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AccueilJurisprudence administrativeN° TA30-2401830

Tribunal Administratif de Nîmes — Décision N° TA30-2401830

mardi 4 juin 2024

JuridictionTribunal Administratif de Nîmes
SectionTribunal Administratif de Nîmes
N° DossierTA30-2401830
TypeOrdonnance
RecoursExcès de pouvoir
Avocat requérantCABINET D'AVOCATS ENVIRONNEMENT DROIT PUBLIC

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête enregistrée le 14 mai 2024, la société SIDON Construction demande au juge des référés, sur le fondement des dispositions de l'article L. 551-1 du code de justice administrative :

1°) d'annuler la procédure de passation du lot n° 1 " ouvrages d'art " d'un accord-cadre à bons de commande de services, engagée par le département du Gard pour " l'inspection subaquatique d'ouvrages d'art pour les années 2024 à 2027 " ;

2°) de condamner le département du Gard à réparer le préjudice financier relatif aux coûts qu'elle a exposés à perte pour déposer sa candidature et formuler son offre pour ce marché.

Elle soutient que la SAS Ingénierie superstructure ouvrage d'art (Isoa) qui s'est vue attribuer le lot n°1 de ce marché ne dispose pas de la certification hyperbare mention A, relative à la règlementation applicable aux travailleurs intervenant en milieux hyperbares, indispensable au respect des stipulations de l'article 1.3 du cahier des clauses techniques particulières et que les règles de la concurrence comme le principe d'égalité de traitement des candidats ont été méconnus.

Par un mémoire en défense enregistré le 3 juin 2024, la société ISOA, représentée par Me Kneubulher, conclut au rejet de la requête et à ce qu'une somme de 1 500 euros soit mise à la charge de la société SIDON Construction en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Elle fait valoir que :

- les règles de la mise en concurrence n'ont pas été méconnues ;

- le cahier des clauses techniques particulières n'exige pas la certification de la société qui respect par ailleurs la réglementation applicable aux travailleurs intervenant en milieux hyperbares tel que démontré dans son mémoire technique ;

- les demandes indemnitaires sont irrecevables dans le cadre d'un référé précontractuel et infondées dès lors que la passation n'est entachée d'aucun vice ;

Par un mémoire en défense enregistré le 3 juin 2024, le département du Gard conclut au rejet de la requête.

Il fait valoir que :

- les conclusions indemnitaires sont irrecevables dans le cadre d'un référé précontractuel ;

- le moyen tiré de la concurrence déloyale est inopérant et infondé ;

- l'article 1.3 n'exige pas davantage que la loi la certification de la société mais réclame le certificat d'aptitude des scaphandriers et travailleurs concernés, tel qu'en justifie la société attributaire dans son mémoire technique ;

- les intérêts de la société requérante n'ont pas été lésés puisqu'elle a été classée 3ème en raison du prix élevé de son offre.

Par un acte enregistré le 3 juin 2024, la société SIDOM Construction, représentée par Me Vrignaud, demande au tribunal de lui donner de son désistement de l'ensemble de sa requête et conclut au rejet des conclusions présentées par la société ISOA sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code de l'urbanisme ;

- le code de justice administrative.

Le président du tribunal administratif de Nîmes a désigné M. Roux, vice-président, pour statuer sur les demandes de référés présentées sur le fondement de l'article L. 551-1 du code de justice administrative.

Considérant ce qui suit :

1. Le 2 février 2024, le département du Gard a lancé une procédure de passation d'un accord-cadre à bons de commande de services relatif à l'inspection subaquatique des ouvrages d'art pour les années 2024 à 2027, comportant un lot n°1 " Ouvrages d'art " et un lot n° 2 " Barrage -Prestation pluriannuelles d'inspections et d'interventions subaquatique - Barrages départementaux de Sénéchas, Saint Cécile d'Andorge, Cambous, La Rouvière ". Par courrier du 26 avril 2024, la société SIDOM Construction a été informée du rejet de l'offre qu'elle a déposée pour le lot n° 1 et de l'attribution de ce lot à la société ISOA. La société SIDOM Construction a saisi le juge des référés, sur le fondement des dispositions de l'article L. 551-1 du code de justice administrative, de conclusions tendant à l'annulation de la procédure de passation de ce lot n° 1 et à la réparation des préjudices qu'elle aurait subis.

2. D'une part, aux termes de l'article L. 551-1 du code de justice administrative : " Le président du tribunal administratif, ou le magistrat qu'il délègue, peut être saisi en cas de manquement aux obligations de publicité et de mise en concurrence auxquelles est soumise la passation par les pouvoirs adjudicateurs de contrats administratifs ayant pour objet l'exécution de travaux, la livraison de fournitures ou la prestation de services, avec une contrepartie économique constituée par un prix ou un droit d'exploitation, la délégation d'un service public ou la sélection d'un actionnaire opérateur économique d'une société d'économie mixte à opération unique. / Le juge est saisi avant la conclusion du contrat. ". D'autre part, aux termes de l'article R. 222-1 du même code : " () les présidents de formation de jugement des tribunaux et des cours () peuvent, par ordonnance : / 1° Donner acte des désistements () 5° Statuer sur les requêtes qui ne présentent plus à juger de questions autres que la condamnation prévue à l'article L. 761-1 ou la charge des dépens ; () ".

3. Si, eu égard aux pouvoirs conférés au juge par les articles L. 551-1 et L. 551-2 du code de justice administrative, les parties doivent, avant que le juge ne prononce une mesure prévue par celles-ci, être mises à même de présenter au cours d'une audience publique des observations orales à l'appui de leurs observations écrites, il en va différemment lorsque, après que cette procédure a été engagée, intervient un désistement. Dans ce cas, le juge des référés peut, dans le cadre de son office, donner acte du désistement sans tenir d'audience.

4. Par un acte enregistré le 3 juin 2024, la société SIDOM Construction s'est désistée de la requête présentée sur le fondement des dispositions de l'article L. 551-1 du code de justice administrative et communiquée au contradictoire des parties le 14 mai 2024. Ce désistement étant pur et simple, rien ne s'oppose à ce qu'il lui en soit donné acte.

5. Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge de la société SIDOM Construction, une somme de 1 000 euros en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative, au titre des frais qu'elle a exposés pour sa défense dans la présente instance et qui ne sont pas compris dans les dépens.

O R D O N N E

Article 1er : Il est donné acte du désistement d'instance de la société SIDOM Construction.

Article 2 : La société SIDOM Construction versera la somme de 1 000 euros à la société Ingénierie superstructure ouvrage d'art en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Article 3 : La présente ordonnance sera notifiée à la société SIDOM Construction, au département du Gard et la société Ingénierie superstructure ouvrage d'art.

Fait à Nîmes, le 4 juin 2024.

Le juge des référés,

G. ROUX

La République mande et ordonne au préfet du Gard en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis, en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

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