vendredi 8 décembre 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Nîmes |
| Section | Tribunal Administratif de Nîmes |
| N° Dossier | TA30-2304440 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 29 novembre 2023, M. A B, représenté par la SCP Massal Vergani, demande au juge des référés :
1°) d'ordonner, sur le fondement des dispositions de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, la suspension de la décision du 6 octobre 2023, jusqu'à ce qu'il soit statué au fond sur la légalité de cette décision ;
2°) de mettre à la charge de l'État la somme de 2 000 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et les entiers dépens.
Il soutient que :
- le doute sérieux quant à la légalité de l'acte attaqué est avéré dès lors que la décision " 48SI " lui a été notifiée après la réalisation d'un stage de sensibilisation à la sécurité routière ;
- le caractère urgent est avéré dès lors que cette suspension de permis de conduire lui fait encourir un risque de licenciement.
Par un mémoire en défense, enregistré le 5 décembre 2023, le ministre de l'intérieur et des outre-mer conclut au non-lieu à statuer sur les conclusions de M. B tendant à la suspension de la décision " 48SI " et au rejet du surplus de ses conclusions.
Vu les pièces du dossier.
Vu le code de justice administrative.
Le président du tribunal a désigné M. Peretti, vice-président, en application de l'article L.511-2 du code de justice administrative.
Considérant ce qui suit :
1. Par une décision référencée " 48 SI " du 6 octobre 2023, notifiée à M. B le 9 novembre 2023, le ministre de l'intérieur a invalidé le permis de conduire du requérant pour solde de points nul. Par la présente requête, M. B demande au juge des référés, statuant par application de l'article L. 521-1 du code de justice administrative d'ordonner la suspension de l'exécution de cette décision.
Sur les conclusions aux fins de suspension :
2. Aux termes de l'article R. 222-1 du code de justice administrative : " Les présidents de tribunal administratif (), les premiers vice-présidents des tribunaux (), le vice-président du tribunal administratif de Paris, les présidents de formation de jugement des tribunaux () et les magistrats ayant une ancienneté minimale de deux ans et ayant atteint au moins le grade de premier conseiller désignés à cet effet par le président de leur juridiction peuvent, par ordonnance : () / 3' Constater qu'il n'y a pas lieu de statuer sur une requête ; () / 5° Statuer sur les requêtes qui ne présentent plus à juger de questions autres que la condamnation prévue à l'article L. 761-1 ou la charge des dépens () ".
3. Il résulte de l'instruction et notamment des mentions du relevé d'information intégral du permis de conduire de M. B que le ministre de l'intérieur a, le 5 décembre 2023, crédité rétrospectivement le permis de conduire du requérant de quatre points qui présente dès lors un solde positif. Le ministre a ainsi nécessairement procédé, postérieurement à l'introduction de la requête, au retrait de la décision " 48SI " en date 6 octobre 2023 portant invalidation du permis de conduire de M. B pour solde de points nul.
4. Dans ces conditions, il n'y a plus lieu de statuer sur la requête qui est devenue sans objet.
Sur les frais du litige :
5. Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge de l'Etat la somme de 1 000 euros au titre des frais exposés par M. B et non compris dans les dépens.
ORDONNE :
Article 1er : Il n'y a plus lieu de statuer sur les conclusions tendant à ce que soit ordonnée la suspension de l'exécution de la décision " 48SI " du 6 octobre 2023 du ministre de l'intérieur en tant qu'elle invalide, pour solde de points nul, le permis de conduire de M. B.
Article 2 : L'Etat versera à M. B la somme de 1 000 euros, sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Article 3 : Le présent jugement sera notifié à M. A B et au ministre de l'intérieur.
Fait à Nîmes, le 8 décembre 2023.
Le juge des référés,
P. PERETTI
La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur en ce qui le concerne ou à tous huissiers de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
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