vendredi 17 mai 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Nîmes |
| Section | Tribunal Administratif de Nîmes |
| N° Dossier | TA30-2400566 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | D |
| Formation | 3ème chambre |
| Avocat requérant | DEBUREAU |
Vu la procédure suivante :
I. Par une requête n° 2400566, enregistrée le 13 février 2024, Mme A F C B, représentée par Me Debureau, demande au tribunal :
1°) d'annuler l'arrêté du 17 août 2023 par lequel le préfet du Gard a refusé de lui délivrer un titre de séjour ;
2°) d'enjoindre au préfet du Gard de lui délivrer un titre de séjour ;
3°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 1 500 euros, à verser à son conseil au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991.
Elle soutient que :
- l'arrêté attaqué est entaché d'incompétence ;
- les dispositions des articles L. 233-1 et L. 233-2 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ont été méconnues ; les trois membres de la familles disposent de ressources suffisantes au sens de ces dispositions ;
- il porte une atteinte disproportionnée à son droit au respect de sa vie privée et familiale.
Par un mémoire en défense, enregistré le 23 avril 2024, le préfet du Gard conclut au rejet de la requête de Mme C B.
Il soutient qu'aucun des moyens soulevés n'est fondé.
Mme C B a été admise au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale par une décision du 19 décembre 2023.
II. Par une requête n° 2400566, enregistrée le 13 février 2024, Mme E C D, représentée par Me Debureau, demande au tribunal :
1°) d'annuler l'arrêté du 17 août 2023 par lequel le préfet du Gard a refusé de lui délivrer un titre de séjour ;
2°) d'enjoindre au préfet du Gard de lui délivrer un titre de séjour ;
3°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 1 500 euros, à verser à son conseil au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991.
Elle soutient que :
- l'arrêté attaqué est entaché d'incompétence ;
- les dispositions des articles L. 233-1 et L. 233-2 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ont été méconnues ; les trois membres de la familles disposent de ressources suffisantes au sens de ces dispositions ;
- il porte une atteinte disproportionnée à son droit au respect de sa vie privée et familiale.
Par un mémoire en défense, enregistré le 23 avril 2024, le préfet du Gard conclut au rejet de la requête de Mme C D.
Il soutient qu'aucun des moyens soulevés n'est fondé.
Mme C D a été admise au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale par une décision du 19 décembre 2023.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991
- le code de justice administrative.
Le président de la formation de jugement a dispensé le rapporteur public, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Le rapport de M. Baccati a été entendu au cours de l'audience publique, à laquelle les parties n'étaient ni présentes ni représentées.
Considérant ce qui suit :
1. Mme C B, ressortissante équatorienne née le 22 septembre 1975, est mariée à M. C B, ressortissant espagnol, avec qui elle a eu plusieurs enfants dont une fille, Mme C D, ressortissante équatorienne née le 27 août 2002. Mme C B et Mme C D sont entrées en France le 8 octobre 2021, selon leurs déclarations, pour rejoindre M. C B, déjà établi en France. Elles ont demandé le 20 juillet 2022 leur admission au séjour en qualité de membre de la famille d'un ressortissant communautaire. Elles contestent les arrêtés du 17 août 2023 par lesquels le préfet du Gard a refusé de leur délivrer des titres de séjour.
Sur la jonction :
2. Les requêtes susvisées n° 2400566 et 2400568 présentent à juger des questions semblables et ont fait l'objet d'une instruction commune. Il y a lieu de les joindre pour statuer par un seul jugement.
Sur la légalité :
3. Aux termes aux termes de l'article L. 233-1 du code de l'action sociale et des familles : " Les citoyens de l'Union européenne ont le droit de séjourner en France pour une durée supérieure à trois mois s'ils satisfont à l'une des conditions suivantes : 1° Ils exercent une activité professionnelle en France ; 2° Ils disposent pour eux et pour leurs membres de famille de ressources suffisantes afin de ne pas devenir une charge pour le système d'assistance sociale, ainsi que d'une assurance maladie () ". Aux termes de l'article L. 233-2 de ce code : " Les ressortissants de pays tiers, membres de famille d'un citoyen de l'Union européenne satisfaisant aux conditions énoncées aux 1° ou 2° de l'article L. 233-1, ont le droit de séjourner sur le territoire français pour une durée supérieure à trois mois () ". Selon l'article L. 200-4 dudit code : " Par membre de famille d'un citoyen de l'Union européenne, on entend le ressortissant étranger, quelle que soit sa nationalité, qui relève d'une des situations suivantes : 1° Conjoint du citoyen de l'Union européenne ; () ". Aux termes de son article R. 233-1 : " () Lorsqu'il est exigé, le caractère suffisant des ressources est apprécié en tenant compte de la situation personnelle de l'intéressé. En aucun cas, le montant exigé ne peut excéder le montant forfaitaire du revenu de solidarité active mentionné à l'article L. 262-2 du code de l'action sociale et des familles. / La charge pour le système d'assistance sociale que peut constituer le ressortissant mentionné à l'article L. 233-1 est évaluée en prenant notamment en compte le montant des prestations sociales non contributives qui lui ont été accordées, la durée de ses difficultés et de son séjour ". Aux termes de l'article R. 262-1 du code de l'action sociale et des familles : " Le montant forfaitaire mentionné à l'article L. 262-2 applicable à un foyer composé d'une seule personne est majoré de 50 % lorsque le foyer comporte deux personnes. Ce montant est ensuite majoré de 30 % pour chaque personne supplémentaire présente au foyer et à la charge de l'intéressé. () ". Le décret susvisé n° 2023-340 du 4 mai 2023 a fixé le montant forfaitaire mensuel du revenu de solidarité active à 607,75 euros à compter des allocations dues au titre du mois d'avril 2023. Ainsi le montant forfaitaire de solidarité active mentionné à l'article L. 262 du même code applicable à une famille composée d'un couple et d'un enfant était de 1 093,95 euros.
4. . Pour refuser à Mme C B et à Mme C D les titres de séjour qu'elles sollicitaient sur le fondement des dispositions précitées, le préfet du Gard a regardé comme insuffisant le niveau des ressources de leur foyer. A cet effet, le préfet a retenu que les revenus de M. C B, décrits par son avis d'imposition établi au titre de l'année 2021, se limitaient au montant de 6 425 euros. Toutefois, les requérantes justifient à l'instance de bulletins de salaire de M. C B, au titre notamment de la période du mois de septembre 2022 à août 2023 pour un emploi d'ouvrier agricole, et en outre, entre le mois de mai et le mois de juillet 2023, de droits à l'allocation de retour à l'emploi, qui est une prestation contributive. Ces justificatifs fournis à l'instance établissent que les revenus de M. C B ont atteint le montant moyen de 1'258,46 euros au cours des douze mois précédant la décision attaquée. Par ailleurs, les requérantes ont travaillé chacune trois mois au cours de la même période et justifient de salaires d'ouvrières agricoles d'un montant total de 13 410,07 euros. En admettant même que, comme le préfet le fait valoir en défense, ces ressources des requérantes aient un caractère trop marginal ou accessoire pour être retenues, les revenus de M. C B, qui ne sauraient être regardés comme ayant un tel caractère, dépassent à eux seuls le montant de 1 093,95 euro prévu par les dispositions précitées du code de l'action sociale et des familles. Il s'en déduit que le préfet du Gard ne pouvait légalement opposer aux requérantes un motif tiré de l'insuffisance des ressources de leur foyer. Par suite, l'arrêté du 17 août 2023, refusant à Mme C B un titre de séjour, et l'arrêté du 17 août 2023, refusant à Mme C D un titre de séjour, doivent être annulés sans qu'il soit besoin d'examiner les autres moyens invoqués.
Sur l'injonction :
5. Le présent jugement implique seulement qu'il soit enjoint au préfet du Gard de réexaminer la situation de Mme C B et la situation de Mme C D, dans le délai de deux mois, sans qu'il soit besoin d'assortir ces injonctions d'une astreinte.
Sur les frais liés au litige :
6. Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge de l'Etat une somme de 800 euros chacune, à verser au conseil de Mme C B et de Mme C D.
D E C I D E :
Article 1 er : L'arrêté du 17 août 2023, refusant à Mme C B un titre de séjour, est annulé.
Article 2 : L'arrêté du 17 août 2023, refusant à Mme C D un titre de séjour, est annulé.
Article 3 : Il est enjoint au préfet du Gard de réexaminer la situation de Mme C B et la situation de Mme C D, dans le délai de deux mois suivant la notification du présent jugement.
Article 4 : L'Etat versera à Me Debureau une somme globale de 1 600 euros sous réserve de renonciation à percevoir la somme correspondant à la part contributive de l'État.
Article 5 : Le présent jugement sera notifié à Mme A F C B, à Mme E C D, à Me Debureau et au préfet de du Gard
Délibéré après l'audience du 3 mai 2024, à laquelle siégeaient :
M. Peretti, président,
M. Baccati, premier conseiller.
M. Parisien, premier conseiller,
Rendu public par mise à disposition au greffe le 17 mai 2024.
Le rapporteur,
J. BACCATI
Le président,
P. PERETTILe greffier,
D. BERTHOD
La République mande et ordonne au préfet du Gard en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
2, 2400568
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026