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AccueilJurisprudence administrativeN° TA30-2401965

Tribunal Administratif de Nîmes — Décision N° TA30-2401965

jeudi 20 juin 2024

JuridictionTribunal Administratif de Nîmes
SectionTribunal Administratif de Nîmes
N° DossierTA30-2401965
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête enregistrée le 23 mai 2024, M. A B, représenté par la SCP Lemoine Clabeaut, demande au juge des référés, sur le fondement des dispositions de l'article L. 521-1 du code de justice administrative :

1°) de suspendre l'exécution de l'arrêté du 4 mars 2024 par lequel le président du service départemental d'incendie et de secours (SDIS) du Gard a pris à son encontre la sanction disciplinaire d'exclusion temporaire de fonctions d'une durée de deux ans ;

2°) de mettre à la charge du SDIS du Gard la somme de 3 000 euros sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Il soutient que :

- la condition d'urgence est remplie eu égard aux graves effets de la sanction qui le prive de ses revenus ;

- la décision est entachée d'un vice de procédure en méconnaissance de l'article 6-1 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'Homme et des libertés fondamentales ;

- eu égard au contexte global dans lequel les faits sanctionnés ont été commis et notamment la permanence avec laquelle son employeur a opposé un refus à ses demandes réitérées de mutation, la décision revêt un caractère disproportionné.

Par un mémoire en défense enregistré le 13 juin 2024, le SDIS du Gard conclut au rejet de la requête.

Il fait valoir que :

- le respect de la condition d'urgence n'est pas justifié par le requérant ;

- les moyens invoqués ne sont pas propres à faire naître un doute sérieux quant à la légalité de la décision critiquée.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- le loi n° 83-634 du 13 juillet 1983 ;

- la loi n° 84-53 du 26 janvier 1984 ;

- le code générale de la fonction publique ;

- le code de la sécurité intérieure ;

- le code de justice administrative.

Le président du tribunal administratif de Nîmes a désigné M. Roux, vice-président, pour statuer sur les demandes de référés.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Au cours de l'audience publique tenue le 17 juin 2024 à 14 heures en présence de Mme Noguero, greffière d'audience, ont été entendus :

- le rapport de M. Roux, juge des référés ;

- les observations de Me Lemoine, représentant M. B, qui a repris les moyens invoqués dans ses écritures en insistant sur le contexte général et l'état psychologique dans lequel se trouvait le requérant lorsqu'il s'est rendu responsable des faits en cause ainsi que l'absence d'antécédent disciplinaire et ses excellents états de service, qui justifiaient une sanction moins sévère ;

- les observations de Mme C pour le SDIS du Gard, qui a repris et développé les moyens opposés dans ses écritures en insistant sur le défaut d'urgence et la proportionnalité de la mesure disciplinaire contestée eu égard à la gravité des faits, révélés par l'enquête administrative, et le niveau de responsabilité de l'agent.

La clôture de l'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience.

Considérant ce qui suit :

1. M. A B, adjudant de sapeur-pompier professionnel recruté par voie de mutation au SDIS du Gard le 1er mars 2016, affecté au sein du centre de secours de Beaucaire après avoir été suspendu à titre conservatoire par arrêté du 1er septembre 2023, avoir reconnu sa responsabilité dans des faits de vol de carburant d'avril à août 2023 ayant donné lieu à une plainte de son employeur et avoir été condamné pour escroquerie devant le tribunal judiciaire de Nîmes le 22 janvier 2024, a fait l'objet, le 3 mars 2024, d'un arrêté portant son exclusion temporaire de fonctions d'une durée de deux ans, sanction disciplinaire du 3ème groupe. Il demande au juge des référés, sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, de suspendre l'exécution de cet arrêté.

2. En application de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, quand une décision administrative, même de rejet, fait l'objet d'une requête en annulation ou en réformation, le juge des référés, saisi d'une demande en ce sens, peut ordonner la suspension de l'exécution de cette décision, ou de certains de ses effets, lorsque l'urgence le justifie et qu'il est fait état d'un moyen propre à créer, en l'état de l'instruction, un doute sérieux quant à sa légalité.

3. En l'état de l'instruction, les moyens invoqués, tirés de l'existence de vices de procédure affectant la légalité de la mesure disciplinaire contestée et tenant au caractère disproportionnée de celle-ci au regard de l'ensemble des éléments de contexte dans lequel les faits sanctionnés ont été commis, et notamment l'état psychologique du requérant, ne sont pas propres à faire naître un doute sérieux quant à la légalité de l'arrêté du 4 mars 2024 décidant son exclusion temporaire de fonctions d'une durée de deux ans.

4. Il résulte de tout ce qui précède que M. B n'est pas fondé à demander la suspension de l'exécution de l'arrêté du 4 mars 2024. Les conclusions présentées à cette fin doivent donc, sans qu'il soit besoin de se prononcer sur la condition d'urgence, être rejetées.

5. Les dispositions de l'article L. 761-1 s'opposent à ce qu'une quelconque somme soit mise à la charge du SDIS du Gard, qui n'est pas la partie perdante dans la présente instance. Les conclusions présentées par M. B sur leur fondement ne peuvent donc qu'être également rejetées.

O R D O N N E

Article 1er : La requête de M. B est rejetée.

Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à M. A B et au service départemental d'incendie et de secours du Gard.

Fait à Nîmes, le 20 juin 2024.

Le juge des référés,

G. ROUX

La République mande et ordonne au préfet du Gard en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis, en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition conforme,

La greffière,

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