'air libre serait interdit, ni que la réalisation d'un tel aménagement serait subordonnée au respect de certaines conditions. Par suite, le moyen tiré de ce que l'espace de stationnement réservé aux visiteurs méconnaîtrait les dispositions de ce règlement ne peut qu'être écarté.
13. D'autre part, le règlement du plan de prévention des risques d'inondation du bassin versant aval du Gardon définit la zone de précaution R-U comme une " zone urbanisée exposée à un aléa résiduel en cas de crue supérieure à la crue de référence ", avant de préciser que : " Son règlement vise à permettre un développement urbain compatible avec ce risque résiduel. Le principe général associé est la possibilité de réaliser des travaux et projets nouveaux, sous certaines prescriptions et conditions () ". L'article 1er du II-5 de ce règlement dresse la liste exhaustive des occupations et utilisations du sol interdites dans la zone R-U, " à l'exception des travaux constructions, aménagements ouvrages, ou installations qui font l'objet de prescriptions obligatoires dans l'article 2 suivant ". En vertu de l'article 2-2 de ce II-5, la modification d'une construction existante sans changement de destination " est admise au niveau du plancher existant " en zone R-U.
14. Il ressort de la notice descriptive que le projet litigieux prévoit notamment la création de deux logements dans " l'enveloppe existante ", sans changement de destination. Contrairement à ce que soutiennent les requérants, les dispositions du règlement de la zone R-U du plan de prévention des risques d'inondation du bassin versant aval du Gardon n'interdisent pas la création de nouveaux logements au sein de bâtiments existants implantés dans cette zone urbanisée exposée à un aléa résiduel, ainsi qu'il a été dit au point précédent. Par suite, le moyen tiré de ce que l'arrêté contesté, en tant qu'il autorise, outre la réhabilitation de trois logements existants, la création de ces deux logements en zone R-U, méconnaîtrait les dispositions citées au point précédent ne peut qu'être écarté.
15. En cinquième lieu, aux termes de l'article R. 111-2 du code de l'urbanisme : " Le projet peut être refusé ou n'être accepté que sous réserve de l'observation de prescriptions spéciales s'il est de nature à porter atteinte à la salubrité ou à la sécurité publique du fait de sa situation, de ses caractéristiques, de son importance ou de son implantation à proximité d'autres installations ".
16. Les prescriptions d'un plan de prévention des risques naturels prévisibles, destinées notamment à assurer la sécurité des personnes et des biens exposés aux risques en cause et valant servitude d'utilité publique, s'imposent directement aux autorisations de construire, sans que l'autorité administrative soit tenue de reprendre ces prescriptions dans le cadre de la délivrance de ces autorisations. Il incombe à l'autorité compétente pour délivrer une autorisation d'urbanisme de vérifier que le projet respecte les prescriptions édictées par le plan de prévention et, le cas échéant, de préciser dans l'autorisation les conditions de leur application. Si les particularités de la situation l'exigent et sans apporter au projet de modifications substantielles nécessitant la présentation d'une nouvelle demande, il peut subordonner la délivrance de l'autorisation d'urbanisme sollicitée à des prescriptions spéciales, s'ajoutant aux prescriptions édictées par le plan de prévention dans cette zone, si elles lui apparaissent nécessaires pour assurer la conformité de la construction aux dispositions de l'article R. 111-2 du code de l'urbanisme. Ce n'est que dans le cas où l'autorité compétente estime, au vu d'une appréciation concrète de l'ensemble des caractéristiques de la situation d'espèce qui lui est soumise et du projet pour lequel l'autorisation de construire est sollicitée, y compris d'éléments déjà connus lors de l'élaboration du plan de prévention des risques naturels, qu'il n'est pas légalement possible d'accorder cette autorisation en l'assortissant de prescriptions permettant d'assurer la conformité de la construction aux dispositions de l'article R. 111-2 du code de l'urbanisme, qu'elle peut, pour ce motif, refuser de délivrer le permis ou s'opposer à la déclaration.
17. Les requérants n'établissent ni même n'allèguent que les prescriptions du règlement du plan de prévention des risques d'inondation du bassin versant aval du Gardon présenteraient un caractère insuffisant au regard des caractéristiques du projet de la société pétitionnaire et des différents risques et aléas auxquels le terrain d'assiette est exposé. Il ne ressort pas des pièces du dossier, compte tenu notamment de ce qui a été dit aux points 12 et 14 ainsi d'ailleurs que de la prescription édictée à l'article 4 de l'arrêté contesté, que le maire de Jonquières-Saint-Vincent aurait commis une erreur manifeste d'appréciation dans l'application de l'article R. 111-2 du code de l'urbanisme.
18. En sixième lieu, aux termes de l'article R. 111-1 du code de l'urbanisme : " Le règlement national d'urbanisme est applicable aux constructions et aménagements faisant l'objet d'un permis de construire (). / Toutefois les dispositions des articles R. 111-3, R. 111-5 () ne sont pas applicables dans les territoires dotés d'un plan local d'urbanisme () ".
19. La commune de Jonquières-Saint-Vincent étant dotée d'un plan local d'urbanisme, il résulte des dispositions de l'article R. 111-1 du code de l'urbanisme que l'article R. 111-5 du même code n'est pas applicable sur son territoire. Par suite, le moyen tiré de ce que le permis litigieux serait entaché d'une erreur manifeste d'appréciation au regard de l'article R. 111-5 du code de l'urbanisme doit être écarté comme inopérant.
20. En septième lieu, aux termes de l'article U 12 du règlement du plan local d'urbanisme de Jonquières-Saint-Vincent : " - Le stationnement des véhicules correspondant aux besoins des constructions et installations doit être assuré en dehors des voies publiques ou privées sur des emplacements prévus à cet effet. / - La superficie à prendre en compte pour le stationnement est de 25 m2 par véhicule. / - Il est exigé : / ' pour les constructions à usage d'habitation : 1 place par logement (). / Les zones de manœuvre des aires de stationnement doivent être indépendantes des voies publiques () ".
21. En vertu d'un principe général, il incombe à l'autorité administrative de ne pas appliquer un règlement illégal. Ce principe trouve à s'appliquer, en l'absence même de toute décision juridictionnelle qui en aurait prononcé l'annulation ou les aurait déclarées illégales, lorsque les dispositions d'un document d'urbanisme, ou certaines d'entre elles si elles en sont divisibles, sont entachées d'illégalité, sauf si cette illégalité résulte de vices de forme ou de procédure qui ne peuvent plus être invoqués par voie d'exception en vertu de l'article
L. 600-1 du code de l'urbanisme.
22. D'une part, en admettant même que la superficie de 25 mètres carrés, exigée pour chaque place de stationnement requise en vertu des dispositions citées ci-dessus de l'article U 12 du règlement du plan local d'urbanisme de Jonquières-Saint-Vincent, corresponde uniquement à la surface d'immobilisation des véhicules, une telle superficie excède les besoins liés au stationnement de véhicules particuliers, ainsi que le fait valoir la commune défenderesse. Les auteurs du plan local d'urbanisme de Jonquières-Saint-Vincent ont donc commis une erreur manifeste d'appréciation en édictant les prescriptions en cause de l'article U 12 relatives à la superficie des places de stationnement. Dès lors, il incombait au maire de Jonquières-Saint-Vincent de ne pas appliquer ces dispositions. Par suite, le moyen tiré de ce que les places de stationnement extérieures, prévues dans la partie nord du terrain d'assiette et réservées aux occupants des logements litigieux, présentent une superficie inférieure à celle exigée par les dispositions de l'article U 12 du règlement du plan local d'urbanisme ne peut, en tout état de cause, qu'être écarté comme étant sans incidence sur la légalité de l'arrêté contesté.
23. D'autre part, les dispositions de l'article U 12 du règlement du plan local d'urbanisme de Jonquières-Saint-Vincent n'imposent pas la réalisation de places de stationnement réservées aux visiteurs. Par suite, et en tout état de cause eu égard à ce qui a été dit au point précédent, les requérants ne peuvent utilement soutenir que les dimensions des emplacements prévus dans le parc de stationnement réservé aux visiteurs ne seraient pas conformes aux exigences de cet article U 12.
24. En huitième et dernier lieu, aux termes de l'article R. 600-5 du code de l'urbanisme : " Par dérogation à l'article R. 611-7-1 du code de justice administrative, et sans préjudice de l'application de l'article R. 613-1 du même code, lorsque la juridiction est saisie d'une requête relative à une décision d'occupation ou d'utilisation du sol régie par le présent code, ou d'une demande tendant à l'annulation ou à la réformation d'une décision juridictionnelle concernant une telle décision, les parties ne peuvent plus invoquer de moyens nouveaux passé un délai de deux mois à compter de la communication aux parties du premier mémoire en défense () ". Il résulte de ces dispositions que la cristallisation des moyens qu'elles prévoient intervient à l'expiration d'un délai de deux mois à compter de la communication aux parties du premier mémoire en défense produit dans l'instance par l'un quelconque des défendeurs.
25. Les moyens tirés de la méconnaissance de l'article 2-1 du règlement des zones R-U et M-U du plan de prévention des risques d'inondation et de la méconnaissance de l'article U 3 du règlement du plan local d'urbanisme de Jonquières-Saint-Vincent ont été invoqués pour la première fois dans le mémoire en réplique de MM. B et C enregistré le 12 juin 2024 au greffe du tribunal, soit plus de deux mois après que les intéressés ont reçu communication du premier mémoire en défense produit dans le cadre de la présence instance. Par suite, et ainsi qu'en ont été informées les parties, ces moyens nouveaux doivent être écartés comme irrecevables en application des dispositions citées ci-dessus de l'article R. 600-5 du code de l'urbanisme.
26. Il résulte de tout ce qui précède, et sans qu'il soit besoin d'examiner la fin de non-recevoir opposée par la société pétitionnaire, que la présente requête doit être rejetée, y compris les conclusions présentées au titre de L. 761-1 du code de justice administrative.
27. Il n'y pas lieu, dans les circonstances de l'espèce, de faire droit aux conclusions présentées par la commune de Jonquières-Saint-Vincent et par la société civile immobilière Le Relai de Saint Vincent sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
D É C I D E :
Article 1er : Il est donné acte du désistement d'instance et d'action de MM. D et G.
Article 2 : Le surplus des conclusions des parties est rejeté.
Article 3 : Le présent jugement sera notifié à M. E B, premier dénommé pour l'ensemble des requérants, à la commune de Jonquières-Saint-Vincent et à la société civile immobilière Le Relai de Saint Vincent.
Délibéré après l'audience du 18 juin 2024, à laquelle siégeaient :
Mme Boyer, présidente,
M. Mouret, premier conseiller,
Mme Lahmar, conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 28 juin 2024.
Le rapporteur,
R. MOURETLa présidente,
C. BOYER
La greffière,
N. LASNIER
La République mande et ordonne au préfet du Gard en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026