lundi 17 juin 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Nîmes |
| Section | Tribunal Administratif de Nîmes |
| N° Dossier | TA30-2402063 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Avocat requérant | CABINET ABEILLE & ASSOCIES |
Vu :
- les autres pièces du dossier ;
- la requête enregistrée le 1er décembre 2023 sous le numéro 2304491 par laquelle la SCI Château de Beauchêne demande l'annulation de l'arrêté contesté.
Vu :
- le code de l'urbanisme ;
- le code de justice administrative.
Le président du tribunal administratif de Nîmes a désigné Mme Boyer, vice-présidente, pour statuer sur les demandes de référés.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Au cours de l'audience publique tenue le 12 juin 2024 à 10 heures en présence de Mme Kremer, greffière d'audience, ont été entendus :
- le rapport de Mme Boyer, juge des référés ;
- les observations Me Rouault pour les requérants qui a repris et développé les moyens invoqués dans ses écritures en précisant qu'aucune irrecevabilité ne peut lui être opposée dès lors que le dépôt des notifications R.600-1 a été effectué le 13 juin 2024 et qu'il n'y a pas d'erreur dans les adresses, qu'en tout état de cause cette irrecevabilité ne vaut que pour la requête au fond, que s'agissant de l'intérêt à agir , les requérants sont voisins immédiats du projet, qu'il ressort des photos produites que le château est un lieu remarquable, constitue pour les clients à l'exportation une marque de prestige du domaine viticole et que le projet, un mât
de 32 mètres de hauteur vient nuire à ce cadre magnifique du fait de sa visibilité depuis le château ; que s'agissant du fond, la zone UEF sur laquelle s'insère le projet est réservée à la gestion des installations EDF, or ce n'est pas EDF qui est en cause dans ce dossier et il ne peut être soutenu par la défense que RTE peut se prévaloir du chapeau introductif du PLU qui n'a pas valeur règlementaire ; que le PLU du 20 octobre 2020 est postérieur à la loi de 2004 qui met fin à EDF ; que l'article R111-27 du code de l'urbanisme s'applique dès lors que l'article UE11 n'est pas prescriptif, si le lieu est dégradé sur un morceau minime, le triangle UEF occupant une superficie de 300 m² seulement et qu'il existe déjà des pylônes, ceux-ci auraient pu être utilisés et l'on peut douter de la nécessité du projet ; qu'en outre, des incendies se sont déclarés sur la commune en 2022, or le projet est situé sur un grand espace boisé dont une grande partie est classée en EBC, la parcelle qui jouxte le mât dont ils les requérants ne sont pas propriétaire et ne peuvent assurer l'entretien est boisée en pins d'Alep particulièrement inflammables, ainsi le projet méconnaît les dispositions de l'article R111-2 du même code, le poteau étant électrifié et donc dangereux.
- les observations de Me Durand pour la société RTE qui expose la situation juridique et l'activité de la société RTE émanant de la restructuration de EDF et ayant pour activité le transport électricité alors que la gestion des ligne est désormais confiée à ENEDIS, que sur le site du projet, il existe un poste source appartenant aux deux sociétés RTE et ENEDIS, pour approvisionner la SNCF sur la ligne ferroviaire qui jouxte la propriété des requérants et le site du projet, l'absence de fibre dans la zone nécessite l'installation de lignes hertziennes dont la nécessité découle de la mise en place de nouvelles fréquences qui suppose la pose d'un nouveau pylône plus haut pour des raisons techniques, que les travaux ont commencé et qu'il y a urgence à les terminer car les nouvelles fréquences sont imposées par l'Union européenne, que le projet implanté dans zone source ne doit pas gêner les autres pylônes, que cette situation du projet conduit à contester l'intérêt à agir des requérants dès lors qu'il y a déjà un pylône qui visuellement culmine à 25 mètres en raison du relief du terrain, qu'il est évident que malgré le changement de nom du service de l'électricité, RTE cité au préambule du règlement de la zone et dans le rapport de présentation doit être regardée comme étant visée par le règlement, qu'au regard des dispositions de l'article R111-27, il n'est pas contesté que le terrain d'assiette bénéficie d'un zonage spécifique, que le simple ajout d'un pylône sur une zone déjà équipée n'aggrave pas le site, qu'au regard de l'article R111-2 l'inquiétude est comprise mais l'implantation dans poste source déjà réalisé entraîne des obligations règlementaires de débroussaillement, le pylône de télécommunication prévu n'est pas dangereux par lui-même en présence d'un PRIF , il est de même nature que ceux implantés par les pompiers en zone boisée pour leurs propres communications.
Me Rouault reprend la parole pour préciser que le PLU a été rédigé en 2020 alors que la restructuration d'EDF était déjà intervenue et que l'absence de référence à la société RTE est volontaire, que même si le site est abîmé, l'édification d'un pylône de 32 mètres ajoute des inconvénients, une meilleure intégration serait souhaitable et aucun effort d'intégration n'est proposé.
Me Durand n'a pas souhaité répliquer.
La commune de Piolenc n'était ni présente ni représentée.
La clôture de l'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience.
Considérant ce qui suit :
1. La SCEA Château de Beauchêne, la SCI Château de Beauchêne et M. A B demandent au juge des référés de suspendre l'exécution de la décision de non opposition datée du 3 août 2023, par laquelle le maire de la commune de Piolenc ne s'est pas opposé à la demande de déclaration de la société RTE-CDI-Marseille pour l'édification d'un pylône Telecom de 32 mètres.
2. En application de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, quand une décision administrative, même de rejet, fait l'objet d'une requête en annulation ou en réformation, le juge des référés, saisi d'une demande en ce sens, peut ordonner la suspension de l'exécution de cette décision, ou de certains de ses effets, lorsque l'urgence le justifie et qu'il est fait état d'un moyen propre à créer, en l'état de l'instruction, un doute sérieux quant à sa légalité.
3. En l'état de l'instruction aucune des moyens tels qu'analysés dans les visas n'est de nature à faire naître un doute sérieux quant à la légalité de l'arrêté dont la suspension de l'exécution est demandée.
4. Il résulte de ce qui précède que l'une des deux conditions posées à l'article L.521-1 du code de justice administrative n'étant pas remplie, les conclusions de la requête tendant à la suspension de la décision de non opposition à déclaration préalable du 3 août 2023, enregistrée sous le n° DP 08409123 N 0111 ne peuvent qu'être rejetées sans qu'il soit besoin d'examiner les fins de non-recevoir opposées par la commune de Piolenc ni si la condition d'urgence est remplie. Par voie de conséquence, les conclusions présentées aux fins d'injonction sous astreinte et au titre des frais d'instance doivent également être rejetées.
5. Il y a lieu dans les circonstances de l'espèce de mettre à la charge de la SCEA Château de Beauchêne, la SCI Château de Beauchêne et M. A B, une somme de 800 euros à verser à la société RTE-CDI-Marseille au titre de l'article L.761-1 du code de justice administrative.
O R D O N N E :
Article 1er : La requête présentée par la SCEA Château de Beauchêne, la SCI Château de Beauchêne et M. A B est rejetée.
Article 2 : la SCEA Château de Beauchêne, la SCI Château de Beauchêne et M. A B, verserons une somme de 800 euros à la société RTE-CDI-Marseille au titre de l'article L.761-1 du code de justice administrative.
Article 3 : La présente ordonnance sera notifiée à la SCEA Château de Beauchêne, la SCI Château de Beauchêne et M. A B, à la société RTE-CDI Marseille et à la commune de Piolenc.
Fait à Nîmes, le 17 juin 2024.
La juge des référés,
C. BOYER
La République mande et ordonne au préfet de Vaucluse en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis, en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
N°2402063
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026