LogoMeilleurAvocats.fr
AvocatsAssistant IABlogPrix
ConnexionDéposer ma demande

Vous avez un problème juridique ?

Décrivez votre situation en 2 minutes — un avocat spécialisé vous répond sous 24h.

Déposer ma demandeJe suis avocat
Logo MeilleurAvocats.frMeilleurAvocats.fr

Mise en relation avocat–client par l'IA. Gratuit pour les particuliers.

Particuliers

  • Déposer une demande
  • Trouver un avocat
  • Assistant IA gratuit
  • Bibliothèque juridique
  • Guides pratiques
  • Jurisprudence

Avocats

  • Pour les avocats
  • Espace avocat
  • Tarifs et formules
  • Recevoir des leads
  • Programme d'affiliation
  • Contact commercial

Spécialités

  • Droit général
  • Droit du travail
  • Droit de la sécurité sociale et de la protection sociale
  • Droit fiscal et droit douanier
  • Droit de la famille, des personnes et de leur patrimoine
  • Droit immobilier

Légal

  • Mentions légales
  • Confidentialité
  • CGU
  • Cookies
  • Contact

Newsletter juridique hebdomadaire

Décisions clés, évolutions législatives, conseils pratiques — chaque semaine.

© 2026 MeilleurAvocats.fr— KONSEIL SAS. Tous droits réservés.

Mentions légales|Confidentialité|Cookies

BOB★La messagerie française & cryptée pour des échanges confidentiels entre avocats et clients.

En savoir +TéléchargerBOB
AccueilJurisprudence administrativeN° TA30-2304432

Tribunal Administratif de Nîmes — Décision N° TA30-2304432

mardi 16 décembre 2025

JuridictionTribunal Administratif de Nîmes
SectionTribunal Administratif de Nîmes
N° DossierTA30-2304432
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
Formation1ère Chambre
Avocat requérantSCP LEMOINE CLABEAUT

Résumé IA

Le Tribunal Administratif de Nîmes a rejeté la requête de M. et Mme B... demandant l'annulation de l'arrêté du 25 septembre 2023 par lequel le maire de Ribaute-les-Tavernes ne s'est pas opposé à la déclaration préalable de M. D... pour la construction d'une piscine et d'une terrasse. Le tribunal a écarté le moyen tiré du caractère incomplet du dossier de déclaration préalable, estimant que les photographies n'étaient pas exigées car le projet n'était pas visible depuis l'espace public, et que le plan 3D fourni était suffisant au regard de l'article R. 431-36 du code de l'urbanisme. La solution retenue est le rejet des conclusions à fin d'annulation, sans qu'il soit besoin d'examiner les autres moyens ou les demandes subsidiaires.

Texte intégral

Vu la procédure suivante :


Par une requête et un mémoire, enregistrés les 23 novembre 2023 et 6 novembre 2025, M. et Mme A... B..., représentés par la SCP Lemoine - Clabeaut, demandent au tribunal :

1°) d’annuler l’arrêté du 25 septembre 2025 par lequel le maire de Ribaute-les-Tavernes ne s’est pas opposé aux travaux déclarés par M. D... ;

2°) de mettre à la charge de la commune de Ribaute-les-Tavernes la somme de 1 500 euros au titre des dispositions de l’article L. 761-1 du code de justice administrative.


Ils soutiennent que :
- le dossier de déclaration préalable est incomplet ;
- le projet méconnait le règlement du lotissement ;
- il méconnaît les dispositions de l’article R. 111-2 du code de l’urbanisme.





Par des mémoires en défense, enregistrés les 15 février et 3 avril 2024, la commune de Ribaute-les-Tavernes, représentée par Me Audouin conclut au rejet de la requête ou, subsidiairement, à ce qu’il soit fait application des articles L. 600-5 ou L. 600-5-1 du code de l’urbanisme, et à ce que la somme de 2 500 euros soit mise à la charge des requérants au titre de l’article L. 761-1 du code de justice administrative.

Elle fait valoir que :
- les requérants ne justifient pas d’un intérêt à agir ;
- les moyens invoqués par les requérants ne sont pas fondés.


Par un mémoire en défense, enregistré le 16 octobre 2025, M. C... D..., conclut au rejet de la requête et demande au tribunal de condamner M. et Mme B... à lui verser la somme globale de 8 000 euros au titre de l’article L. 600-7 du code de l’urbanisme ainsi que les entiers dépens.

Il fait valoir que :
- les moyens soulevés dans la requête ne sont pas fondés ;
- le recours formé par M. et Mme B... révèle un comportement abusif qui lui a causé un préjudice financier à hauteur de 8 000 euros.


Vu les autres pièces du dossier.

Vu :
- le code de l’urbanisme ;
- le code de justice administrative.


Les parties ont été régulièrement averties du jour de l’audience.

Ont été entendus au cours de l’audience publique :
- le rapport de Mme Hoenen,
- les conclusions de Mme Poullain, rapporteure publique,
- les observations de Me Lorion, représentant les requérants et de Me Audouin, représentant la commune de Ribaute-les-Tavernes.



Considérant ce qui suit :

1. Le 16 septembre 2023, M. D... a déposé, auprès des services de la commune de Ribaute-les-Tavernes, une déclaration préalable de travaux en vue de la construction d’une piscine en béton armé et d’une terrasse carrelée, sur un terrain situé 203 G, chemin de la cave, parcelle cadastrée section AR n° 628, classé en zone UC du plan local d’urbanisme (PLU). Les époux B... demandent au tribunal d’annuler l’arrêté du 25 septembre 2023 par lequel le maire de Ribaute-les-Tavernes ne s’est pas opposé à cette déclaration préalable.





Sur les conclusions à fin d’annulation :

2. En premier lieu, aux termes de l’article R. 431-36 du code de l’urbanisme, dans sa rédaction en vigueur à la date du dépôt de la demande de déclaration préalable : « Le dossier joint à la déclaration comprend : / a) Un plan permettant de connaître la situation du terrain à l'intérieur de la commune ; / b) Un plan de masse coté dans les trois dimensions lorsque le projet a pour effet de créer une construction ou de modifier le volume d'une construction existante ; / c) Une représentation de l'aspect extérieur de la construction faisant apparaître les modifications projetées et si le projet a pour effet de modifier celui-ci ; (…) / Il est complété, s'il y a lieu, par les documents mentionnés aux a et b de l'article R. 431-10, à l'article R. 431-14, aux b et g de l'article R. 431-16 et aux articles R. 431-18, R. 431-18-1, R. 431-21, R. 431-23-2, R. 431-25, R. 431-31 à R. 431-33 et R. 431-34-1. / Ces pièces sont fournies sous l'entière responsabilité des demandeurs. / Lorsque la déclaration porte sur un projet de création ou de modification d'une construction et que ce projet est visible depuis l'espace public ou que ce projet est situé dans le périmètre d'un site patrimonial remarquable ou dans les abords des monuments historiques, le dossier comprend également les documents mentionnés aux c et d de l'article R. 431-10. / Aucune autre information ou pièce ne peut être exigée par l'autorité compétente. ». Aux termes de l’article R. 431-10 du code de l'urbanisme : « Le projet architectural comprend également : (…) d) Deux documents photographiques permettant de situer le terrain respectivement dans l'environnement proche et, sauf si le demandeur justifie qu'aucune photographie de loin n'est possible, dans le paysage lointain. Les points et les angles des prises de vue sont reportés sur le plan de situation et le plan de masse. ».

3. D’une part, les requérants soutiennent qu’aucun document photographique ne figure au dossier de déclaration préalable ne permettant pas d’apprécier l’insertion du projet dans son environnement proche et lointain. Toutefois, les dispositions précitées n’imposent pas que ce dossier comprenne des photographies permettant de situer le terrain dans son environnement proche et lointain, dès lors que la construction n’est pas visible depuis la voie publique. Or, il ressort des photographies produites par la commune que le projet n’est pas visible depuis l’espace public. D’autre part, le dossier de déclaration préalable comprend un plan « vue 3D » représentant la construction existante avec la terrasse et la piscine projetée conformément aux dispositions de l’article R. 431-36 précité. Par suite, le moyen tiré du caractère incomplet du dossier de déclaration préalable doit être écarté.

4. En deuxième lieu, aux termes de l’article R. 111-2 du code de l’urbanisme : « Le projet peut être refusé ou n'être accepté que sous réserve de l'observation de prescriptions spéciales s'il est de nature à porter atteinte à la salubrité ou à la sécurité publique du fait de sa situation, de ses caractéristiques, de son importance ou de son implantation à proximité d'autres installations. ».

5. Il appartient à l’autorité d’urbanisme compétente et au juge de l’excès de pouvoir, pour apprécier si les risques d’atteintes à la salubrité ou à la sécurité publique justifient un refus de permis de construire sur le fondement de l’article R. 111-2 du code de l’urbanisme, de tenir compte tant de la probabilité de réalisation de ces risques que de la gravité de leurs conséquences, s’ils se réalisent.



6. Aucune disposition n’impose la production d’une étude de sol avant la réalisation du projet litigieux. D’autre part, si les requérants font valoir que le projet se trouve en zone de ruissellement par l’étude EXZECO et que la construction de la piscine litigieuse aura un impact sur la gestion des eaux pluviales, ils n’apportent aucun commencement de preuve d’un risque pour la sécurité publique. Ainsi, compte tenu de la faiblesse du risque d’aléa et de la nature du projet, le moyen tiré de l’erreur manifeste d’appréciation au regard des dispositions de l’article R. 111-2 du code de l’urbanisme doit être écarté.

7. En dernier lieu, aux termes de l’article L. 442-9 du code de l’urbanisme : « Les règles d'urbanisme contenues dans les documents du lotissement, notamment le règlement, le cahier des charges s'il a été approuvé ou les clauses de nature réglementaire du cahier des charges s'il n'a pas été approuvé, deviennent caduques au terme de dix années à compter de la délivrance de l'autorisation de lotir si, à cette date, le lotissement est couvert par un plan local d'urbanisme ou un document d'urbanisme en tenant lieu. (…) ». Il résulte de ces dispositions que, tant qu’ils ne sont pas caducs, les documents du lotissement, parmi lesquels le règlement qui revêt un caractère réglementaire, s’appliquent aux demandes de permis de construire présentées dans ce cadre.

8. Si les requérants font état de la méconnaissance du règlement du lotissement par le projet litigieux, ce moyen n’est pas assorti de précisions permettant d’en apprécier le bien-fondé. En tout état de cause, il ressort des pièces du dossier que le terrain d’assiette du projet de M. D... est inclus dans le lotissement « Les jardins de la gare », dont la réalisation a été autorisée par un permis d’aménager délivré par le maire de Ribaute-les-Tavernes, le 28 juin 2007. Le règlement du plan local d’urbanisme de la commune de Ribaute-les-Tavernes, consultable sur le site internet de la ville, ayant été approuvé par délibération du 29 janvier 2020, les règles d’urbanisme figurant dans le cahier des charges de ce lotissement avaient donc, conformément aux dispositions précitées de l’article L. 442-9, définitivement cessé d’être applicables antérieurement au 25 septembre 2023, date de la décision attaquée. Par suite, le moyen tiré de la méconnaissance du règlement du lotissement est inopérant et ne peut, dès lors, qu’être écarté.

9. Il résulte de tout ce qui précède que, sans qu’il soit besoin d’examiner la fin de non-recevoir opposée en défense, les époux B... ne sont pas fondés à demander l’annulation de l’arrêté du maire de Ribaute-les-Tavernes du 25 septembre 2023.


Sur les conclusions présentées au titre de l’article L. 600-7 du code de l’urbanisme et tendant au versement de dommages et intérêts :

10. Aux termes de l’article L. 600-7 du code de l’urbanisme : « Lorsque le droit de former un recours pour excès de pouvoir contre un permis de construire, de démolir ou d'aménager est mis en œuvre dans des conditions qui traduisent un comportement abusif de la part du requérant et qui causent un préjudice au bénéficiaire du permis, celui-ci peut demander, par un mémoire distinct, au juge administratif saisi du recours de condamner l'auteur de celui-ci à lui allouer des dommages et intérêts. (…) »

11. Il résulte de leurs termes mêmes que ces dispositions ne sont pas applicables aux litiges tendant à l’annulation pour excès de pouvoir d’une décision de non-opposition à une déclaration préalable. Par suite, les conclusions présentées par M. D... sur le fondement des dispositions précitées de l’article L.600-7 du code de l’urbanisme sont irrecevables et doivent être rejetées.

Sur les frais liés au litige :

12. En l’absence de dépens au sens de l’article R. 761-1 du code de justice administrative, les conclusions tendant à leur remboursement doivent être rejetées.

13. Les dispositions de l’article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que soit mise à la charge de la commune de Ribaute-les-Tavernes, qui n’est pas la partie perdante dans la présente instance, une quelconque somme au titre des frais non compris dans les dépens. En revanche, il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge de M. et Mme B... la somme de 2 500 euros que la commune de Ribaute-les-Tavernes demande au titre de ces dispositions.


D E C I D E :

Article 1er : La requête des époux B... est rejetée.

Article 2 : M. et Mme B... verseront à la commune de Ribaute-les-Tavernes la somme de 2 500 euros au titre de l’article L. 761-1 du code de justice administrative.

Article 3 : Le conclusions de M. D... tendant à la mise en œuvre des dispositions de l’article L. 600-7 du code de l’urbanisme sont rejetées

Article 4 : Le présent jugement sera notifié à M. et Mme A... B..., à la commune de Ribaute-les-Tavernes et à M. C... D....

Délibéré après l'audience du 2 décembre 2025, à laquelle siégeaient :

Mme Boyer, présidente,
Mme Vosgien, première conseillère,
Mme Hoenen, conseillère.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 16 décembre 2025.

La rapporteure,




A-S. HOENEN


La présidente,




C. BOYERLa greffière,




N. LASNIER

La République mande et ordonne au préfet du Gard en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Décisions similaires

CEExcès de pouvoir

Conseil d'État — N° 516229

Le juge des référés du Conseil d'État a rejeté la requête de M. B... qui demandait la suspension de l'exécution de la loi du pays n° 2026-4 du 15 mai 2026 portant création du code des douanes de Polynésie française. Le requérant invoquait une atteinte grave à plusieurs libertés fondamentales, mais le juge a estimé qu'il n'apportait aucun élément caractérisant une situation d'urgence justifiant une mesure de sauvegarde à très bref délai. La décision a été prise sur le fondement de l'article L. 521-2 du code de justice administrative, en application de la procédure simplifiée prévue à l'article L. 522-3 du même code.

01/06/2026

CEExcès de pouvoir

Conseil d'État — N° 515333

Le juge des référés du Conseil d'État a rejeté la requête de Mme A..., magistrate, qui demandait le report et l'encadrement de ses auditions par l'inspection générale de la justice (IGJ) dans le cadre d'une enquête administrative. La requérante invoquait une atteinte grave à ses droits de la défense, à sa dignité et à l'indépendance juridictionnelle. Le juge a estimé que l'audition prévue du 4 au 7 mai 2026, qui ne préjugeait pas de l'issue de l'enquête ni d'éventuelles poursuites disciplinaires, n'était pas susceptible de porter une atteinte manifestement disproportionnée à ses droits. La décision a été prise sur le fondement de l'article L. 521-2 du code de justice administrative, la condition d'urgence n'étant pas retenue comme caractérisant une illégalité grave.

03/05/2026

CEExcès de pouvoir

Conseil d'État — N° 509298

Le Conseil d'État rejette la requête de M. A... pour défaut d'intérêt à agir, les circonstances invoquées (qualité de citoyen, d'usager ou de professionnel) n'étant pas suffisamment directes et certaines pour contester la nomination du président du conseil d'administration de l'OFII. La portée de cette décision est de rappeler la rigueur du contrôle de l'intérêt à agir en matière de nominations aux emplois publics.

09/04/2026

CEExcès de pouvoir

Conseil d'État — N° 507528

Le Conseil d'État refuse d'admettre le pourvoi de La Poste contre l'ordonnance ayant suspendu la révocation de M. B..., estimant qu'aucun moyen sérieux n'est soulevé.

09/04/2026

← Retour aux décisions