jeudi 16 mai 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Nîmes |
| Section | Tribunal Administratif de Nîmes |
| N° Dossier | TA30-2304065 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Avocat requérant | CARLINI ET ASSOCIÉS |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 31 octobre 2023, Mme F, représentée par Me Capian, demande au tribunal, sur le fondement des dispositions de l'article R. 532-1 du code de justice administrative, de désigner un expert qui devra s'adjoindre un sapiteur expert psychologue avec pour mission d'évaluer l'aggravation de son préjudice et de déterminer les incidences que les actes médicaux fautifs ont eu sur sa personne, de nature notamment à entrainer une altération permanente d'une ou plusieurs fonctions physiques, sensorielles ou mentales, ainsi que des douleurs permanentes ou tout autre trouble de santé, entraînant une limitation d'activité ou une restriction de participation à la vie en société subie au quotidien par la victime dans son environnement.
Elle soutient que :
- suite à des troubles de nature gynécologique, en date du 6 octobre 2017, elle s'est rendue au centre hospitalier de Carpentras et a été prise en charge par le docteur D, praticien hospitalier, qui a réalisé une coelioscopie en urgence ;
- suite à de violentes douleurs au flanc gauche, elle s'est à nouveau rendue, en date du 28 octobre 2017, au centre hospitalier de Carpentras où elle a été prise en charge par le docteur B qui a réalisé une coelioscopie exploratrice mettant en évidence une double perforation du colon nécessitant une intervention de Hartmann ;
- le docteur B a réalisé en urgence une colostomie avec l'aide du docteur C, praticien libéral, exerçant à la polyclinique Synergia au sein de laquelle elle sera transférée pour surveillance post opératoire sous le contrôle de ce dernier ;
- suite à de violentes douleurs au bas du dos à gauche, elle s'est rendue au centre hospitalier de Carpentras, le 12 novembre 2017, et a été prise en charge par le docteur A qui a mis en évidence une nécrose de la partie inférieure de l'uretère gauche qui a nécessité une intervention d'urgence consistant en une plastie vésicale et mise en place d'une sonde urinaire ;
- par la suite, elle a subi plusieurs hospitalisations afin de rétablir sa continuité digestive, enlever sa sonde urinaire, et effectuer une cure d'éventration entre le 25 janvier 2018 et le 17 décembre 2018 ;
- une nouvelle cure d'éventration sur son flanc gauche a dû être réalisée en date du 4 avril 2023 ;
- à cause de ces interventions, elle a conservé de nombreuses séquelles induites par les manquement commis par les différents intervenants ;
- elle a sollicité la mise en œuvre d'une expertise médicale au contradictoire des docteur D, B et C ainsi que du centre hospitalier de Carpentras et la polyclinique Synergia ;
- une expertise médicale a été ordonné par le tribunal judiciaire de Carpentras au contradictoire du centre hospitalier de Carpentras, du docteur C et de la polyclinique Synergia ;
- le rapport d'expertise, rendu le 3 février 2020, conclut à une responsabilité successive de docteurs D, B, C ;
- afin d'obtenir la réparation de son entier préjudice, elle a assigné, devant le tribunal judiciaire de Carpentras, le docteur C, la polyclinique Synergia et le centre hospitalier de Carpentras ;
- par ordonnance rendue le 6 septembre 2022, le juge de la mise en état a déclaré la juridiction judiciaire incompétente pour connaitre de l'action en responsabilité contre le centre hospitalier de Carpentras ;
- par décision en date du 31 janvier 2023, le tribunal judiciaire a reconnu la responsabilité du docteur C à hauteur de 30 pour cent ;
- sur la base du rapport d'expertise, elle se trouve bien fondée à saisir la juridiction administrative d'une demande à voir reconnaitre la responsabilité du centre hospitalier de Carpentras dans l'accident fautif dont elle a été victime à hauteur de 70 pour cent ;
- la demande d'expertise médicale présente un caractère utile dès lors qu'aucun déficit fonctionnel permanent n'a été retenue lors de l'expertise judiciaire au motif que les seuls éléments qui pouvaient exister à la date de l'expertise étaient les quelques troubles urinaires mineurs attribués à son état de grossesse de six mois au moment de son examen ;
- lors de l'examen expertal, son préjudice psychologique n'a pu être évalué dans la mesure ou il était toujours en cours notamment en lien avec sa grossesse et un impact possible au regard de la très certaine intervention chirurgicale nécessaire au moment de son accouchement réalisé finalement par césarienne ;
- Elle conserve également d'autres nombreuses séquelles des différentes interventions qu'elle a dû subir en urgence des suites du geste médical ayant entrainé la nécrose urétérale au rang desquelles des douleurs occasionnelles au niveau des cicatrices, des douleurs à la miction, des infections urinaires à répétition, de l'aérophagie, des troubles d'ordre sexuel et des troubles d'ordre psychologique au regard de l'importance des interventions subies et de leur gravité ;
Par un mémoire en défense, enregistré le 11 décembre 2023, le centre hospitalier de Carpentras conclut :
1°) à ce que la requête soit rejetée ;
2°) à ce que les dépens soient mis à la charge de la requérante ;
Il soutient que :
- l'expertise judiciaire a d'ores et déjà constaté qu'il n'existe ni de déficit fonctionnel permanent ni de troubles psychologiques qui soient imputable à la prise en charge du centre hospitalier, dès lors la mesure d'expertise sollicité n'est pas utile ;
- la demande ne s'inscrit pas dans le cadre d'une demande d'expertise pour aggravation mais dans le cadre d'une contre-expertise qui échappe à la compétence du juge des référés ;
- l'état de stress post-traumatique décrit dans le bilan de consultation réalisé trois ans après les faits ne permet pas d'établir un lien de causalité direct et certain avec la prise en charge médicale ;
- Mme F n'apporte aucun élément nouveau permettant de justifier l'organisation d'une nouvelle mesure d'expertise ;
Mme F a été admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale par une décision du 05 septembre 2023.
Vu les autres pièces du dossier ;
Vu le code de justice administrative.
Le président du tribunal a désigné M. Peretti, vice-président, en application de l'article L.511-2 du code de justice administrative.
Considérant ce qui suit :
Sur les conclusions aux fins d'expertise :
1. Aux termes de l'article R. 532-1 du code de justice administrative : " Le juge des référés peut, sur simple requête et même en l'absence de décision administrative préalable, prescrire toute mesure utile d'expertise ou d'instruction. () ".
2. La prescription d'une mesure d'expertise en application des dispositions de l'article R. 532-1 du code de justice administrative est subordonnée au caractère utile de cette mesure. Il appartient au juge des référés, saisi d'une demande d'expertise dans le cadre d'une action en responsabilité du fait des conséquences dommageables d'un acte médical, d'apprécier son utilité au vu des pièces du dossier, et au regard des motifs de droit et de fait qui justifient, selon la demande, la mesure sollicitée. Dans l'hypothèse où une expertise a déjà été effectuée et que le juge des référés se trouve saisi d'une demande portant sur le même objet, cette recherche porte sur l'utilité qu'il y aurait à compléter ou à étendre les missions faisant l'objet de la première expertise.
3. Mme F demande au juge des référés de prescrire une expertise, sur le fondement de l'article R.532-1 du code de justice administrative, afin d'évaluer le déficit fonctionnel permanent dont elle aurait été victime. Il résulte toutefois de l'instruction qu'à l'occasion d'une expertise, le docteur G, expert spécialisé en chirurgie digestive et générale, avait les mêmes missions que celles demandées par Mme F. Dès lors, cette demande visant à prescrire une nouvelle expertise a, en réalité, pour objet la contestation de la première expertise. De plus, cette expertise évalue le taux de déficit fonctionnel permanent et précise la date de consolidation. Dans ces conditions, la demande de Mme F visant à prescrire une nouvelle expertise ne présente pas d'utilité au sens des dispositions citées ci-dessus et doit, en conséquence, être rejetée.
Sur les conclusions tendant à l'application de l'article R. 761-1 du code de justice administrative
4. Aux termes de l'article R. 761-1 du code de justice administrative : " Les dépens comprennent les frais d'expertise, d'enquête et de toute autre mesure d'instruction dont les frais ne sont pas à la charge de l'Etat. Sous réserve de dispositions particulières, ils sont mis à la charge de toute partie perdante sauf si les circonstances particulières de l'affaire justifient qu'ils soient mis à la charge d'une autre partie ou partagés entre les parties. L'Etat peut être condamné aux dépens. ".
5. Il résulte de ces dispositions que la mise à la charge définitive des dépens relève de la compétence du juge du fond qui, sous réserve de dispositions spéciales et sauf circonstances particulières de l'affaire, doit mettre ces dépenses à la charge de la partie perdante. Par suite, les conclusions du centre hospitalier de Carpentras, tendant à ce que le juge des référés statue sur les dépens, ne peuvent qu'être rejetées.
O R D O N N E :
Article 1er : La requête présentée par Mme F est rejetée.
Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à Mme E F, au centre hospitalier de Carpentras, à la clinique Synergia Ventoux et à la caisse commune de sécurité sociale des Hautes Alpes.
Fait à Nîmes, le 16 mai 2024
Le juge des référés,
P. PERETTI
La République mande et ordonne au préfet de Vaucluse en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026