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AccueilJurisprudence administrativeN° TA30-2401336

Tribunal Administratif de Nîmes — Décision N° TA30-2401336

lundi 15 avril 2024

JuridictionTribunal Administratif de Nîmes
SectionTribunal Administratif de Nîmes
N° DossierTA30-2401336
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
PublicationC
FormationReconduites à la frontière
Avocat requérantMATHIEU

Texte intégral

Vu les procédures suivantes :

I- Par une requête et des mémoires, enregistrés les 6, 10, 11 et 12 avril 2024 sous le n°2401336, M. A B, représenté par Me Mathieu, demande au tribunal, dans le dernier état de ses écritures :

1°) d'annuler l'arrêté du 15 décembre 2022 par lequel le préfet du Var a refusé de lui délivrer un titre de séjour ;

2°) d'annuler l'arrêté du 4 avril 2024 par lequel le préfet du Var l'a obligé à quitter le territoire français sans délai, a fixé le pays de renvoi et a prononcé à son encontre une interdiction de retour sur le territoire français pour une durée de cinq ans ;

3°) d'enjoindre au préfet du Var de lui délivrer, dans un délai de quinze jours, une autorisation provisoire de séjour, sous astreinte de 100 euros par jour de retard ;

4°) d'enjoindre au préfet du Var de procéder sans délai à l'effacement de son signalement dans le système d'information Schengen ;

5°) d'enjoindre au préfet du Var de lui restituer sans délai son passeport ;

6°) de mettre à la charge de l'État une somme de 2 000 euros, à verser à son conseil sous réserve qu'il renonce au bénéfice de l'aide juridictionnelle, au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991 sur l'aide juridique.

Il soutient que :

En ce qui concerne le refus de séjour :

- l'arrêté a été pris par une personne non habilitée ;

- il ne comporte ni le nom ni la signature de son auteur ;

- il est entaché d'erreur manifeste d'appréciation de sa situation personnelle dès lors qu'il n'est pas établi qu'il constitue une menace pour l'ordre public ;

En ce qui concerne l'obligation de quitter le territoire français :

- l'arrêté attaqué a été pris par une personne non habilitée ;

- il est insuffisamment motivé ;

- la décision portant obligation de quitter le territoire français est entachée d'une insuffisance d'examen de sa situation personnelle ;

- elle est entachée d'erreur de droit au regard des articles L. 611-3 et L. 613-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- elle méconnait les stipulations de l'article 8 de la convention de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- elle est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation de sa situation personnelle dès lors qu'il n'est pas établi qu'il constitue une menace pour l'ordre public ;

En ce qui concerne l'interdiction de retour :

- la décision est insuffisamment motivée ;

- elle est illégale par voie d'exception d'illégalité de la décision portant obligation de quitter le territoire français.

Par un mémoire en défense, enregistré le 12 avril 2024, le préfet du Var conclut au rejet de la requête.

Il fait valoir que les moyens invoqués dans la requête ne sont pas fondés.

II- Par une requête et des mémoires, enregistrés les 6, 10, 11 et 12 avril 2024 sous le n°2401337, M. A B, représenté par Me Mathieu, demande au tribunal, dans le dernier état de ses écritures :

1°) d'annuler l'arrêté du 15 décembre 2022 par lequel le préfet du Var a refusé de lui délivrer un titre de séjour ;

2°) d'annuler l'arrêté du 4 avril 2024 par lequel le préfet du Var l'a obligé à quitter le territoire français sans délai, a fixé le pays de renvoi et a prononcé à son encontre une interdiction de retour sur le territoire français pour une durée de cinq ans ;

3°) d'enjoindre au préfet du Var de lui délivrer, dans un délai de quinze jours, une autorisation provisoire de séjour, sous astreinte de 100 euros par jour de retard ;

4°) d'enjoindre au préfet du Var de procéder sans délai à l'effacement de son signalement dans le système d'information Schengen ;

5°) d'enjoindre au préfet du Var de lui restituer sans délai son passeport ;

6°) de mettre à la charge de l'État une somme de 2 000 euros, à verser à son conseil sous réserve qu'il renonce au bénéfice de l'aide juridictionnelle, au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991 sur l'aide juridique.

Il soutient que :

En ce qui concerne le refus de séjour :

- l'arrêté a été pris par une personne non habilitée ;

- il ne comporte ni le nom ni la signature de son auteur ;

- il est entaché d'erreur manifeste d'appréciation dès lors qu'il n'est pas établi qu'il constitue une menace pour l'ordre public ;

En ce qui concerne l'obligation de quitter le territoire français :

- l'arrêté attaqué a été pris par une personne non habilitée ;

- il est insuffisamment motivé ;

- la décision portant obligation de quitter le territoire français est entachée d'une insuffisance d'examen de sa situation personnelle ;

- elle est entachée d'erreur de droit au regard des articles L. 611-3 et L. 613-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- elle méconnait les stipulations de l'article 8 de la convention de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- elle est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation de sa situation personnelle dès lors qu'il n'est pas établi qu'il constitue une menace pour l'ordre public ;

En ce qui concerne l'interdiction de retour :

- la décision est insuffisamment motivée ;

- elle est illégale par voie d'exception d'illégalité de la décision portant obligation de quitter le territoire français.

Par un mémoire en défense, enregistré le 12 avril 2024, le préfet du Var conclut au rejet de la requête.

Il fait valoir que les moyens invoqués dans la requête ne sont pas fondés.

Vu les autres pièces du dossier ;

Vu :

- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- la loi n°91-647 du 10 juillet 1991 ;

- le code de justice administrative.

Le président du tribunal a délégué à M. Chevillard les pouvoirs qui lui sont attribués par l'article L. 614-9 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

Les parties ayant été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique du 15 avril 2024, à 10 heures :

- le rapport de M. Chevillard,

- et les observations de Me Mathieu représentant M. B, et de ce dernier, qui concluent aux mêmes fins que la requête par les mêmes moyens.

- le préfet du Var n'étant ni présent, ni représenté.

La clôture de l'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience.

Considérant ce qui suit :

1. Les requêtes susvisées n° 23401336 et 2401337 présentent à juger des questions identiques. Il y a lieu de les joindre pour statuer par un seul jugement.

2. M. B, ressortissant marocain né le 24 juin 2003, demande au tribunal d'annuler l'arrêté du 15 décembre 2022 par lequel le préfet du Var a refusé de lui délivrer un titre de séjour ainsi que l'arrêté du 4 avril 2022 par lequel le même préfet l'a obligé à quitter le territoire français sans délai, a fixé le pays de renvoi et a prononcé à son encontre une interdiction de retour sur le territoire français pour une durée d'un an.

Sur l'étendue du litige soumis au magistrat désigné :

3. Il résulte des dispositions des articles L. 614-1, L. 614-8 et L. 732-8 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile qu'en cas de placement en rétention ou d'assignation à résidence d'un étranger en situation irrégulière, les requêtes dirigées contre les décisions portant obligation de quitter le territoire, fixant le délai de départ volontaire et le pays de renvoi, et interdisant le retour sur le territoire français, prises à son encontre, ainsi que les décisions d'assignation à résidence en procédant, doivent être instruites et jugées selon les dispositions de l'article L. 614-9 du même code. Toutefois, ces dispositions et celles de l'article R. 776-17 du code de justice administrative font obstacle à ce que le magistrat désigné en application des dispositions de l'article L. 614-9 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, saisi de la situation d'un étranger placé en centre de rétention administrative ou assigné à résidence à la suite d'une décision de refus de séjour assortie d'une obligation de quitter le territoire français, examine la décision de refus de séjour qui relève de la compétence d'une formation collégiale.

4. M. B a été placé en rétention par une décision du Var du 4 avril 2024 et, par une ordonnance du 8 avril suivant, la cour d'appel de Nîmes a ordonné la prolongation de cette mesure à compter du 6 avril 2024 à 17h15 pour une durée maximale de vingt-huit jours. Dès lors, il appartient au magistrat désigné de statuer sur la légalité des décisions du même jour par lesquelles cette autorité l'a obligé à quitter le territoire français sans délai de départ volontaire, a fixé le pays à destination duquel il pourra être éloigné d'office, a prononcé à son encontre une interdiction de retour sur le territoire français pour une durée d'un an. En revanche, il appartient seulement à une formation collégiale du tribunal administratif de statuer sur les conclusions à fin d'annulation de l'arrêté du 15 décembre 2022 par lequel le préfet du Var a refusé de lui délivrer un titre de séjour. Il y a lieu, par suite, de renvoyer en formation collégiale les conclusions de M. B tendant à l'annulation de cette décision portant refus de délivrance d'un titre de séjour, ainsi que les conclusions accessoires afférentes à cette décision.

Sur l'obligation de quitter le territoire :

5. En premier lieu, par un arrêté du 21 août 2023, publié au recueil des actes administratifs de la préfecture, numéro n° 156, accessible tant au juge qu'aux parties sur le site internet de la préfecture, le préfet du Var a donné délégation à M. Lucien Giudicelli, secrétaire général de la préfecture du Var, à l'effet de signer tous les actes et décisions notamment en matière de police des étrangers dans le département du Var. Le moyen tiré de l'incompétence du signataire de l'acte doit, par suite, être écarté.

6. En deuxième lieu, l'arrêté mentionne de façon suffisamment précise les motifs de droit et de fait qui en constituent le fondement, et notamment, que M. B a déclaré être entré en France 2014 alors qu'il apparaît n'y être entré que le 8 février 2021, que le droit au séjour lui a été refusé le 15 décembre 2022 et que son comportement constitue une menace pour l'ordre public. La circonstance que les éléments de fait mentionnés par la décision soient contestés par l'intéressé n'est pas de nature à caractériser un défaut de motivation. Par suite, le moyen tiré de l'insuffisante motivation de l'arrêté manque en fait et doit être rejeté.

7. Enfin, il ne ressort d'aucune pièce du dossier, en particulier pas des termes mêmes de l'arrêté contesté, l'autorité administrative n'étant pas tenue de mentionner de manière exhaustive l'ensemble des éléments propres à la situation personnelle de l'intéressé, que le préfet du Var n'aurait pas procédé à un examen particulier de cette situation au regard notamment de l'article L. 613-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

8. Aux termes de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : " 1. Toute personne a droit au respect de sa vie privée et familiale, de son domicile et de sa correspondance. (). Pour l'application de ces stipulations, l'étranger qui invoque la protection due à son droit au respect de sa vie privée et familiale en France doit apporter toute justification permettant d'apprécier la réalité et la stabilité de ses liens personnels et familiaux effectifs en France au regard de ceux qu'il a conservés dans son pays d'origine.

9. En l'espèce, d'une part, il résulte des termes de la décision attaquée que, pour obliger M. B à quitter le territoire français, le préfet du Var s'est fondé sur la circonstance que l'intéressé s'est vu refuser un titre de séjour le 15 décembre 2022 et que son comportement constitue une menace pour l'ordre public dans la mesure où il est connu des services de police pour agression sexuelle en 2016, pour viol commis sur mineur de 15 ans en 2021, pour outrage à une personne chargée de mission de service public en 2022, pour port d'arme prohibé en 2022, pour menace de mort réitérée en 2021 et pour violences volontaires dans un transport collectif en 2020. En outre, il ressort des pièces du dossier que l'intéressé fait l'objet d'une mesure d'interdiction de détenir ou de porter une arme soumise à autorisation pour une durée de deux ans, prononcée par le tribunal correctionnel de Marseille le 9 décembre 2022. M. B, lequel ne conteste pas avoir reconnu les faits mentionnés lors de son audition par les services de police, versée au dossier, ainsi que dans une lettre du 8 décembre 2022 adressée à la préfecture, également versée au dossier, fait valoir que ces faits ne sont pas caractérisés dès lors qu'ils ne ressortent d'aucun jugement et qu'aucune poursuite n'est établie. Toutefois, M. B ne fait état d'aucun élément de nature à remettre en cause la matérialité de ces faits, corroborée par ses déclarations, quand bien même ceux-ci n'auraient donné lieu à aucune condamnation pénale. Par suite, le préfet du Var n'a pas fait une inexacte application des dispositions précitées en estimant que le comportement de l'intéressé était constitutif d'une menace pour l'ordre public.

10. D'autre part, M. B fait valoir qu'il réside de manière stable et régulière sur le territoire français depuis 2014 et qu'il s'y trouve en présence de sa famille dès lors qu'il habite chez son beau-père en présence de ses demi-frères et sœurs. Toutefois, la seule production d'un certificat de scolarité portant son nom et son prénom, établi le 5 mai 2023 pour la seule période du 2 septembre 2014 au 31 août 2015, ne saurait être regardée comme remettant la mention de ce qu'il est entré régulièrement sur le territoire national le 8 février 2021. En outre, alors que l'intéressé est célibataire et sans charge de famille, celui-ci ne justifie pas de la nécessité de demeurer auprès des membres de sa famille résidant en France ni d'une quelconque insertion dans la société française.

11. Dans ces circonstances, M. B n'est pas fondé à soutenir que la décision attaquée aurait porté à son droit au respect de sa vie privée et familiale une atteinte disproportionnée par rapport aux buts en vue desquels elle a été prise et aurait ainsi méconnu les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales. M. B n'est pas non plus fondé à soutenir que la décision attaquée serait entachée d'erreur manifeste d'appréciation de sa situation personnelle.

12. Il résulte de ce qui précède que les conclusions de M. B, en ce qu'elles concernent l'obligation de quitter le territoire français, doivent être rejetées.

Sur l'interdiction de retour sur le territoire français :

13. En premier lieu, aux termes de l'article L. 612-6 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Lorsqu'aucun délai de départ volontaire n'a été accordé à l'étranger, l'autorité administrative assortit la décision portant obligation de quitter le territoire français d'une interdiction de retour sur le territoire français. Des circonstances humanitaires peuvent toutefois justifier que l'autorité administrative n'édicte pas d'interdiction de retour. / Les effets de cette interdiction cessent à l'expiration d'une durée, fixée par l'autorité administrative, qui ne peut excéder trois ans à compter de l'exécution de l'obligation de quitter le territoire français ". Selon l'article L. 612-10 de ce code : " Pour fixer la durée des interdictions de retour mentionnées aux articles L. 612-6 et L. 612-7, l'autorité administrative tient compte de la durée de présence de l'étranger sur le territoire français, de la nature et de l'ancienneté de ses liens avec la France, de la circonstance qu'il a déjà fait l'objet ou non d'une mesure d'éloignement et de la menace pour l'ordre public que représente sa présence sur le territoire français. / Il en est de même pour l'édiction et la durée de l'interdiction de retour mentionnée à l'article L. 612-8 ainsi que pour la prolongation de l'interdiction de retour prévue à l'article L. 612-11 ". Enfin, aux termes de l'article L. 613-2 du même code : " () les décisions d'interdiction de retour et de prolongation d'interdiction de retour prévues aux articles L. 612-6, L. 612-7, L. 612-8 et L. 612-11 sont distinctes de la décision portant obligation de quitter le territoire français. Elles sont motivées ".

14. Il ressort des termes mêmes de ces dispositions que l'autorité compétente doit, pour décider de prononcer à l'encontre de l'étranger soumis à l'obligation de quitter le territoire français une interdiction de retour et en fixer la durée, tenir compte, dans le respect des principes constitutionnels, des principes généraux du droit et des règles résultant des engagements internationaux de la France, des quatre critères qu'elles énumèrent, sans pouvoir se limiter à ne prendre en compte que l'un ou plusieurs d'entre eux. La décision d'interdiction de retour doit comporter l'énoncé des considérations de droit et de fait qui en constituent le fondement, de sorte que son destinataire puisse à sa seule lecture en connaître les motifs. Si cette motivation doit attester de la prise en compte par l'autorité compétente, au vu de la situation de l'intéressé, de l'ensemble des critères prévus par la loi, aucune règle n'impose que le principe et la durée de l'interdiction de retour fassent l'objet de motivations distinctes, ni que soit indiquée l'importance accordée à chaque critère.

15. Il incombe ainsi à l'autorité compétente qui prend une décision d'interdiction de retour d'indiquer dans quel cas susceptible de justifier une telle mesure se trouve l'étranger. Elle doit par ailleurs faire état des éléments de la situation de l'intéressé au vu desquels elle a arrêté, dans son principe et dans sa durée, sa décision, eu égard notamment à la durée de la présence de l'étranger sur le territoire français, à la nature et à l'ancienneté de ses liens avec la France et, le cas échéant, aux précédentes mesures d'éloignement dont il a fait l'objet. Elle doit aussi, si elle estime que figure au nombre des motifs qui justifie sa décision une menace pour l'ordre public, indiquer les raisons pour lesquelles la présence de l'intéressé sur le territoire français doit, selon elle, être regardée comme une telle menace. En revanche, si, après prise en compte de ce critère, elle ne retient pas cette circonstance au nombre des motifs de sa décision, elle n'est pas tenue, à peine d'irrégularité, de le préciser expressément.

16. En premier lieu, la décision en litige vise les textes applicables, et notamment les articles L.612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, et mentionne les motifs utiles de fait qui constituent le fondement de l'interdiction de retour sur le territoire français prise à l'encontre de M. B. Par suite, le requérant n'est donc pas fondé à soutenir que cette décision serait insuffisamment motivée.

17. En second lieu, il résulte de ce qui a été dit au point 12 que M. B n'est pas fondé à soutenir que la décision attaquée est entachée d'illégalité par voie d'exception en raison de l'illégalité de l'obligation de quitter de territoire dont il fait l'objet.

18. Il résulte de tout ce qui précède que M. B n'est pas fondé à demander l'annulation de l'arrêté du 4 avril 2024 par lequel le préfet du Var l'a obligé à quitter le territoire français sans délai, a fixé le pays de renvoi et a prononcé à son encontre une interdiction de retour sur le territoire français pour une durée d'un an

Sur les autres conclusions :

19. Les conclusions aux fins d'annulation étant rejetées, celles présentées à fin d'injonction sous astreinte comme celles tendant à l'application des dispositions des articles 37 de la loi du 10 juillet 1991 et L. 761-1 du code de justice administrative doivent également, par voie de conséquence, être rejetées.

DECIDE :

Article 1er : Les conclusions tendant à l'annulation de l'arrêté du 15 décembre 2022 par lequel le préfet du Var a refusé de délivrer un titre de séjour à M. B et les conclusions accessoires à cette décision sont renvoyées à la formation collégiale.

Article 2 : Le surplus des conclusions des requêtes présentées par de M. B est rejeté.

Article 3 : Le présent jugement sera notifié à M. A B, au préfet du Var et à Me Mathieu.

Fait à Nîmes le 15 avril 2024.

Le magistrat désigné,

F. CHEVILLARD

La greffière,

M-E. KREMERLa République mande et ordonne au préfet du Var en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Nos 2401336, 2401337

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