mercredi 28 février 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Nîmes |
| Section | Tribunal Administratif de Nîmes |
| N° Dossier | TA30-2400614 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Avocat requérant | JAKUBOWICZ MALLET-GUY & ASSOCIES |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 15 février 2024, M. B D, représenté par Me Bezol, demande au juge des référés :
1°) d'ordonner, sur le fondement des dispositions de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, la suspension de l'arrêté du 15 décembre 2023 de la communauté de communes Pays d'Apt-Luberon le révoquant de ses fonctions et le radiant des cadres à compter du 21 décembre 2023 ;
2°) d'enjoindre à la communauté de communes Pays d'Apt-Luberon de le réintégrer provisoirement dans ses fonctions dans un délai de quinze jours à compter de la décision à intervenir, et ce sous astreinte de 200 euros par jour de retard ;
3°) de mettre à la charge de la communauté de communes Pays d'Apt-Luberon, une somme de 1 500 euros sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
-la condition d'urgence est remplie dès lors que l'arrêté porte une atteinte grave à ses conditions d'existence et à celles de sa famille, le privant d'emploi et donc de revenus, il a deux enfants à charge et son épouse dispose d'un revenu de 840,53 euros auquel s'ajoute une allocation de la CAF de 141,99 euros qui ne couvre pas les charges mensuelles du foyer ;
-la condition tenant à l'existence d'un moyen propre à créer un doute sérieux sur la légalité de la décision est remplie dès lors que :
*la procédure suivie à son encontre est irrégulière dès lors que le courrier d'information ne contenait pas l'ensemble des faits qui lui ont été reprochés devant le conseil de discipline ; il ne visait ni les mensonges, ni le non-respect des consignes de travail ni le retour sur le lieu de travail en dehors de ses horaires de travail, ce qui l'a privé de l'effectivité des droits de la défense ;
*l'avis du conseil de discipline comme l'arrêté sont insuffisamment motivés en méconnaissance du 2° de l'article L. 211-2 du code des relations entre le public et l'administration, de l'article L. 532-5 du Code de la fonction publique et des articles 12 et 14 du décret n°89-677 du 18 septembre 1989 relatif à la procédure disciplinaire applicable aux fonctionnaires territoriaux ; l'arrêté ne fait pas mention des faits de vol et dissimulation de matériel pourtant retenus dans le courrier d'information ;
* l'arrêté est entaché d'erreur de droit dès lors qu'il méconnaît la règle non bis in idem, les faits qui lui sont reprochés ayant déjà fait l'objet d'une sanction ; il en va ainsi des agressions verbales à trois reprises entre 2021 et 2023, de même une dispute avec un collègue en 2021, une agression verbale envers sa responsable hiérarchique le 13 septembre 2022, en juin 2023 il a été mis en congé pour agression verbale envers un collègue de travail ;
* la matérialité des faits n'est pas établie, les agressions verbales envers les usagers reposent pour les incidents du 6 mai 2021 et du 24 avril 2023 sur un courriel d'un prétendu usager, la lettre d'excuse de l'intéressé est dénuée de caractère probant et est signé Kamel alors que malgré ses difficultés il sait écrire son prénom, pour l'incident d'avril 2022 aucun élément du dossier ne le corrobore, son comportement agressif envers son supérieur hiérarchique, ses collègues de travail ainsi que le gestionnaire du Plan d'eau, n'est justifié que par trois courriels de 2021 et 2022 dont deux émanent de Mme C, il en va de même sur les propos qu'il aurait tenus le 13 juillet 2023 au téléphone ; s'agissant des faits de dégradation ils ne sont pas datés à l'exception du courrier du 08 août 2023, aux termes duquel la CCPAL l'informait de sa suspension, qui fait état d'une " suspicion de dégradation " de matériel le 13 juillet 2023 et le seul fait reproché consiste en un coup de pied donné sur le panneau de la société de la base nautique, lequel n'appartient à la communauté de communes et rien ne permet d'établir qu'il serait à l'origine de cette dégradation ; l'expression de Mme C " le dossier B " devra être apprécié ;
* la sanction est disproportionnée dès lors que les faits reprochés ont déjà été sanctionnés et ne sont pas caractérisés, qu'il a été très appréciés de ses collègues et des administrés pendant toute sa carrière effectuée au sein de la commune d'Apt ainsi que le démontrent ses fiches de notation ; qu'un élu s'étonne de sa révocation après 30 ans passés au sein d'un même service sans aucun souci avec ses collègues et les administrés, les faits ne revêtent pas une gravité justifiant la révocation et n'ont fait l'objet d'aucune plainte ;
* l'arrêté est entaché d'un détournement de procédure dès lors que la révocation permet de l'évincer en raison de son handicap qui nécessite un aménagement de poste et un encadrement adapté que la communauté de communes ne veut pas mettre en place, cette volonté ressort des faits de vol qui lui ont été reprochés et que le conseil de discipline n'a pas retenus en les considérant comme n'étant pas suffisamment caractérisés ; qu'il est fondé à se questionner sur le caractère discriminatoire de la sanction.
Par un mémoire en défense, enregistré le 27 février 2024, la communauté du pays d'Apt- Luberon, représentée par Me Vanessa Jakubowicz-Ambiaux conclut au rejet de la requête et à ce que soit mise à la charge de M. D à la somme de 1 000 euros au titre des dispositions de l'article L.761-1 du code de justice administrative.
Elle fait valoir que la condition relative à l'existence d'un doute sérieux sur la légalité de la décision n'est pas remplie.
Vu :
- la requête, enregistrée le 15 février 2024 sous le n° 2400612, par laquelle M. D demande l'annulation de la décision contestée.
- La décision par laquelle le président du tribunal a désigné Mme A comme juge des référés ;
- les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code général de la fonction publique ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Au cours de l'audience publique du 28 février 2024 à 10h00 tenue en présence de Mme Kremer, greffière d'audience, Mme A a lu son rapport, et entendu :
-les observations de Me Bezol pour M. D qui reprend les conclusions et moyens de sa requête et insiste sur le fait que l'agent qui est affecté à l'entretien du Plan d'eau depuis 30 ans n'a connu aucune difficulté jusqu'à son transfert dans les effectifs de la communauté de communes, que les faits qui lui sont reprochés, ne sont précisés par la communauté de communes que dans son mémoire en défense comme s'étant déroulés les 13 et 26 juin 2023 et le 13 juillet 2023 et ne correspondent que partiellement aux faits pour lesquels il a été sanctionnés qui sans être précisément définis portent sur la période de 2021 à 2023, période concernant des faits pour lesquels il a déjà été sanctionné ainsi que cela ressort de l'historique du rapport disciplinaire ; les faits ne sont pas établis par les mails produits par la commune ; seule une suspicion de dégradation émane du courrier du 5 septembre 2023 et de deux photos non probantes ; la sanction est disproportionnée eu égard aux évaluations professionnelles et au versement du complément indemnitaire annuel dont il fait l'objet ; son handicap visuel nécessite un aménagement de poste qui présente des difficultés auprès de la communauté de communes ;
-les observations de Me Grisel pour la communauté de communes qui reprend la teneur de ses écritures, admet l'urgence et insiste sur l'évolution de la gestion du Plan d'eau vers un développement touristique avec des aménagements nouveaux sous l'impulsion de la communauté de communes qui nécessite le développement de l'équipe en charge de son entretien et la nécessité pour les agents de travailler en équipe et en présence des usagers, ce nouveau mode de fonctionnement entraîne pour M. D une modification dans sa fiche de poste qu'il assume mal ; les différents rappels à l'ordre et l'exclusion temporaire de fonction de mai 2023 pour désobéissance hiérarchique et agression verbale des agents et des usagers n'ont pas empêché la réalisation des incidents des 13 et 26 juin et 26 juillet 2023 qui sont à l'origine de la procédure disciplinaire en litige ; le caractère contradictoire de la procédure a été respecté ; même si le paragraphe est mal rédigé la décision renvoie à des faits suffisamment décrits dans les documents antérieurs dont l'intéressé a eu connaissance et est par suite suffisamment motivée, les faits ayant déjà fait l'objet de sanction devant être considérés comme participant à la seule évaluation du caractère proportionné de la sanction et montrent une évolution du comportement de l'intéressé qui justifie la révocation ; les faits ont été valablement rapportés par le supérieur hiérarchique qui en est le témoin direct ; le handicap du requérant a été pris en compte par la communauté de communes alors que M. D ne l'a jamais sollicitée sur ce point.
La clôture de l'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience.
Considérant ce qui suit :
1.M. D, qui était agent contractuel puis fonctionnaire territorial au sein de la commune d'Apt, titularisé et affecté à l'entretien du Plan d'eau de la commune depuis 2006, est adjoint technique territorial principal de 2ème classe depuis le 25 septembre 2018. Par arrêté du 19 août 2019, la commune d'Apt l'a mis à disposition de la communauté de communes du Pays d'Apt-Luberon (CCPAL), du 1er juin au 31 décembre 2019. A compter du 1er janvier 2020, suite au transfert de compétences " construction, entretien et fonctionnement d'un équipement sportif déclarés d'intérêt communautaire : zone de loisirs du Plan d'eau " de la commune d'Apt à la CCPAL, M. D a été transféré au sein des effectifs de la CCPAL et radié de ceux de la commune. Par arrêté du 7 août 2023, il a été suspendu de ses fonctions dans l'attente de l'engagement d'une procédure disciplinaire. Par avis du 17 octobre 2023 le conseil de discipline se montrait favorable à la proposition de la commune d'infliger à M. D une sanction de révocation pour les faits qui lui étaient reprochés. Par arrêté du 15 décembre 2023, la CCPAL a pris à son encontre une mesure de révocation prenant effet à compter du 21 décembre 2023. M. D demande sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative la suspension de l'exécution de l'arrêté du 15 décembre 2023.
Sur les conclusions aux fins de suspension :
2. Aux termes du premier alinéa de l'article L. 521-1 du code de justice administrative : " Quand une décision administrative, même de rejet, fait l'objet d'une requête en annulation ou en réformation, le juge des référés, saisi d'une demande en ce sens, peut ordonner la suspension de l'exécution de cette décision, ou de certains de ses effets, lorsque l'urgence le justifie et qu'il est fait état d'un moyen propre à créer, en l'état de l'instruction, un doute sérieux quant à la légalité de la décision. ".
3. En premier lieu, la condition d'urgence à laquelle est subordonné le prononcé d'une mesure de suspension doit être regardée comme remplie lorsque la décision contestée préjudicie de manière suffisamment grave et immédiate à un intérêt public, à la situation du requérant ou aux intérêts qu'il entend défendre. Il appartient au juge des référés, saisi d'une demande tendant à la suspension d'une telle décision, d'apprécier concrètement, compte-tenu des justifications fournies par le requérant, si les effets de celle-ci sur la situation de ce dernier ou le cas échéant, des personnes concernées, sont de nature à caractériser une urgence justifiant que, sans attendre le jugement de la requête au fond, l'exécution de la décision soit suspendue.
4. Pour justifier de l'urgence qu'il y aurait à suspendre la décision litigieuse, M. D soutient que l'arrêté porte une atteinte grave et immédiate à sa situation personnelle et professionnelle, le privant d'emploi et donc de revenus correspondant à ses conditions de vie et de celle de son foyer. La communauté de commune qui admet à l'audience que la condition d'urgence soit reconnue comme étant remplie ne présente aucun élément tenant à l'ordre public ou à l'intérêt du service qui s'opposerait à la suspension de la mesure de révocation en litige. Par suite, la condition d'urgence nécessaire à la mise en œuvre des dispositions de l'article L.521-1 du code de justice administrative doit être regardée comme étant remplie.
5. En second lieu, il découle du principe général du droit selon lequel une autorité administrative ne peut sanctionner deux fois la même personne à raison des mêmes faits qu'une autorité administrative qui a pris une première décision définitive à l'égard d'une personne qui faisait l'objet de poursuites à raison de certains faits, ne peut ensuite engager de nouvelles poursuites à raison des mêmes faits en vue d'infliger une sanction. Cette règle s'applique tant lorsque l'autorité avait initialement infligé une sanction que lorsqu'elle avait décidé de ne pas en infliger une.
6. En l'état de l'instruction, les moyens tirés de ce que l'arrêté méconnaîtrait la règle non bis in idem, et de ce que la sanction de révocation ne serait pas proportionnée aux faits reprochés au requérant sont de nature à créer un doute sérieux quant à la légalité des décisions dont la suspension est demandée.
7. Il résulte de tout ce qui précède que les deux conditions requises par les dispositions précitées de l'article L. 521-1 du code de justice administrative étant remplies en l'espèce, il y a lieu de suspendre les effets de l'arrêté du 15 décembre 2023 de la communauté de communes Pays d'Apt-Luberon révoquant M. D de ses fonctions et le radiant des cadres à compter du 21 décembre 2023, jusqu'à ce qu'il soit statué au fond sur sa légalité.
Sur les conclusions aux fins d'injonction :
8. Aux termes de l'article L. 511-1 du code de justice administrative : " le juge des référés statue par des mesures qui présentent un caractère provisoire () ".
9. Pour assurer l'exécution de la suspension décidée au point 7, la présente ordonnance implique seulement la réintégration à titre provisoire de M. D, jusqu'à l'intervention du jugement au fond. Il y a lieu d'enjoindre à la communauté de communes Pays d'Apt-Luberon de procéder à cette réintégration provisoire dans un délai de quinze jours suivant la notification de la présente ordonnance. Il n'y a pas lieu, en revanche, dans les circonstances de l'espèce, d'assortir cette injonction d'une astreinte.
Sur les dispositions de l'article L.761-1 du code de justice administrative :
10. Les dispositions de l'article L.761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce qu'une somme soit mise à la charge de M. D sur leur fondement. Dans les circonstances de l'espèce, il y a lieu en revanche de mettre à la charge de la communauté de communes Pays d'Apt-Luberon une somme de 1 200 euros à verser à M. D, sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
O R D O N N E :
Article 1er : L'exécution de l'arrêté du 15 décembre 2023 de la communauté de communes Pays d'Apt-Luberon révoquant M. D de ses fonctions et le radiant des cadres à compter du 21 décembre 2023, est suspendue jusqu'à ce qu'il soit statué au fond sur la légalité de cet acte.
Article 2 : Il est enjoint à la communauté de communes Pays d'Apt-Luberon de procéder à la réintégration provisoire de M. D dans un délai de quinze jours suivant la notification de la présente ordonnance, dans l'attente de la décision statuant au fond sur la légalité des décisions en litige.
Article 3 : La communauté de communes Pays d'Apt-Luberon versera à M. D une somme de 1 200 euros sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Article 4 : Le surplus des conclusions des parties est rejeté.
Article 5 : La présente ordonnance sera notifiée à M. B D et à la communauté de communes Pays d'Apt-Luberon.
Fait à Nîmes, le 28 février 2024.
La juge des référés,
C. A
La République mande et ordonne à la préfète de Vaucluse en ce qui la concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente ordonnance.
N°2400614
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026