jeudi 8 février 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Nîmes |
| Section | Tribunal Administratif de Nîmes |
| N° Dossier | TA30-2400412 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | Reconduites à la frontière |
| Avocat requérant | MIHIH |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 1er février 2024, M. C A, représenté par Me Mihih, demande au tribunal :
1°) d'annuler l'arrêté du 30 janvier 2024 par lequel le préfet du Var l'a obligé à quitter le territoire français sans délai et a fixé le pays de renvoi ;
2°) d'enjoindre à l'Etat de lui délivrer une autorisation provisoire de séjour, sous astreinte de 150 euros par jour de retard et de procéder à un nouvel examen de sa situation ;
3°) de mettre à la charge de l'Etat une somme de 2 000 euros, à verser à son conseil, au titre des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991.
Il soutient que :
En ce qui l'obligation de quitter le territoire français sans délai :
- cette décision a été prise par une autorité incompétente ;
- elle est entachée d'une erreur d'appréciation au regard de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
En ce qui concerne la décision fixant le pays de renvoi :
- cette décision est insuffisamment motivée ;
- elle est illégale par la voie de l'exception de l'illégalité de la décision portant obligation de quitter le territoire français.
Par un mémoire en défense et des pièces complémentaires, enregistrés les 7 et 8 février 2024, le préfet du Var conclut au rejet de la requête.
Il soutient que les moyens invoqués par le requérant ne sont pas fondés.
Vu les autres pièces du dossier ;
Vu :
- l'accord franco-algérien du 27 décembre 1968 modifié ;
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- la loi n°91-647 du 10 juillet 1991 ;
- le code de justice administrative.
Le président du tribunal a délégué à Mme Vosgien les pouvoirs qui lui sont attribués par l'article L. 614-9 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
Les parties ayant été régulièrement averties du jour de l'audience ;
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Vosgien,
- les observations de Me Mihih, représentant M. A, en présence de ce dernier, assisté de Mme B, interprète en langue arabe, qui conclut aux mêmes fins que dans ses écritures par les mêmes moyens à l'exception de celui tiré de l'incompétence de l'auteur de l'acte auquel il déclare expressément renoncer au vu des pièces versées en défense et précise que le préfet n'a procédé à aucune vérification au titre de sa vie privée et familiale, il est en France depuis 2018 et vit depuis 2020 à Marseille chez une cousine de sa compagne, titulaire d'un titre de séjour " étranger malade ", avec laquelle il est marié religieusement, celle-ci doit être opérée suite au report des interventions dans le cadre de la crise sanitaire liée à la covid-19, ils ont un enfant né en France le 5 mars 2023, il travaille comme plaquiste dans le secteur du bâtiment et contribue à l'entretien et l'éducation de son enfant.
- le préfet du Var n'étant ni présent, ni représenté.
La clôture de l'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience.
Considérant ce qui suit :
1. M. A, ressortissant algérien né le 17 février 1997 ou 2002, selon ses déclarations, a été condamné le 4 juillet 2023 pour des faits de recel de bien provenant d'un vol par ruse, effraction ou escalade dans un local d'habitation ou un lieu d'entrepôt aggravé par une autre circonstance. Il a été entendu par les services de la préfecture le 10 janvier 2024 durant son incarcération à la maison d'arrêt de Draguignan. Par l'arrêté contesté du 30 janvier 2024, le préfet du Var l'a obligé à quitter le territoire français sans délai et a fixé le pays de renvoi.
Sur l'obligation de quitter le territoire français sans délai :
2. Aux termes de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : " Toute personne a droit au respect de sa vie privée et familiale, de son domicile et de sa correspondance () ". Pour l'application de ces stipulations, l'étranger qui invoque la protection due à son droit au respect de sa vie privée et familiale doit apporter toute justification permettant d'apprécier la réalité et la stabilité de ses liens personnels et familiaux effectifs en France au regard de ceux qu'il a conservés dans son pays d'origine.
3. M. A soutient être entré en France depuis 2018 et vivre depuis 2020 avec sa compagne en situation régulière, avec laquelle il est marié religieusement et a un enfant né le 5 mars 2023, dont il contribue à l'entretien et l'éducation en travaillant comme plaquiste dans le secteur du bâtiment. Toutefois, il n'apporte aucun élément à l'appui de ses allégations pour lesquelles le préfet n'était pas tenu de procéder à des vérifications alors qu'il n'avait produit aucun justificatif en ce sens. Le requérant n'est pas dépourvu d'attache familiale dans son pays d'origine où résident encore ses parents et sa fratrie et où il a vécu la majeure partie de sa vie. Il a également été incarcéré depuis sa condamnation pour des faits de recel de biens le 4 juillet 2023 jusqu'au 1er février 2024 et ne démontre ainsi pas avoir pu contribuer par son travail sur cette période à l'entretien et l'éducation de son enfant, alors âgé de moins d'un an. Il ne fait enfin état d'aucun élément, notamment eu égard à l'état de santé de sa compagne, qui feraient obstacle à la reconstitution de sa cellule familiale dans son pays d'origine. Il n'établit donc pas l'ancienneté et la stabilité de ses liens privés et familiaux en France et n'est, dès lors, pas fondé à soutenir que le préfet du Var aurait méconnu son droit au respect de sa vie privée et familiale et entaché sa décision l'obligeant à quitter le territoire français sans délai d'une erreur d'appréciation au regard de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales.
Sur la décision fixant le pays de renvoi :
4. La décision fixant comme pays de renvoi le pays dont l'intéressé a la nationalité n'a pas à faire l'objet d'une motivation distincte de l'obligation de quitter le territoire qui est dument motivée. En l'espèce l'arrêté mentionne de façon suffisamment précise les motifs de droit et de fait qui constituent le fondement des décisions contestées, notamment que M. A a déclaré être entré irrégulièrement en France en 2018 et n'avoir effectué aucune démarche afin de régulariser sa situation depuis, il ne justifie pas de sa résidence habituelle en France depuis cette date, il a précisé être marié religieusement à Mme D et père d'un enfant vivant en France, ses parents et ses frères et sœurs vivent en Algérie, il a été condamné le 4 juillet 2023 pour des faits de recel de bien provenant d'un vol par ruse, effraction ou escalade dans un local d'habitation ou un lieu d'entrepôt aggravé par une autre circonstance, il s'est soustraie à une précédente mesure d'éloignement, ne présente pas de garantie de représentation suffisante en l'absence de document d'identité ou de voyage en cours de validité et d'un lieu de résidence effectif, et a expressément déclaré son intention de ne pas se conformer à l'obligation de quitter le territoire français, il existe donc un risque qu'il se soustraie à cette mesure justifiant l'absence de délai de départ volontaire. La circonstance que le préfet ait indiqué qu'il ne justifiait pas être exposé à des peines ou traitements contraires à l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales dans la mesure où il n'a pas fait état de risques en cas de retour dans son pays d'origine n'est pas de nature à caractériser un défaut de motivation de la décision fixant le pays de renvoi. Par suite, le moyen tiré de l'insuffisante motivation de cette décision dont est assortie l'obligation de quitter le territoire français sans délai, elle-même dûment motivée, manque en fait et doit être rejeté.
5. Il résulte de ce qui précède que M. A n'est pas fondé à soutenir que la décision fixant le pays de renvoi serait illégale par la voie de l'exception de l'illégalité de la décision portant obligation de quitter le territoire français.
6. Il résulte de ce qui précède que la requête de M. A doit être rejetée, y compris ses conclusions à fin d'injonction et celles présentées sur le fondement des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de M. C A est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. C A, au préfet du Var et à Me Mihih.
Fait à Nîmes le 8 février 2024.
La magistrate désignée,
S. VOSGIEN
La greffière,
A. NOGUEROLa République mande et ordonne au préfet du Var en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
N°2400412
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026