mercredi 12 juin 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Nîmes |
| Section | Tribunal Administratif de Nîmes |
| N° Dossier | TA30-2304124 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Avocat requérant | CABINET PALMIER & ASSOCIÉS |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée par le greffe du tribunal administratif le 3 novembre 2023 sous le n° 2304124, M. C, représenté par Me Pouger, demande au tribunal, sur le fondement des dispositions de l'article R. 532-1 du code de justice administrative de prescrire une expertise au contradictoire de la commune de la Canourgue (48500) à la suite du déversement des eaux pluviales et de ruissellement de la voie publique dévié vers sa propriété en cas de fortes précipitations.
Il soutient que :
- la commune a l'obligation de recueillir les eaux pluviales et de ruissellement des voies communales dont elle est gardienne ;
- les eaux pluviales et de ruissellement de la voie communale n°20 sont déversées vers sa propriété ;
- la mesure d'expertise sollicitée trouve pleine utilité, d'une part, dans le cadre du recours pour excès de pouvoir déposé contre la décision implicite de rejet de refus de la commune de Canourgue opposé à sa demande tendant à la réalisation de travaux de nature à faire cesser le ruissellement des eaux de la voie communale n°20 et, d'autre part, dans le cadre d'une éventuelle demande indemnitaire ;
- l'établissement d'un pré-rapport est nécessaire.
Par un mémoire en défense, enregistré le 26 mars 2024, la commune de la Canourgue, représentée par Me Palmier, conclut :
1°) à titre principal, au rejet de la requête comme étant irrecevable ;
2°) à titre subsidiaire, au rejet de la requête comme étant infondée ;
3°) à titre infiniment subsidiaire, donner acte de ses protestations et réserves d'usage quant à la mesure d'expertise sollicitée ;
4°) à ce que les frais d'expertise soient mis à la charge du requérant ;
5°) à l'extension des missions d'expertise sollicitées à M. D A en sa qualité de propriétaire riverain du chemin désigné comme étant la voie communale n°20 ;
6°) mettre à la charge du requérant la somme de 4 000 euros au titre des frais irrépétibles.
Il soutient que :
- le litige dont il est question relève de la compétence du juge judiciaire ;
- M. C invoque un prétendu déversement des eaux pluviales sans en apporter le moindre élément probant ;
- la demande d'expertise est dépourvue d'utilité en l'absence d'un quelconque fait générateur.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu le code de justice administrative.
Le président du tribunal a désigné M. Peretti, vice-président, en application de l'article L.511-2 du code de justice administrative.
Considérant ce qui suit :
Sur la compétence de la juridiction administrative :
1. La demande en référé ne tend qu'à voir ordonner une mesure d'instruction avant tout procès et avant même que puisse être déterminée, eu égard aux parties éventuellement appelées en la cause principale, la compétence du fond du litige. Par suite, compte tenu des caractères propres de la procédure de référé, un président de tribunal administratif est compétemment saisi dès lors que la demande qui lui est présentée n'est pas manifestement insusceptible de se rattacher à un litige relevant de la compétence dudit tribunal. En l'espèce, si les résultats de l'expertise demandée par M. C peuvent éventuellement donner naissance à un litige devant les tribunaux de l'ordre judiciaire, ladite expertise peut également être à l'origine de demandes relevant de la compétence de la juridiction administrative et alors que, au surplus, la demande de M. C tend à voir déterminer la responsabilité de la commune mise en cause. Par suite, l'exception d'incompétence, soulevée par la commune de la Canourgue, fondée sur le caractère privé du litige doit être rejetée.
Sur la demande d'expertise :
2. Aux termes de l'article R. 532-1 du code de justice administrative : " Le juge des référés peut, sur simple requête et même en l'absence d'une décision administrative préalable, prescrire toute mesure utile d'expertise ou d'instruction () ".
3. L'utilité d'une mesure d'instruction ou d'expertise qu'il est demandé au juge des référés d'ordonner sur le fondement de l'article R. 532-1 du code de justice administrative doit être appréciée, d'une part, au regard des éléments dont le demandeur dispose ou peut disposer par d'autres moyens et, d'autre part, bien que ce juge ne soit pas saisi du principal, au regard de l'intérêt que la mesure présente dans la perspective d'un litige principal, actuel ou éventuel, auquel elle est susceptible de se rattacher.
4. Par la requête susvisée, M. C demande au juge des référés d'ordonner une expertise afin de connaître les causes des désordres provoqués par le ruissellement des eaux pluviales provenant de la voie communale n°20 bordant sa propriété. Pour contester l'utilité de la mesure d'expertise sollicitée, la commune de la Canourgue fait valoir que la voie présentée par M. C comme étant la voie communale n°20 est une voie qui appartient à son voisin M. A, de sorte que, en l'absence de tout fait générateur, la commune ne serait pas concernée par le cas d'espèce. Toutefois, il résulte de l'instruction que la commune ne produit aucunes pièces permettant de justifier de l'appartenance de ladite voie par M. A. Dès lors, la mesure d'expertise demandée par M. C présente, en l'état de la procédure, un caractère utile et entre dans le champ d'application des dispositions précitées de l'article R. 532-1 du code de justice administrative. Par conséquent, il y a lieu de faire droit à sa demande et de fixer la mission de l'expert comme il est précisé à l'article 1er de la présente ordonnance.
Sur la demande de mise en cause de M. A :
5. Peuvent être appelées en qualité de parties à une expertise ordonnée sur le fondement des dispositions de l'article R. 532-1 du code de justice administrative les personnes qui ne sont pas manifestement étrangères au litige susceptible d'être engagé devant le juge de l'action qui motive l'expertise. En outre, le juge du référé peut appeler à l'expertise en qualité de sachant toute personne dont la présence est de nature à éclairer ses travaux.
6. La commune de la Canourgue demande la mise en cause de M. D A, en qualité de propriétaire du chemin désigné comme étant " la voie communale n°20 ". La mise en cause d'une partie dans une expertise, simple mesure d'instruction ordonnée avant tout procès, ne préjuge aucunement de l'existence et de l'étendue des responsabilités des parties. En l'espèce, alors que la présence de M. A apparaît utile au bon déroulement des opérations d'expertise, rien ne s'oppose, dans le cadre d'une bonne administration de la justice, à ce qu'au stade du référé-instruction, une expertise contradictoire soit organisée en sa présence. Par suite, il y a lieu d'ordonner la participation aux opérations d'expertise de M. A.
7. En tout état de cause, il appartiendra à l'expert, s'il l'estime pertinent, dès les investigations réalisées lors de la première réunion d'expertise, de solliciter du juge des référés la mise hors de cause des parties dont la participation ne serait pas ou plus nécessaire.
Sur l'établissement d'un pré-rapport :
8. Aucune disposition du code de justice administrative, ni aucun principe général du droit ne fait obligation à l'expert d'établir un pré-rapport. L'expert, dans la conduite des opérations de la mesure qui lui est confiée et dont il définit librement les modalités pratiques, de concert avec les parties, ne saurait se voir soumis à d'autres obligations que celles issues du caractère contradictoire de la procédure. L'établissement d'un pré-rapport ne constitue qu'une modalité opérationnelle de l'expertise. Il appartient donc à l'expert d'apprécier la nécessité d'y recourir. Les conclusions du requérant tendant à ce que l'expert dépose un pré-rapport, ne peuvent qu'être rejetées.
Sur les frais liés au litige :
9. En premier lieu, aux termes de l'article L.761-1 du code de justice administrative : " Dans toutes les instances, le juge condamne la partie tenue aux dépens ou, à défaut, la partie perdante, à payer à l'autre partie la somme qu'il détermine, au titre des frais exposés et non compris dans les dépens. Le juge tient compte de l'équité ou de la situation économique de la partie condamnée. Il peut, même d'office, pour des raisons tirées des mêmes considérations, dire qu'il n'y a pas lieu à cette condamnation ".
10. Dans les circonstances de l'espèce, il n'y a pas lieu de faire droit aux conclusions présentées par la commune de la Canourgue au titre de l'article L.761-1 du code de justice administrative.
11. En second lieu, aux termes de l'article R. 761-1 du code de justice administrative : " Les dépens comprennent les frais d'expertise, d'enquête et de toute autre mesure d'instruction dont les frais ne sont pas à la charge de l'État. Sous réserve de dispositions particulières, ils sont mis à la charge de toute partie perdante sauf si les circonstances particulières de l'affaire justifient qu'ils soient mis à la charge d'une autre partie ou partagés entre les parties. L'État peut être condamné aux dépens ".
12. Aucun dépens n'ayant été exposé, il n'y a pas lieu de se prononcer sur les dépens.
O R D O N N E :
Article 1er : M. B E, demeurant 1019 Chemin de Ventabren à Nîmes (30000), est désigné en qualité d'expert avec pour mission de :
1°) demander aux parties tout document utile à l'accomplissement de sa mission, notamment les différents titres de propriétés des parcelles et voies en cause ; se rendre sur les lieux et entendre toutes les parties concernées ; établir tous plans, croquis, schémas ou photographies utiles à la compréhension des faits de la cause ;
2°) dresser un état descriptif et qualitatif précis des parcelles de M. C et déterminer les causes des écoulements d'eaux de ruissellements qui affectent lesdites parcelles ;
3°) si les désordres sont dus à plusieurs causes, fournir tous éléments permettant d'apprécier dans quelle proportion ils sont imputables à chacune d'elles, et donner son avis sur ce point ;
4°) donner son avis sur l'évolution prévisible des désordres et décrire les travaux de nature à faire cesser les désordres ; en évaluer le coût et en fixer la durée ;
5°) donner son avis sur les préjudices de toute natures allégués par M. C et en évaluer le montant ;
6°) de manière générale, donner toutes précisions et informations utiles permettant au tribunal de se prononcer sur les responsabilités et l'importance du préjudice, ainsi que toute information utile à la solution du litige ;
7°) tenter de parvenir à un accord entre les parties, si possible.
L'expert disposera des pouvoirs d'investigation les plus étendus. Il pourra entendre tous sachants, se faire communiquer tous documents et renseignements, faire toutes constatations ou vérifications propres à faciliter l'accomplissement de sa mission et éclairer le tribunal administratif.
Article 2 : L'expert accomplira sa mission dans les conditions prévues aux articles R. 621-2 à R. 621-14 du code de justice administrative. Il ne pourra recourir à un sapiteur sans l'autorisation préalable du président du tribunal administratif.
Article 3 : Préalablement à toute opération, l'expert prêtera serment dans les formes prévues à l'article R. 621-3 du code de justice administrative.
Article 4 : L'expertise aura lieu en présence de M. C, de la commune de la Canourgue et de M. A.
Article 5 : L'expert déposera son rapport au greffe sous forme électronique par le biais de la plateforme d'échanges avant le 31 décembre 2024, accompagné de l'état de ses vacations, frais et débours.
Article 6 : L'expert notifiera son rapport aux parties dans les conditions prévues à l'article R. 621-9 du code de justice administrative. Avec leur accord, cette notification pourra s'opérer sous forme électronique.
Article 7 : Le surplus des conclusions est rejeté.
Article 8 : La présente ordonnance sera notifiée à M. F C, à la commune de la Canourgue, à M. D A et à M. B E, expert.
Fait à Nîmes, 12 juin 2024.
Le juge des référés,
P. PERETTI
La République mande et ordonne au préfet de la Lozère en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026