mercredi 3 avril 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Nîmes |
| Section | Tribunal Administratif de Nîmes |
| N° Dossier | TA30-2400871 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Formation | Reconduites à la frontière |
| Avocat requérant | VICTOR |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 5 mars 2024 M. B A, représenté par Me Victor, demande au tribunal :
- son admission à l'aide juridictionnelle provisoire ;
- d'annuler l'arrêté du 22 février 2024 par lequel la préfète de Vaucluse l'oblige à quitter le territoire français dans un délai de 30 jours et fixe son pays de renvoi ;
- d'enjoindre à la préfecture de Vaucluse de lui délivrer une attestation lui permettant de séjourner provisoirement en France, dans un délai de deux semaines à compter de la signification du jugement à intervenir ;
- de mettre à la charge de l'Etat la somme de 1 000 euros, sur le fondement des dispositions combinées de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991 et L.761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
Sur l'obligation de quitter le territoire :
- il n'est pas justifié de la compétence de l'auteur de l'acte ;
- la décision est insuffisamment motivée et il n'a pas été procédé à un examen attentif et personnalisé de sa situation ;
- la décision est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation de la situation et des conséquences sur sa situation personnelle ; il justifie d'un ancrage en France et de risques en cas de retour dans son pays ;
- la décision est prise en violation des articles L. 542-1 et R. 532-54 du CESEDA ;
Sur la décision fixant le pays de destination :
- il est fondé à exciper de l'illégalité de l'OQTF ;
- la motivation est insuffisante ;
- la décision est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation ; il craint pour sa vie en cas de retour au Sénégal ;
- la décision viole les dispositions combinées de l'article 3 de la CEDH et de l'article L.721-4 du CESEDA ;
Sur l'obligation de présentation au commissariat :
- la décision sera annulée par voie de conséquence.
La décision attaquée a été transmise au tribunal par télécopie le 5 mars 2024.
M. A a été admis à l'aide juridictionnelle totale le 26 mars 2024.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Le président du tribunal a désigné M. Abauzit, président honoraire, pour statuer sur les requêtes instruites selon les dispositions des L. 614-5, L. 614-6 et L. 614-9, L. 352-4, L. 754-4 et L. 572-5 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
Ont été entendus au cours de l'audience publique du 3 avril 2024 :
- le rapport de M. Abauzit,
- les observations de Me Dighiero, substituant Me Victor, en présence de M. B A.
La clôture de l'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience.
Considérant ce qui suit :
1. M. B A, ressortissant sénégalais né le 15 mai 1974 à Agnam Thiodaye (Sénégal), est entré en France en en mars 2023 en provenance de son pays, et présenté une demande d'asile à l'Office français des réfugiés et apatrides (OFPRA) qui a été rejetée le 9 octobre 2023. Le recours contre cette décision a été rejeté par la Cour nationale du droit d'asile, statuant en formation collégiale, le 8 février 2024. Par un arrêté en date du 22 février 2024, notifié le 28 suivant, qui est l'acte attaqué, produit par le requérant, la préfète de Vaucluse a rejeté la demande d'admission au séjour de M. A l'a obligé à quitter le territoire français dans le délai de trente jours et a fixé le pays de destination.
2. Par un arrêté du 17 novembre 2023, régulièrement publié au recueil des actes administratifs n° 84-2023-11-17-00002, la préfète de Vaucluse a accordé à Mme Sabine Roussely, secrétaire générale de la préfecture, délégation à l'effet de signer l'acte attaqué. Par suite, le moyen tiré du vice d'incompétence doit être écarté.
3. L'arrêté attaqué comporte les considérations utiles de droit et de fait sur lesquelles la préfète de Vaucluse s'est fondée pour prendre les décisions que comporte cet acte, et qui permettent d'établir que la préfète a procédé à un examen particulier de la situation du requérant. Si l'arrêté mentionne que l'intéressé n'a pas sollicité la délivrance d'un titre de séjour sur un autre fondement, alors qu'une demande de titre de séjour a été adressée par CDC Habitat le 15 février, cette circonstance reste sans incidence sur la légalité de l'arrêté attaqué, lequel précise à bon droit que l'intéressé n'a pas communiqué d'éléments d'information justifiant que M. A soit admis au séjour à titre dérogatoire pour des considérations humanitaires ou des motifs exceptionnels. Les moyens tirés d'un défaut de motivation et d'un défaut d'examen doivent dès lors être écartés.
Sur l'obligation de quitter le territoire :
4. La mesure d'éloignement concernant le requérant a été prise sur le fondement de l'article L. 611-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, aux termes duquel : " L'autorité administrative peut obliger un étranger à quitter le territoire français lorsqu'il se trouve dans les cas suivants : 4° La reconnaissance de la qualité de réfugié ou le bénéfice de la protection subsidiaire a été définitivement refusé à l'étranger ou il ne bénéficie plus du droit de se maintenir sur le territoire français en application des articles L. 542-1 et L. 542-2, à moins qu'il ne soit titulaire de l'un des documents mentionnés au 3° ; ".
5. Aux termes du second alinéa de l'article L. 542-1 du même code : " Lorsqu'un recours contre la décision de rejet de l'office a été formé dans le délai prévu à l'article L. 532-1, le droit du demandeur de se maintenir sur le territoire français prend fin à la date de la lecture en audience publique de la décision de la Cour nationale du droit d'asile ou, s'il est statué par ordonnance, à la date de la signature de celle-ci. Dans le cas où il est statué par ordonnance, l'autorité administrative ne peut engager l'exécution de la décision portant obligation de quitter le territoire français du demandeur d'asile dont le droit au maintien a pris fin qu'à compter de la date de notification de l'ordonnance. ". En l'espèce, la Cour nationale du droit d'asile ayant statué en formation collégiale, M. A n'avait plus droit au maintien à compter du 8 février 2024, date de la lecture en audience publique de la décision de la cour. Le moyen tiré d'un droit au maintien faisant obstacle à la mesure d'éloignement ne peut être qu'écarté.
6. Quelques jours après la lecture de la décision de la CNDA, M. A a sollicité, le 15 février 2024, par l'intermédiaire de CDC Habitat, son admission au séjour en qualité d'étranger malade. Les certificats médicaux qu'il produit en l'instance n'attestent pas toutefois que son état de santé soit de nature à justifier manifestement que ne soit pas prononcée une obligation du territoire, et la demande de titre de séjour présentée par courrier à la préfecture le 15 février 2024 ne faisait pas obstacle à l'intervention de la décision d'éloignement.
7. Il ne ressort pas des pièces du dossier que la préfète se serait crue tenue par la décision de la Cour nationale du droit d'asile pour prendre la décision d'éloignement, ni que la décision soit entachée d'une erreur manifeste d'appréciation de la situation personnelle du requérant, qui, présent en France depuis un an, sous couvert d'un statut qui lui a été refusé, ne saurait invoquer un ancrage sur le territoire français.
Sur la décision fixant le pays de destination :
8. Le moyen tiré de l'exception d'illégalité ou par voie de conséquence de la décision d'éloignement ne peut être qu'écarté, cette décision n'étant pas illégale.
9. Aux termes de l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales du 4 novembre 1950 " Nul ne peut être soumis à la torture ni à des peines ou des traitements inhumains ou dégradants " et aux termes du dernier alinéa de l'article L .721-4 du même code " Un étranger ne peut être éloigné à destination d'un pays s'il établit que sa vie ou sa liberté y sont menacées ou qu'il y est exposé à des traitements contraires aux stipulations de l'article 3 de la Convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales du 4 novembre 1950 ". Le requérant, qui se borne à renouveler les allégations que la Cour nationale des droits de l'homme a jugées infondées, ne justifie par aucun élément la réalité des risques auxquels il allègue être exposé en cas de retour dans son pays. Par suite, le moyen tiré de la méconnaissance des stipulations et dispositions précitées et d'une erreur manifeste s'appréciation doit être écarté.
Sur l'obligation de présentation au commissariat :
10. Le moyen tiré de l'illégalité de cette décision par voie de conséquence de l'illégalité la décision d'éloignement ne peut être qu'écarté, cette décision n'étant pas illégale.
11. Il résulte de ce qui précède que M. B A n'est pas fondé à demander l'annulation de l'arrêté du 22 février 2024 de la préfète de Vaucluse. Par suite ses conclusions à fin d'injonction et de condamnation de l'État sur le fondement de l'article L.761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991 ne peuvent également être que rejetées.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de M. A est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. B A, au préfet de Vaucluse et à Me Victor.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 3 avril 2024.
Le magistrat désigné,
F. ABAUZIT
La greffière,
M-E. KREMER
La République mande et ordonne au préfet de Vaucluse en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
N°2400871
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026