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AccueilJurisprudence administrativeN° TA30-2401954

Tribunal Administratif de Nîmes — Décision N° TA30-2401954

jeudi 6 juin 2024

JuridictionTribunal Administratif de Nîmes
SectionTribunal Administratif de Nîmes
N° DossierTA30-2401954
TypeOrdonnance
RecoursExcès de pouvoir

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête enregistrée le 17 mai 2024, la SCI ANMECA, représentée par Me Dillenschneider, demande au tribunal :

1°) d'annuler la décision du 24 avril 2024 du préfet de la Région Occitanie confirmant sur recours l'avis défavorable de l'architecte des bâtiments de France du 13 janvier 2024 ;

2°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 2 000 euros au titre de l'article L. 761­1 du code de justice administrative.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code du patrimoine ;

- le code de l'urbanisme ;

- le code de justice administrative.

Considérant ce qui suit :

1. Aux termes de l'article R. 222-1 du code de justice administrative : " Les présidents de tribunal administratif () peuvent, par ordonnance : () 4º Rejeter les requêtes manifestement irrecevables, lorsque la juridiction n'est pas tenue d'inviter leur auteur à les régulariser () ; 5° Statuer sur les requêtes qui ne présentent plus à juger de questions autres que la condamnation prévue à l'article L. 761-1 ou la charge des dépens ; (). ".

2. D'une part, aux termes de l'article L. 632-1 du code du patrimoine : " Dans le périmètre d'un site patrimonial remarquable, sont soumis à une autorisation préalable les travaux susceptibles de modifier l'état des parties extérieures des immeubles bâtis, y compris du second œuvre, ou des immeubles non bâtis () / L'autorisation peut être refusée ou assortie de prescriptions lorsque les travaux sont susceptibles de porter atteinte à la conservation ou à la mise en valeur du site patrimonial remarquable. " Aux termes du I de l'article L. 632-2 du même code : " L'autorisation prévue à l'article L. 632-1 est, sous réserve de l'article L. 632-2-1, subordonnée à l'accord de l'architecte des Bâtiments de France, le cas échéant assorti de prescriptions motivées. A ce titre, ce dernier s'assure du respect de l'intérêt public attaché au patrimoine, à l'architecture, au paysage naturel ou urbain, à la qualité des constructions et à leur insertion harmonieuse dans le milieu environnant. ". D'autre part, aux termes de l'article de l'article R. 424-14 du code de l'urbanisme : " Lorsque le projet est situé dans le périmètre d'un site patrimonial remarquable ou dans les abords des monuments historiques, le demandeur peut, en cas d'opposition à une déclaration préalable ou de refus de permis fondé sur un refus d'accord de l'architecte des Bâtiments de France, saisir le préfet de région, par lettre recommandée avec demande d'avis de réception, d'un recours contre cette décision dans le délai de deux mois à compter de la notification de l'opposition ou du refus (). ".

3. Il résulte de ces dispositions que, lorsque les travaux envisagés sont situés dans le périmètre d'un site patrimonial remarquable, et sont susceptibles de modifier l'état des parties extérieures des immeubles bâtis, y compris du second œuvre, ils sont soumis à l'avis conforme de l'architecte des bâtiments de France ou, lorsque celui-ci a été saisi, du préfet de région. Si l'avis de ce dernier se substitue alors à celui de l'architecte des bâtiments de France, l'ouverture d'un tel recours administratif, qui est un préalable obligatoire à toute contestation de la position ainsi prise au regard de la protection d'un édifice classé ou inscrit, n'a ni pour objet ni pour effet de permettre l'exercice d'un recours contentieux contre cet avis. Ainsi, la régularité et le bien-fondé de l'avis de l'architecte des bâtiments de France ou, le cas échéant, de la décision du préfet de région ne peuvent être contestés qu'à l'appui d'un recours pour excès de pouvoir dirigé contre la décision de refus du permis de construire et présenté par une personne ayant un intérêt pour agir.

4. La décision du 24 avril 2024 par laquelle le préfet de la région Occitanie a confirmé l'avis défavorable rendu le 13 janvier 2024 par l'architecte des bâtiments de France, relative à un projet de remplacement de fenêtres d'un immeuble situé 32 rue de l'Aspic à Nîmes dans le périmètre du site patrimonial remarquable du centre-ville, ne présente pas, eu égard à ce qui a été dit au point précédent, le caractère d'une décision susceptible d'être déférée directement au juge de l'excès de pouvoir. Par suite, les conclusions, dirigées contre l'avis de l'architecte des bâtiments de France et la décision la décision du 24 avril 2024 du préfet de la Région Occitanie confirmant sur recours obligatoire l'avis défavorable de l'architecte des bâtiments de France du 13 janvier 2024 et s'y substituant, sont manifestement irrecevables. La requête de la SCI ANMECA, qui ne saurait être régularisée, doit être rejetée dans toutes ses conclusions sur le fondement du 4° de l'article L.222-1 du code de justice administrative.

O R D O N N E

Article 1er : La requête de la SCI ANMECA est rejetée.

Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à la SCI ANMECA et au préfet de la région Occitanie.

Copie sera adressée à la commune de Nîmes.

Fait à Nîmes, le 6 juin 2024.

La présidente de la 1ère chambre,

C. BOYER

La République mande et ordonne au préfet du Gard en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

N°2401954

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