lundi 10 juin 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Nîmes |
| Section | Tribunal Administratif de Nîmes |
| N° Dossier | TA30-2402080 |
| Type | Ordonnance |
| Recours | Excès de pouvoir |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 29 mai 2024, Mme A, représentée par Me Maimouna Abdou, demande au tribunal :
1°) d'annuler la décision par laquelle le préfet de Vaucluse à implicitement rejeté sa demande de titre de séjour ;
2°) à titre principal, d'enjoindre au préfet de Vaucluse de lui délivrer un titre de séjour portant la mention " vie privée et familiale ", à titre subsidiaire, de réexaminer sa situation ;
3°) de mettre à la charge de l'Etat une somme de 1 000 euros en application des dispositions de l'article L.761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- la décision attaquée est entachée d'un défaut de motivation en l'absence de réponse de demande de communication de motifs adressée au préfet de Vaucluse ;
- elle est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation et d'un défaut d'examen sérieux de sa situation personnelle ;
- elle méconnait les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- elle méconnaît les stipulations de l'article 3 de la convention internationale relative aux droit de l'enfant ;
- elle est entachée d'une erreur de droit dès lors qu'elle remplit les conditions de l'article L.423-7 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile pour se voir délivrer une carte de séjour temporaire portant la mention " vie privée et familiale " d'une durée d'un an, car elle est mère d'un enfant français mineur résidant en France dont elle justifie contribuer à l'entretien et à l'éducation.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu le code de justice administrative.
Considérant ce qui suit :
1. Aux termes de l'article R. 222-1 du code de justice administrative : " () les présidents de formation de jugement des tribunaux () peuvent, par ordonnance : () 4° Rejeter les requêtes manifestement irrecevables, lorsque la juridiction n'est pas tenue d'inviter leur auteur à les régulariser ou qu'elles n'ont pas été régularisées à l'expiration du délai imparti par une demande en ce sens ; () ".
2. Aux termes de l'article R. 432-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile relatif aux refus de délivrance des titres de séjour : " Le silence gardé par l'autorité administrative sur les demandes de titres de séjour vaut décision implicite de rejet. ". Aux termes de l'article R. 432-2 du même code : " La décision implicite de rejet mentionnée à l'article R. 432-1 naît au terme d'un délai de quatre mois. / () ". Il résulte de ces dispositions que le silence gardé par l'administration pendant plus de quatre mois sur une demande de titre de séjour vaut décision implicite de rejet.
3. Aux termes de l'article R. 421-1 du code de justice administrative : " La juridiction ne peut être saisie que par voie de recours formé contre une décision, et ce, dans les deux mois à partir de la notification ou de la publication de la décision attaquée. / (). " Aux termes de l'article R. 421-5 du même code : " Les délais de recours contre une décision administrative ne sont opposables qu'à la condition d'avoir été mentionnés, ainsi que les voies de recours, dans la notification de la décision. ". Aux termes de l'article L. 112-3 du code des relations entre le public et l'administration : " Toute demande adressée à l'administration fait l'objet d'un accusé de réception. () ". Aux termes de l'article L. 112-6 du même code : " Les délais de recours ne sont pas opposables à l'auteur d'une demande lorsque l'accusé de réception ne lui a pas été transmis ou ne comporte pas les indications exigées par la réglementation. (). ". Enfin, aux termes de l'article L. 232-4 du code des relations entre le public et l'administration : " () Toutefois, à la demande de l'intéressé, formulée dans les délais du recours contentieux, les motifs de toute décision implicite de rejet devront lui être communiqués dans le mois suivant cette demande. Dans ce cas, le délai du recours contentieux contre ladite décision est prorogé jusqu'à l'expiration de deux mois suivant le jour où les motifs lui auront été communiqués ".
4. Il ressort des pièces du dossier que Mme A a sollicité la délivrance d'un titre de séjour le 14 décembre 2022 et s'est vue remettre, le 16 décembre 2022, une attestation de dépôt de sa demande mentionnant les conditions dans lesquelles serait susceptible de naitre une décision implicite de rejet ainsi que les voies et délais de recours contre une telle décision. Du silence gardé par l'autorité administrative durant les quatre mois suivant cette demande est née une décision implicite de rejet, le 14 avril 2023, date à compter de laquelle a commencé à courir le délai de recours contentieux de deux mois qui expirait ainsi le 15 juin 2023. En tenant même pour établi que l'accusé de réception produit, daté du 25 avril 2024, corresponde à la demande de communication des motifs de la décision implicite en litige, tel que l'affirme la requérante, suite au rejet implicite de cette demande de communication, intervenu le 25 mai 2023 au terme du silence gardé par l'autorité administrative dans le délai d'un mois prévu à l'article L.232-4 du code des relations entre le public et l'administration, Mme A disposait d'un délai de recours contentieux de deux mois qui expirait le 26 juillet 2023. En outre et en tout état de cause, cette requête a été enregistrée au-delà du délai raisonnable d'un an qui s'est écoulé à compter de la naissance de la décision implicite de refus de communication de motifs de refus de séjour attaqué en date du 25 mai 2023. Par suite, sa requête enregistrée le 29 mai 2024, après l'expiration dudit délai de recours contentieux, est manifestement tardive et irrecevable et doit être rejetée comme manifestement irrecevable, par application du 4° de l'article R.222-1 du code de justice administrative.
O R D O N N E :
Article 1er : La requête de Mme A est rejetée.
Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à Mme B A.
Copie en sera adressée au préfet de Vaucluse.
Fait à Nîmes, le 10 juin 2024.
Le président de la 2ème chambre,
G. ROUX
La République mande et ordonne au préfet de Vaucluse en ce qui le concerne, ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
Le greffier
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