jeudi 7 décembre 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Nîmes |
| Section | Tribunal Administratif de Nîmes |
| N° Dossier | TA30-2304407 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Avocat requérant | SCP MARGALL D'ALBENAS |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire enregistrés les 27 novembre et 4 décembre 2023, les sociétés Bouygues Telecom et Cellnex France, représentées par Me Hamri, demande au juge des référés, sur le fondement des dispositions de l'article L. 521-1 du code de justice administrative :
1°) de suspendre l'exécution de l'arrêté du 19 septembre 2023 par lequel le maire de la commune de Carpentras s'est opposé à la déclaration préalable que la société Cellnex France a déposée pour l'installation d'un relais de radiotéléphonie mobile sur la toiture d'un immeuble dénommé " résidence Montmirail ", situé 200, rue Olivier de Serres à Carpentras ;
2°) d'enjoindre au maire de Carpentras de délivrer à la société Cellnex France un arrêté de non-opposition à sa déclaration préalable, dans un délai d'un mois à compter de la notification de l'ordonnance à intervenir, sous astreinte de 500 euros par jour de retard et, subsidiairement, de procéder à une nouvelle instruction de sa déclaration préalable dans le même délai et sous la même astreinte ;
3°) de mettre à la charge de la commune de Carpentras la somme de 5 000 euros sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elles soutiennent que :
- la condition d'urgence est remplie eu égard à l'intérêt public attaché à la mission de service public à laquelle elles participent et du fait de leurs engagements auprès de l'Etat en matière de déploiement du réseau de téléphonie mobile sur le territoire national ;
- l'arrêté attaqué n'est pas suffisamment motivé ;
- les équipements projetés sur un immeuble ne respectant pas l'actuel article UD10 du règlement du plan local d'urbanisme sont étrangers à la règle méconnue qui ne s'applique qu'aux bâtiments et jusqu'à leur égout de toiture ou leur faitage, et non aux fausses cheminées ou installations techniques qui en sont nécessairement exclues ;
Par un mémoire en défense enregistré le 4 décembre 2023, la commune de Carpentras, représentée par Me d'Albenas, conclut au rejet de la requête et à ce qu'une somme de 5 000 euros soit mise à la charge des société Bouygues Télécom et Cellnex en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle fait valoir que :
- la société Bouygues Télécom qui n'a pas déposé la déclaration préalable à laquelle le maire s'est opposé et n'a pas donné de mandat à la société Cellenex ne justifie pas d'un intérêt pour agir ;
- la condition d'urgence n'est pas respectée car le secteur d'implantation du projet bénéficie déjà d'une couverture mobile 4G à hauteur de 99% de sa population et de 99% de sa surface par la société Bouygues Télécom ;
- les moyens invoqués ne sont pas propres à faire naître un doute sérieux quant à la légalité de l'arrêté contesté ;
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de l'urbanisme ;
- le code de justice administrative.
Le président du tribunal administratif de Nîmes a désigné M. Roux, vice-président, pour statuer sur les demandes de référés.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Au cours de l'audience publique tenue le 4 décembre 2023 à 14 heures ont été entendus :
- le rapport de M. Roux, juge des référés ;
- les observations de Me Miloux, pour les sociétés requérantes, qui a repris et développé les moyens invoqués dans ses écritures et insisté sur l'intérêt pour agir de la société Bouygues Télécom ainsi que sur l'existence d'un trou de couverture du secteur en cause, et de Me d'Albenas, représentant la commune de Carpentras, qui a repris et développé les moyens opposés dans ses écritures en défense en insistant sur l'absence d'intérêt pour agir justifié de la société Bouygues Télécom et d'obligation d'assurer la complète couverture du territoire concerné ;
La clôture de l'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience.
Considérant ce qui suit :
1. Par arrêté du 19 septembre 2023, le maire de la commune de Carpentras s'est opposé à la déclaration préalable de travaux déposée par la société Cellnex pour l'installation d'un relais de téléphonie mobile sur le toit de l'immeuble dénommé " Résidence Montmirail ", situé rue Olivier de Serres à Carpentras. Les sociétés Bouygues Télécom et Cellnex demandent au juge de référés, sur le fondement des dispositions de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, de prononcer la suspension de l'exécution de cet arrêté.
2. En application de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, quand une décision administrative, même de rejet, fait l'objet d'une requête en annulation ou en réformation, le juge des référés, saisi d'une demande en ce sens, peut ordonner la suspension de l'exécution de cette décision, ou de certains de ses effets, lorsque l'urgence le justifie et qu'il est fait état d'un moyen propre à créer, en l'état de l'instruction, un doute sérieux quant à sa légalité.
Sur l'intérêt pour agir de la société Bouygues Télécom :
3. La circonstance que l'un des auteurs d'une requête collective ne justifie pas d'un intérêt à agir ne fait pas obstacle à ce que les conclusions de cette requête soient jugées recevables, mais seulement à ce que le juge accueille les conclusions propres à ce requérant, telles celles tendant au remboursement des frais exposés par lui et non compris dans les dépens. Ainsi, la circonstance alléguée que la société Bouygues Télécom ne justifierait pas de son intérêt pour agir contre l'arrêté d'opposition à la déclaration préalable de travaux déposée par la seule société Cellnex France est, en tout état de cause, sans incidence sur la recevabilité des conclusions à fin de suspension de l'exécution de l'arrêté du 19 septembre 2023. De plus, il ressort des pièces du dossier et des accords contractuels passés avec la société Cellnex que le relais de téléphonie mobile objet des travaux sera mis à la disposition du réseau déployé et exploité par la société Bouygues Télécom qui justifie ainsi d'un intérêt pour agir contre la décision s'opposant à la réalisation des travaux. La fin de non-recevoir opposé par la commune de Carpentras doit donc être écartée.
Sur la condition d'urgence :
4. L'urgence justifie que soit prononcée la suspension d'un acte administratif lorsque l'exécution de celui-ci porte atteinte, de manière suffisamment grave et immédiate, à un intérêt public, à la situation du requérant ou aux intérêts qu'il entend défendre. Il appartient au juge des référés, lorsqu'il est saisi d'une demande de suspension d'une opposition à déclaration préalable, d'apprécier concrètement, compte tenu des justifications fournies par le requérant, si les effets de cette décision d'opposition sont de nature à caractériser une urgence justifiant que, sans attendre le jugement de la requête au fond, son exécution soit suspendue. L'urgence s'apprécie objectivement et compte tenu de l'ensemble des circonstances de chaque espèce, en tenant compte, notamment, des conséquences qui seraient susceptibles de résulter, pour les divers intérêts en présence, de la délivrance d'une autorisation d'urbanisme provisoire à l'issue d'un réexamen de la demande ordonné par le juge des référés.
5. Eu égard à l'intérêt public qui s'attache à la couverture du territoire national par le réseau de téléphonie mobile, aux intérêts propres de la société Bouygues Télécom qui a pris des engagements vis-à-vis de l'Etat quant à la couverture du territoire par son réseau et à l'objet même des travaux en cause, destinés au déploiement du réseau de téléphonie mobile sur une partie du territoire actuellement non entièrement couverte, l'exécution de la décision d'opposition à déclaration préalable en litige porte une atteinte suffisamment grave et immédiate à ces intérêts publics et privés et la condition d'urgence doit, dès lors, être regardée comme remplie.
Sur les moyens propres à faire naître un doute sérieux :
6. L'arrêté d'opposition en litige est fondé sur un motif unique relatif à la méconnaissance de la hauteur maximale autorisée par les dispositions de l'article UD10. En l'état de l'instruction, le moyen tiré de ce que les installations projetées en toiture d'un immeuble existant, dont la hauteur ne respecte pas les dispositions de l'article UD10 applicable aux bâtiments, sont étrangers à la règle ainsi méconnue est de nature à faire naître un doute sérieux quant à la légalité de l'arrêté.
7. Pour l'application des dispositions de l'article L. 600-4-1 du code de l'urbanisme, en l'état de l'instruction, aucun des autres moyens invoqués n'est susceptible de créer un doute sérieux sur la légalité du refus opposé.
8. Il résulte ce qui précède que les sociétés Bouygues Télécom et Cellnex France sont fondées à demander la suspension de l'exécution de l'arrêté du 19 septembre 2023.
Sur les conclusions à fin d'injonction et d'astreinte :
9. Aux termes de l'article L. 911-1 du code de justice administrative : " Lorsque sa décision implique nécessairement qu'une personne morale de droit public () prenne une mesure d'exécution dans un sens déterminé, la juridiction, saisi de conclusions en ce sens, prescrit, par la même décision, cette mesure assortie, le cas échéant, d'un délai d'exécution. ".
10. Eu égard aux motifs qui la fonde et à la portée des travaux, la suspension de l'exécution de la décision en litige implique nécessairement que le maire de Carpentras délivre à la société Cellnex France une décision provisoire de non-opposition à la déclaration préalable de travaux qu'elle a déposée, dans un délai d'un mois à compter de la notification de la présente ordonnance, sans qu'il soit nécessaire d'assortir cette mesure d'exécution de l'astreinte demandée par les sociétés requérantes.
Sur les frais liés à l'instance :
11. Il n'y a pas lieu, dans les circonstances de l'espèce, de faire droit aux conclusions présentées par les parties sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
O R D O N N E
Article 1er : l'exécution de l'arrêté du maire de Carpentras en date du 19 septembre 2023 est suspendue.
Article 2 : Il est enjoint au maire de Carpentras de délivrer à la société Cellnex France une décision provisoire de non-opposition à sa déclaration préalable de travaux, dans un délai d'un mois à compter de la notification de la présente ordonnance.
Article 3 : Le surplus des conclusions de la requête est rejeté.
Article 4 : La présente ordonnance sera notifiée à la société Bouygues Télécom, à la société Cellnex France et à la commune de Carpentras.
Fait à Nîmes, le 7 décembre 2023.
Le juge des référés,
G. ROUX
La République mande et ordonne à la préfète de Vaucluse en ce qui la concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis, en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
La greffière,
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026