jeudi 8 février 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Nîmes |
| Section | Tribunal Administratif de Nîmes |
| N° Dossier | TA30-2304179 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | D |
| Avocat requérant | RENOULT |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 9 novembre 2023, Mme B F, représentée par Me Renoult, demande au juge des référés :
1°) de condamner le centre communal d'action sociale (CCAS) de Vedène, en application de l'article R.541-1 du code de justice administrative, à lui verser une provision de 18 000 euros en réparation des préjudices subis du fait de sa maladie professionnelle reconnue imputable au service par une décision du 10 décembre 2020 ;
2°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 3 000 euros en application de l'article L.761-1 du code de justice administrative ;
3°) de condamner l'administration aux entiers dépens en application de l'article R.761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- la reconnaissance de l'imputabilité au service de sa maladie doit conduire à mettre en œuvre la responsabilité sans faute du CCAS ;
- elle est dès lors fondée à demander la réparation des préjudices non réparés par l'allocation temporaire d'invalidité ;
- s'agissant de l'évaluation des préjudices, les juridictions ne sont tenues par aucun barème ni référentiel, celui-ci disposant d'un pouvoir discrétionnaire dans l'application des barèmes ;
- le déficit fonctionnel permanent est évalué à 51 500 euros, par ordonnance du 3 octobre 2023 il a été alloué à Mme F la provision demandée de 20 000 euros sur une évaluation retenue à 38 000 euros, il y a donc lieu de demander au titre de ce même préjudice une provision complémentaire de 18 000 euros.
Par un mémoire en défense, enregistré le 5 janvier 2024, le CCAS de Vedène, représenté par Me Avril, conclut au rejet de la requête et à ce qu'une somme de 2 000 euros soit mise à la charge de Mme F au titre des dispositions de l'article L.761-1 du code de justice administrative.
Il fait valoir que :
- les préjudices allégués ne sont pas justifiés ;
- il dispose d'un rapport d'expertise du 3 septembre 2020 établi par un médecin spécialisé en psychiatrie, le Dr E qui a considéré que la maladie n'était pas susceptible d'entrainer une incapacité permanente au moins égale à 25% ;
- de nombreuses attestations démontrent que le mal-être au travail de Mme F est soit feint soit dû à des faits qui lui sont imputables.
Le président du tribunal a désigné Mme Boyer, présidente de la 2ème chambre, pour statuer sur les demandes de référé.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code des relations entre le public et l'administration ;
- le code de justice administrative.
Considérant ce qui suit :
1. Mme F, née le 9 mai 1966, rédacteur principal de 1ère classe au sein du CCAS de Vedène, a contracté une maladie professionnelle, reconnue imputable au service par arrêté le 10 décembre 2020, à compter du 18 mai 2020. Par une décision du 15 décembre 2020, le conseil médical a fixé le taux d'IPP à 25% et une date de consolidation au 20 octobre 2022. Par une ordonnance du 12 juillet 2023, la juge des référés du tribunal administratif de Nîmes a rejeté la demande d'expertise sollicitée par Mme F. Par ordonnance du 3 octobre 2023, la juge des référés a condamné le CCAS de Vedène à verser à Mme F une provision de 20 000 euros. Cette ordonnance a été confirmée par la Cour administrative d'appel de Toulouse par une ordonnance du 18 janvier 2024 sous le n° 23TL02463. Par la présente requête Mme F demande la condamnation du CCAS de Vedène à lui verser une provision complémentaire de 18 000 euros à valoir sur le déficit fonctionnel permanent inhérent à sa maladie professionnelle qu'elle évalue à 51 500 euros.
Sur les conclusions tendant au versement d'une provision :
2. Aux termes de l'article R. 541-1 du code de justice administrative : " Le juge des référés peut, même en l'absence d'une demande au fond, accorder une provision au créancier qui l'a saisi lorsque l'existence de l'obligation n'est pas sérieusement contestable. Il peut, même d'office, subordonner le versement de la provision à la constitution d'une garantie ". Il résulte de ces dispositions que, pour regarder une obligation comme non sérieusement contestable, il appartient au juge des référés de s'assurer que les éléments qui lui sont soumis par les parties sont de nature à en établir l'existence avec un degré suffisant de certitude. Dans ce cas, le montant de la provision que peut allouer le juge des référés n'a d'autre limite que celle qui résulte du caractère non sérieusement contestable de l'obligation dont les parties font état. Dans l'hypothèse où l'évaluation du montant de la provision résultant de cette obligation est incertaine, le juge des référés ne doit allouer de provision, le cas échéant assortie d'une garantie, que pour la fraction de ce montant qui lui parait revêtir un caractère de certitude suffisant.
Sur le caractère non sérieusement contestable de l'obligation :
3. Les dispositions et principes généraux relatifs à l'obligation qui incombe aux employeurs publics de garantir leurs agents contre les risques qu'ils peuvent courir dans l'exercice de leurs fonctions ne font obstacle ni à ce que l'agent public qui subit, du fait de l'invalidité ou de la maladie, des préjudices patrimoniaux d'une autre nature ou des préjudices personnels, obtienne de son employeur, même en l'absence de faute de celui-ci, une indemnité complémentaire réparant ces chefs de préjudice, ni à ce qu'une action de droit commun pouvant aboutir à la réparation intégrale de l'ensemble du dommage soit engagée contre l'employeur, dans le cas notamment où l'accident ou la maladie serait imputable à une faute de nature à engager la responsabilité de cette personne.
4. Le centre communal d'action sociale conteste l'imputabilité au service de la maladie de Mme F. Il se fonde tout d'abord sur les conclusions du docteur E du 3 septembre 2020. Toutefois il résulte de l'instruction que lors des expertises réalisées postérieurement le 19 octobre 2020 et 24 octobre 2022, les docteurs Thore et Ménard ont estimé que la maladie de Mme F était bien imputable au service et cette position a été reprise par la commission de réforme le 8 décembre 2020 puis par le conseil médical en formation plénière dans son avis du 15 décembre 2022. D'autre part, il est constant que le centre communal d'action sociale n'a pas contesté ces avis et a placé Mme F en congé pour invalidité temporaire imputable au service une première fois du 18 mai 2020 au 10 février 2021 puis du 16 décembre 2022 au 31 janvier 2023. Dans ces conditions, le seul rapport du médecin-conseil mandaté par l'établissement public établi le 4 septembre 2020, au demeurant très peu circonstancié, ne saurait suffire à établir l'existence d'une divergence médicale portant sur l'état de santé de l'agent. Le CCAS produit également différentes attestations qui seraient de nature à remettre en cause l'origine professionnelle de son mal-être au travail voire même révélant l'inexistence de ce mal-être. Toutefois les attestations de collègues sont dénuées de valeur probante quant à l'évaluation de l'état de santé de Mme F. Les attestations de Mme C en date du 5 janvier 2024, une attestation de M. A maire de Vedène en date du 19 décembre 2023, partiellement grisée relatant que le frère de Mme C aurait été victime d'abus de confiance de la part de Mme F et la révocation de procurations concédées à Mme F sur les comptes bancaires de M. C en date du 11 mars 2017 ne permettent pas d'établir, ainsi que le soutien le CCAS de Vedène, qu'une faute de Mme F, détachable du service, serait à l'origine de sa maladie professionnelle d'autant plus qu'aucun préjudice n'est imputé aux faits relatés, que l'attestation de M. A est rédigée sous forme interrogative et que ce dernier mis au courant de cette affaire par Mme F elle-même début 2018, ainsi qu'il le relate dans son attestation, a signé le 16 septembre 2019 un compte rendu d'entretien professionnel pour l'année 2018 particulièrement élogieux établi par la directrice du CCAS sur lequel il a ajouté de manière manuscrite sa satisfaction de voir Mme F accepter le poste de direction et son intention de revaloriser son régime indemnitaire et de la voir proposée au grade d'attachée. Dès lors, la responsabilité du CCAS de Vedène à l'égard de Mme F se trouve engagée en application du principe exposé au point 4. En conséquence, la requérante dispose d'une créance non sérieusement contestable à l'encontre du CCAS de Vedène pour l'indemnisation des préjudices qu'elle a subis du fait de sa maladie professionnelle imputable au service.
Sur les préjudices :
5. Mme F demande une provision au titre du déficit fonctionnel permanent faisant suite à sa maladie professionnelle. La date de consolidation de sa maladie fixée au 20 octobre 2022, date à laquelle elle était âgée de 56 ans n'est pas contestée. En revanche le centre communal de Vedène conteste le taux d'IPP de 25%. Toutefois si le docteur E avait aussi écarté l'existence d'un taux d'incapacité permanente partielle au moins égal à 25 % dans son rapport du 3 septembre 2020, celui-ci a finalement été retenu par le conseil médical en formation plénière le 15 décembre 2022 en réduisant le taux de 30 % proposé par la dernière expertise réalisée le 24 octobre 2022 par le docteur D. Dans ces conditions l'existence d'un taux de 25 % doit être retenue. Par suite et nonobstant la circonstance que Mme F n'ait pas bénéficié d'une expertise judiciaire, il y a lieu de faire une juste appréciation de son préjudice au titre du déficit permanent partiel en l'évaluant à une somme de 38 000 euros. Il en résulte que Mme F qui a déjà obtenu une provision de 20 000 euros est fondée à demander au CCAS le versement d'une provision de 18 000 euros.
6. Il résulte de tout ce qui précède que Mme F est fondée à demander la condamnation du CCAS de Vedène à lui verser la provision de 20 000 euros qu'elle demande.
Sur les dépens :
7. En l'absence de dépens il n'y a en tout état de cause pas lieu de faire droit à la demande de Mme F au titre de l'article R. 761-1 du code de justice administrative.
Sur les frais d'instance :
8. Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge du CCAS de Vedène le versement à Mme F d'une somme de 1 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
O R D O N N E :
Article 1er : Le CCAS de Vedène est condamné à verser à Mme F une provision de 18 000 euros.
Article 2 : Le CCAS de Vedène versera à Mme F une somme de 1 000 euros au titre de l'article L.761-1 du code de justice administrative.
Article 3 : Le surplus des conclusions de la requête est rejeté.
Article 4 : La présente ordonnance sera notifiée à Mme B F et au CCAS de Vedène.
Fait à Nîmes, le 8 février 2024.
La juge des référés,
C. BOYER
La République mande et ordonne à la préfète de Vaucluse en ce qui la concerne, ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
N°2304179
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026