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AccueilJurisprudence administrativeN° TA30-2400192

Tribunal Administratif de Nîmes — Décision N° TA30-2400192

mardi 3 décembre 2024

JuridictionTribunal Administratif de Nîmes
SectionTribunal Administratif de Nîmes
N° DossierTA30-2400192
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
Formation1ère Chambre
Avocat requérantCABINET ROSENFELD

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête et des mémoires, enregistrés les 15 janvier, 2 février, 29 mai, 30 mai et 19 juillet 2024, Mme D B et Mme C B, représentées par Me Hecquet, demandent au tribunal :

1°) d'annuler le permis de construire tacite valant division parcellaire et permis de démolir né du silence gardé par le maire de l'Isle-sur-la-Sorgue sur la demande déposée par la société par actions simplifiées (SAS) Primosud pour l'édification de quatre bâtiments de quarante-sept logements sur les parcelles cadastrées section AK n°s 520, 509, 501, 540, 519, 513, 511, 502 et 272, situées route de la maison d'enfants, au lieudit A E, ensemble la décision implicite de rejet de leur recours gracieux formulé le 19 septembre 2023 ;

2°) de mettre à la charge de la commune de l'Isle-sur-la-Sorgue et de la SAS Primosud la somme de 2 000 euros au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Elles soutiennent que :

- elles justifient d'un intérêt leur donnant qualité pour agir ;

- la requête est introduite dans le délai prescrit par le code de justice administrative ;

- les dispositions de l'article R. 423-50 du code de l'urbanisme ont été méconnues ;

- l'arrêté attaqué méconnaît les dispositions de l'article R. 423-1 du code de l'urbanisme ;

- il méconnait les dispositions de l'article R. 431-24 du code de l'urbanisme ;

- les dispositions de l'article R. 431-16 du code de l'urbanisme ont été méconnues en l'absence d'évaluation environnementale prévue à l'article R. 122-3 du code de l'environnement et d'évaluation des incidences Natura 2 000 ;

- l'arrêté attaqué méconnaît les dispositions de l'article L. 122-1 du code de l'environnement et des articles R. 423-9 et R. 423-55 du code de l'urbanisme ;

- le projet devant faire l'objet d'une évaluation environnementale, n'a pas été soumis à l'enquête publique prévue à l'article L. 123-2 du code de l'environnement ou à minima à une procédure de participation du public par voie électronique prévue à l'article L. 123-19-2 du code de l'environnement ;

- il méconnait l'article L. 122-1-1 du code de l'environnement et L. 424-4 du code de l'urbanisme ;

- le projet méconnaît les dispositions de l'article R. 431-16-3 du code de l'urbanisme ;

- il méconnait les articles L. 342-1 du code forestier, L. 425-6 et R. 431-19 du code de l'urbanisme ;

- le dossier de demande de permis de construire est incomplet et son contenu est insuffisant au regard des dispositions des articles R. 431-8, R. 431-9 et R. 431-10 du code de l'urbanisme ;

- le projet méconnait les dispositions des articles UC 2, UC 3, UC 10, UC 11 et UC 13 du règlement du plan local d'urbanisme (PLU) ;

- les dispositions de l'article L. 111-11 du code de l'urbanisme ont été méconnues ;

- l'arrêté attaqué méconnaît les dispositions de l'article R. 111-26 du code de l'urbanisme ;

- le classement du terrain d'assiette du projet en zone UC est illégal.

Par des mémoires en défense, enregistrés les 20 mars, 5 juillet et 27 août 2024, la société par actions simplifiées (SAS) Primosud, représentée par la SCP Rosenfeld et Associés conclut au rejet de la requête ou, subsidiairement, à ce qu'il soit fait application des articles L. 600-5 ou L. 600-5-1 du code de l'urbanisme, à ce que la somme de 3 000 euros soit mise à la charge des requérantes au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Elle fait valoir que :

- la requête est irrecevable en l'absence de notification du recours contentieux au pétitionnaire et à la commune en méconnaissance de l'article R. 600-1 du code de l'urbanisme ;

- les requérantes ne justifient pas d'un intérêt leur donnant qualité pour agir ;

- les moyens invoqués par les requérantes ne sont pas fondés.

Par un mémoire en défense, enregistré le 25 octobre 2024, la commune de l'Isle-sur-la-Sorgue, conclut au rejet de la requête.

Elle fait valoir qu'il n'y a plus lieu de statuer sur la requête compte tenu de ce que le permis attaqué a été retiré par arrêté du 25 octobre 2024.

Par un mémoire enregistré le 18 novembre 2024, Mesdames B demandent au tribunal qu'il soit constaté le retrait de l'arrêté attaqué et maintiennent leurs conclusions présentées sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code de l'environnement

- le code de l'urbanisme ;

- le code forestier ;

- le code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique :

- le rapport de Mme Hoenen,

- et les conclusions de Mme Bourjade, rapporteure publique.

Considérant ce qui suit :

1. Le 26 décembre 2022, la société Primosud a déposé auprès des services de la commune de l'Isle-sur-la-Sorgue une demande de permis de construire valant division parcellaire en vue de l'édification d'un ensemble immobilier comportant quarante-sept logements, cent-deux places de stationnement, deux piscines ainsi que deux terrains à bâtir sur un terrain situé 615, route de la maison des enfants, lieudit " A E ", parcelles cadastrées section AK n°s 520, 509, 501, 540, 519, 513, 511, 502 et 272, et classé en zone UC du plan local d'urbanisme communal. Par un courrier du 13 janvier 2023, le maire de l'Isle-sur-la-Sorgue a sollicité la production de pièces complémentaires. Le 12 avril 2023, les pièces complémentaires sollicitées ont été reçues en mairie. Un permis de construire tacite est né à l'expiration du délai d'instruction, le 12 juillet 2023, du silence gardé par la maire de l'Isle-sur-la-Sorgue sur la demande la société Primosud. Mesdames B demandent au tribunal d'annuler pour excès de pouvoir le permis de construire tacitement accordé, ensemble la décision implicite rejetant leur recours gracieux formé par courrier du 19 septembre 2023.

2. Par un mémoire enregistré le 18 novembre 2024, les requérantes demandent au tribunal de constater " le retrait exécutoire et définitif " de la décision attaquée et maintiennent leurs conclusions présentées au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative, de sorte qu'elles doivent être regardées comme abandonnant expressément les conclusions à fin d'annulation de leur requête. Ce désistement est pur et simple et rien ne s'oppose à ce qu'il en soit donné acte.

3. Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge de la commune de l'Isle-sur-la-Sorgue et de la société SAS Primosud, en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative, le versement aux requérantes d'une somme de 600 euros chacune. Par ailleurs, les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que soit mise à la charge des requérantes, qui ne sont pas la partie perdante dans la présente instance, la somme que la société SAS Primosud demande au titre des frais exposés par elles et non compris dans les dépens.

D E C I D E :

Article 1er : Il est donné acte du désistement d'instance de Mesdames B.

Article 2 : La commune de l'Isle-sur-la-Sorgue et la société SAS Primosud verseront chacune une somme de 600 euros aux requérantes au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Article 3 : Les conclusions présentées par la société SAS Primosud au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative sont rejetées.

Article 4 : Le présent jugement sera notifié à Mme D B, à Mme C B, à la commune de l'Isle-sur-la-Sorgue et à la société SAS Primosud.

Délibéré après l'audience du 19 novembre 2024, à laquelle siégeaient :

- Mme Boyer, présidente,

- Mme Lahmar, conseillère,

- Mme Hoenen, conseillère.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 3 décembre 2024.

La rapporteure,

A-S. HOENEN

La présidente,

C. BOYERLa greffière,

N. LASNIER

La République mande et ordonne au préfet de Vaucluse en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

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