mardi 18 juin 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Nîmes |
| Section | Tribunal Administratif de Nîmes |
| N° Dossier | TA30-2400494 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 4ème Chambre |
| Avocat requérant | AGUILAR |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire enregistrés les 8 février et 29 avril 2024, M. B A, représenté par Me Aguilar, demande au tribunal :
1°) d'annuler l'arrêté du 6 février 2024, par lequel le préfet de Vaucluse l'a obligé à quitter le territoire français dans un délai de trente jours, a fixé le pays de destination et lui a interdit de circuler sur le territoire français pour une durée d'un an ;
2°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 1 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- la décision portant obligation de quitter le territoire français est insuffisamment motivée et n'a pas été précédée d'une examen sérieux de sa situation ;
- elle méconnaît l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- elle est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation ;
- la décision fixant le pays de destination est illégale par suite de l'illégalité entachant l'obligation de quitter le territoire français ;
- elle méconnaît son droit au respect de sa vie privée et familiale ;
- la décision portant interdiction de circulation est illégale par suite de l'illégalité entachant l'obligation de quitter le territoire français.
Par un mémoire en défense enregistré le 18 mars 2024, le préfet de Vaucluse conclut au rejet de la requête.
Il fait valoir que les moyens soulevés par M. A ne sont pas fondés.
M. A a été admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale par une décision du 26 mars 2024.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Le président de la formation de jugement a dispensé la rapporteure publique, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.
Le rapport de Mme Achour a été entendu au cours de l'audience publique.
Considérant ce qui suit :
1. M. A, ressortissant lituanien né le 28 mars 1980, demande l'annulation de l'arrêté du 6 février 2024, par lequel le préfet de Vaucluse l'a obligé à quitter le territoire français dans un délai de trente jours, a fixé le pays de destination et lui a interdit de circuler sur le territoire français pour une durée d'un an.
Sur les conclusions aux fins d'annulation :
En ce qui concerne l'obligation de quitter le territoire français :
2. En premier lieu, la décision attaquée vise les textes dont il est fait application et mentionne avec une précision suffisante les faits sur lesquels le préfet de Vaucluse, qui n'avait pas à mentionner l'ensemble des éléments pris en considération, s'est fondé pour décider de la mesure d'éloignement querellée. Le moyen tiré du défaut de motivation doit, dès lors, être écarté.
3. En deuxième lieu, il ne ressort ni des motifs de la décision attaquée ni des pièces du dossier que le préfet de Vaucluse n'aurait pas procédé à un examen complet de la situation de M. A avant de lui faire obligation de quitter le territoire français. Le moyen tiré de l'erreur de droit doit, par suite, être écarté.
4. En troisième lieu, aux termes de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : " 1. Toute personne a droit au respect de sa vie privée et familiale (). / 2. Il ne peut y avoir ingérence d'une autorité publique dans l'exercice de ce droit que pour autant que cette ingérence est prévue par la loi et qu'elle constitue une mesure qui, dans une société démocratique, est nécessaire à la sécurité nationale, à la sûreté publique, au bien-être économique du pays, à la défense de l'ordre et à la prévention des infractions pénales, à la protection de la santé ou de la morale, ou à la protection des droits et libertés d'autrui. ". Pour l'application de ces stipulations, l'étranger qui invoque la protection due à son droit au respect de sa vie privée et familiale en France doit apporter toute justification permettant d'apprécier la réalité et la stabilité de ses liens personnels et familiaux effectifs en France au regard de ceux qu'il a conservés dans son pays d'origine.
5. Si M. A soutient suivre en France un traitement de substitution de ses addictions à diverses drogues dont il ne pourrait bénéficier dans son pays d'origine, il ne démontre pas ne pas être en mesure de bénéficier d'une prise en charge appropriée en Lituanie. S'il soutient résider en France depuis quinze ans et être dépourvu d'attaches en Lituanie, il n'apporte aucune précision ni justificatif au soutien de ses dires. Célibataire, sans enfant à charge, sans activité professionnelle ni domicile stable, M. A n'établit pas avoir fixé en France le centre de ses intérêts personnels et familiaux. Par suite, le moyen tiré de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ne peut qu'être écarté.
6. Pour les mêmes motifs que ceux exposés au point 5, M. A n'est pas fondé à soutenir que la décision attaquée serait entachée d'une erreur manifeste d'appréciation.
En ce qui concerne la décision fixant le pays de renvoi :
7. En l'absence d'illégalité entachant la décision portant obligation de quitter le territoire français, M. A ne peut utilement se prévaloir de l'illégalité de cette décision pour contester la décision fixant le pays de destination.
8. En second lieu, pour les mêmes motifs que ceux exposés au point 5, le moyen tiré de ce que la décision fixant le pays de renvoi méconnaîtrait le droit du requérant au respect de sa vie privée et familiale doit être écarté.
En ce qui concerne l'interdiction de circuler sur le territoire français :
9. En l'absence d'illégalité entachant la décision portant obligation de quitter le territoire français, M. A ne peut utilement se prévaloir de l'illégalité de cette décision pour contester la décision lui faisant interdiction de circuler sur le territoire français pour une durée d'un an.
Sur les frais liés au litige :
10. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que soit mise à la charge de l'Etat, qui n'est pas, dans la présente instance, la partie tenue aux dépens ou la partie perdante, la somme demandée par la requérante au titre des frais exposés par elle et non compris dans les dépens.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de M. A est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. B A, au préfet de Vaucluse et à Me Aguilar.
Délibéré après l'audience du 28 mai 2024, à laquelle siégeaient :
Mme Chamot, présidente,
Mme Achour, première conseillère,
M. Aymard, premier conseiller.
Rendu public par mise à disposition du greffe le 18 juin 2024.
La rapporteure,
P. ACHOUR
La présidente,
C. CHAMOTLa greffière,
B. MAS-JAY
La République mande et ordonne au préfet de Vaucluse en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026