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AccueilJurisprudence administrativeN° TA30-2400821

Tribunal Administratif de Nîmes — Décision N° TA30-2400821

lundi 13 mai 2024

JuridictionTribunal Administratif de Nîmes
SectionTribunal Administratif de Nîmes
N° DossierTA30-2400821
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
Avocat requérantBURGER

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête et des pièces complémentaires enregistrées le 1er mars 2024, la commune de Bouillargues, représentée par Me d'Albenas, demande au juge des référés, sur le fondement des dispositions de l'article R. 532-1-1 du code de justice administrative de prescrire une mesure d'expertise aux fins de décrire la nature, l'étendue et la cause des dommages ayant affecté l'hôtel de ville dans le cadre de l'exécution d'un marché public de rénovation de la toiture de cet immeuble, donner tous les éléments permettant d'apprécier leur imputabilité, les responsabilités encourues ainsi que les mesures à mettre en œuvre pour permettre d'y remédier et leur coût.

Elle soutient que :

- dans le cadre de l'exécution des travaux de rénovation de la toiture de l'hôtel de ville, confiés à l'entreprise Au fil des toits qui a sous-traité le marché à l'entreprise MV Construction, qui ont débuté le 3 octobre 2022 par la dépose de l'ensemble de la couverture et la réalisation d'un bâchage provisoire, des eaux de pluies se sont infiltrées dans le bâtiment le 24 novembre 2022 et l'ont endommagé ;

- l'expertise amiable a permis de constater que l'infiltration des eaux était passée au travers du bâchage provisoire mais un désaccord est survenu concernant les solutions de reprise de ces dommages et le coût des travaux correspondants ;

- la mesure d'expertise est utile.

Par un mémoire en défense enregistré le 9 avril 2024, la société MIC Insurance company, représentée par Me Bouty-Duparc, conclut au rejet de la requête.

Elle fait valoir que la mesure d'expertise sollicitée ne présente pas de caractère utile dès lors que les travaux de ce marché ont été réceptionnés sans réserve le 28 avril 2023 et qu'il ainsi été mis fin aux relations contractuelles, faisant obstacle à toute action en responsabilité.

Par un mémoire en défense enregistré le 25 avril 2024, la société Réparations toitures languedociennes, exerçant sous la dénomination commerciale Au fil des toits, représentée par Me Burger, conclut au rejet de la requête.

Elle fait valoir que la mesure sollicitée n'est pas utile car les dommages sont survenus lors d'un épisode pluvieux ayant eu lieu au cours du chantier, parce que les travaux ont été réceptionnés sans réserve et que l'expertise amiable a permis de constater que la cause du sinistre avait été supprimée.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu le code de justice administrative.

Le président du tribunal administratif de Nîmes a désigné M. Roux, vice-président, pour statuer sur les demandes de référés.

Considérant ce qui suit :

1. Aux termes de l'article R. 532-1 du code de justice administrative : " Le juge des référés peut, sur simple requête et même en l'absence de décision administrative préalable, prescrire toute mesure utile d'expertise ou d'instruction. () ". Aux termes de l'article R. 532-1-1 de ce code : " Le juge des référés peut charger un expert de procéder, lors de l'exécution de travaux publics, à toutes constatations relatives à l'état des immeubles susceptibles d'être affectés par des dommages, puis le cas échéant, aux causes et à l'étendue des dommages qui surviendraient effectivement pendant la durée d'exécution des travaux. / L'ordonnance désignant l'expert peut prévoir, par dérogation à l'article R. 751-3, qu'elle sera notifiée par le demandeur aux personnes dont les immeubles sont susceptibles d'être affectés par des dommages. / () La mission de l'expert peut se poursuivre, si l'ordonnance mentionnée au deuxième alinéa l'a prévu, pour rechercher les causes et l'étendue des dommages qui surviendraient pendant la durée d'exécution des travaux, à l'initiative du demandeur saisi, le cas échéant, par l'une des parties mentionnées au deuxième alinéa. () ".

2. La mesure d'expertise demandée par la commune de Bouillargues tend à faire constater les désordres ayant affecté l'hôtel de ville lors d'un épisode pluvieux dans le cadre de l'exécution du marché public de rénovation de la toiture de cet immeuble, d'en décrire la nature, d'en déterminer la cause, leurs conséquences dommageables et de fournir les éléments permettant de déterminer la nature et le coût des travaux de reprises des parties endommagées de l'immeuble en cause. Toutefois, il résulte de l'instruction qu'une expertise amiable a permis de constater que ces désordres avaient été constitués par des infiltrations d'eau à travers le bâchage provisoire de la couverture de l'hôtel de ville mis en place par la société MV Construction, sous-traitante de la société Réparations toitures languedociennes et que la cause de ces infiltrations avait été supprimée. Cette expertise a également déterminé l'imputabilité de ces infiltrations et des dommages qu'elles ont causés à certaines parties de l'immeuble et évalué le coût des travaux de reprise et de remise en état de ces parties affectées par les infiltrations d'eau. Au vu de ces éléments, il n'apparait pas que la mesure d'expertise demandée présente un caractère utile au sens des dispositions précitées du code de justice administrative. La requête de la commune de Bouillargues ne peut, dès lors, qu'être rejetée.

O R D O N N E

Article 1er : La requête de la commune de Bouillargues est rejetée.

Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à la commune de Bouillargues, à la société Réparations toitures languedociennes, à la société MV Construction et à la société MIC Insurance company.

Fait à Nîmes, le 13 mai 2024.

Le juge des référés,

G. ROUX

La République mande et ordonne au préfet du Gard en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis, en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

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