jeudi 9 novembre 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Nîmes |
| Section | Tribunal Administratif de Nîmes |
| N° Dossier | TA30-2303905 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Avocat requérant | GHAEM |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 19 octobre 2023, Mme A B et M. C D, représentés par Me Ghaemol Sabahy (Ghaem), demandent au juge des référés :
1°) de les admettre au bénéfice de l'aide juridictionnelle provisoire ;
2°) de suspendre la décision du 3 octobre 2023 par laquelle la commission de médiation de Vaucluse a rejeté le recours de Mme B en vue d'une offre d'hébergement sur le fondement du III de l'article L. 441-2-3 du code de la construction et de l'habitation ;
3°) d'enjoindre à la commission départementale de médiation de Vaucluse de procéder au réexamen de la situation dans un délai qui ne saurait excéder 48 jours et sous astreinte de 200 euros par jour de retard et de leur proposer un hébergement adapté à leur situation familiale avant de mettre à exécution la mesure d'expulsion ;
4°) de mettre à la charge de l'État une somme de 1 500 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37-1 de la loi du 10 juillet 1991.
Ils soutiennent que :
- l'urgence est caractérisée dès lors que, par une ordonnance du 7 septembre 2023, le juge des référés a ordonné leur départ du centre d'hébergement pour demandeurs d'asile dans un délai de deux mois expirant le 8 novembre 2023, sans solution de relogement ;
- il existe un doute sérieux sur la légalité de la décision, en effet :
- la décision est motivée de façon stéréotypée ;
- la décision est entachée d'une erreur de droit au regard de l'article L. 441-2-3 du code de la construction et de l'habitation en ce qu'elle est fondée sur le maintien en centre d'hébergement pour demandeurs d'asile, lequel a un caractère précaire, sur un accompagnement par le SIAO et sur l'irrégularité de leur situation administrative depuis le rejet de la demande d'asile alors que le droit à l'hébergement est inconditionnel ;
- la décision est entachée d'une erreur d'appréciation ce qu'elle considère qu'ils bénéficient d'un hébergement temporaire alors qu'il s'agit d'un maintien indu ;
- la décision est également entachée d'une erreur manifeste d'appréciation au regard de leur situation personnelle et familiale.
La préfète de Vaucluse n'a pas produit d'observations en défense.
Vu :
- les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de la construction et de l'habitation ;
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;
- le code de justice administrative.
Le président du tribunal a désigné Mme Chamoti, vice-présidente, pour statuer sur les demandes de référé.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Au cours de l'audience publique, tenue le 9 novembre 2023, Mme Chamot a lu son rapport et entendu les observations de Girondon, substituant Me Ghaem, représentant Mme B et M. D, qui reprend ses écritures.
La clôture de l'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience.
Considérant ce qui suit :
1. Mme A B a saisi le 20 juillet 2023, la commission de médiation de Vaucluse d'une demande présentée sur le fondement du III de l'article L. 441-2-3 du code de la construction et de l'habitation aux fins d'obtenir une proposition d'hébergement dans une structure d'hébergement, un logement de transition, un logement-foyer ou une résidence hôtelière à vocation sociale. Par une décision du 3 octobre 2023, la commission a rejeté son recours. Après avoir présenté une requête en annulation de cette décision, Mme B et M. D, par la présente requête, en demandent la suspension, sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative en tant que cette décision leur refuse un accueil dans une structure d'hébergement.
Sur la demande d'aide juridictionnelle :
2. Aux termes de l'article 20 de la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique : " Dans les cas d'urgence () l'admission provisoire à l'aide juridictionnelle peut être prononcée () par la juridiction compétente ou son président () ". Au cas d'espèce, en raison de l'urgence qui s'attache au règlement du présent litige, il y a lieu d'admettre Mme B, à titre provisoire, au bénéfice de l'aide juridictionnelle.
Sur les conclusions à fins de suspension :
3. Aux termes du premier alinéa de l'article L. 521-1 du code de justice administrative: "Quand une décision administrative, même de rejet, fait l'objet d'une requête en annulation ou en réformation, le juge des référés, saisi d'une demande en ce sens, peut ordonner la suspension de l'exécution de cette décision, ou de certains de ses effets, lorsque l'urgence le justifie et qu'il est fait état d'un moyen propre à créer, en l'état de l'instruction, un doute sérieux quant à la légalité de la décision. ".
En ce qui concerne l'urgence :
4. L'urgence justifie la suspension de l'exécution d'un acte administratif lorsque celui-ci porte atteinte de manière suffisamment grave et immédiate à un intérêt public, à la situation du requérant ou aux intérêts qu'il entend défendre. Il appartient au juge des référés d'apprécier concrètement, compte tenu des justifications fournies par le requérant, si les effets de l'acte contesté sont de nature à caractériser une urgence justifiant que, sans attendre le jugement de la requête au fond, l'exécution de la décision soit suspendue. L'urgence doit, enfin, être appréciée objectivement et compte tenu de l'ensemble des circonstances de l'affaire, à la date à laquelle le juge des référés statue.
5. Il résulte de l'instruction que Mme B et M. D font l'objet d'une mesure d'expulsion du logement qu'ils occupent au centre d'hébergement d'urgence pour demandeurs d'asile géré par l'association " Pierre Valdo " à Avignon, et que, par une ordonnance en date du 7 septembre 2023, le juge des référés du tribunal administratif de Nîmes a enjoint aux requérants de quitter ce logement dans un délai de deux mois, expiré à la date de la présente ordonnance. Mme B et M. D justifient par la production d'une lettre de l'association " Réseau hospitalité Vaucluse " de vaines démarches auprès du 115 en vue de l'obtention d'un hébergement d'urgence. Dans ces conditions, au regard du jeune âge de leurs enfants, et nonobstant l'occupation sans droit ni titre d'un logement, les requérants justifient de l'existence d'une situation d'urgence au sens des dispositions de l'article L. 521-1 du code de justice administrative.
En ce qui concerne l'existence d'un doute sérieux sur la légalité de la décision :
6. D'une part, aux termes du III de l'article L. 441-2-3 du code de la construction et de l'habitation : " La commission de médiation peut également être saisie, sans condition de délai, par toute personne qui, sollicitant l'accueil dans une structure d'hébergement, un logement de transition, un logement-foyer ou une résidence hôtelière à vocation sociale, n'a reçu aucune proposition adaptée en réponse à sa demande. Si le demandeur ne justifie pas du respect des conditions de régularité et de permanence du séjour mentionnées au premier alinéa de l'article L. 300-1, la commission peut prendre une décision favorable uniquement si elle préconise l'accueil dans une structure d'hébergement () ". Aux termes de l'article R. 441-14-1 du même code : " La commission, saisie sur le fondement du II ou du III de l'article L. 441-2-3, se prononce sur le caractère prioritaire de la demande et sur l'urgence qu'il y a à attribuer au demandeur un logement ou à l'accueillir dans une structure d'hébergement, en tenant compte notamment des démarches précédemment effectuées dans le département ou en Ile-de-France dans la région. / () ".
7. D'autre part, aux termes de l'article L. 552-2 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Les lieux d'hébergement mentionnés à l'article L. 552-1 accueillent les demandeurs d'asile pendant la durée d'instruction de leur demande d'asile ou jusqu'à leur transfert effectif vers un autre Etat européen ". Selon l'article L. 551-11 du même code : " L'hébergement des demandeurs d'asile prévu au chapitre II prend fin au terme du mois au cours duquel le droit du demandeur de se maintenir sur le territoire français a pris fin, dans les conditions prévues aux articles L. 542-1 et L. 542-2 ".
8. Il résulte de l'instruction qu'à la date de la décision attaquée, Mme B et M. D faisaient l'objet d'une mise en demeure, notifiée le 11 juillet 2023, de quitter le centre d'hébergement d'urgence pour demandeurs d'asile géré par l'association " Entraide Pierre Valdo " à Avignon dans un délai de 15 jours et d'une injonction de libérer les lieux dans un délai de deux mois par ordonnance du juge des référés du 7 septembre 2023. Dans ces conditions, le moyen d'erreur de droit entachant le motif de refus tiré de ce que Mme B est " hébergée en HUDA " est de nature à créer un doute sérieux sur la légalité de la décision contestée.
9. Il résulte de ce qui précède que Mme B et M. D sont fondés à demander la suspension de l'exécution de la décision du 3 octobre 2023 jusqu'à ce qu'il soit statué au fond.
Sur les conclusions à fin d'injonction :
10. La présente ordonnance, qui suspend pour erreur de droit l'exécution de la décision du 3 octobre 2023, implique seulement qu'il soit procédé à un réexamen de la demande de Mme B. Il y a lieu, par suite, d'enjoindre à la préfète de Vaucluse de faire procéder à ce nouvel examen par la commission de médiation de Vaucluse, en vue de prendre une nouvelle décision, dans le délai d'un mois à compter de la notification du présent jugement. Il n'y a pas lieu d'assortir cette injonction d'une astreinte.
Sur les conclusions tendant à l'application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative :
11. Mme B est admise à titre provisoire au bénéfice de l'aide juridictionnelle. Son conseil peut dès lors se prévaloir des dispositions combinées de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991. Par suite, il y a lieu dans les circonstances de l'espèce de mettre à la charge de l'Etat une somme de 800 euros au bénéfice de Me Ghaem, sous réserve que cette dernière renonce à percevoir la part contributive de l'Etat à l'aide juridictionnelle.
O R D O N N E :
Article 1er : Mme B est admise à l'aide juridictionnelle à titre provisoire.
Article 2 : L'exécution de la décision du 3 octobre 2023 de la commission départementale de médiation de Vaucluse est suspendue.
Article 3 : Il est enjoint à la commission départementale de médiation de Vaucluse de procéder au réexamen de la demande de Mme B dans un délai d'un mois à compter de la notification de la présente ordonnance.
Article 4 : Le surplus des conclusions est rejeté.
Article 5 : L'Etat versera à Me Ghaem, au titre des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991, une somme de 800 euros, sous réserve que cette dernière renonce à percevoir la somme correspondant à la part contributive de l'Etat à l'aide juridictionnelle.
Article 6 : La présente ordonnance sera notifiée à Mme A B, à M. C D, à Me Ghaem et à la préfète de Vaucluse.
Fait à Nîmes, le 9 novembre 2023
La juge des référés,
C. CHAMOT
La République mande et ordonne au ministre de la transition écologique et de la cohésion des territoires, en ce qui le concerne, ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026