vendredi 16 février 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Nîmes |
| Section | Tribunal Administratif de Nîmes |
| N° Dossier | TA30-2303860 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | D |
| Formation | 3ème chambre |
| Avocat requérant | CHABBERT-MASSON |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 11 octobre 2023, M. A C, représenté par Me Chabbert Masson, demande au tribunal :
1°) d'annuler l'arrêté du 10 juillet 2023 par lequel la préfète du Gard a refusé de lui délivrer un titre de séjour, lui a fait obligation de quitter le territoire français dans un délai de 30 jours, et a fixé le pays à destination duquel il pourra être reconduit d'office ;
2°) d'enjoindre au préfet du Gard de lui délivrer un titre de séjour, dans les 15 jours suivant la notification du jugement, sous astreinte de 100 euros par jour de retard ;
3°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 1 200 euros, à verser à son conseil au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991.
Il soutient que :
- il n'est pas justifié de la délégation consentie à son signataire, M. B ;
- le préfet a procédé à l'examen de sa demande en se fondant sur les seules dispositions de l'article L. 426-17 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, alors qu'il remplit les conditions posées par l'article L. 426-20 de ce code ; en n'examinant pas son droit au renouvellement de sa carte de séjour portant la mention " visiteur ", le préfet a méconnu les dispositions de l'article R. 426-7 dudit code ;
- alors qu'il réside en France depuis plus de 20 ans avec son épouse, proche de son fils marié et de ses deux enfants, le refus de séjour porte une atteinte disproportionnée à son droit au respect de sa vie privée et familiale, garanti par l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- le décision portant obligation de quitter le territoire français est illégale dès lors qu'elle et fondée sur un refus de séjour illégal ;
- elle porte une atteinte disproportionnée à son droit au respect de sa vie privée et familiale, garanti par l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- il bénéficie d'un plein droit au séjour, ce qui fait obstacle à son éloignement.
Par un mémoire en défense, enregistré le 24 novembre 2023, le préfet du Gard conclut au rejet de la requête de M. C.
Il soutient qu'aucun des moyens soulevés n'est fondé.
M. C a été admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale par une décision du 26 septembre 2023.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code général des impôts ;
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;
- l'arrêté du 26 avril 2023 relatif au relèvement du salaire minimum de croissance ;
- le code de justice administrative.
Le président de la formation de jugement a dispensé le rapporteur public, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Le rapport de M. Baccati a été entendu au cours de l'audience publique, à laquelle les parties n'étaient ni présentes ni représentées.
Considérant ce qui suit :
1. M. C, ressortissant marocain né le 1er janvier 1946, demande au tribunal d'annuler pour excès de pouvoir l'arrêté du 10 juillet 2023 par lequel la préfète du Gard a refusé de lui délivrer un titre de séjour, lui a fait obligation de quitter le territoire français dans un délai de 30 jours, et a fixé le pays à destination duquel il pourra être reconduit d'office.
Sur le refus de séjour :
2. En premier lieu, l'arrêté attaqué est signé par M. Frédéric Loiseau, secrétaire général de la préfecture du Gard. M. B bénéficiait d'une délégation de signature consentie par la préfète du Gard aux termes d'un arrêté du 25 mai 2023, régulièrement publié au registre des actes administratifs de la préfecture du même jour. Dès lors, le moyen tiré de ce qu'il n'est pas justifié de la délégation de M. B manque en fait et doit être écarté.
3. En deuxième lieu, aux termes de l'article L. 426-17 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'étranger qui justifie d'une résidence régulière ininterrompue d'au moins cinq ans en France au titre d'une carte de séjour temporaire ou pluriannuelle ou d'une carte de résident, de ressources stables, régulières et suffisantes pour subvenir à ses besoins et d'une assurance maladie se voit délivrer () une carte de résident portant la mention " résident de longue durée-UE " d'une durée de dix ans. () Les ressources mentionnées au premier alinéa doivent atteindre un montant au moins égal au salaire minimum de croissance. Sont prises en compte toutes les ressources propres du demandeur, indépendamment des prestations familiales et des allocations prévues à l'article L. 262-1 du code de l'action sociale et des familles ainsi qu'aux articles L. 5423-1, L. 5423-2 et L. 5423-3 du code du travail. () ". Selon l'article L. 426-20 du même code : " L'étranger qui apporte la preuve qu'il peut vivre de ses seules ressources, dont le montant doit être au moins égal au salaire minimum de croissance net annuel, indépendamment de l'allocation aux adultes handicapés mentionnée à l'article L. 821-1 du code de la sécurité sociale et de l'allocation supplémentaire mentionnée à l'article L. 815-24 du même code, se voit délivrer une carte de séjour temporaire portant la mention " visiteur " d'une durée d'un an. () ". Aux termes de l'article R. 426-7 dudit code, qui est inséré dans une section intitulée " Étranger justifiant d'une résidence régulière ininterrompue en France, d'un certain niveau de ressources et d'une assurance maladie " : " : " La demande de délivrance de la carte de résident portant la mention " résident de longue durée-UE " prévue à l'article L. 426-17 vaut demande de renouvellement du titre de séjour précédemment acquis. ".
4. Il ressort des pièces du dossier que M. C bénéficie de l'allocation de solidarité aux personnes âgées d'un montant mensuel de 1 145 euros, et de ressources personnelles versées par les organismes CARSAT, AGIRC-ARCO et MSA, pour les montants mensuels, respectivement, de 163 euros, 64 euros et 216 euros. Ainsi, les seules ressources de M. C sont d'un montant mensuel de 443 euros, inférieur salaire minimum de croissance, qui était d'environ 1 383 euros mensuels en application de l'arrêté susvisé du 26 avril 2023. La circonstance que son fils subvient à ses besoins est à cet égard dépourvue d'incidence. Dès lors qu'il ne justifiait pas de ressources propres suffisantes, la situation de M. C n'entrait pas dans le champ des dispositions invoquées de l'article R. 426-7 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, ni ne lui conférait le droit au séjour prévu par l'article L. 426-20 du même code. Les moyens tirés de la méconnaissance de ces dispositions doivent donc être écartés.
5. En troisième et dernier lieu, aux termes de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : " 1. Toute personne a droit au respect de sa vie privée et familiale, de son domicile et de sa correspondance. / 2. Il ne peut y avoir ingérence d'une autorité publique dans l'exercice de ce droit que pour autant que cette ingérence est prévue par la loi et qu'elle constitue une mesure qui, dans une société démocratique, est nécessaire à la sécurité nationale, à la sûreté publique, au bien-être économique du pays, à la défense de l'ordre et à la prévention des infractions pénales, à la protection de la santé ou de la morale ou à la protection des droits et libertés d'autrui. ". Pour l'application de ces stipulations, l'étranger qui invoque la protection due à son droit au respect de sa vie privée et familiale en France doit apporter toute justification permettant d'apprécier la réalité et la stabilité de ses liens personnels et familiaux effectifs en France au regard de ceux qu'il a conservés dans son pays d'origine.
6. Il ressort des pièces du dossier que M. C a travaillé en France entre 1973 et 1986 avant de retourner dans son pays d'origine accompagné de son épouse et ses enfants. S'il a bénéficié à partir de 2003 de la carte de séjour " retraité ", aujourd'hui régie par l'article L. 426-8 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, puis de la carte de séjour " visiteur ", aujourd'hui régie par l'article L. 426-20 du même code, ces autorisations de séjour ne lui donnaient pas vocation à séjourner durablement en France. Il ne justifie pas de liens personnels et familiaux en France, où seul l'un de ses enfants réside, alors que son épouse et ses quatre autres enfants résident dans son pays d'origine, où il a passé la plus grande partie de sa vie. Dans ces conditions, M. C n'est pas fondé à soutenir que le refus de séjour porte une atteinte disproportionnée à son droit au respect de sa vie privée et familiale en France.
Sur la décision portant obligation de quitter le territoire français :
7. En premier lieu, il résulte de ce qui précède que le moyen tiré, par voie d'exception, de l'illégalité du refus de séjour, présenté à l'appui des conclusions dirigées contre l'obligation de quitter le territoire français, doit être écarté.
8. En deuxième lieu, le moyen tiré de la méconnaissance des stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales doit être écarté pour les mêmes motifs que ceux qui sont exposés aux points 5 et 6.
9. En troisième et dernier lieu, pour les motifs exposés au point 4 M. C ne justifie pas d'un plein droit au séjour. Il n'est donc pas fondé à soutenir que ce plein droit au séjour ferait obstacle à son éloignement.
10. Il résulte de tout ce qui précède que les conclusions de la requête de M. C, et par voie de conséquence celles présentées à fin d'injonction et celles tendant à l'application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative ainsi que de la loi du 10 juillet 1991, doivent être rejetées.
D E C I D E :
Article 1 er : La requête de M. C est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. A C, à Me Chabbert Masson et au préfet du Gard.
Délibéré après l'audience du 2 février 2024, à laquelle siégeaient :
M. Peretti, président,
M. Baccati, premier conseiller.
M. Parisien, premier conseiller,
Rendu public par mise à disposition au greffe le 16 février 2024.
Le rapporteur,
J. BACCATI
Le président,
P. PERETTI
Le greffier,
D. BERTHOD
La République mande et ordonne au préfet du Gard en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026