vendredi 21 février 2025
| Juridiction | Tribunal Administratif de Nîmes |
| Section | Tribunal Administratif de Nîmes |
| N° Dossier | TA30-2401610 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Formation | 1ère chambre magistrat statuant seul |
| Avocat requérant | ARNAUD |
Vu la procédure suivante :
Par une décision du 24 avril 2024, le Conseil d'Etat statuant au contentieux, saisi d'un pourvoi de M. B A, a annulé le jugement n°2102339 du tribunal administratif de Nîmes du 9 mars 2023 et renvoyé l'affaire devant le même tribunal.
Par une requête et des mémoires, enregistrés les 21 juillet 2021, 28 octobre 2021, 17 février 2022, 22 février 2022, 6 septembre 2022 et 26 juin 2024, M. A, représenté par la SARL Arnaud Avocats Associés, doivent être regardés comme demandant au tribunal dans le dernier état de ses écritures :
1°) d'annuler la décision du 15 avril 2021 par laquelle le directeur général de la Caisse des dépôts et consignations, agissant en qualité de gestionnaire de la Caisse nationale de retraites des agents des collectivités locales, a rejeté sa demande de réexamen de ses droits à pension en tenant compte de la majoration pour ses trois enfants à charge ;
2°) d'enjoindre au directeur général de la Caisse des dépôts et consignations, agissant en qualité de gestionnaire de la Caisse nationale de retraites des agents des collectivités locales, en application des articles L.911-1 et suivants du code de justice administrative, de le rétablir dans ses droits à pension en intégrant le droit à majoration pour enfant à charge ;
3°) de mettre à la charge de la Caisse des dépôts et consignations, agissant en qualité de gestionnaire de la Caisse nationale de retraites des agents des collectivités locales une somme de 2000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- la décision est insuffisamment motivée ;
- le requérant soutient avoir demandé la communication de documents nécessaires à l'établissement de la participation à l'éducation et la prise en charge de la fille de sa seconde épouse auprès de plusieurs administrations dont la DGFIP, les archives départementales du Gard et enfin de la CAF du Gard qui toutes ont opposé un refus à ses demandes ; les décisions de la CAF, de la DGFIP et des Archives Départementales du Gard méconnaissent l'article L.211-2 du code du patrimoine et son droit à l'accès au document administratif ;
- il a produit à la CNRACL des éléments de preuve suffisants permettant de lui accorder une majoration de ses droits à retraite.
Par des mémoires en défense enregistrés les 3 janvier 2022 et le 31 mai 2024 le directeur général de la Caisse des dépôts et consignations, agissant en qualité de gestionnaire de la Caisse nationale de retraites des agents des collectivités locales conclut au rejet de la requête.
Il fait valoir que :
- la requête est irrecevable, dès lors que la demande de révision de la pension est tardive en application des dispositions de l'article 62 du décret n° 2003-1306 du 26 décembre 2003 ;
- elle est irrecevable dès lors qu'elle méconnaît les dispositions de l'article R.411-1 du code de justice administrative ;
- les moyens soulevés par le requérant ne sont pas fondés.
Vu
- la décision du Conseil d'Etat n°474695 du 24 avril 2024 ;
- les autres pièces du dossier ;
Vu :
- le code de la sécurité sociale ;
- le code des pensions civiles et militaires de retraite ;
- le décret n° 2003-1306 du 26 décembre 2003 relatif au régime de retraite des fonctionnaires affiliés à la Caisse nationale de retraites des agents des collectivités locales ;
- le code de justice administrative.
Le président du tribunal a désigné Mme Boyer en application de l'article R. 222-13 du code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique du 13 février 2025 :
- le rapport de Mme Boyer, présidente ;
- les conclusions de Mme Bourjade, rapporteure publique ;
- les observations de Me Arnaud représentant M. A.
Une note en délibéré présentée par M. A a été enregistrée le 14 février 2025.
Considérant ce qui suit :
1. M. A, infirmier de classe supérieure, a été radié des cadres et admis à la retraite à compter du 1er septembre 2019. Par une décision du 22 août 2019, la Caisse nationale de retraites des agents des collectivités locales (CNRACL) a délivré à M. A son brevet de pension. Par un courrier du 15 mars 2021, ce dernier a demandé à la CNRACL l'octroi d'une majoration de pension pour enfants à charge et la révision correspondante de sa pension. Par une décision du 15 avril 2021, le directeur général de la Caisse des dépôts et consignations, agissant en qualité de gestionnaire de la CNRACL, a refusé de réviser sa pension en tant qu'elle n'intègre pas le droit à majoration pour enfants à charge. Par un jugement n°2102339 du 9 mars 2023, le tribunal administratif de Nîmes a rejeté la requête de M. A contestant cette décision. Par une décision n°474695 du 24 avril 2024, le Conseil d'Etat statuant au contentieux, saisi d'un pourvoi présenté par M. A, a annulé ce jugement et a renvoyé l'affaire devant le même tribunal.
Sur les conclusions aux fins d'annulation
2. Aux termes de l'article 24 du décret susvisé du 26 décembre 2003 : " I. - Une majoration de pension est accordée aux titulaires ayant élevé au moins trois enfants. II. - Ouvrent droit à cette majoration :1° Les enfants légitimes, les enfants naturels dont la filiation est établie et les enfants adoptifs du titulaire de la pension ; 2° Les enfants du conjoint issus d'un mariage précédent, ses enfants naturels dont la filiation est établie et ses enfants adoptifs (). III. - A l'exception des enfants décédés par faits de guerre, les enfants devront avoir été élevés pendant au moins neuf ans, soit avant leur seizième anniversaire, soit avant l'âge où ils ont cessé d'être à charge au sens des articles L. 512-3 et R. 512-2 du code de la sécurité sociale. "
3. Il résulte des dispositions du II de l'article 24 du décret du 26 décembre 2003 que, pour bénéficier de la majoration que cet article prévoit, le pensionné doit justifier d'une période d'au moins neuf années pendant laquelle il a élevé les enfants de son conjoint issus d'un mariage précédent, quelle que soit la date à laquelle le pensionné a épousé ce conjoint. Eu égard aux obligations personnelles, matérielles et patrimoniales pesant sur les époux, les dépenses exposées dans la vie commune bénéficient à l'ensemble des enfants du foyer. Dès lors, le pensionné doit, en principe, être regardé, pour l'application de ces dispositions, comme élevant l'enfant de son conjoint qui a sa résidence, habituelle ou alternée, au domicile du couple.
4. Il résulte notamment des termes de la décision contestée que M. A s'est vu refuser le bénéfice de la majoration visée au point 3 dès lors qu'il ne justifiait pas élever la fille de sa seconde épouse née en 1982 dans la période antérieure au mariage de M. A et de la mère de l'enfant le 2 juin 1990. Toutefois par les documents qu'il produit et notamment l'attestation du premier mari de son épouse justifiant que cette dernière a la garde de ses enfants, l'attestation de résidence du couple à Saint-Maximin de mai 1987 à février 1992 et de scolarité de sa belle-fille à l'école de Saint Maximin de septembre 1988 à juin 1992, ainsi que la naissance d'un premier enfant commun reconnu par M. A en 1988, le requérant justifie à minima que l'enfant vivait à son domicile avec sa mère depuis au moins l'année 1988 et qu'ainsi à la date de ses seize ans intervenue en 1998, il doit être regardé comme l'ayant élevée pendant une période d'au moins 9 années. Il n'est pas contesté que cette situation a perduré au-delà de 1998. Par suite, et dès lors que M. A doit être regardé comme ayant élevé l'enfant de son conjoint, il est fondé à soutenir que la décision du 15 avril 2021 méconnaît les dispositions précitées de l'article 24 du décret susvisé du 26 décembre 2003.
5. Toutefois, la Caisse des dépôts et consignation soulève en défense la tardiveté de la demande de révision présentée par M. A.
6. Aux termes de l'article 62 du décret du 26 décembre 2003 : " I. - Sous réserve des dispositions prévues au b de l'article 44, la pension et la rente viagère d'invalidité sont définitivement acquises et ne peuvent être révisées ou supprimées à l'initiative de la Caisse nationale de retraites des agents des collectivités locales ou sur demande de l'intéressé que dans les conditions suivantes : / - à tout moment en cas d'erreur matérielle ; / - dans un délai d'un an à compter de la notification de la décision de concession initiale de la pension ou de la rente viagère, en cas d'erreur de droit. () ".
7.Il résulte de l'instruction que M. A qui a formulé, auprès de la Caisse des dépôts et consignations une demande de la liquidation des droits à pension normale, a été admis à la retraite à compter du 1er septembre 2019 et s'est vu notifier son brevet de pension le 21 septembre suivant. L'intéressé a présenté une demande de révision de sa pension auprès de la CNRACL le 15 mars 2021. Cette demande de révision, qui avait pour objet d'obtenir le bénéfice d'une majoration pour avoir élevé trois enfants au sens de l'article 24 du décret n°2003-1306 du 26 décembre 2003 et ainsi ne visait pas à la rectification d'une erreur matérielle, est ainsi intervenue après l'expiration du délai d'un an suivant la notification de la concession initiale prévue par les dispositions précitées. Par suite, la Caisse des dépôts et consignations est fondée à se prévaloir de la tardiveté de la demande de M. A.
8.Dès lors que le directeur de la CNRACL était tenu de rejeter la demande présentée par l'intéressé, les moyens de la requête de M. A doivent être rejetés comme étant inopérants.
9. Il résulte de tout ce qui précède, et sans qu'il soit besoin d'examiner l'autre fin de non-recevoir opposée en défense, que M. A n'est pas fondé à demander l'annulation de la décision du 15 avril 2021 du directeur de la CNRACL.
Sur les conclusions à fin d'injonction :
10. Le présent jugement, qui rejette les conclusions à fin d'annulation, n'implique aucune mesure d'exécution au sens des articles L. 911-1 et suivants du code de justice administrative. Les conclusions à fin d'injonction sous astreinte présentées par M. A doivent, par suite, être rejetées.
Sur les conclusions au titre de l'article L.761-1 du code de justice administrative :
11. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que soit mise à la charge de la Caisse des dépôts et consignations, agissant en qualité de gestionnaire de la Caisse nationale de retraites des agents des collectivités locales, qui n'est pas la partie perdante, les frais d'instance demandés par M. A.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de M. A est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. B A et à la Caisse des dépôts et consignations.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 21 février 2025.
La magistrate désignée,
C. BOYERLe greffier,
N. LASNIER
La République mande et ordonne au ministre de l'économie, des finances et de la souveraineté industrielle et numérique des en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026