vendredi 9 février 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Nîmes |
| Section | Tribunal Administratif de Nîmes |
| N° Dossier | TA30-2400447 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | Reconduites à la frontière |
| Avocat requérant | BENLEBNA |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 26 décembre 2023 et un mémoire enregistré le 8 février 2024, au greffe du tribunal administratif de Toulon, M. A B, représenté par Me Benlebna a contesté l'arrêté du 24 novembre 2023 lui refusant la délivrance d'un titre de séjour et lui faisant obligation de quitter le territoire dans un délai de trente jours et a présenté des conclusions en injonction et au titre des frais d'instance.
Par ordonnance n° 2304173 du 5 février 2024, le tribunal administratif de Toulon a renvoyé au tribunal administratif de céans la requête de M. B, actuellement retenu au centre de rétention administrative de Nîmes, en tant seulement qu'elle tend à l'annulation de la décision lui faisant obligation de quitter le territoire dans un délai de trente jours et a réservé le surplus des conclusions de la requête devant la formation collégiale du tribunal administratif de Toulon.
M. B soutient que :
-la décision a été signée par une autorité dont la compétence n'est pas établie ;
-il n'a pas bénéficié d'un interprète devant la commission du titre de séjour et n'a donc pu présenter ses arguments ;
-la décision méconnaît les dispositions de l'article L.423-23 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile eu égard à l'ancienneté de son séjour en France, au fait qu'il y travaille depuis 2011 et dispose d'un contrat à durée indéterminée depuis le 1er octobre 2013 en qualité d'ouvrier paysagiste et que son père dont il a la charge réside régulièrement sur le territoire sous couvert d'une carte de résident, elle est disproportionnée à l'égard de sa situation et entachée d'erreur manifeste d'appréciation ;
- elle méconnaît les stipulations de l'article 7 ter l'accord franco-tunisien dès lors qu'il justifie d'une présence en France depuis 2001 et alors que le préfet reconnaît une présence en France depuis 2012 ;
- le préfet ne peut fonder le refus de titre sur la menace à l'ordre public dès lors que le préfet ne justifie pas du caractère actuel de la menace à l'ordre public, qu'il n'a jamais fait l'objet d'une quelconque condamnation pour des faits de violence aggravées et qu'il a bénéficié de titres de séjour postérieurement aux faits qui lui sont reprochés ;
- la décision méconnaît les stipulations de l'article 8 de la convention européenne des droits de l'homme et des libertés fondamentales et les dispositions du 7° de l'article L.313-11 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
Par un mémoire en défense enregistré le 25 janvier 2024, le préfet du Var conclut au rejet de la requête.
Il fait valoir que les moyens de la requête ne sont pas fondés et que son refus de titre de séjour est fondé sur la menace à l'ordre public que représente le requérant par application des dispositions de l'article L.412-5 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la convention de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- l'accord franco-algérien du 27 décembre 1968 ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;
- le code de justice administrative.
Le président du tribunal a désigné Mme Boyer en application de l'article L. 614-9 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Au cours de l'audience publique, après présentation du rapport de Mme Boyer, ont été entendues :
- les observations de M. B, assisté de M. C interprète en langue arabe, qui indique regretter ses agissements, vivre en France depuis 16 ans à Saint-Maxime toujours dans le même appartement, travailler en CDI et avoir toute sa famille en France parents et frères et sœurs et faire des aller-retours entre la France et la Tunisie et pouvoir travailler en France sous couvert d'un titre de séjour italien dont il produit une photocopie sur laquelle les mentions sont incomplètes.
- le préfet du Var n'étant ni présent, ni représenté.
La clôture de l'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience.
Considérant ce qui suit :
1. M. B, né le 17 mai 1981 à Madhia (Tunisie), ressortissant tunisien, a fait l'objet d'un arrêté en date du 24 novembre 2023 lui refusant la délivrance d'un titre de séjour et lui faisant obligation de quitter le territoire dans un délai de trente jours qu'il a contesté devant le Tribunal administratif de Toulon. Après sa mise en rétention administrative le 3 février 2024 au centre de rétention de Nîmes, ses conclusions tendant à l'annulation de cet arrêté en tant seulement qu'il porte obligation de quitter le territoire dans un délai de trente jours ont été transmises au tribunal de céans.
Sur les conclusions aux fins d'annulation :
2. En premier lieu, par un arrêté n° 2023/47/MCI du 21 août 2023, publié au recueil des actes administratifs de la préfecture, numéro n° 156, accessible tant au juge qu'aux parties sur le site internet de la préfecture, le préfet du Var a donné délégation à M. Lucien Giudicelli, secrétaire général de la préfecture du Var, à l'effet de signer tous les actes et décisions notamment en matière de police des étrangers dans le département du Var. Le moyen tiré de l'incompétence du signataire de l'acte doit, par suite, être écarté.
3. En deuxième lieu, le moyen tiré de ce que le requérant n'aurait pu faire valoir ses observations devant la commission du titre de séjour est sans incidence sur la légalité de la décision contestée.
4. En troisième lieu, M. B ne peut utilement se prévaloir de la méconnaissance des dispositions de l'article L.423-23 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile pour contester l'obligation de quitter le territoire prise à son encontre.
5. Dès lors qu'il ne revendique sa présence en France que depuis 2001, il ne peut davantage utilement se prévaloir des stipulations de l'article 7 ter l'accord franco-tunisien.
6. Enfin, ainsi que M. B le soutient, le préfet du Var n'établit pas que l'intéressé aurait été condamné pour les faits délictuels qui lui sont reprochés et qui figurent au TAJ pour la mise en œuvre des dispositions de l'article L.412-5 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. Toutefois, M. B est célibataire et sans enfant. S'il indique à l'audience que ses parents et ses frères résident en France sans, au demeurant, en justifier, il ressort du procès-verbal d'audition du 3 février 2023 que sa mère réside en Tunisie, qu'il vit avec son père lorsqu'il réside en France et qu'il fait des aller-retours avec la Tunisie, que sa dernière entrée sur le territoire date selon ses déclarations d'il y a deux ans. Il ne démontre pas davantage que sa présence serait indispensable à la prise en charge de son père dès lors que ce dernier réside en France depuis 1980, bien avant l'arrivée de son fils et qu'il aurait d'autres enfants sur le territoire ainsi que M. B le soutient. En outre, si M. B démontre avoir travaillé en France à de nombreuses reprises, il n'y a été employé que par des contrats à durée déterminée pour des missions ponctuelles et ne produit aucun bulletin de salaire postérieur à 2021. Par suite, compte tenu de sa présence discontinue sur le territoire et de sa situation personnelle, le préfet du Var n'a pas méconnu les stipulations de l'article 8 de la convention européenne des droits de l'homme et des libertés fondamentales en obligeant M. B à quitter le territoire.
7. Il résulte de tout ce qui précède, que les conclusions de M. B tendant à l'annulation de la décision l'obligeant à quitter le territoire dans un délai de trente jours doivent être rejetées. Ses conclusions aux fins d'injonction sous astreinte et au titre des frais d'instance doivent également par voie de conséquence être rejetées.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de M. B est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. B et au préfet du Var.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 9 février 2024.
La magistrate désignée,
C. BOYER
La greffière,
A. NOGUERO
La République mande et ordonne au préfet du Var en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
N°2400447
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026