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AccueilJurisprudence administrativeN° TA30-2400603

Tribunal Administratif de Nîmes — Décision N° TA30-2400603

vendredi 6 décembre 2024

JuridictionTribunal Administratif de Nîmes
SectionTribunal Administratif de Nîmes
N° DossierTA30-2400603
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
Formation3ème chambre magistrat statuant seul

Résumé IA

Le Tribunal Administratif de Nîmes a rejeté la requête de M. B, qui contestait la décision 48 SI du 13 juillet 2023 constatant la perte de validité de son permis de conduire pour solde de points nul. Le tribunal a jugé que la décision d'invalidation avait été régulièrement notifiée à l'adresse de l'intéressé, le pli recommandé ayant été présenté et non réclamé, rendant la notification opposable. En conséquence, le délai de recours de deux mois étant expiré, la décision 48 SI est devenue définitive, privant d'objet les conclusions dirigées contre les retraits de points sous-jacents. La solution retenue s'appuie sur les articles R. 421-1 et R. 421-5 du code de justice administrative.

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête, enregistrée le 15 février 2024, M. A B, représenté par Me Grebille-Romand, demande au tribunal :

1°) d'annuler la décision 48 SI du 13 juillet 2023 par laquelle le ministre de l'intérieur a constaté la perte de validité de son permis de conduire pour solde de points nul ;

2°) d'annuler les décisions successives de retraits de points relatives aux infractions commises le 30 mai 2019, le 12 novembre 2019, le 19 février 2021 et le 12 juin 2022 ;

3°) d'enjoindre au ministre de l'intérieur de lui délivrer son permis de conduire en reconstituant le capital de points dans un délai de huit jours à compter du présent jugement ;

4°) de mettre à la charge de l'État une somme de 2 000 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Il soutient que :

- sa requête est recevable dès lors que ni la décision 48 SI ni les décisions successives de retraits de points relatives aux infractions commises le 30 mai 2019, le 12 novembre 2019, le 19 février 2021 et le 12 juin 2022 ne lui ont été notifiées ;

- les décisions portant retraits de points sont illégales dès lors qu'il a contesté les avis de contraventions devant l'officier du ministère public ;

- les décisions portant retraits de points sont également illégales du fait de l'absence de délivrance de l'information préalable prévue par les articles L. 223-3 et R. 223-3 du code de la route ;

- les excès de vitesse inférieurs à 5 km/h ne doivent plus donner lieu à la perte de points ;

- en application du principe de reconstitution des points, il aurait dû récupérer 1 point dans le délai de 6 mois après la commission de l'infraction du 12 juin 2022, devenue définitive le 9 mars 2023.

Par mémoire en défense enregistré le 14 octobre 2024, le ministre de l'intérieur conclut au rejet de la requête.

Il soutient que les moyens soulevés par M. B ne sont pas fondés.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code de la route ;

- le code de justice administrative.

Le président du tribunal a désigné M. Peretti, vice-président, en application de l'article R. 222-13 du code de justice administrative.

Le rapporteur public a été dispensé, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Au cours de l'audience publique, M. Peretti a présenté son rapport:

Les parties n'étaient ni présentes, ni représentées.

Considérant ce qui suit :

1. Par une décision référencée 48 SI du 13 juillet 2023 dont M. B soutient qu'il n'en a jamais accusé réception, le ministre de l'intérieur a prononcé l'invalidation de son permis de conduire pour solde de points nul en raison de retraits de points consécutifs à des infractions relevées à son encontre le 30 mai 2019, le 12 novembre 2019, le 19 février 2021 et le 12 juin 2022. Par la présente requête, M. B demande l'annulation de la décision 48 SI ainsi que des décisions de retrait de points qu'elle récapitule et à ce qu'il soit enjoint au ministre de l'intérieur de lui délivrer son permis de conduire en reconstituant le capital de points.

2. Aux termes de l'article R. 421-1 du code de justice administrative : " La juridiction ne peut être saisie que par voie de recours formé contre une décision, et ce, dans les deux mois à partir de la notification ou de la publication de la décision attaquée. ". L'article R. 421-5 du même code dispose : " Les délais de recours contre une décision administrative ne sont opposables qu'à la condition d'avoir été mentionnés, ainsi que les voies de recours, dans la notification de la décision ".

3. Il résulte de la combinaison des dispositions des articles R. 421-1 et R. 421-5 du code de justice administrative que le destinataire d'une décision administrative individuelle dispose, pour déférer cette décision devant la juridiction administrative, d'un délai de deux mois à compter de sa notification qui n'est opposable qu'à la condition que les délais et les voies de recours aient été indiqués dans cette notification. Pour l'application de ces dispositions, les décisions référencées 48 SI constatant la perte de validité du permis de conduire pour solde de points nul, dont l'administration n'est pas en mesure d'éditer des copies, doivent être regardées, sauf preuve contraire apportée par leur destinataire, comme conformes au modèle qui sert de base à leur édition automatisée par l'Imprimerie nationale, lequel comporte la mention des voies et délais de recours.

4. Enfin, des conclusions tendant à l'annulation d'une décision du ministre de l'intérieur portant retrait de points d'un permis de conduire sont dépourvues d'objet si la décision par laquelle ce ministre a constaté la perte de validité de ce permis pour solde de points nul est devenue définitive.

5. Il ressort des pièces du dossier qu'un pli recommandé avec accusé de réception numéro 2C 155 669 5143 7 a été envoyé par le B. N. D. C. à M. B. La mention figurant sur l'avis de réception du numéro de permis de conduire de l'intéressé précédé de la lettre S indique, comme il est d'usage, que le pli contenait une décision référencée " 48 SI " d'invalidation du permis, établie selon un modèle-type comportant les voies et délais de recours, et est confirmé par les mentions du relevé d'information intégral édité le 14 octobre 2024, qui mentionne un numéro d'avis de réception de la décision " 48 SI " identique à celui qui figure sur l'avis de réception. L'avis de réception produit par le ministre précise que le pli a été envoyé à l'adresse de M. B, qu'il a été retourné avec la mention " pli avisé et non réclamé " après avoir été " Présenté/Avisé le : 13/07/23 ". Compte tenu de ces mentions précises, claires et concordantes non remises en cause par des éléments produits par M. B, la notification est ainsi réputée avoir été régulièrement accomplie à la date du 13 juillet 2023. Dès lors, sa demande, enregistrée au greffe du tribunal administratif le 15 février 2024, soit après l'expiration du délai de recours de deux mois qui lui était imparti est tardive et par suite irrecevable. Si l'intéressé a formé un recours gracieux le 29 novembre 2023, celui-ci n'a pas pu proroger les délais de recours contentieux dès lors qu'il a été adressé au ministre après l'expiration desdits délais.

6. S'agissant des conclusions tendant à l'annulation des décisions successives de retraits de points relatives aux infractions commises le 30 mai 2019, le 12 novembre 2019, le 19 février 2021 et le 12 juin 2022, la décision 48 SI du 13 juillet 2023 étant devenue définitive, elles ne peuvent qu'être rejetées.

7. Il résulte de tout ce qui précède que la requête présentée par M. B est tardive, et par suite irrecevable. Elle doit être rejetée en toutes ses conclusions.

D E C I D E :

Article 1er : La requête de M. B est rejetée.

Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. A B et au ministre de l'intérieur.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 6 décembre 2024.

Le magistrat désigné,

P. PERETTILe greffier,

D. BERTHOD

La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution du présent jugement.

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