LogoMeilleurAvocats.fr
AvocatsNos servicesBlogPrix
ConnexionDéposer ma demande

Vous avez un problème juridique ?

Décrivez votre situation en 2 minutes. C'est gratuit, et vos coordonnées ne sont transmises qu'avec votre accord.

Déposer ma demandeJe suis avocat
Logo MeilleurAvocats.frMeilleurAvocats.fr

Mise en relation entre particuliers et avocats. Gratuit pour les particuliers.

Particuliers

  • Déposer une demande
  • Nos services
  • Trouver un avocat
  • Calculateurs juridiques
  • Bibliothèque juridique
  • Guides pratiques
  • Jurisprudence

Avocats

  • Pour les avocats
  • Nos services
  • Espace avocat
  • Tarifs et formules
  • Recevoir des leads
  • Programme d'affiliation
  • Contact commercial

Spécialités

  • Droit général
  • Droit du travail
  • Droit de la sécurité sociale et de la protection sociale
  • Droit fiscal et droit douanier
  • Droit de la famille, des personnes et de leur patrimoine
  • Droit immobilier

Légal

  • Mentions légales
  • Confidentialité
  • CGU
  • Cookies
  • Contact

Newsletter juridique hebdomadaire

Décisions clés, évolutions législatives, conseils pratiques — chaque semaine.

© 2026 MeilleurAvocats.fr— KONSEIL SAS. Tous droits réservés.

Mentions légales|Confidentialité|Cookies

BOB★La messagerie française & cryptée pour des échanges confidentiels entre avocats et clients.

En savoir +TéléchargerBOB
AccueilJurisprudence administrativeN° TA30-2400116

Tribunal Administratif de Nîmes — Décision N° TA30-2400116

vendredi 19 avril 2024

JuridictionTribunal Administratif de Nîmes
SectionTribunal Administratif de Nîmes
N° DossierTA30-2400116
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
Formation3ème chambre

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête enregistrée le 10 janvier 2024, complétée par un mémoire enregistré le 22 février 2024, M. C B, représenté par Me Mabilon, demande au tribunal :

1°) avant-dire droit, en tant que de besoin, d'ordonner une expertise aux fins d'évaluer son état de santé,

2°) d'annuler l'arrêté n° REG/84/2023/1205 du 5 décembre 2023 par lequel la préfète de Vaucluse refuse de l'admettre au séjour et l'oblige à quitter le territoire français dans le délai de 45 jours,

3°) d'enjoindre la délivrance d'un titre de séjour en qualité d'étranger malade dans un délai de 15 jours, subsidiairement le réexamen de sa situation dans un délai de 3 mois et de lui délivrer, dans l'attente, une autorisation provisoire de séjour sous astreinte de 50 euros par jour de retard,

4°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 1 500 euros sur le fondement des dispositions de l'article L.761-1 du code de justice administrative.

Il soutient que :

- le refus de titre de séjour est insuffisamment motivé ;

- il n'a pas été procédé à un examen particulier de sa situation personnelle ;

- la procédure est irrégulière dès lors qu'il n'est pas établi que le médecin rapporteur n'a pas siégé au sein du collège ayant émis l'avis, que l'avis a bien été émis en la forme collégiale et que les membres du collège étaient compétents ; la régularité de la composition du collège de médecins de l'OFFI n'est pas établie ;

- l'avis rendu par le collège des médecins est lacunaire et contradictoire, en l'absence d'indication sur la possibilité de suivre son traitement au Maroc ;

- le refus de titre méconnaît les dispositions de l'article L. 425-9 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile dès lors qu'il n'aura effectivement pas accès à son traitement au Maroc et que les pathologies dont il souffre, psychiques et physiques, sont d'une exceptionnelle gravité ;

- compte tenu de sa situation exceptionnelle du requérant, dont le parcours médical et la vie privée et familiale en France, sa régularisation était légitime et fondée sur le fondement de l'article L. 435-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- il méconnaît l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ainsi que les dispositions de l'article L. 423-23 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ; il est parfaitement intégré en France depuis 2019 ;

- la préfète a commis une erreur manifeste dans l'appréciation des conséquences de la décision sur sa situation personnelle ;

- l'obligation de quitter le territoire français doit être annulée en conséquence de l'illégalité de la décision de refus de séjour ;

- elle est insuffisamment motivée ;

- elle est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation.

Par un mémoire en défense enregistré le 24 janvier 2024, la préfète de Vaucluse conclut au rejet de la requête.

Elle fait valoir que les moyens soulevés ne sont pas fondés.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- le code des relations entre le public et l'administration ;

- le code de justice administrative.

M. B a été admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale par une décision du 23 janvier 2024.

Le président de la formation de jugement a dispensé la rapporteure publique, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Le rapport de M. Parisien a été entendu, au cours de l'audience publique.

Considérant ce qui suit :

1. M. B, ressortissant marocain né le 1er janvier 1993, est entré en France à une date indéterminée via l'Espagne, et il a disposé d'un visa pluriannuel " saisonnier " valable du 11 octobre 2019 au 18 octobre 2022. Par demande du 2 août 2023, M. B a sollicité une admission au séjour au titre de l'article L.425-9 du CESEDA. Le Collège des médecins de l'OFII ayant rendu un avis défavorable à sa demande le 19 octobre 2023, le préfet de Vaucluse a pris à son encontre le 5 décembre 2023 un arrêté portant refus de séjour assorti d'une obligation de quitter le territoire français. M. B demande l'annulation de cet arrêté.

Sur les conclusions à fin d'annulation :

En ce qui concerne la décision portant refus de titre de séjour :

2. Aux termes de l'article L. 425-9 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'étranger, résidant habituellement en France, dont l'état de santé nécessite une prise en charge médicale dont le défaut pourrait avoir pour lui des conséquences d'une exceptionnelle gravité et qui, eu égard à l'offre de soins et aux caractéristiques du système de santé dans le pays dont il est originaire, ne pourrait pas y bénéficier effectivement d'un traitement approprié, se voit délivrer une carte de séjour temporaire portant la mention " vie privée et familiale " d'une durée d'un an. La condition prévue à l'article L. 412-1 n'est pas opposable. / La décision de délivrer cette carte de séjour est prise par l'autorité administrative après avis d'un collège de médecins du service médical de l'Office français de l'immigration et de l'intégration, dans des conditions définies par décret en Conseil d'Etat. Sous réserve de l'accord de l'étranger et dans le respect des règles de déontologie médicale, les médecins de l'office peuvent demander aux professionnels de santé qui en disposent les informations médicales nécessaires à l'accomplissement de cette mission. Les médecins de l'office accomplissent cette mission dans le respect des orientations générales fixées par le ministre chargé de la santé./ Si le collège de médecins estime dans son avis que les conditions précitées sont réunies, l'autorité administrative ne peut refuser la délivrance du titre de séjour que par une décision spécialement motivée () ".

3. Aux termes de l'article L. 425-9 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'étranger, résidant habituellement en France, dont l'état de santé nécessite une prise en charge médicale dont le défaut pourrait avoir pour lui des conséquences d'une exceptionnelle gravité et qui, eu égard à l'offre de soins et aux caractéristiques du système de santé dans le pays dont il est originaire, ne pourrait pas y bénéficier effectivement d'un traitement approprié, se voit délivrer une carte de séjour temporaire portant la mention " vie privée et familiale " d'une durée d'un an. La condition prévue à l'article L. 412-1 n'est pas opposable. / La décision de délivrer cette carte de séjour est prise par l'autorité administrative après avis d'un collège de médecins du service médical de l'Office français de l'immigration et de l'intégration, dans des conditions définies par décret en Conseil d'Etat. Sous réserve de l'accord de l'étranger et dans le respect des règles de déontologie médicale, les médecins de l'office peuvent demander aux professionnels de santé qui en disposent les informations médicales nécessaires à l'accomplissement de cette mission. Les médecins de l'office accomplissent cette mission dans le respect des orientations générales fixées par le ministre chargé de la santé. / Si le collège de médecins estime dans son avis que les conditions précitées sont réunies, l'autorité administrative ne peut refuser la délivrance du titre de séjour que par une décision spécialement motivée () ". L'article R. 425-11 du même code dispose : " Pour l'application de l'article L. 425-9, le préfet délivre la carte de séjour temporaire portant la mention " vie privée et familiale " au vu d'un avis émis par un collège de médecins à compétence nationale de l'Office français de l'immigration et de l'intégration./ L'avis est émis dans les conditions fixées par arrêté du ministre chargé de l'immigration et du ministre chargé de la santé au vu, d'une part, d'un rapport médical établi par un médecin de l'office et, d'autre part, des informations disponibles sur les possibilités de bénéficier effectivement d'un traitement approprié dans le pays d'origine de l'intéressé./ Les orientations générales mentionnées au troisième alinéa de l'article L. 425-9 sont fixées par arrêté du ministre chargé de la santé. ". En vertu de l'article R. 425-12 de ce code : " Le rapport médical mentionné à l'article R. 425-11 est établi par un médecin de l'Office français de l'immigration et de l'intégration à partir d'un certificat médical établi par le médecin qui suit habituellement le demandeur ou par un médecin praticien hospitalier inscrits au tableau de l'ordre, dans les conditions prévues par l'arrêté mentionné au deuxième alinéa du même article. Le médecin de l'office peut solliciter, le cas échéant, le médecin qui suit habituellement le demandeur ou le médecin praticien hospitalier. Il en informe le demandeur. Il peut également convoquer le demandeur pour l'examiner et faire procéder aux examens estimés nécessaires. Le demandeur présente au service médical de l'office les documents justifiant de son identité. A défaut de réponse dans le délai de quinze jours, ou si le demandeur ne se présente pas à la convocation qui lui a été fixée, ou s'il n'a pas présenté les documents justifiant de son identité le médecin de l'office établit son rapport au vu des éléments dont il dispose et y indique que le demandeur n'a pas répondu à sa convocation ou n'a pas justifié de son identité. Il transmet son rapport médical au collège de médecins () ". Aux termes de l'article 6 de l'arrêté du 27 décembre 2016 relatif aux conditions d'établissement et de transmission des certificats médicaux, rapports médicaux et avis mentionnés aux articles R. 313-22, R. 313-23 et R. 511-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Au vu du rapport médical mentionné à l'article 3, un collège de médecins désigné pour chaque dossier dans les conditions prévues à l'article 5 émet un avis, conformément au modèle figurant à l'annexe C du présent arrêté, précisant: / a) si l'état de santé de l'étranger nécessite ou non une prise en charge médicale ; / b) si le défaut de cette prise en charge peut ou non entraîner des conséquences d'une exceptionnelle gravité sur son état de santé ; / c) si, eu égard à l'offre de soins et aux caractéristiques du système de santé dans le pays dont le ressortissant étranger est originaire, il pourrait ou non y bénéficier effectivement d'un traitement approprié ; / d) la durée prévisible du traitement. / Dans le cas où le ressortissant étranger pourrait bénéficier effectivement d'un traitement approprié, eu égard à l'offre de soins et aux caractéristiques du système de santé dans le pays dont il est originaire, le collège indique, au vu des éléments du dossier du demandeur, si l'état de santé de ce dernier lui permet de voyager sans risque vers ce pays. / Cet avis mentionne les éléments de procédure. / Le collège peut délibérer au moyen d'une conférence téléphonique ou audiovisuelle. / L'avis émis à l'issue de la délibération est signé par chacun des trois médecins membres du collège ".

4. En premier lieu, l'arrêté attaqué vise les textes dont il est fait application, et notamment l'article L. 425-9 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, et mentionne les circonstances sur lesquelles la préfète de Vaucluse s'est fondée pour refuser de délivrer le titre de séjour sollicité, notamment les conclusions de l'avis du Collège des médecins de la Direction territoriale de Marseille de l'Office français de l'immigration et de l'intégration (OFII), en date du 19 octobre 2023. Par suite, les moyens tirés de l'insuffisance de motivation de l'arrêté attaqué et du défaut d'examen particulier de la demande, doivent être écartés.

5. En deuxième lieu, M. B soutient que l'arrêté attaqué a été pris à l'issue d'une procédure irrégulière dès lors qu'il n'est pas démontré que les conditions de délibération des trois médecins du collège des médecins de l'OFII, étaient réunies. Il n'assortit toutefois pas ce moyen des précisions permettant d'en apprécier le bien-fondé ni d'aucun élément permettant de douter de la crédibilité des griefs invoqués. Par ailleurs, les médecins mentionnés ci-dessus ayant rendu l'avis litigieux ont été régulièrement désignés par le directeur de l'OFII par une décision du 3 octobre 2022 modifiant la décision du 17 janvier 2017 portant désignation au collège des médecins à compétence nationale de l'OFII, régulièrement publiée au bulletin officiel du ministère de l'intérieur, cette décision étant accessible tant au juge qu'aux parties. Par suite, les moyens doivent être écartés.

6. En troisième lieu, M. B soutient que l'arrêté attaqué a été pris à l'issue d'une procédure irrégulière dès lors qu'il n'est pas démontré que le médecin ayant établi le rapport n'a pas siégé au collège des médecins de l'OFII. Toutefois, il ressort des termes même de l'avis rendu par ce collège que le Dr A, auteur du rapport, n'y a pas siégé Par suite, le requérant n'est pas fondé à soutenir qu'il a été privée d'une garantie.

7. En quatrième lieu, M. B soutient que l'arrêté attaqué a été pris à l'issue d'une procédure irrégulière dans la mesure où l'avis du collège des médecins de l'OFII des médecins est lacunaire et contradictoire, en l'absence d'indication sur la possibilité de suivre son traitement au Maroc. Toutefois, dès lors que l'avis précise que l'état de santé de l'intéressé nécessite une prise en charge médicale dont le défaut ne pourrait pas avoir pour lui des conséquences d'une exceptionnelle gravité, l'omission relevée par le requérant n'entache pas à elle-seule cet avis d'irrégularité. Par suite, le moyen doit être écarté.

8. Il ressort des pièces du dossier, et notamment de l'avis du collège médical de l'OFII du 19 octobre 2023 rendu au sujet de la demande du requérant, que son état nécessite une prise en charge médicale, mais que le défaut de celle-ci ne devrait pas entraîner des conséquences d'une exceptionnelle gravité. Le requérant soutient que son absence de prise en charge médicale au Maroc pourrait avoir de graves conséquences pouvant mettre en cause son pronostic vital et/ou une détérioration d'une de ses fonctions importantes, notamment un risque de dégradation de sa santé mentale voire de suicide et risque de développer des pathologies mortelles (cancer) en cas de non traitement de la bactérie helicobacter pylori dont il est atteint. Il produit diverses pièces médicales, notamment un certificat médical du 21 février 2024 et fait état de particularités de sa situation personnelle qui l'empêcheraient d'accéder effectivement à un traitement, du fait notamment de son éloignement géographique des centres de soins. Toutefois, ces éléments sont très généraux et ne sont pas suffisants, compte tenu de la nature des pathologies dont souffre M. B, à démontrer que la prise en charge dont il bénéficie en France, ne pourrait être assurée dans des conditions équivalentes au Maroc. Ils ne sauraient suffire à remettre en cause l'avis du collège des médecins de l'OFII émis au vu de son dossier médical. Dans les circonstances de l'espèce, M. B n'est pas fondé à soutenir que la préfète de Vaucluse aurait méconnu les dispositions de l'article L. 425-9 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. Pour les mêmes motifs, le requérant n'est pas fondé à soutenir que la décision attaquée serait, eu égard à sa situation médicale, entachée d'une erreur manifeste d'appréciation.

9. Aux termes de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : " Toute personne a droit au respect de sa vie privée et familiale, de son domicile et de sa correspondance. Il ne peut y avoir ingérence d'une autorité publique dans l'exercice de ce droit que pour autant que cette ingérence est prévue par la loi et qu'elle constitue une mesure qui, dans une société démocratique, est nécessaire à la sécurité nationale, à la sûreté publique, au bien-être économique du pays, à la défense de l'ordre et à la prévention des infractions pénales, à la protection de la santé ou de la morale, ou à la protection des droits et libertés d'autrui ".

10. En l'espèce, il ressort des pièces du dossier que M. B résidait en France, à la date de la décision attaquée, depuis un peu plus de quatre ans, que l'ensemble des membres de la famille du requérant, qui n'a pas d'enfant, réside au Maroc où il a vécu jusqu'à l'âge de 29 ans. Enfin, si le requérant se prévaut de la gravité de son état de santé, les éléments qu'il apporte ne sont pas de nature, ainsi qu'il a été dit plus haut, à établir que seul un suivi médical en France serait possible. Dans ces conditions, la décision contestée n'a pas porté au droit de M. B au respect de sa vie privée et familiale une atteinte disproportionnée aux buts en vue desquels elle a été prise et n'est pas entachée d'une erreur manifeste d'appréciation de sa situation personnelle.

11. Aux termes de l'article L. 435-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'étranger dont l'admission au séjour répond à des considérations humanitaires ou se justifie au regard des motifs exceptionnels qu'il fait valoir peut se voir délivrer une carte de séjour temporaire portant la mention " salarié ", " travailleur temporaire " ou " vie privée et familiale ", sans que soit opposable la condition prévue à l'article L. 412-1. () ".

12. Au regard de l'ensemble des éléments relatifs à la situation de M. B tels qu'examinés aux points 8 et 10, la préfète de Vaucluse a pu valablement considérer que l'intéressé ne justifiait pas de motif exceptionnel ou de considération humanitaire au sens des dispositions de l'article L. 435-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. Ainsi, le requérant n'est pas fondé à soutenir que l'arrêté en litige méconnaîtrait les dispositions de cet article L. 435-1.

13. Il résulte de ce qui précède que M. B n'est pas fondé à demander l'annulation de la décision portant refus de titre de séjour qu'il conteste.

En ce qui concerne la décision portant obligation de quitter le territoire français :

14. En premier lieu, la décision attaquée comporte les considérations utiles de droit et de fait sur lesquelles la préfète de Vaucluse s'est fondée pour prendre la décision attaquée. Par suite, le moyen tiré du défaut de motivation de la décision contestée doit être écarté.

15. En deuxième lieu, il ressort des termes mêmes de la décision attaquée que la préfète de Vaucluse a procédé à un examen particulier de la situation de M. B. Dès lors, le moyen tiré du défaut d'examen particulier doit être écarté.

16. En troisième lieu, pour les motifs retenus précédemment aux points 9 et 11, les moyens tirés de la méconnaissance de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales et de l'erreur manifeste d'appréciation doit être écarté.

17. Il résulte de ce qui précède que, sans qu'il soit besoin d'ordonner une expertise, le requérant n'est pas fondé à demander l'annulation de la décision l'obligeant à quitter le territoire français en date du 5 décembre 2023 qu'elle conteste.

Sur les conclusions à fin d'injonction sous astreinte :

18. Les conclusions à fin d'annulation de M. B étant rejetées, ses conclusions susvisées à fin d'injonction sous astreinte doivent l'être également, dès lors que le présent jugement ne nécessite aucune mesure d'exécution au regard des dispositions des articles L. 911-1 et suivants du code de justice administrative.

Sur les frais liés au litige :

19. Les conclusions de la requête au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative doivent être rejetées, l'Etat n'étant pas la partie perdante dans la présente instance.

D E C I D E :

Article 1 er : La requête de M. B est rejetée.

Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. C B et au préfet de Vaucluse.

Délibéré après l'audience du 5 avril 2024, à laquelle siégeaient :

M. Peretti, président,

M. Parisien, premier conseiller,

M. Baccati, premier conseiller.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 19 avril 2024.

Le rapporteur,

P. PARISIEN

Le président,

P. PERETTI

Le greffier,

D. BERTHOD

La République mande et ordonne au préfet de Vaucluse en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées de pourvoir à l'exécution du présent jugement.

Décisions similaires

TA78Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de VERSAILLES — N° TA78-2608798

03/08/2026

TA78Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de VERSAILLES — N° TA78-2606201

03/08/2026

TA78Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de VERSAILLES — N° TA78-2600562

03/08/2026

TA77Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de MELUN — N° TA77-2611484

03/08/2026

← Retour aux décisions