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AccueilJurisprudence administrativeN° TA30-2304294

Tribunal Administratif de Nîmes — Décision N° TA30-2304294

mardi 19 mars 2024

JuridictionTribunal Administratif de Nîmes
SectionTribunal Administratif de Nîmes
N° DossierTA30-2304294
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
PublicationC
Formation4ème Chambre
Avocat requérantSCP BREUILLOT - VARO

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête, enregistrée le 17 novembre 2023, Mme B D épouse A, représentée par la SELARL Breuillot et Avocats, demande au tribunal :

1°) d'annuler l'arrêté du 18 octobre 2023 par lequel la préfète de Vaucluse a rejeté sa demande d'admission au séjour, l'a obligée à quitter le territoire français dans un délai de trente jours et a fixé le pays de l'éloignement ;

2°) d'enjoindre à la préfète de Vaucluse de lui délivrer, dans un délai de 15 jours à compter du jugement à intervenir, un titre de séjour temporaire portant la mention " vie privée et familiale " ou, à défaut, une autorisation provisoire de séjour ;

3°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 2 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991.

Elle soutient que :

En ce qui concerne la décision portant refus d'admission au séjour :

- elle a été prise au terme d'une procédure irrégulière dès lors que, d'une part, la commission du titre de séjour n'a pas été saisie et que, d'autre part, le droit de l'intéressée d'être entendue a été méconnu ;

- elle est entachée d'un défaut d'examen complet et personnalisé ;

- elle méconnaît les stipulations de l'article 6-5 de l'accord franco-algérien, ainsi que les dispositions de l'article L. 423-23 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- elle méconnaît les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- elle méconnaît les stipulations de l'article 3-1 de la convention internationale relative aux droits de l'enfant ;

- elle méconnaît les dispositions de l'article L. 435-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- elle est entachée d'erreur manifeste d'appréciation eu égard à la situation personnelle de l'intéressée ;

En ce qui concerne la décision portant obligation de quitter le territoire français :

- elle a été prise au terme d'une procédure irrégulière dès lors que le droit de l'intéressée d'être entendue a été méconnu ;

- elle doit être annulée dès lors que la décision de refus d'admission au séjour est entachée d'erreur manifeste d'appréciation et d'erreur de droit ;

- elle est illégale dès lors qu'elle peut bénéficier de plein droit d'un titre de séjour en raison de ses liens familiaux en France ;

- elle méconnaît les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales.

La procédure a été communiquée à la préfète de Vaucluse, qui n'a pas présenté de mémoire en défense.

Mme D épouse A a été admise au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale par une décision du 14 novembre 2023.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- la convention internationale relative aux droits de l'enfant ;

- la charte des droits fondamentaux de l'Union européenne ;

- l'accord franco-algérien du 27 décembre 1968 ;

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;

- le code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Le président de la formation de jugement a dispensé la rapporteure publique, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.

A été entendu au cours de l'audience publique le rapport de M. Aymard.

Considérant ce qui suit :

1. Mme D épouse A, ressortissante algérienne née le 16 septembre 1983, a épousé le 27 décembre 2012 M. C A, ressortissant algérien né le 8 mars 1982. L'intéressée est entrée en France le 28 août 2015 sous couvert d'un visa C d'une durée de 30 jours valable du 31 mars 2015 au 26 septembre 2015. De l'union des époux A sont issus deux enfants, à savoir Celyan A, né le 17 août 2019, et Nelya A, née le 18 février 2022. Par une demande du 27 mars 2023, reçue le 11 avril 2023 en préfecture, Mme A a présenté à la préfète de Vaucluse une demande de certificat de résidence au titre de sa vie privée et familiale. Par un arrêté du 18 octobre 2023, la préfète de Vaucluse a rejeté la demande de titre de séjour présentée par l'intéressée, l'a obligée à quitter le territoire français dans le délai de trente jours et a fixé le pays de l'éloignement. Mme A demande au tribunal d'annuler cet arrêté du 18 octobre 2023.

Sur les conclusions à fin d'annulation :

En ce qui concerne la décision portant refus d'admission au séjour :

2. En premier lieu, aux termes de l'article 41 de la charte des droits fondamentaux de l'Union européenne : " Toute personne a le droit de voir ses affaires traitées impartialement, équitablement et dans un délai raisonnable par les institutions et organes de l'Union. / Ce droit comporte notamment : / - le droit de toute personne d'être entendue avant qu'une mesure individuelle qui l'affecterait défavorablement ne soit prise à son encontre ; () ".

3. Le droit d'être entendu implique que l'autorité préfectorale, avant de prendre à l'encontre d'un étranger une décision portant obligation de quitter le territoire français, mette l'intéressé à même de présenter ses observations écrites et lui permette, sur sa demande, de faire valoir des observations orales, de telle sorte qu'il puisse faire connaître, de manière utile et effective, son point de vue sur la mesure envisagée avant qu'elle n'intervienne. Toutefois, dans le cas prévu au 3° de l'article L. 611-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, où la décision faisant obligation de quitter le territoire français est prise concomitamment au refus de délivrance d'un titre de séjour, l'obligation de quitter le territoire français découle nécessairement du refus de titre de séjour. Le droit d'être entendu n'implique alors pas que l'administration ait l'obligation de mettre l'intéressé à même de présenter ses observations de façon spécifique sur la décision l'obligeant à quitter le territoire français, dès lors qu'il a pu être entendu avant que n'intervienne la décision refusant de lui délivrer un titre de séjour.

4. Lorsqu'il sollicite la délivrance ou le renouvellement d'un titre de séjour, l'étranger, en raison même de l'accomplissement de cette démarche qui tend à son maintien régulier sur le territoire français, ne saurait ignorer qu'en cas de refus, il pourra faire l'objet d'une mesure d'éloignement. A l'occasion du dépôt de sa demande, il est conduit à préciser à l'administration les motifs pour lesquels il demande que lui soit délivré un titre de séjour et à produire tous éléments susceptibles de venir au soutien de cette demande. Il lui appartient, lors du dépôt de cette demande, lequel doit en principe faire l'objet d'une présentation personnelle du demandeur en préfecture, d'apporter à l'administration toutes les précisions qu'il juge utiles. Il lui est loisible, au cours de l'instruction de sa demande, de faire valoir auprès de l'administration toute observation complémentaire utile, au besoin en faisant état d'éléments nouveaux. Le droit de l'intéressé d'être entendu, ainsi satisfait avant que n'intervienne le refus de titre de séjour, n'impose pas à l'autorité administrative de mettre l'intéressé à même de réitérer ses observations ou de présenter de nouvelles observations, de façon spécifique, sur l'obligation de quitter le territoire français qui est prise concomitamment et en conséquence du refus de titre de séjour.

5. En l'espèce, il ne ressort pas des pièces du dossier que Mme A aurait sollicité, sans réponse, un entretien avec les services préfectoraux, ni qu'elle aurait été empêchée de présenter ses observations, avant que ne soit prise la décision portant refus d'admission au séjour. Par suite, la requérante n'est pas fondée à soutenir qu'elle aurait été privée de son droit à être entendue, notamment énoncé au paragraphe 2 de l'article 41 de la charte des droits fondamentaux de l'Union européenne.

6. En deuxième lieu, il ressort des termes mêmes de la décision en litige que la préfète de Vaucluse a procédé à un examen complet et particulier de la demande et de la situation de Mme A. Par suite, le moyen tiré du défaut d'examen doit être écarté.

7. En troisième lieu, aux termes de l'article 6 de l'accord franco-algérien du 27 décembre 1968 : " () Le certificat de résidence d'un an portant la mention " vie privée et familiale " est délivré de plein droit : / () 5) au ressortissant algérien, qui n'entre pas dans les catégories précédentes ou dans celles qui ouvrent droit au regroupement familial, dont les liens personnels et familiaux en France sont tels que le refus d'autoriser son séjour porterait à son droit au respect de sa vie privée et familiale une atteinte disproportionnée au regard des motifs du refus ; () ". Aux termes de l'article L. 423-23 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L 'étranger qui n'entre pas dans les catégories prévues aux articles L. 423-1, L. 423-7, L. 423-14, L. 423-15, L. 423-21 et L. 423-22 ou dans celles qui ouvrent droit au regroupement familial, et qui dispose de liens personnels et familiaux en France tels que le refus d'autoriser son séjour porterait à son droit au respect de sa vie privée et familiale une atteinte disproportionnée au regard des motifs du refus, se voit délivrer une carte de séjour temporaire portant la mention " vie privée et familiale " d'une durée d'un an, sans que soit opposable la condition prévue à l'article L. 412-1. / Les liens mentionnés au premier alinéa sont appréciés notamment au regard de leur intensité, de leur ancienneté et de leur stabilité, des conditions d'existence de l'étranger, de son insertion dans la société française ainsi que de la nature de ses liens avec sa famille restée dans son pays d'origine. / L'insertion de l'étranger dans la société française est évaluée en tenant compte notamment de sa connaissance des valeurs de la République. ".

8. D'une part, les dispositions du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile relatives aux différents titres de séjour qui peuvent être délivrés aux étrangers en général et aux conditions de leur délivrance s'appliquent, ainsi que le rappelle l'article L. 110-1 du même code, " sous réserve des conventions internationales ". En ce qui concerne les ressortissants algériens, les stipulations de l'accord franco-algérien du 27 décembre 1968 régissent d'une manière complète les conditions dans lesquelles ils peuvent être admis à séjourner en France et y exercer une activité professionnelle, les règles concernant la nature des titres de séjour qui peuvent leur être délivrés, ainsi que les conditions dans lesquelles leurs conjoints et leurs enfants mineurs peuvent s'installer en France. Il s'ensuit que Mme A ne peut utilement invoquer la méconnaissance des dispositions de l'article L. 423-23 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, lesquelles sont inapplicables aux ressortissants de nationalité algérienne.

9. D'autre part, si Mme A est entrée régulièrement en France le 28 août 2015, les pièces qu'elle verse aux débats ne permettent pas d'établir sa présence habituelle sur le territoire français depuis cette date. Par ailleurs, il ne ressort pas des pièces du dossier que la cellule familiale que forment Mme A, son époux et leurs deux enfants ne pourraient pas se reconstituer sur le territoire algérien, eu égard notamment au très jeune âge de ces enfants et au caractère irrégulier du séjour en France de M. A, lequel a fait l'objet le 20 septembre 2019 d'une obligation de quitter le territoire français. En outre, la requérante n'établit pas être dépourvue d'attaches privées et familiales dans son pays d'origine, où résident, selon les mentions non contestées de l'arrêté contesté, ses parents, sa sœur et l'un de ses frères. Enfin, si la requérante se prévaut de son intégration en France en produisant à l'instance des attestations des associations au sein desquelles elle a pris part, son insertion ne revêt toutefois pas de caractère notable, étant précisé que l'intéressée ne justifie pas avoir exécuté la précédente mesure d'éloignement en date du 18 avril 2018 édictée à son encontre, dont la légalité a été confirmée par le jugement rendu le 17 juillet 2018 par le tribunal administratif de Nîmes. Au regard de l'ensemble de ces éléments, la préfète de Vaucluse n'a pas méconnu les stipulations de l'article 6-5 de l'accord franco-algérien, dès lors que la décision attaquée n'a pas porté au droit de l'intéressée au respect de sa vie privée et familiale une atteinte disproportionnée au regard des buts en vue desquels cette décision a été prise.

10. Il résulte de ce qui précède que la requérante n'est pas fondée à soutenir que la décision attaquée méconnaîtrait les dispositions de l'article L. 423-23 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et les stipulations de l'article 6-5 de l'accord franco-algérien.

11. En quatrième lieu, aux termes de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : " 1. Toute personne a droit au respect de sa vie privée et familiale, de son domicile et de sa correspondance. / 2. Il ne peut y avoir ingérence d'une autorité publique dans l'exercice de ce droit que pour autant que cette ingérence est prévue par la loi et qu'elle constitue une mesure qui, dans une société démocratique, est nécessaire à la sécurité nationale, à la sûreté publique, au bien-être économique du pays, à la défense de l'ordre et à la prévention des infractions pénales, à la protection de la santé ou de la morale, ou à la protection des droits et libertés d'autrui. ".

12. Pour les mêmes motifs que ceux retenus au point 9, le moyen tiré de la méconnaissance de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales, ainsi que le moyen tiré de l'erreur manifeste d'appréciation au regard de la situation de Mme A, doivent être écartés.

13. En cinquième lieu, aux termes du 1 de l'article 3 de la convention internationale relative aux droits de l'enfant : " Dans toutes les décisions qui concernent les enfants, qu'elles soient le fait des institutions publiques ou privées de protection sociale, des tribunaux, des autorités administratives ou des organes législatifs, l'intérêt supérieur de l'enfant doit être une considération primordiale. ". Il résulte de ces stipulations que, dans l'exercice de son pouvoir d'appréciation, l'autorité administrative doit accorder une attention primordiale à l'intérêt supérieur des enfants dans toutes les décisions les concernant.

14. En l'espèce, comme il a été dit au point 9, la mesure contestée ne fait pas obstacle à ce que la cellule familiale composée des époux A et de leurs deux enfants puisse se reconstituer en Algérie et que leur fils aîné, scolarisé à l'école maternelle à la date de l'arrêté attaqué, puisse y poursuivre sa scolarité. Par suite, le moyen tiré de la méconnaissance du 1 de l'article 3 de la convention internationale relative aux droits de l'enfant doit être écarté.

15. En sixième lieu, aux termes de l'article L. 435-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'étranger dont l'admission au séjour répond à des considérations humanitaires ou se justifie au regard des motifs exceptionnels qu'il fait valoir peut se voir délivrer une carte de séjour temporaire portant la mention " salarié ", " travailleur temporaire " ou " vie privée et familiale ", sans que soit opposable la condition prévue à l'article L. 412-1. () ".

16. Eu égard à la situation de Mme A, telle qu'analysée précédemment au point 9, la préfète de Vaucluse a pu, à bon droit, considérer que l'intéressée ne justifiait pas de motif exceptionnel ou de considération humanitaire de nature à fonder son admission exceptionnelle au séjour.

17. En septième et dernier lieu, aux termes de l'article L. 432-13 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Dans chaque département est instituée une commission du titre de séjour qui est saisie pour avis par l'autorité administrative : / 1° Lorsqu'elle envisage de refuser de délivrer ou de renouveler la carte de séjour temporaire prévue aux articles L. 423-1, L. 423-7, L. 423-13, L. 423-14, L. 423-15, L. 423-21, L. 423-22, L. 423-23, L. 425-9 ou L. 426-5 à un étranger qui en remplit effectivement les conditions de délivrance ; / () ". Il résulte de ces dispositions, dont l'accord franco-algérien n'a pas entendu écarter l'application, que l'autorité préfectorale est tenue de saisir la commission du titre de séjour du seul cas des étrangers qui remplissent effectivement l'ensemble des conditions de procédure et de fond auxquelles est subordonnée la délivrance d'un titre de séjour de plein droit, et non de celui de tous les étrangers qui soutiennent remplir les conditions pour séjourner de plein droit sur le territoire français.

18. En l'espèce, comme il a été dit précédemment, la requérante n'était pas au nombre des ressortissants algériens pouvant obtenir de plein droit un titre de séjour. Il suit de là que la préfète de Vaucluse n'était pas tenue de soumettre le cas de Mme A à la commission du titre de séjour avant de rejeter sa demande. Dès lors, le moyen tiré du défaut de convocation devant la commission du titre de séjour ne peut qu'être écarté.

19. Il résulte de tout ce qui précède que la requérante n'est pas fondée à contester la décision portant refus d'admission au séjour dont elle a fait l'objet le 18 octobre 2023.

En ce qui concerne la décision portant obligation de quitter le territoire français :

20. En premier lieu, dès lors que la décision attaquée portant obligation de quitter le territoire français a été prise concomitamment au refus de délivrance d'un titre de séjour en application du 3° de l'article L. 611-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, la requérante n'est pas fondée, eu égard à ce qu'il a été dit aux points 3 à 5, à soutenir que son droit à être entendue aurait été méconnu.

21. En deuxième lieu, dès lors que les conclusions à fin d'annulation dirigées contre la décision portant refus d'admission au séjour ont été rejetées, les moyens tirés de l'erreur manifeste d'appréciation et de l'erreur de droit ayant notamment été écartés, Mme A ne saurait utilement se prévaloir, par la voie de l'exception, de l'illégalité de cette décision pour soutenir que la décision attaquée serait elle-même illégale.

22. En troisième lieu, eu égard à ce qu'il a été dit aux points 7 à 10, Mme A n'est pas fondée à soutenir qu'elle peut bénéficier de plein droit d'un titre de séjour à raison de ses liens privés et familiaux en France.

23. En quatrième et dernier lieu, pour les mêmes motifs que ceux retenus au point 9, le moyen tiré de la méconnaissance de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales, ainsi que le moyen tiré de l'erreur manifeste dans l'appréciation de la situation de Mme A, doivent être écartés.

24. Il résulte de ce qui précède que la requérante n'est pas fondée à contester la décision portant obligation de quitter le territoire français dont elle a fait l'objet le 18 octobre 2023.

Sur les conclusions aux fins d'injonction :

25. Les conclusions à fin d'annulation de Mme A étant rejetées, ses conclusions aux fins d'injonction doivent l'être également, dès lors que le présent jugement ne nécessite aucune mesure d'exécution au regard des dispositions des articles L. 911-1 et suivants du code de justice administrative.

Sur les frais liés au litige :

26. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991 font obstacle à ce que soit mise à la charge de l'Etat, qui n'est pas dans la présente instance la partie perdante, la somme demandée par Mme A au titre des frais exposés par elle et non compris dans les dépens.

D E C I D E :

Article 1er : La requête de Mme D épouse A est rejetée.

Article 2 : Le présent jugement sera notifié à Mme B D épouse A, au préfet de Vaucluse et à Me Breuillot.

Délibéré après l'audience du 27 février 2024, à laquelle siégeaient :

M. Ciréfice, président,

Mme Achour, première conseillère,

M. Aymard, premier conseiller.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 19 mars 2024.

Le rapporteur,

F. AYMARD

Le président,

C. CIRÉFICE

La greffière,

B. MAS-JAY

La République mande et ordonne au préfet de Vaucluse en ce qui le concerne et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

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