mardi 2 avril 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Nîmes |
| Section | Tribunal Administratif de Nîmes |
| N° Dossier | TA30-2304655 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | D |
| Formation | 4ème chambre magistrat statuant seul |
| Avocat requérant | BRUNA-ROSSO |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 12 décembre 2023 sous le n° 2304655, Mme A B, représentée par Me Bruna-Rosso, avocat, demande au tribunal :
1°) d'annuler la décision en date du 28 septembre 2023 par laquelle la préfète de Vaucluse a mis fin à sa prise en charge ainsi que celle de son fils en hébergement d'urgence ;
2°) d'enjoindre à la préfète de Vaucluse de maintenir son droit à l'hébergement d'urgence et celui de son fils, jusqu'à la décision de la cour administrative d'appel de Toulouse, et au-delà en cas d'annulation de la décision portant obligation de quitter le territoire français ;
3°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 1 400 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et des article 37 et 75-1 e la loi du 10 juillet 1991, à verser à Me Bruna-Rosso sous réserve de la renonciation de celui-ci à percevoir la part contributive de l'Etat à la mission d'aide juridictionnelle.
Mme B soutient que :
- la décision attaquée est entachée d'une erreur de droit dès lors qu'elle méconnait les dispositions des article L. 345-2, L.345-2-2 et L.345-2-3 du code de l'action sociale et des familles ;
- elle peut encore bénéficier de l'hébergement d'urgence dès lors qu'elle n'a pas épuisé toutes les voies de recours contre la décision portant obligation de quitter le territoire français dont elle fait l'objet ;
- l'autorité compétente n'a pas pris en compte sa situation familiale, et notamment la présence de son enfant de 12 ans.
La préfète de Vaucluse n'a pas produit d'observations.
Le bureau d'aide juridictionnelle a admis Mme B au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale par décision du 23 janvier 2024.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
-le code de l'action sociale et des familles ;
-le code de justice administrative.
Le président du tribunal a désigné Mme Chamot, vice-présidente, pour statuer sur les litiges énumérés par l'article R. 222-13 du code de justice administrative.
En application de l'article R. 732-1-1 du code de justice administrative, la rapporteure publique a été dispensée, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Le rapport de Mme Chamot a été entendu au cours de l'audience publique, en l'absence des parties.
La clôture de l'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience.
Considérant ce qui suit :
1. Mme B, ressortissante congolaise, est accueillie avec son enfant âgé de 12 ans au sein du dispositif d'hébergement d'urgence géré par l'association Cité Caritas à Avignon depuis le 13 avril 2022. Mme B demande l'annulation de la décision du 28 septembre 2023 par laquelle la préfète de Vaucluse a mis fin à sa prise en charge au titre de l'hébergement d'urgence au motif que sa situation administrative ne lui permettrait pas de lui proposer une orientation vers une structure d'insertion stable, de soins ou vers un logement adapté à sa situation.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
2. Aux termes des dispositions de l'article L. 345-2 du code de l'action sociale et des familles : " Dans chaque département est mis en place, sous l'autorité du représentant de l'Etat, un dispositif de veille sociale chargé d'accueillir les personnes sans abri ou en détresse, de procéder à une première évaluation de leur situation médicale, psychique et sociale et de les orienter vers les structures ou services qu'appelle leur état. Cette orientation est assurée par un service intégré d'accueil et d'orientation, dans les conditions définies par la convention conclue avec le représentant de l'Etat dans le département, prévue à l'article L. 345-2-4. / Ce dispositif fonctionne sans interruption et peut être saisi par toute personne, organisme ou collectivité ". En vertu des dispositions de l'article L. 345-2-2 du même code : " Toute personne sans abri en situation de détresse médicale, psychique ou sociale a accès, à tout moment, à un dispositif d'hébergement d'urgence () ". Aux termes de l'article L. 345-2-3 du même code : " Toute personne accueillie dans une structure d'hébergement d'urgence doit pouvoir y bénéficier d'un accompagnement personnalisé et y demeurer, dès lors qu'elle le souhaite, jusqu'à ce qu'une orientation lui soit proposée. Cette orientation est effectuée vers une structure d'hébergement stable ou de soins, ou vers un logement, adaptés à sa situation. ". Enfin, aux termes de l'article L. 121-7 du même code : " Sont à la charge de l'Etat au titre de l'aide sociale : () 8° Les mesures d'aide sociale en matière de logement, d'hébergement et de réinsertion, mentionnées aux articles L. 345-1 à L. 345-3 () ".
3. En premier lieu, il résulte de ces dispositions que toute personne sans abri en situation de détresse médicale, psychique ou sociale a le droit de bénéficier d'un hébergement d'urgence et de s'y maintenir. Il ne peut être mis fin à ce dispositif, sans le consentement du bénéficiaire, dès lors qu'il demeure sans abri et jusqu'à ce qu'une orientation lui soit proposée vers une structure d'hébergement stable, de soins, ou vers un logement, adaptés à sa situation.
4. En second lieu, il résulte du caractère inconditionnel de ce droit qu'il est ouvert dans les mêmes conditions aux ressortissants étrangers en situation irrégulière, y compris ceux ayant fait l'objet d'une obligation de quitter le territoire français ou dont la demande d'asile a été définitivement rejetée, sans que le bénéfice d'une telle mesure leur ouvre un quelconque droit au séjour sur le territoire français ou fasse obstacle à l'édiction d'une mesure d'éloignement à leur encontre ou à son exécution.
5. Les circonstances que Mme B fasse l'objet d'une obligation de quitter le territoire et que sa demande d'asile ait définitivement été rejetée ne font pas obstacle par principe à ce qu'elle soit maintenue dans le dispositif d'hébergement d'urgence. Par suite, en se fondant sur la circonstance que la situation administrative de Mme B ne permettait pas de lui proposer une orientation vers une structure d'insertion stable, de soins, ou vers un logement qui soit adapté à sa situation, alors que les dispositions de l'article L. 345-2-3 précité ne prévoient pas une telle condition, la préfète de Vaucluse a entaché sa décision d'une erreur de droit.
6. Il résulte de tout ce qui précède que Mme B est fondée à demander l'annulation de la décision du 28 septembre 2023 par laquelle la préfète de Vaucluse a mis fin à sa prise en charge et celle de son fils, dans le cadre du dispositif de l'hébergement d'urgence.
Sur les conclusions à fin d'injonction :
7. Aux termes des dispositions de l'article L. 911-1 du code de justice administrative : " Lorsque sa décision implique nécessairement qu'une personne morale de droit public ou un organisme de droit privé chargé de la gestion d'un service public prenne une mesure d'exécution dans un sens déterminé, la juridiction, saisie de conclusions en ce sens, prescrit, par la même décision, cette mesure assortie, le cas échéant, d'un délai d'exécution. / La juridiction peut également prescrire d'office cette mesure ".
8. L'annulation de la décision du 28 septembre 2023 par laquelle la préfète de Vaucluse a mis fin à la prise en charge de Mme B et son fils en hébergement d'urgence, implique nécessairement, eu égard au motif qui la fonde, qu'il soit enjoint à la préfète de Vaucluse de réexaminer la situation de la requérante.
Sur les frais relatifs au litige :
9. Sous réserve de la renonciation de Me Bruna-Rosso à percevoir la part contributive de l'Etat, ce dernier versera la somme de 1 000 euros à Me Bruna-Rossa, au titre des articles 37 et 75-1 de la loi du 10 juillet 1991 et L.761-1 du code de justice administrative.
D E C I D E :
Article 1er : La décision du 28 septembre 2023 par laquelle la préfète de Vaucluse a mis fin à la prise en charge de Mme B et de son fils dans le cadre du dispositif d'hébergement d'urgence est annulée.
Article 2 : Il est enjoint au préfet de Vaucluse de réexaminer la situation de Mme B.
Article 3 : L'Etat versera la somme de 1 000 euros à Me Bruna-Ross, au titre des articles 37 et 75-1 de la loi du 10 juillet 1991 et L.761-1 du code de justice administrative, sous réserve de la renonciation de Me Bruna-Rosso à percevoir la part contributive de l'Etat.
Article 4 : Le surplus de la requête est rejeté.
Article 5 : Le présent jugement sera notifié à Mme B, à Me Bruna-Rosso, au ministre de la transition écologique et de la cohésion des territoires.
Copie en sera adressée au préfet de Vaucluse.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 2 avril 2024
La magistrate désignée,
C. CHAMOT
Le greffier,
B. MAS-JAY
La République mande et ordonne au ministre de la transition écologique et de la cohésion des territoires en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026