vendredi 8 mars 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Nîmes |
| Section | Tribunal Administratif de Nîmes |
| N° Dossier | TA30-2400841 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Formation | Reconduites à la frontière |
| Avocat requérant | PROIX |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 4 mars 2024, M. C D, représenté par Me Proix, demande au tribunal :
1°) d'annuler l'arrêté du 2 mars 2024 par lequel la préfète de Vaucluse l'a obligé à quitter le territoire français sans délai, a fixé le pays de renvoi et a prononcé une interdiction de retour de deux ans ;
2°) d'enjoindre à la préfète de Vaucluse de lui délivrer sans délai une autorisation provisoire de séjour sous astreinte de 150 euros par jour de retard et de procéder à un nouvel examen de sa situation ;
3°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 2 000 euros en application des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991.
Il soutient que :
S'agissant de l'obligation de quitter le territoire français :
- la décision est entachée d'incompétence ;
- elle est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation au regard de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
S'agissant de la fixation du pays de renvoi :
- la décision est insuffisamment motivée ;
- elle est illégale dès lors qu'elle se fonde sur une obligation de quitter le territoire français illégale ;
S'agissant de l'interdiction de retour :
- la décision est insuffisamment motivée ;
- elle est illégale dès lors qu'elle se fonde sur une obligation de quitter le territoire français illégale ;
Par un mémoire en défense enregistré le 7 mars 2024, la préfète de Vaucluse conclut au rejet de la requête.
Elle fait valoir qu'aucun des moyens soulevés par le requérant n'est fondé.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;
- le code de justice administrative.
Vu la décision par laquelle le président du tribunal a délégué les pouvoirs qui lui sont attribués par l'article L. 614-9 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile à Mme Achour, première conseillère.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Achour,
- les observations de Me Proix, représentant M. D, assisté de Mme E interprète en langue italienne,
- la préfète de Vaucluse n'étant ni présente ni représentée.
La clôture de l'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience.
Considérant ce qui suit :
1. M. D, ressortissant bosnien né le 26 janvier 1980, demande l'annulation des décisions du 2 mars 2024 par lesquelles la préfète de Vaucluse l'a obligé à quitter le territoire français sans délai, a fixé le pays de renvoi et a prononcé une interdiction de retour de deux ans.
2. En premier lieu, par un arrêté du 17 novembre 2023, régulièrement publié le 20 novembre 2023 au recueil des actes administratifs spécial de l'Etat dans le département, la préfète de Vaucluse a donné à M. B A, sous-préfet de Carpentras, délégation à l'effet de signer les arrêtés en litige susceptibles d'être édictés pendant les tours de permanence assurés périodiquement au niveau départemental. Il s'ensuit que le moyen tiré de l'incompétence du signataire de l'arrêté attaqué manque en fait et ne peut qu'être écarté.
3. En deuxième lieu, l'arrêté attaqué comporte, dans ses visas et motifs, les considérations de droit et de fait sur lesquelles il se fonde et qui permettent de vérifier que l'administration préfectorale, qui n'avait pas à détailler chacun des éléments pris en considération, a procédé à un examen complet de la situation particulière du requérant au regard des stipulations et des dispositions applicables à chacune de ses décisions. Les moyens tirés d'un défaut de motivation et d'un défaut d'examen complet de la situation du requérant doivent, dès lors, être écartés.
4. En troisième lieu, aux termes de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : " Toute personne a droit au respect de sa vie privée et familiale, de son domicile et de sa correspondance. / 2. Il ne peut y avoir ingérence d'une autorité publique dans l'exercice de ce droit que pour autant que cette ingérence est prévue par la loi et qu'elle constitue une mesure qui, dans une société démocratique, est nécessaire à la sécurité nationale, à la sûreté publique, au bien-être économique du pays, à la défense de l'ordre et à la prévention des infractions pénales, à la protection de la santé ou de la morale, ou à la protection des droits et libertés d'autrui ".
5. M. D soutient que l'obligation qui lui est faite de quitter le territoire français porterait une atteinte disproportionnée à son droit au respect de sa vie privée et familiale dès lors que son épouse et ses onze enfants, dont trois sont encore à sa charge, seraient présents sur le territoire français. Cependant, il n'apporte aucun justificatif ni aucune précision au soutien de ses dires. Il ressort, en revanche, des pièces du dossier que le requérant, interpellé le 1er mars 2024 pour des faits de vol en réunion, s'est présenté sous une autre identité avant d'être identifié comme faisant l'objet d'une fiche de recherche Schengen émise par les autorités italiennes et que, sans domicile fixe, il a indiqué être présent en France depuis deux mois et demi. Dans ces conditions, et alors que M. D n'établit pas que son épouse et ses enfants séjourneraient régulièrement sur le territoire français ni être dépourvu de liens en Bosnie, pays dont il est ressortissant, quand bien même il aurait vécu la majeure partie de sa vie en Italie, la préfète de Vaucluse n'a pas porté au droit du requérant au respect de sa vie privée et familiale une atteinte disproportionnée aux buts de la mesure d'éloignement.
6. En quatrième lieu, en l'absence d'illégalité entachant l'obligation de quitter le territoire français, M. D ne peut utilement se prévaloir de l'illégalité de cette décision pour contester la décision fixant le pays de renvoi ni celle portant interdiction de retour de deux ans.
7. En cinquième et dernier lieu, pour les mêmes motifs que ceux exposés au point 5, il ne ressort pas des pièces du dossier qu'en prononçant, à l'encontre de M. D, une interdiction de retour de deux ans, la préfète de Vaucluse aurait commis une erreur d'appréciation quant aux conséquences de sa décision sur la situation personnelle de l'intéressé.
8. Il résulte de tout ce qui précède que M. D n'est pas fondé à demander l'annulation de l'arrêté de la préfète de Vaucluse du 2 mars 2024. Ses conclusions en excès de pouvoir doivent, par suite, être rejetées, ainsi que, par voie de conséquence, ses conclusions présentées au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de M. D est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. D, à Me Proix et au préfet de Vaucluse.
Lu en audience publique le 8 mars 2024.
La magistrate désignée,
P. ACHOUR
La greffière,
E. PAQUIER
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026